James Guillaume (), est un militant socialiste libertaire et historien suisse, connu pour avoir joué un rôle majeur dans la Fédération jurassienne de l'Association internationale des travailleurs (AIT), la branche anarchiste de l'Internationale et pour sa participation à la fondation de l'Internationale antiautoritaire à Saint-Imier.

Il est l'auteur de L'Internationale : Documents et souvenirs, qui documente la position anarchiste au sein de l'Association internationale des travailleurs. Il a également édité avec Max Nettlau les six volumes des œuvres de Michel Bakounine (Bakounine, Œuvres, Paris, Stock, 1908). Il écrit dans de nombreux journaux et revues anarchistes comme La Vie Ouvrière et La Révolution Prolétarienne. En 1910, il traduit également de l'italien, L'abrégé du Capital de Karl Marx, de Carlo Cafiero.

Guillaume a joué un rôle clé dans la conversion de Pierre Kropotkine à l'anarchisme. Il a par ailleurs été rédacteur en chef du Dictionnaire pédagogique dirigé par Ferdinand BuissonMartine BRUNET-GIRY, Ferdinand Buisson et les socialistes libertaires, Nouvelle Imprimerie Laballery, Clamecy, 2014, 285 p.. Il a également publié de nombreux articles, dont deux articles fondamentaux sur la lecture, Lecture et Écriture-LectureDictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Hachette, 1882-1887. Voir aussi l'Hommage à James Guillaume par Ferdinand Buisson, publié dans La Vie ouvrière du 20 février 1914 : .

Une partie des archives de James Guillaume est conservée aux Archives de l'État de Neuchâtel, l'inventaire se trouve dans le portail des archives neuchâteloises. Ce fonds contient notamment de la correspondance, des notes, des articles et souvenirs. L'article de Marc VuilleumierMarc Vuilleumier, "les archives de James Guillaume", In: Le Mouvement social. - Paris. - 1964, no 48, est une étude fouillée sur les archives de James Guillaume, aujourd'hui dispersées dans plusieurs dépôts européens.

Biographie Famille et formation

Il naît le à Londres, Royaume-Uni. Il est le fils de George Guillaume, horloger et homme politique suisse, et de Marie Suzanne Glady.

Premiers engagements

L'AIT et la Fédération jurassienne

James Guillaume participe au premier congrès de l'AIT, à Genève, en tant que délégué de la section du Locle.

Communes de 1870-1871 en France Lyon

Besançon La future Fédération jurassienne de l'AIT est particulièrement engagée auprès des Francs-ComtoisComité historique du centre-est, Centre national de la recherche scientifique, Université de Clermont-Ferrand I, Université des sciences sociales de Grenoble, Université de Lyon II, Université Jean Moulin, Université de Saint-Étienne, Centre universitaire de Savoie, Cahiers d'histoire - volumes 24 à 25, 1979, page 81.Claude Fohlen, Histoire de Besançon, tome 2, Besançon, Cêtre, 1994, 824 p., .. James Guillaume précise ainsi dans son ouvrage « l’Internationale, Documents et Souvenirs » : .. Mikhaïl Bakounine est alors personnellement informé des intentions qui se forment, et ne s'oppose pas à la mise en place d'un plan spécifique bien que sceptique de l'issue après l'offensive de Châtillon le Arthur Lehning, Œuvres complètes de Bakounine: Michel Bakounine sur la guerre franco-allemande et la révolution sociale en France 1870-1871, Éditions Champ Libre, 1979, .. Fin avril il se trouve chez Adhémar Schwitzguébel à Sonvilier, où la constitution d'une colonne armée conduite par Vladimir Ozerov est discutée afin de proclamer la Commune de Besançon.. Tout avait été cadré ; il était prévu de concentrer des hommes au Locle et de passer le Doubs et la frontière à gué, afin de rallier Besançon en deux jours par une marche forcée de .. Le James Guillaume reçoit une lettre de Bakounine pour lui dire que . Le une réunion déterminante s'amorce à Neuchâtel, incluant effectivement ce délégué bisontin. Guillaume conclut : La situation à peine tranchée et l'application concrète sur le point d'aboutir, au même moment les troupes versaillaises débutent la Semaine sanglante.

Syndicalisme Sa rencontre avec Jean Jaurès et l'intérêt de la nouvelle génération syndicale l'encouragent à publier ses souvenirs. James Guillaume renoue progressivement avec le militantisme. Déçu par l'évolution des socialistes français, il s'identifie au mouvement syndical, en particulier à la Confédération générale du travail (CGT), dont il défend les thèses antiréformistes et d'actions directes. Il collabore à de nombreux journaux ouvriers, notamment à la La Voix du Peuple de Lausanne.

Union sacrée et fin de vie

Il meurt le à Préfargier, village de l'ancienne commune de Marin-Epagnier en Suisse. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (Paris, France). Sa tombe a été déposée à l'échéance de sa concession et n'est plus visible aujourd'hui.

Idées sur l'organisation sociale Pour James Guillaume, seul un mouvement révolutionnaire peut permettre la réalisation de ses idées.

Ce mouvement se caractérise par deux étapes successives. La première étape consiste en une fermentation progressive, lente des idées, des besoins, des moyens d'action dans la société. La révolution est la résultante inexorable et brutale de cette montée des idées qui peut se traduire dans les faits. La révolution est le résultat d'un fait naturel et n'est pas le fait d'une ou plusieurs volontés individuelles. C'est pourquoi il est inutile de préciser « les voies et moyens par lesquels doit s'accomplir la révolution » ou de fomenter un plan. La révolution naît « sous l'impulsion incontrôlable de nécessités auxquelles nul ne peut commander. »

Cette révolution, par son côté négatif, se caractérise par la suppression des institutions du passé (gouvernement, armée, tribunaux, Église, école, banque « et tout ce qui s'y rattache ».)

Elle doit, par son côté positif, permettre la prise de possession des instruments de travail et de tout le capital des travailleurs.

Les paysans La Révolution enlève la terre à la bourgeoisie, aux nobles et aux prêtres pour la donner aux paysans qui n'en ont pas. Si un paysan est déjà propriétaire d'une terre, la Révolution lui garantira la libre possession et lui supprimera tous les impôts et les hypothèques mis en place sur ce bien.

Cette Révolution restituera les terres aux paysans sans décret, sans intervention de la police et sans administration gouvernementale, moyens généralement utilisés quand une Révolution politique est menée par des bourgeois.

La priorité principale pour les paysans est son émancipation du joug des anciens propriétaires. La question secondaire, mais importante, est la modalité d'exploitation de ces terres. Vaut-il mieux partager la terre en différents lots individuels attribués à un paysan ou faut-il mettre en commun la terre et s'associer pour la cultiver ?

Dans certaines régions, les paysans qui sont petits propriétaires, avec une terre peu propice à des cultures étendues et qui utilisent peu de machines conserveront cette forme de propriété. Ils s'associeront pour partager les fruits de leur travail en commun en créant une agence communale qui sera chargée de la vente et de l'échange des produits. Les acquisitions de machines sont faites collectivement. La solidarité est prônée avec des aides réciproques. Plus tard, les terres seront mises en commun et une association agricole sera formée. Pour ces paysans petits propriétaires, la propriété collective n'est pas forcément nécessaire.

Cette dernière est forcément obligatoire pour les travailleurs agricoles sur de grands domaines, avec de vastes cultures. Le territoire d'une ou plusieurs communes ne formeront qu'une exploitation agricole avec une application des procédés de la grande culture. Chaque terrain sera consacré à une culture spécifique adaptée à la qualité du sol. Il préconise l'échange de produits pour ceux qui manquent plutôt que de les cultiver en petite quantité et en mauvaise qualité.

L'organisation intérieure d'une communauté agricole est hétérogène selon les préférences des travailleurs associés en respectant les principes d'égalité et de justice.

La gérance de la communauté assurée par un individu ou une commission de plusieurs membres est élue par tous les associés. Chaque fonction administrative pourra être confiée à une commission spéciale. La durée de la journée du travail n'est pas fixée par une loi appliquée à tout le pays mais par une décision de la communauté. Une base uniforme est souhaitable car la communauté est en relation avec tous les travailleurs agricoles de la région. Les produits du travail appartiennent à la communauté et chaque associé est rémunéré par la communauté soit en nature (subsistances, vêtements) soit en monnaie d'échange. Plusieurs critères de rémunération peuvent être sélectionnés : proportionnellement à la durée du travail, en fonction de la durée du travail ou des fonctions exercées...Chaque communauté choisira les modalités les plus pertinentes pour elle.

La devise qui doit guider la communauté est « De chacun suivant ses forces, à chacun suivant ses besoins.» Lorsque la production dépassera les besoins de la société, chaque travailleur pourra se servir librement en évitant le gaspillage et l'abus évités par le développement d'un sentiment moral chez les travailleurs libres et égaux.

Les travailleurs industriels Trois catégories doivent être différenciés :

Certains métiers nécessitent peu d'outillage, avec une division du travail peu présente, où le travail isolé d'un salarié est équivalent à ceux travaillant en association (comme pour les tailleurs, les cordonniers…). Dans cette catégorie, le travail en collectif n'est pas forcément utile. Mais James Guillaume valorise le travail en commun car « dans la société des égaux, l'émulation stimule le travailleur, il produit davantage, et fait son ouvrage de meilleur cœur, en outre, le travail en commun permet un contrôle plus utile de chacun sur tout et de tous sur chacun.

Une deuxième catégorie rassemble les salariés qui travaillent en collectif dans un atelier ou dans un chantier (comme typographes, menuisiers, maçons…).

Une troisième catégorie concerne une partie de l'industrie dont la division du travail est poussée, avec des emplois de machines et la nécessité d'un capital important (comme les filatures, les usines métallurgiques, les houillères…).

Pour ces deux dernières catégories, chaque atelier doit former une association de travailleurs avec une libre administration à la condition que les droits de chacun soient sauvegardés et que les principes d'égalité et de justice soient mis en pratique. La propriété des instruments de travail doit être commune à toute la corporation des travailleurs de chaque industrie. Cette mise en commun au niveau national permettra à chaque travailleur de pouvoir exercer dans n'importe quelle ville du pays et avoir le droit de se servir des instruments de travail. Bien que la propriété des instruments soit remis à la corporation, cela ne signifie pas pour autant que les travailleurs n'aient pas le pouvoir de disposer à leur gré des instruments de travail. Les travailleurs « se garantissent réciproquement, sous certaines conditions, la jouissance de l'instrument de travail dont ils ont acquis la possession, et en accordant à leurs collègues des autres ateliers la co-participation à cette puissance, ils obtiennent en échange d'être à leur tour co-participants à la propriété des instruments de travail détenus par ces collègues avec lesquels ils ont conclu le pacte de solidarité. »

Les remarques au sujet de la gérance, de la durée de la journée du travail et de la répartition des produits effectuées pour les paysans s'appliquent aussi pour les travailleurs industriels.

La commune La commune ou fédération locale des groupes de travailleurs est formée de l'ensemble des travailleurs habitant une même localité.

Son objectif est de pourvoir à certains services qui ne sont pas du ressort exclusif d'une corporation.

Travaux publics