La maison de Habsbourg (, ), ou maison d'Autriche puis maison de Habsbourg-Lorraine à partir de 1780, est une importante maison souveraine d'Europe connue entre autres pour avoir donné tous les empereurs du Saint-Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu'une importante lignée de souverains d'Espagne et de l'empire d'Autriche. À la suite du mariage en 1736 de l'archiduchesse Marie-Thérèse, « roi »Les lois du royaume hongrois ne reconnaissent pas le titre de reine. de Hongrie et reine de Bohême, dernière représentante de la dynastie, avec François III, duc de Lorraine et de Bar, puis empereur, leurs descendants appartiennent à la « maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780 et règneront sur le Saint-Empire romain germanique puis sur la double monarchie austro-hongroise.

Étymologie Selon l'étymologiste André Cherpillod., le nom est une abréviation de , , nom au du château de Habsbourg, en Argovie, dont Werner Ier prend alors le nom.

Historique de la maison d'Autriche thumb|Armoiries anciennes des Habsbourg. thumb|Drapeau de la maison de Habsbourg - également drapeau de l'empire d'Autriche jusqu'au compromis de 1867 (Empire austro-hongrois). thumb|Blason de l'empereur Habsbourg montrant l'étendue de ses possessions territoriales. thumb|Poignée en forme d'aigle habsbourgeoise, Petit Appartement de la reine à Versailles.

Sous le nom de maison d'Autriche, la dynastie règne sur plusieurs pays d'Europe : le duché d'Autriche (1282-1363), puis l'archiduché d'Autriche (1363-1792) ; la Bohême (1306-1307, 1437-1439, 1453-1457, 1526-1780) ; le duché de Luxembourg (1421-1459, 1482-1795) ; la Croatie (1437-1439, 1445-1457, 1526-1780) ; la Hongrie (1437-1439, 1445-1457, 1526-1780) ; la Germanie (1438-1740) ; le Saint-Empire romain germanique (1452-1740) ; le comté de Bourgogne ou Franche-Comté (1482-1678) ; le duché de Brabant (1482-1582, 1592-1780) ; les Espagnes (1516-1700) ; le royaume de Naples (1516-1700, 1713-1734) ; le royaume de Sicile (1516-1700) ; Jérusalem (1516-1598) ; le duché de Milan (1546-1780) ; le Portugal (1580-1640) ; la principauté de Transylvanie (1690-1780) ; le duché de Parme et Plaisance (1735-1748).

Marie-Thérèse d'Autriche est la dernière représentante de cette maison. Les enfants qu'elle a de son mariage avec François-Étienne de Lorraine forment la première génération de la dynastie des Habsbourg-Lorraine.

Les chefs de la maison de Habsbourg-Lorraine règnent comme empereurs germaniques, rois de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1806 puis comme empereurs d'Autriche de 1804 à 1918, ainsi que rois de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1918.

Les membres actuels de la maison de Habsbourg-Lorraine, dite maison d'Autriche, tous descendants de Marie-Thérèse et de François-Étienne, portent tous les titres d'archiduc ou archiduchesse d'Autriche, prince ou princesse royale de Hongrie et de Bohême, avec le prédicat d'altesse impériale et royale. Les membres de la famille ayant contracté une union non égale au regard du statut de la maison de Habsbourg, ou non autorisée par le chef de famille, et issus de telles unions, portent le titre de comte ou comtesse de Habsbourg à défaut d'un autre nom ou titre attribué, comme Hohenberg pour les descendants de l'archiduc François-Ferdinand, issus de son union morganatique avec la comtesse Sophie Chotek, titrée duchesse de Hohenberg.

La devise des Habsbourg d'Autriche est en allemand et en latin. On l'abrège « A.E.I.O.U. », dans chacune des deux langues. Elle signifie et affiche l'ambition de cette famille.

Ancêtres des Habsbourg Cette maison tire son nom du château de Habsbourg en Suisse alémanique, dans le canton d'Argovie dans la commune éponyme de Habsbourg ; son histoire ne commence à offrir quelques certitudes qu'à partir de Gontran le Riche (Guntram)Généalogie de Guntram le Riche sur le site Medieval Lands, comte d'Alsace de 917 à 954.

On a essayé de la faire descendre d'Étichon-Adalric d'Alsace, premier duc d'Alsace, né vers 626 et mort vers 690Les Habsbourg et Ottmarsheim - Ottmarsheim, berceau des Habsbourg par Philippe Nuss. En effet, la première mention du premier ancêtre des Habsbourg date du milieu du avec Gontran le Riche (Guntramnus dives). Or, dans le but de contrôler les routes commerciales reliant la Germanie et l'Italie, le roi confisque, lors d'une Diète d'Empire à Augsbourg en , une grande partie des possessions situées en Alsace, en Brisgau et en Thurgovie d'un comte, dénommé Gontran (Guntramnus comes), un membre de la famille des comtes éberhardiens du Nordgau (Bas-Rhin). Un solide faisceau d'arguments tend à montrer que ce dernier et Gontran le Riche ne forment qu'un seul et même personnage. Si l'identité est avérée, la maison de Habsbourg descend ainsi des Étichonides, l'illustre famille des ducs mérovingiens issue d'Étichon-Adalric d'Alsace, régnant aux sur l'Alsace, dont le membre le plus éminent est sainte Odile de Hohenbourg.

Deux petits-enfants de Gontran le Riche, Radbot et Rodolphe d'Altenbourg, entrent dans l'histoire comme d'actifs bâtisseurs. Le premier, tige du lignage des Habsbourg, jette les bases de l'abbaye de Muri (Muri (Argovie) en Suisse) ; le second, mort sans descendance, fonde l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim en Alsace, un chef-d'œuvre architectural très inspiré de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle (chapelle privée de Charlemagne) et de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem (le tombeau du Christ).

thumb|left|L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim de Rodolphe d'Altenbourg ().

L'évêque de Strasbourg Werner de Habsbourg (mort à Constantinople le Généalogie de Werner de Strasbourg sur le site Medieval Lands), un frère de Radbot et de Rodolphe, fonde en Argovie, au début du , le château de Habsbourg de Habsburg (Argovie) en Suisse alémanique, qui donne son nom à la dynastie issue de Radbot. Selon d'autres auteurs, Werner n'est que le beau-frère de Radbot, et ce dernier le véritable fondateur du châteauJean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg Fayard 1990, rééd. Tallandier 2012 , , . Jamais les Habsbourg ne doivent habiter leur château éponyme : à sa fondation, le château se présente comme un simple avant-poste militaire au service de la politique impériale, face au second royaume de Bourgogne mûr pour tomber dans l'escarcelle de l'Empire.

Une implication politique au plus haut niveau doublée d'une habile stratégie matrimoniale permet aux descendants de Radbot d'asseoir durablement leur domination sur un grand nombre de terres alsaciennes, suisses et badoises. Le centre de leur puissance, essentiellement politique, accessoirement territoriale, se situe en Alsace. Dès le début du , les Habsbourg acquièrent le landgraviat (comté provincial) de Haute-Alsace (Haut-Rhin), l'avouerie sur des terres épiscopales strasbourgeoises (Haut-Mundat) et surtout l'avouerie sur la puissante et prestigieuse abbaye de Murbach.

Le statut des Habsbourg évolue en 1273 lorsque le comte de Habsbourg, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, est élu empereur, prenant le nom de . En effet, les princes-électeurs préfèrent, comme souvent, confier la couronne de l'Empire à un seigneur qui ne leur semble alors ni trop puissant, ni trop menaçant pour leurs propres intérêtsPour en savoir plus, consulter le verbatim de cette conférence..

Histoire des Habsbourg 100 px|left|thumb|Armoiries des premiers comtes de Habsbourg. thumb|Sur l'actuel drapeau alsacien, les couronnes symbolisent les aspirations des Habsbourg, elles sont ajoutées au rouge et blanc, couleurs alémaniques traditionnelles.

, un des fils de Radbot, est le premier à prendre le titre de comte de Habsbourg. Dans la guerre entre l'empereur du Saint-Empire et l'anti-empereur Rodolphe de Rheinfelden, Werner embrasse le parti de ce dernier (1077-1080).

, petit-fils de , succède à son père en 1163, fait la guerre en Palestine (1187-1191 et 1196-1198), combat ensuite et fonde Waldshut ; il prend le premier le titre de Landgrave d'Alsace.

Après la mort de , fils d', en 1232, la maison des Habsbourg se partage en deux branches : Habsbourg-Habsbourg et Habsbourg-Laufenbourg, dont les chefs sont et , son frère. La maison de Habsbourg-Laufenbourg s'éteint en 1415Die Habsburger, Eine Europäische Familiengeschichte, Brigitte Vacha, Sonderausgabe 1996, .

Depuis l'Alsace historique, la famille étend son influence vers l'est, contrôlant le Saint-Empire romain germanique dès 1273, l'étendant jusqu'à l'actuelle Autriche (1278-1382). En seulement deux ou trois générations, les Habsbourg réussissent à s'assurer le contrôle quasi permanent du trône impérial pour plusieurs siècles (1273-1291 : Rodolphe ; 1298-1308 : son fils Albert ; et 1438-1740 à partir d'Albert II et Frédéric III).

Branche aînée (mort en croisade en 1239), tige de la branche aînée ou impériale, a pour sa part Habsbourg, le comté d'Argovie et les ailleux d'Alsace ; il y joint par mariage le comté de Kybourg. Son fils agrandit considérablement ses domaines du côté de la Suisse et acquiert en 1278 les duchés d'Autriche et de Styrie par la défaite de son compétiteur à la bataille de Marchfeld. Il est le premier Habsbourg appelé au trône impérial en 1273, comme roi des Romains ; il règne (1273-1291) sous le nom de , et a pour successeur dans ses États héréditaires, et plus tard à l'Empire (1298), son fils Albert ( comme duc d'Autriche et roi des Romains). Sous celui-ci, les Suisses se révoltent, et pendant toute la durée du et la moitié du , la maison de Habsbourg s'épuise vainement à les combattre ; elle se voit successivement enlever la plus grande partie de ses domaines. En 1438, un nouveau prince de la maison d'Autriche-Habsbourg est appelé au trône impérial : le duc , roi de Hongrie et de Bohême, roi des Romains, régna sous le nom d'

Albert V était le fils du duc Albert IV, fils d'Albert III, fils d'Albert II, fils cadet du duc-roi des Romains Albert . Du duc Albert II procèdent les deux lignées albertine/albertinienne et léopoldine/léopoldinienne, cette dernière accédant à l'empire en 1440 avec Frédéric III.

Dès lors, la maison de Habsbourg règne sans interruption sur le Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1740, date de la mort sans descendance mâle de du Saint-Empire. Sa fille aînée, héritière de cette maison, Marie-Thérèse d'Autriche « La Grande », porte ses possessions, par mariage avec François de Lorraine, dans la Maison de Lorraine qui prend alors le nom de Habsbourg-Lorraine.

Branche cadette Elle a pour tige d'Autriche, arrière-petit-fils de l'empereur , et reçoit en partage Laufenburg, Waldshut, Neu-Habsbourg (sur le lac des Quatre-Cantons) et les domaines de Klekgau. Après la mort de , cette branche se partage en deux rameaux (les comtes de Habsbourg-Laufenbourg et les nouveaux comtes de Kybourg). Le premier de ces deux rameaux, commencé par Godefroy (mort en 1271), s'éteint au commencement du . Eberhard, tige du second, a acquis le comté de Kybourg en épousant Anne, héritière de cette maison ; il meurt en 1284 ; sa descendance s'éteint en 1415. La branche aînée réunit alors tous les domaines de la maison.

Suite thumb|upright=1.2|Les possessions des Habsbourg après la bataille de Muehlberg (1547). thumb|upright=1.2|L'Europe et les alliances en 1725.

Après le mariage de avec Marie de Bourgogne, de la maison de Valois-Bourgogne, héritière des possessions bourguignonnes (notamment les Pays-Bas) et le mariage de son fils Philippe « le Beau » avec Jeanne « la Folle », héritière des Espagnes, de Naples et de Sicile (et des Indes espagnoles), le fils de ces derniers, Charles Quint (ou ), hérite en 1519 d'un empire sur lequel « le soleil ne se couchait jamais ».