Mauléon est une commune du centre-ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine. Elle a obtenu le label Village étape en 2016.
Géographie Localisation Mauléon est située sur la RN 249 (E 62), à vingt minutes par la route de Cholet et de Bressuire, à l'extrême nord-ouest du département des Deux-Sèvres. Elle est limitrophe de la région Pays de la Loire par les départements de la Vendée et du Maine-et-Loire.
Commune très étendue des Deux-Sèvres, Mauléon est limitrophe de treize autres communes, dont quatre en Maine-et-Loire et trois en Vendée.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée » et « Moyenne vallée de la Loire ».. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nueil-les-Aubiers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Mauléon est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MauléonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cholet, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (35,4 %), terres arables (30,7 %), zones agricoles hétérogènes (24,6 %), zones urbanisées (4,3 %), forêts (4,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Mauléon est desservie en autocars par le réseau Tréma (lignes 6, 102, 103, 104 et 115) et par la ligne 14 du réseau régional.
Risques majeurs Le territoire de la commune de Mauléon est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses, et à deux risques particuliers : le risque minier et le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Pommeraye, la Sèvre Nantaise, l'Ouin et la Moine. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1984, 1993, 1995, 1998, 1999 et 2010, chapitre Risque inondation..
La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains, chapitre Mouvements de terrain.. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.
Risques particuliers Un site de l'ancienne concession minière de Mallièvre est situé sur la commune. Ce gisement a produit d'uranium de 1958 à 1990. La commune est dès lors concernée par le risque minier, principalement lié à l’évolution des cavités souterraines laissées à l’abandon et sans entretien après l’exploitation de ces mines, chapitre Risque minier..
Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Selon la classification de 2018, la commune de Mauléon est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif..
Toponymie Mauléon est une contraction de « mauvais lion », signifiant « méchant lion »..
Selon la société vexillologique de l'Ouest, une autre étymologie attestée dans un document datant de 1080 fait provenir son nom de "Castullum de Malaleone", dont l'origine peut venir de "hauteur sur l'Ouin" à partir du celtique (gaulois) "metlu" (hauteur). L'Ouin est par ailleurs la rivière qui traverse la ville. L'attraction du latin aurait fait glisser le nom vers "mauvais lion" (Malus Leo).
Histoire
Mauléon est située sur un éperon rocheux entouré de la vallée de l'Ouin et qui s'oppose au Mont-Gaillard (Château-Gaillard) et au quartier de Saint-Jouin. En 1080, le nom de Mauléon apparaît dans les premières chartes de l’abbaye de la Trinité.
Au temps de la féodalité, Mauléon appartenait à une famille qui en portait le nom, au moins depuis le siècle (très probablement un rameau cadet des Thouars), suivie de ses descendants Thouars, Amboise et La Trémoïlle, jusqu'en 1713. Au siècle, la baronnie de Mauléon est acquise par d'autres familles, notamment les Châtillon : elle prend alors le nom de Châtillon (-le-Château ; -sur-Sèvre), et devient le siège du duché de Châtillon.
Mauléon était un fief de la famille qui portait ce nom, au moins depuis Raoul, dit de Mauléon (1030-après 1107 ; Raoul (ou II) de Mauléon), au siècle. Raoul est certainement un cadet de la Maison de Thouars, fils de Geoffroi II de Thouars (vicomte de Thouars vers 1010/1015-1045/1055) et frère puîné d'Aimeri IV de Thouars (vicomte vers 1055-1093). On ne sait au juste comment Raoul acquit Mauléon.
Les généalogies traditionnelles présentaient la femme d'Aimery IV de Thouars, Arégarde (ou Arengardis, Orengardis, Aurengarde), comme la fille d'un certain Geoffroy de Mauléon (ce qui suppose une première famille seigneuriale de ce nom), et comme la sœur de Raoul de Mauléon. Mais on sait aujourd'hui que Raoul de Mauléon était bien plutôt le frère d'Aimeri IV, et donc le beau-frère et non le frère d'Are(n)garde. La mère de Raoul de Mauléon et de son frère Aimery IV de Thouars, Adénor (Aénor, Aynor), est peut-être une Mauléon, sous toute réserve, pour le généalogiste et médiéviste Christian SettipaniChristian Settipani, La noblesse du Midi carolingien, du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Oxford, Ed. Linacre College, col. Prosopographica et Genealogica, 2004, 398 p., . p. 283.. Raoul est cité le P. Marchegay, Cartulaires du Bas-Poitou, p. 20.-23. Cité dans Jacques Duguet, op.cit. puis en 1107Louis Brochet, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel-en-L'Herm, Fontenay-le-Comte, 1891, p. 16. Cité dans Jacques Duguet, op.cit., comme l'oncle — paternel plutôt que maternel, donc — d'Arbert/Herbert II et de Geoffroy III de Thouars, les deux fils d'Aimery IV. Pour l'historien Jacques Duguet (1922-2020), il ne fait pas de doute que les Mauléon, ses descendants, qui reçoivent des prénoms caractéristiques de la maison de Thouars, constituent une branche cadette de cette maisonJacques Duguet, op.cit.. Pour résumer, Mauléon est soit un fief d'origine des Thouars, soit une terre venue par un mariage (avec Adénor, par exemple, ou Arégarde ?), et Raoul de Mauléon semble bien être un membre direct de ladite famille de Thouars.
L'Île de Ré dépendait des Mauléon, puis des Amboise de Thouars (Pierre II).
Le plus connu des sires barons de Mauléon est Savary (vers 1180-1233), sénéchal du Poitou, troubadour, poète, corsaire et preneur de ville. Notamment, il s'empara de Niort en 1205 pour le compte de Jean sans Terre. Savary était l'arrière-arrière-petit-fils de Raoul (ou II) de Mauléon, et l'époux de Belle-Assez de Pareds et Chantemerle, fille de Guillaume, sire de Pouzauges et de Pareds.
Savary est suivi de sa fille Alix de Mauléon, femme en 1239 de Guy de Thouars. Au , Mauléon appartient donc aux vicomtes de Thouars ; et plus tard au , à la famille d'Amboise (car l'héritière Isabeau de Thouars, comtesse de Dreux, fille de Jeanne de Dreux et de Louis de Thouars, épouse en 1356 Ingelger d'Amboise), puis à leurs héritiers les La Trémoille (car Marguerite d'Amboise épouse en 1446 Louis de La Trémoille).
En 1713, le duc de La Trémoille et de Thouars, Charles-Bretagne, vend la baronnie au marquis de la Flocellière, Gilles de Granges de Surgères, et Louis XIV la joint au marquisat de La Flocellière ( ; enregistrement en ).. Vingt-trois ans plus tard, ce dernier revend la baronnie (contrat du ) au duc Alexis II Madeleine-Rosalie de Châtillon (1690-1754 ; petit-fils du marquis Alexis Henri de Châtillon), gouverneur du Dauphin (nommé le ).
Usant de son influence à la cour, celui-ci fit ériger la baronnie en duché-pairie dès la fin d'Levantal (1996), op. cité, p 282 et 507-509., en lui donnant son nom (sa famille prenait son origine à Châtillon-sur-Marne) : c'est ainsi que Mauléon devint pour un temps Châtillon (ou encore Châtillon-le-Château), et plus tard Châtillon-sur-Sèvre, alors que la Sèvre nantaise ne passe qu'à environ.
Son fils le duc Louis-Gaucher de Châtillon (1737-1762) lui succéda en 1754 et épousa deux ans plus tard la fille unique du duc de la Vallière, Louis-César, mais il mourut prématurément (de la variole, à vingt-cinq ans) en laissant deux filles survivantes. Tandis que l'aînée, Amable-Emilie de Châtillon (1761-1840), héritait du duché de la Vallière, la cadette, Louise-Emmanuelle de Châtillon (1763-1814, née posthume, et morte en Russie sans postérité survivante), épousa en 1781 un lointain descendant des Thouars et des Mauléon, Charles Bretagne Marie de La Trémoille (1764-1839).
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