Ali Abdallah Saleh (en , également retranscrit Ali Abdullah Saleh), né officiellement le à Bayt al-Ahmar et mort assassiné le à Sanaa, est un homme d'État yéménite, président de la république arabe du Yémen (Yémen du Nord) de 1978 à 1990, puis du Yémen unifié de 1990 à 2012. En 2011-2012, il doit faire face à une révolte contre son gouvernement ; blessé lors d'une attaque contre le palais présidentiel qui a aussi blessé et tué d'autres dirigeants du régime, il demeure absent de son pays pendant plusieurs mois, puis signe, fin 2011, un plan de sortie de crise préparé par les monarchies du golfe Persique, qui aboutit à son départ du pouvoir. Il prend ensuite part à une nouvelle guerre civile, au cours de laquelle il s'allie avec les rebelles houthis contre le pouvoir en place. Ayant rompu l'alliance au profit de l'Arabie saoudite, il est tué par les houthis lors de combats à Sanaa. Biographie Premières années vignette|gauche|upright|150px|Ali Abdallah Saleh dans sa jeunesse (date indéterminée). Ali Abdallah Saleh Afach.. est né dans le village de Beit al-Ahmar, à Sanhan. dans une famille pauvre, appartenant à la tribu Sanhan, elle-même rattachée à la confédération tribale Hachid., et d'origine zaïdite. Toutefois, son appartenance à la communauté n'est pas religieuse ou politique.. Sa date de naissance, incertaine, est officiellement le ., mais de nombreuses sources mentionnent le ou encore le . Jeune, ses parents divorcent. Son père, Abdallah, meurt peu après, puis sa mère épouse Mohammed, le frère d'Abdallah, qui devient alors son beau-père et mentor.Stephen W. Day, Régionalisme et rébellion au Yémen (2012).. Par la suite, Saleh devient berger et fréquente l'école coranique. Carrière militaire Ali Abdallah Saleh rejoint les Forces armées en 1958. En 1963, dans le contexte de la guerre civile du Yémen du Nord, il devient second lieutenant.. En 1974, il participe au coup d'État qui installe Ibrahim al-Hamdi à la tête d'un Conseil de commandement, pour diriger le pays. À la même époque, alors qu'il manque de soutiens tribaux, il se distingue par sa participation à un trafic de whisky avec Djibouti.. Parcours politique Débuts vignette|gauche|upright|125px|Ali Abdallah Saleh, président du Yémen du Nord (1988). Avant d'être président de la république arabe du Yémen (Yémen du Nord) à la suite de l'assassinat du président Ahmed al-Ghachmi le , il n'était qu'un obscur officier, les diplomates occidentaux le surnommaient « le petit caporal » et la CIA lui donnait six mois maximum au pouvoir.. Il s'entoure alors d'un noyau restreint de ses proches qu'il nomme à des postes clés de l'appareil militaire et de sécurité« Saleh, l'autocrate qui s'accroche au pouvoir », Le Figaro, 3 juin 2011.. Il est parfois accusé d'avoir participé à l'assassinat de l'ancien président Ibrahim al-Hamdi, et aurait notamment déclaré .. Président de la république arabe du Yémen (Yémen du Nord) Le , il est ainsi nommé président du Yémen par l’assemblée constituante.. En 1979, il échappe à un coup d'État, soutenu par Mouammar Kadhafi. vignette|Saleh (au centre) lors de la proclamation de l'unification (1990). Le , Ali Abdallah Saleh fonde le Congrès général du peuple, dont il devient le secrétaire général.. Il est réélu le par l'Assemblée constituante, puis le par le Conseil consultatif.. Président de la république du Yémen (Yémen unifié) Des années 1990 aux années 2000 vignette|Ali Abdallah Saleh (à droite) et Ali Salem al-Beidh (à gauche) après la signature de l'accord de Sanaa en 1990. À la suite de l'unifications des deux Yémen, Ali Abdallah Saleh devient président de la république du Yémen unifié en 1990.. Il soutient l'Irak de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe « YEMEN - Ali Abdullah Saleh (Al Ahmar) - President. », APS Review Downstream Trends, 28 juin 2004., sans pour autant soutenir l'annexion du Koweït par l'armée irakienne. Il fut partie prenante de la guerre civile au Yémen en 1994 faisant de lorsque les autorités du Sud tentèrent de faire sécession, en vain. Il est le premier président élu du pays en 1999 avec 96 % des voix et est réélu le avec 77,2 % des suffrages. En 2000, il régla le long contentieux frontalier avec l'Arabie saoudite. En 2004, il ordonna une campagne militaire contre les houthis dans le cadre de la guerre du Saada. Cette campagne dura jusqu'à début 2010 et provoqua la mort d'environ . Malgré les axes politiques que déclare Ali Abdallah Saleh dans la démocratisation du pays et dans la lutte contre l'islamisme, le Yémen reste un foyer d'instabilité à partir des années 2000, d'autant qu'une insurrection dans le Sud du pays conduite par le Mouvement du Sud appelle au retour d'un État indépendant au sud sur le territoire de l'ancienne république démocratique populaire du Yémen (communément appelée Yémen du Sud). Révolution yéménite et chute

Le Yémen est touché par les protestations qui touchent le monde arabe en 2010-2012. À la suite des différentes manifestations qui touchent le pays à partir du , le président Saleh fait plusieurs annonces successives : le , il renonce à se présenter pour un nouveau mandat présidentiel en 2013. ; le , il annonce une nouvelle Constitution et des élections pour le début de l'année 2012. ; le , il limoge son gouvernement. le , il propose un référendum constitutionnel, des élections législatives et présidentielles avant la fin de l'année 2011. ; le , il accepte le compromis proposé par le Conseil de coopération du Golfe : il s'engage à quitter le pouvoir après trente jours de transition (transmission du pouvoir au vice-président), en échange d'une immunité« Yémen : le plan de sortie de crise accepté », AFP, 23 avril 2011.« Yemen leader Saleh agrees to step down under Gulf plan », bbc.co.uk, 23 avril 2011.. Blessé à la tête le par des tirs d'obus visant la mosquée al-Nahdin du palais présidentiel de Sanaa lors de combats, il quitte le pays le lendemain pour aller se faire soigner à Riyad« Yémen : l'opposition veut empêcher le retour de Saleh », Le Figaro, 5 juin 2011.. Le vice-président Abdrabbo Mansour Hadi est nommé président par intérim.. Cela marque pour les manifestants la fin de sa présidence et de ses de dictature à la tête du Yémen. Le , le cabinet privé américain Stratfor, spécialisé dans le renseignement tactique, rend publique la thèse de ses experts selon laquelle le président Saleh aurait été victime d'une tentative d'assassinat à la bombe montée de l'intérieur« Yémen : le président Saleh, victime d'un complot interne », L'Express, 10 juin 2011.. Cependant, Hadi ne se rend pas au palais présidentiel, qui est alors occupé par le fils de Saleh, Ahmed, tandis que son clan continue de contrôler de facto le gouvernement.. Il souffre par ailleurs de problèmes respiratoires, de brûlures du troisième degré alors que des bandages recouvrent sa peau et il a été placé dans le coma... Cependant, le , la télévision d'État yéménite annonce que Saleh avait regagné le pays après trois mois d'absence. Cela entraîne de nouvelles manifestations dans les rues de Sanaa, sévèrement réprimées par la police. Saleh fait diffuser un nouveau communiqué le par le biais de la télévision d'État yéménite, déclarant qu'il démissionnerait « dans les prochains jours ». Échaudée, l'opposition exprime son scepticisme malgré la déclaration d'un ministre du gouvernement qui affirmait que Saleh allait quitter le pouvoir dans le cadre d'un plan de coopération conçu par les monarchies arabes du Golfe afin de permettre la transition vers la démocratie. Le , le Conseil de sécurité des Nations unies demande au président Saleh de signer le plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe et renouvelle l'injonction à cesser la répression meurtrière contre les manifestants yéménites qui avait déjà fait plusieurs centaines de victimes depuis le début des évènements. Le , le président Saleh, toujours au pouvoir, fait une nouvelle déclaration devant la presse internationale affirmant qu'il quittera le pouvoir après un accord entre les différentes parties sur un mécanisme de transfert du pouvoir et après des élections« Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, dit qu'il partira dans trois mois », Le Monde, 15 novembre 2011.. Le , après s'être plusieurs fois récusé, il signe à Riyad le plan de sortie de crise prévoyant son départ, le transfert du pouvoir exécutif au vice-président Abdrabbo Mansour Hadi et son maintien comme pour une période transitoire de 90 jours« Yémen : tirs sur une manifestation anti-Saleh après l'accord, 5 morts », L'Express, 23 novembre 2011.. Le , Ali Abdallah Saleh annonce qu'il va se rendre aux États-Unis pour des soins et demande à ses compatriotes de lui pardonner ses erreurs. Il déclare qu'il reviendra à Sanaa mais cette fois en tant que président du Congrès général du peuple« Yémen : Saleh dit partir aux États-Unis », Le Figaro, 22 janvier 2012.. Il quitte les États-Unis pour l'Éthiopie le , après avoir reçu un traitement médical, puis retourne au Yémen le lendemain. vignette|Ali Abdallah Saleh rencontrant le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld en 2004.Il démissionne de ses fonctions le , cédant le pouvoir à son vice-président, Abdrabbo Mansour Hadi, qui est élu lors de l'élection présidentielle yéménite de 2012 pour une période de transition de deux ansRulers.. Premières années après la présidence En 2012, il lance la chaîne de télévision Yemen Today. En 2013, il ouvre, dans une aile de la mosquée al-Saleh, un musée consacré à sa présidence.. Guerre civile et assassinat

Alliance avec les rebelles Le , le gouvernement yéménite ferme son réseau de journaux et de chaîne de télévision, Yemen Today. En , les rebelles chiites houthis s'emparent de la capitale, Sanaa.. Pour de nombreux experts, l'avancée des miliciens chiites n’a pu se faire sans le soutien de l'ancien président Saleh, qui les avait pourtant violemment combattus des années durant.. Ce dernier, qui espère revenir au pouvoir, aurait notamment ordonné à ses partisans de rejoindre la rébellion chiite pour déstabiliser le gouvernement en place. Une thèse confortée par la passivité de l’armée, dont certaines unités sont restées fidèles à l’ancien régime, face à la progression des combattants houthis. Le , Ali Abdallah Saleh confirme cette alliance , sur english.alarabiya.net, 11 mai 2015.. Il est parfois accusé de tisser des liens avec la branche yéménite de Daech., ainsi qu'avec AQPA.. Rupture avec les houthis À l'été 2017, la fragile alliance conclue entre les houthis et les partisans de l'ancien président yéménite, Ali Abdallah Saleh, commence à vaciller« Yémen : l'ex-président Saleh a été tué », Le Figaro, 4 décembre 2017.. Alors que Saleh qualifie ceux-ci pour la première fois depuis leur rapprochement de , Abdul-Malik al-Houthi l'accuse de , d'être un et le menace de .. Après des heurts ayant fait trois morts. et commencés le Louis Imbert, « Yémen : pourquoi l’alliance entre rebelles se désintègre », Le Monde, 2 décembre 2017., date anniversaire de la fondation du Congrès général du peuple., des négociations permettent un retour au calme. Mais l'ex-président Saleh commence à se rapprocher de l'Arabie saoudite. Cette stratégie vise à permettre à son pays d'obtenir de l'aide humanitaire depuis le port d'Aden alors que l'Arabie saoudite fait un blocus sur le port depuis l'été 2017. En , il est opéré par des médecins russes pour une cataracte., pour des séquelles de l'attaque de 2011, après que ceux-ci ont été autorisés à se rendre à Sanaa par la coalition internationale et les États-Unis..