La rue de l'Argile (en alsacien : Leimegässel) est une voie de Strasbourg, rattachée administrativement au quartier Gare - Kléber, qui va du de la Grand'Rue à la rue de la VignetteMaurice Moszberger (dir.), « Argile (rue de l') », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), . Jusqu'en 1912 son tracé se poursuivait jusqu'à la rue du Jeu-des-Enfants, mais les démolitions liées à la Grande-Percée l'ont amputée d'une partie de sa longueurMoszberger, « Gustave-Doré (rue) », Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, op. cit., .

Histoire La future rue de l'Argile apparaît dans de multiples sources dès le Moyen Âge.

De 1365 à 1473, la présence d'un béguinage y est mentionnée Dayton Phillips, Beguines in Medieval Strasburg: A Study of the Social Aspect of Beguine Life, Edwards Brothers, Incorporated, lithoprinters, 1941, . Il appartient à la famille Rebstock qui possède plusieurs maisons à StrasbourgPaul Ristelhuber, Heidelberg et Strasbourg. Recherches biographiques et littéraires sur les étudiants alsaciens immatriculés à l'Université de Heidelberg de 1386 à 1662, E. Leroux, 1888, . Une traduction ultérieure de Rebstock (qui signifie « cep de vigne ») est à l'origine du nom de la rue de la VignetteMoszberger, « Vignette (rue de la) », Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, op. cit., .

Au , la rue de l'Argile fait partie, comme la rue du Savon, la rue Sainte-Barbe ou la rue Sainte-Hélène, des petites rues décrites comme « véritablement tortueuses », alors que la plupart des vieilles rues strasbourgeoises sont rectilignesFrançois Petrazoller, L'urbanisme à Strasbourg au : la pierre et l'idée, Société savante d'Alsace, 2002, .

Au cours de la première moitié du , le prédicateur protestant et compositeur de cantiques Johannes Anglicus (1502-1577) vit dans cette rue, la Leimengasse. Par analogie, il était surnommé LeimenhansCharles Engel, Les commencements de l'instruction primaire à Strasbourg au Moyen Age et dans la première moitié du seizième siècle, Librairie Fischbacher, 1889, (« Jean de la rue de l'Argile »).

Au milieu du , Frédéric Piton brosse un tableau assez sombre de ce quartier, « le plus populeux de la ville » : « les hautes maisons de trois et quatre étages se pressent l'une à côté de l'autre ; la plupart, vieilles et noires masures, sans cours, sans jardins, logent une population ouvrière [...]Frédéric Piton, Strasbourg illustré, ou panorama pittoresque, historique et statistique de Strasbourg et de ses environs, Silbermann, 1855, .»

L'appellation Leimengasse est attestée dès 1294, puis en 1376, 1489, 1587, 1681, mais on trouve également Leimengesselin en 1405. Les noms français font leur apparition au : rue de la Terre glaise (1765), rue du Limon (1771, 1785, 1794), rue du Bonheur (1794). « Rue de l'Argile » s'impose à partir de la fin du , avec une variante, « ruelle de l'Argile » en 1817, puis le renommage en Leimengasse au moment de l'occupation allemande en 1872 et 1940. La rue adopte son nom actuel en 1945. vignette|upright|gauche|Plaque bilingue, en français et en alsacien. Lors des grands travaux d'urbanisme entrepris à Strasbourg dans le cadre de la Grande-Percée, le quartier est profondément transformé. La destruction de quelque 500 maisons permet la création de nouvelles voies, telles que la rue du Vingt-Deux-Novembre ou la rue Gustave-DoréMoszberger, « Vingt-Deux-Novembre (rue du) », Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, op. cit., . Dans la rue de l'Argile, plusieurs maisons sont également démolies en 1912. C'est le cas notamment des Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle : , ; , .

À partir de 1995, des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité lorsque les noms de rue traditionnels étaient encore en usage dans le parler strasbourgeois« L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, . La rue est ainsi sous-titrée Leimegässel.

Bâtiments remarquables vignette|upright|Immeuble d'angle au . À l'angle de la rue de l'Argile et de la rue de la Vignette, cette maison portait le avant la Grande-Percée et le entre 1784 et 1857. Attestée au , elle est reconstruite avec trois étages en 1846. En 1920 elle est réunie au (ancien « 2, rue de l'Argile », Maisons de Strasbourg. Étude historique ). Cette maison à colombages du abrite une winstub réputée, s'KaecheleDominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Les bonnes tables de l'été. Strasbourg et ses environs, Petit Futé, 2020 The Rough Guide to France, Rough Guides, 2013.

Sur un emplacement cité dès 1427, à l'angle de l'actuelle Grand-Rue, l'immeuble a été construit par un boulanger au milieu du Adolphe Seyboth, « Lange Strasse. Grand'Rue », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, . La façade de l'édifice qui donne sur la Grand-Rue se caractérise par un chaînage d'angle à refends, des encadrements de fenêtres en grès et des linteaux de fenêtres cintrés« 65, Grand-Rue (Strasbourg) », ArchiWiki . Dans l'étroite ruelle, la façade latérale à encorbellement est dotée de colombages.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Maurice Moszberger (dir.), « Argile (rue de l') », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Adolphe Seyboth, « Leimengasse. Rue de l'Argile », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890,

Articles connexes Liste des voies de Strasbourg

Liens externes « Rue de l'Argile (Strasbourg) » (ArchiWiki) « Argile (rue de l') : Leimengäßlein » (Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle)

Argile