Raoul Girardet, né le dans le de Paris et mort le à Saint-Pierre-du-Bosguérard.., est un historien français.
Il est spécialiste des sociétés militaires et du nationalisme français.
Biographie
Jeunesse et études Raoul Girardet naît le d'une famille de militaires de carrière, patriotes et républicains. Sa jeunesse est marquée par un premier engagement au sein de l'Action française. Outre les diverses actions menées en tant que camelot du Roi, l'Action française est pour Girardet l'occasion de se créer un tissu de relations, qu'il ne reniera pas, et de se faire de solides amis avec qui il partagera parfois ses engagements futurs. Il quitte toutefois le mouvement au début de la guerre, écœuré par l'antisémitisme et la collaboration.
Raoul Girardet suit des études d'histoire et est reçu à l'agrégation d'histoire (1944).
Il est titulaire d'un doctorat ès lettres, consacré à la société militaire de 1815 à nos jours.
Parcours dans la Résistance Girardet éprouve quelques difficultés à se détacher de la personnalité tant vénérée de Philippe Pétain, son indignation devant l'armistice est immédiate. Il se sent alors plus proche du général Henri Giraud que de Charles de Gaulle, et avoue avoir eu une préférence pour un engagement dans l'armée britannique plutôt que dans les troupes gaullistes.
Il sert la Résistance par un grand nombre de petites actions quotidiennes et cependant dangereuses (boîte aux lettres, transport de messages, etc.), qui lui valent finalement d'être arrêté par la Gestapo en 1944 et d'être interné à la prison de Fresnes durant six mois puis au camp de Compiègne, mais il échappe de peu à la déportation. Il recevra la Croix de guerre 1939-1945 .
À partir de 1955, il écrit dans l'hebdomadaire royaliste de Pierre Boutang La Nation française sous le pseudonyme de Philippe Méry. Ses articles spécialisés dans les questions militaires font de lui une « référence et même une sorte de conscience pour les officiers de l'armée d'Algérie ».
Parcours professionnel Raoul Girardet fut professeur à l'université de Paris, à l'Institut d'études politiques de Paris — avec entre autres pour élèves Laurent Fabius et Jean-Pierre ChevènementDocumentaire Raoul Girardet par Pierre-André Boutang, Chaîne Histoire , regardé le . —, à l'École nationale d'administration (ENA), à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et à l'École polytechnique.
ll donne son premier cours à Sciences Po en 1957, sur les questions militaires et stratégiques. Il est alors d'une des principales figures des études militaires de l'IEP. Parmi d'autres enseignements à l'Institut d'études politiques de Paris, il a assuré, en alternance avec René Rémond et Jean Touchard un cours mémorable sur , étalé sur plusieurs années. Il a aussi assuré un séminaire de sur « Les années 1930 ». Il est « une personnalité phare de Sciences Po et marque des générations d'étudiants ». Après avoir été l'enseignant d'Alain Lancelot, il le convainc en 1986 d'accepter la proposition, émise par Michel Gentot, de le nommer directeur de l'IEP.
Le , Raoul Girardet est élu membre titulaire de la section de l'Académie des sciences d'outre-mer
Atteint de la maladie d'Alzheimer dans ses dernières années, Girardet meurt le .
Prises de positions Girardet s'engage dans la guerre d'Algérie, où les velléités d'abandon que montra de Gaulle dès son allocution sur l'autodétermination, le , poussaient Girardet à adopter un antigaullisme féroce. , Girardet est déçu par l'attitude du général de Gaulle. À la suite du Manifeste des 121 publié le dans Les Temps modernes appelant les appelés du contingent à l'insoumission, est rédigé un manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon réaffirmant « la mission civilisatrice de l'armée en Algérie. Contre les professeurs de trahison ». Raoul Girardet fait partie des signataires. aux côtés notamment de Jacques Perret, de Jacques Laurent, de Roger Nimier, de François Natter, d'Henri Massis ou encore de Jules Monnerot. Il quitte La Nation française, trop gaulliste à ses yeux, et écrit des articles pro-OAS qu'il publie dans L'Esprit Public – où il est corédacteur en chef avec Roland Laudenbach –, journal très radical qui va jusqu'à comparer de Gaulle à Hitler. Girardet participe à l'OAS en métropoleJean-Paul Gautier, Les extrêmes droites en France, éditions Syllepses, 2009, . puisqu'il prend part à la branche « Action politique et propagande » aux côtés de ces mêmes universitaires (François Bluche, Jules Monnerot, le patron des éditions de la Table ronde, Roland Laudenbach) et les écrivains Jacques Laurent et Jacques Perret. La revue L'Esprit public, lancée en par Philippe Héduy et Hubert Bassot, est d'ailleurs la « façade publique de l'OAS ». Ces activités militantes lui vaudront d'être arrêté et incarcéré au début de pour « provocation de militaires à la désobéissanceArticle nécrologique du Monde, édition datée du mardi 24 septembre 2013, page 18 ». Le procès s'achève sur un non-lieu.
Publications La Société militaire de 1815 à nos jours, Plon, Paris, 1953. Raoul Girardet, "Notes sur l'esprit d'un fascisme français, 1934-1939", Revue française de science politique, Année 1955, . Ceux d'Algérie : Lettres de Rappelés / précédées d'un débat entre Jean-Yves Alquier, Roger Barberot, Raoul Girardet, Michel Massenet et Thierry Maulnier, Plon, 1957. Pour le tombeau d'un capitaine, Éditions de l'Esprit nouveau, Paris, 1962. La Crise militaire française (1945–1962), Armand Colin, coll. « Cahiers de la Fondation nationale des sciences politiques », Paris, 1964. Le Nationalisme français (1871–1914), Armand Colin, coll. « U / Idées politiques », Paris, 1966. L'Idée coloniale en France de 1871 à 1962, La Table Ronde, Paris, 1972 (Grand Prix Gobert de l'Académie française) ; rééd. Bartillat, Paris, 342 p., 2022 . Mythes et mythologies politiques, Éditions du Seuil, coll. « L'Univers historique », Paris, 1986 . Problèmes militaires et stratégiques contemporains, Dalloz, Paris, 1988 . Singulièrement libre, entretiens avec Pierre Assouline, Perrin, Paris, 1990 . Nationalismes et nation, Complexe, coll. « Questions au », Bruxelles, 1995 .
Notes et références
Annexes Bibliographie
Guillaume Gros, « Raoul Girardet : historien de ses propres passions », Cahier d'histoire immédiate, , 2014 ().
Liens externes
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