Le Tour d'Espagne 2021 (en espagnol : Vuelta a España 2021) est la édition de cette course cycliste masculine sur route. Le départ est donné le à Burgos, et l'arrivée a lieu le à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il s'agit du troisième et dernier grand tour de la saison et de la manche de l'UCI World Tour 2021.
La course est remportée pour la troisième année consécutive par le Slovène Primož Roglič de l'équipe Jumbo-Visma. Il devient le troisième coureur seulement à remporter la course trois années d'affilée. Il s'impose avec 4 minutes et 42 secondes d'avance sur l'Espagnol Enric Mas et plus de 7 minutes sur l'Australien Jack Haig. Il s'agit de la plus grande marge entre le lauréat et son dauphin depuis la victoire en 1997 d'Alex Zulle avec 5 minutes et 7 secondes d'avance. Roglič a d'abord pris le maillot rouge lors du contre-la-montre inaugural avant de céder le maillot aux coureurs échappés à deux reprises. Il remporte trois autres étapes, dont le contre-la-montre final.
Dans les autres classements de la course, le Néerlandais Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step) remporte le classement par points, grâce à ses trois succès d'étapes au sprint. L'Australien Michael Storer (Team DSM) gagne le classement de la montagne et deux étapes, tandis que le Suisse Gino Mäder (Team Bahrain Victorious), cinquième du général, remporte le classement du meilleur jeune. Bahrain Victorious s'adjuge le classement par équipes et le Danois Magnus Cort Nielsen (EF Education-Nippo) remporte trois étapes et le prix de la combativité.
C'est la première fois depuis 1996 qu'aucun coureur espagnol ne remporte d'étape sur la Vuelta et c'est également la première fois de l'histoire qu'aucun Espagnol ne gagne d'étape sur l'un des trois grands tours depuis la création de la Vuelta.
Présentation Parcours Après un contre-la-montre inaugural de autour de Burgos, les sprinteurs ont une première opportunité pour lever les bras. L'étape suivante est la plus longue de l'épreuve () et propose la première arrivée au sommet, en haut du Picón Blanco. Deux étapes de plaine sont ensuite programmés, la seconde étant sujette à des potentielles bordures. La se termine au sommet du court et explosif Alto de la Montaña de Cullera. Six ascensions jalonnent l'étape suivante, qui se termine par la montée vers le balcón de Alcante. Après une étape plate vers la Manga del Mar Menor, la première semaine se conclut par une journée affichant de dénivelé positif, à travers quatre cols, dont l'Alto de Velefique, en haut duquel est jugée l'arrivée.
Le premier jour de repos est suivi par trois étapes andalouses accidentées : le sommet du Puerto de Almáchar se dresse à moins de de l'arrivée de ce premier acte ; l'étape en ligne la plus courte de la course () se termine par le mur de Valdepeñas de Jaén ; une boucle de autour de Cordoue, comprenant deux ascensions, conclut ce triptyque. S'ensuivent une étape de plaine et un week-end montagneux. Le samedi, l'étape finit par l'ascension du Pico Villuercas ; le dimanche, quatre cols jalonnent les 130 derniers kilomètres.
Après la seconde journée de repos, les sprinteurs ont une dernière chance de victoire. Le lendemain, les coureurs escaladent deux fois la Collada Llomena, puis la montée finale vers les lacs de Covadonga. Quatre cols sont au programme de la , dont l'enchaînement final de l'Altu la Segá et de l'Altu d'el Gamoniteiru. L'étape suivante est difficile, mais les ascensions répertoriées pour le classement de la montagne figurent toutes dans le premier tiers du parcours. Le week-final se compose d'une étape de moyenne montagne, avec cinq ascensions dans les 100 derniers kilomètres, dont la montée finale vers le château de Herville, et d'un contre-la-montre vallonné de .
Équipes En tant que course World Tour, les 19 équipes World Tour participent automatiquement à la course. En terminant meilleure formation de deuxième division, l'équipe Alpecin-Fenix a le droit, sans obligation, de prendre part à toutes les épreuves du calendrier World Tour. En l’occurrence, la formation a décidé de prendre le départ de l'épreuve. Unipublic a également invité trois équipes espagnoles : Burgos-BH, Caja Rural-Seguros RGA et Euskaltel-Euskadi. Ainsi, 23 équipes participeront à la course, soit une de plus qu'habituellement, en vertu d'un règlement de l'UCI qui autorise les organisateurs des grands tours à inviter une formation supplémentaire pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19.
Favoris et principaux coureurs présents
Double tenant du titre et récent champion olympique du contre-la-montre, le Slovène Primož Roglič (Jumbo-Visma) est au départ de la course, après avoir abandonné le Tour de France en conséquence d'une chute. Il fait figure de favori de la Vuelta avec le Colombien Egan Bernal (Ineos Grenadiers), vainqueur du Tour d'Italie en mai, ainsi que de son coéquipier Richard Carapaz, sacré champion olympique sur route et troisième du Tour de France. Un temps annoncé, le vainqueur du Tour Tadej Pogačar, n'est finalement pas au départ. Les deux autres anciens vainqueurs de grands tours au départ sont Alejandro Valverde (Movistar) et Fabio Aru (Qhubeka-NextHash) - qui dispute la dernière course de sa carrière - mais ils sont au mieux considérés comme des outsiders au classement général.
Les autres coureurs attendus pour viser le classement général sont Aleksandr Vlasov (Astana), Miguel Ángel López et Enric Mas (Movistar), Hugh Carthy (EF Education-Nippo), ainsi que Mikel Landa (Bahrain-Victorious). Sur les dix premiers de l'année précédente, seuls Dan Martin et David Gaudu sont absents.
Les principaux sprinteurs présents sont Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step), Arnaud Démare (Groupama-FDJ), Michael Matthews (BikeExchange), Juan Sebastián Molano (UAE Team Emirates) et Davide Cimolai (Israël Start-Up Nation). Geoffrey Bouchard et Guillaume Martin, les deux derniers lauréats du Grand Prix de la montagne sont également au départ.
Déjà vainqueurs d'étape sur le Tour d'Italie et le Tour de France dans le passé, Arnaud Démare et Omar Fraile sont en lice sur ce Tour pour rejoindre la liste des cyclistes vainqueurs d'étapes sur les trois grands toursRiders that can complete GT stage trilogy..
Primes La course attribue les prix suivants. Tous les montants sont en euros
Position - Total Classement général Classement final Leader 500 Par étape 900 900 650 650 360 28 860 Classement par points Sprints intermédiaires (19) 550 180 95 Leader 100 Classement final Classement de la montagne Cima Alberto Fernandez 520 Col Hors catégorie (2) 920 615 catégorie (16) 460 310 catégorie (14) 230 155 catégorie (24) 115 80 Leader 100 Classement final Classement du meilleur jeune Leader 70 Classement final Classement par équipe Par étape 400 200 100 Classement final Combativité Par étape 200 Vuelta Total
Déroulement de la course Première semaine thumb|left|Rein Taaramäe avec le maillot rouge à l'issue de la quatrième étape. La Vuelta commence par un court contre-la-montre individuel à Burgos. Alex Aranburu (Astana-Premier Tech) reste en tête pendant la majeure partie de la journée après avoir réalisé un temps de 8 minutes et 38 secondes. Plusieurs coureurs se rapprochent du temps d'Aranburu, mais seul Primož Roglič (Team Jumbo-Visma), le dernier coureur sur la rampe de départ et le double tenant du titre, parvient à le battre. Roglič réalise un temps de 8 minutes et 32 secondes, soit six secondes plus rapide qu'Aranburu, pour prendre le premier maillot rouge de la course. L'étape suivante emprunte un parcours plat avec une opportunité pour les sprinteurs de s'imposer. À 4,2 kilomètres de l'arrivée, une chute retarde plusieurs prétendants au classement général, dont Adam Yates (Ineos Grenadiers), Hugh Carthy (EF Education-Nippo) et David de la Cruz (UAE Team Emirates), tous trois perdant entre 30 secondes et une minute à l'arrivée. Dans le sprint final, Jasper Philipsen (Alpecin-Fenix) devance Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step) pour décrocher la victoire et prendre la tête du classement par points tandis que Roglič conserve le maillot rouge.
La troisième étape comporte la première arrivée au sommet de la course, avec la montée du Picón Blanco. Une échappée de huit coureurs obtient un avantage maximum de neuf minutes, tandis que l'équipe Jumbo-Visma décide de céder le maillot rouge à un coureur échappé. Dans la montée finale, Joe Dombrowski (UAE Team Emirates), Rein Taaramäe (Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux) et Kenny Elissonde (Trek-Segafredo) se montrent comme les coureurs les plus forts de l'échappée. Plus haut dans la montée, Taaramäe lâche ses compagnons pour remporter l'étape, récupérant au passage le maillot rouge et le maillot bleu à pois du classement de la montagne. Le vent de face dans la montée décourage les coureurs du peloton principal d'attaquer et personne ne creuse d'écart significatif. Près de l'arrivée, Enric Mas (Movistar Team) accélère depuis le groupe des favoris, gagnant trois secondes sur un groupe de sept coureurs. Plusieurs prétendants, dont Carthy, Romain Bardet (Team DSM) et Aleksandr Vlasov (Astana-Premier Tech), perdent près d'une demi-minute. Le récent champion olympique Richard Carapaz (Ineos Grenadiers) termine une minute derrière le groupe des favoris et est pénalisé de 20 secondes pour un ravitaillement non autorisé.
La quatrième étape est principalement plate avec une légère pente sur la ligne d'arrivée. A 2,2 kilomètres de la ligne, Taaramäe, le leader de la course, chute, mais avec l'accident survenu dans les 3 derniers kilomètres, il est crédité du même temps que le peloton et peut conserver la tête de course. Lors du sprint final, Jakobsen devance Arnaud Démare (Groupama-FDJ) et prend la tête du classement par points et le maillot vert à Philipsen. La cinquième étape présente une autre chance pour les sprinteurs avec un parcours plat jusqu'à Albacete. À 11 kilomètres de l'arrivée, une chute massive fait tomber la plupart du peloton, y compris Bardet et Taaramäe, mais tous les coureurs parviennent à repartir. Au sprint, Philipsen devance Jakobsen pour remporter sa deuxième victoire d'étape de la course et reprend le maillot vert. Taaramäe termine à deux minutes, ce qui permet à Kenny Elissonde de récupérer le maillot rouge, tandis que Bardet termine à 12 minutes, l'écartant de la course au classement général.
La sixième étape comprend la deuxième arrivée en montée de la course au sommet de l'Alto de la Montaña de Cullera. À 34 kilomètres du sommet, les vents latéraux provoquent bordures qui scindent le peloton en plusieurs échelons. Le peloton se reforme avant la montée finale. Le groupe de tête composé de cinq échappés, commence la montée avec une avance de seulement 20 secondes. Magnus Cort Nielsen (EF Education-Nippo) distance ses compagnons d'échappée dans le dernier kilomètre. À 300 mètres du but, Roglič accélère et rejoint Cort Nielsen sur la ligne, mais ce dernier résiste et remporte l'étape. La plupart des autres favoris termine à moins de 30 secondes derrière tandis que Hugh Carthy perd près de trois minutes. Elissonde perd quatre minutes et demie, laissant le maillot rouge à Roglič.
thumb|Kenny Elissonde porte le maillot rouge de leader après la cinquième étape.