vignette|alt=Un resserrement dans la vallée bloque un glacier et préserve un grand lac de montagne. Au-dessus trois pics neigeux volent dans les nuages.|Les .

Le parc national Torres del Paine (en , en langue tehuelche, (parc national des) tours (dressées vers le) ciel) est un parc national du Chili situé entre la cordillère des Andes et la steppe de Patagonie. Administrativement, il appartient à la et à la province de Última Esperanza.

, le parc est créé le . Il est déclaré réserve de biosphère, le par l'UNESCO. Ce parc est géré par un organisme chilien, la Corporación Nacional Forestal (CONAF).

Sa principale fonction est la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et de la diversité génétique du massif del Paine. Sa surface se caractérise par son hétérogénéité paysagère, où convergent des montagnes, des glaciers, des vallées, des étangs et de grands lacs.

Il tient son nom de trois formations granitiques emblématiques : les Torres (Tours) (du massif) del Paine (ciel lumineux). Celles-ci lui confèrent un fort attrait touristique. De nombreux sentiers et refuges permettent d'en faire un lieu majeur de trekking, le trek le plus fréquenté étant le "Circuit en W".

La fréquentation du parc est en augmentation constante : de en 1986, elle passe à en 1995, en 2005 pour atteindre en 2016 (dont près de 58 % d'étrangers).

Géographie thumb|Commune de Torres del Paine. Le parc couvre dans le sud du Chili, près de la frontière avec l'Argentine. Il est situé à de Punta Arenas et à de Puerto Natales. Il est localisé dans la commune de Torres del Paine, elle-même située dans la province de Última Esperanza et la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien.

Le parc partage sa limite nord avec le parc national argentin Los Glaciares et sa limite ouest avec le parc national Bernardo O'Higgins.

Géologie Le massif del Paine est beaucoup plus jeune que ceux de la cordillère des Andes. Cette dernière s'est formée entre il y a 60 et alors que le massif s'est formé il y a seulement ..

Les roches les plus vieilles du parc sont des roches sédimentaires de type flysch qui proviennent de l'érosion des Andes nouvellement créées. Elles se sont formées au Crétacé inférieur et supérieur entre 112 et . Les plus vieilles roches (formation de Punta Barrosa) sont composées de grès intercalé de shales et les plus jeunes (formation de Cerro Toro) sont composées de shales, intercalés de marne, avec des lentilles de grès et de conglomérat..

Il y a , au Miocène, le déplacement vers le nord de la limite entre la plaque antarctique et la plaque de Nazca provoqua l'intrusion d'un laccolite de par ayant une épaisseur de . Cette intrusion créa le cœur du massif del Paine. Les roches sont composées en majorité de gabbro, de monzodiorite, de monzodiorite quartzifère et de granitoïde. Le territoire possède aussi quelques petites intrusions plus anciennes datant d'il y a .

Entre il y a à , les glaciations modelèrent le paysage pour enlever les couches de roches supérieures et donner au parc son aspect actuel.

Relief

Le massif a la forme d’un rectangle, orienté nord-est/sud-ouest et tailladé de deux vallées profondes et parallèles dans le sens nord-ouest/sud-est, lui donnant la forme d’un « M ». Ses dimensions sont environ de long sur de large. On peut diviser le massif en divers secteurs principaux :

le Cerro Paine Grande, situé au sud-ouest du massif, possède quatre sommets : la Cumbre principal (Sommet principal, ), la Punta Bariloche (Pointe Bariloche, ), la Cumbre Central (Sommet central, ) et la Cumbre Norte (Sommet Nord, ) ;

thumb|Cuernos del Paine (Central et Este), vallée Bader et Monte Almirante Nieto. les Cuernos del Paine : ce sont trois sommets reconnaissables à leurs formes massives et surtout à leurs couleurs. En effet, leur sommet et leur base sont de couleur foncée et de matériau sédimentaire. Au contraire la partie centrale est nettement plus claire et se distingue immédiatement. Cette partie centrale est du granite. Les couches sédimentaires supérieures sont des témoins des couches sédimentaires érodées par les glaciers et les vents. Si on regarde bien la partie granitique est du Cuerno Este, on peut noter des zones plus sombres qui font penser au dessin d'un gaucho à cheval : la vallée del Francés ; la vallée Bader ; le mont Almirante Nieto : le mont Almirante Nieto est un imposant sommet, culminant à . De même que pour les Cuernos, on observe les deux couleurs dues aux différents matériaux qui le composent. Il représente le côté est de la vallée Ascensio (nommé en hommage à Ascencio Brunel qui a été capturé dans le parc en 1902), au creux de laquelle coule le río Ascensio ; la vallée Ascensio et les Torres del Paine : la vallée Ascensio est la seconde d’importance du massif. C’est elle qui permet d’accéder aux fameuses Torres del Paine. Ces trois pics granitiques sont alignés selon un axe nord-est/sud-ouest, et sont respectivement appelées Torre Norte, Central et Sur (Tour Nord, Centrale et Sud). Elles culminent respectivement à , , . Le relief au-delà de la Torre Norte est appelé . On y observe une fois encore la superposition des matériaux sédimentaires et granitiques, tandis que les tours sont de granite pur. Au fond de la vallée se dessine le Cerro Oggioni qui culmine à ; le Cerro Paine : ce petit sommet de d’altitude fait face au mont Almirante Nieto, de l’autre côté de la vallée Ascensio. Il est l’extrémité sud-est du massif ; les glaciers : au sein du massif, trois glaciers d’importance sont présents, tous du côté Est. Sur le flanc sud-ouest du Paine Grande, se trouve le glacier del Francés. À l’extrémité Nord-Ouest du massif, deux glaciers débutant au même endroit s’écoulent l’un vers la face Nord du massif (glacier los Perros) et l’autre vers la face Est du massif (glacier Olguín).

Hormis le massif du Paine, peu de sommets se détachent nettement du territoire du parc. On peut cependant citer le Cerro Ferrier (le plus au nord) et le Cerro Donoso. Ces deux sommets, de respectivement et sont visibles depuis l’administration, en regardant plein est. Ils séparent le río Grey du champ de glace de Patagonie Sud. À l’ouest de l’administration est visible la sierra del Toro, à l’aplomb du lac del Toro. Son point le plus haut (à l’intérieur du parc) culmine à et est situé au sud de la lagune Verde.

Climat Selon la classification de Köppen, le parc se trouve dans la « zone de climat tempéré froid pluvieux sans saison sèche ». Les conditions climatiques du parc sont très variées, du fait de l'orographie complexe. L'été (décembre à février) y est frais avec une température maximale de et un minimal de . La température de la saison hivernale a un maximum de et un minimal de . L'amplitude annuelle de la température n'est que de ..

Les mois les plus pluvieux sont mars et avril (automne austral), avec une moyenne mensuelle de . Cela représente le double de la période juillet-octobre (hiver-printemps), qui sont les mois les plus secs. Le parc possède un importante différence de la pluviométrie entre l'est et l'ouest. Les masses d'air humide de l'océan Pacifique se heurtent au massif del Paine, dont l'altitude surpasse les , donnant au côté occidental une pluviométrie supérieur au côté oriental.

Le printemps et l'été sont les saisons les plus venteuses. Durant l'hiver, les basses températures continentales annulent la dynamique des vents et empêchent la venue des masses d'air polaire de l'Antarctique.

Hydrographie Le parc possède un grand réseau, complexe, de drainage naturel, fait de nombreuses rivières, ruisseaux, lacs, lagunesUn certain nombre d’étendues d’eau du parc porte en espagnol le nom de « laguna » (lagune). Le sens diffère quelque peu du français, où la lagune fait référence, dans la quasi-majorité des cas, à une étendue d'eau marine ou saumâtre. Ce n’est pas le cas en espagnol, où elle est définie comme une étendue d'eau, généralement douce et de dimensions inférieures à celle d’un lac. et cascades qui naissent du champ de glace Sud de Patagonie (en espagnol : ) et coulent depuis le nord-est jusqu'au Seno Última Esperanza, l'anse qui baigne la ville de Puerto Natales. Les cours d’eau présentent un profil longitudinal très accidenté, avec des changements brusques de pentes, générant des chutes et des rapides.

Le champ de glace Sud de Patagonie occupe toute la partie Ouest du parc. Cinq glaciers sont alimentés par celui-ci. Ce sont, du nord au sud, les , Grey, Pingo, Zapata, Tyndall et Geikie, tous en régression. Le plus grand est le glacier Grey. Son front est divisé en deux bras, à cause de l’émergence d’une péninsule, communément appelé la Isla (l’Île) ou Nunatak. Celle-ci se découvre un peu plus chaque année. Le bras est mesure environ tandis que le bras ouest a une largeur d’environ . La longueur du glacier (à l’intérieur du parc) est de .

thumb|left|Lac Nordenskjöld et Cerro Paine Grande Le système hydrographique du parc s’écoule du nord au sud. Il commence au lac Dickson, qui est alimenté par le glacier du même nom. Il engendre le río Paine qui forme plus loin vers l’est un premier lac : le lac Paine. Recevant par la suite les eaux de la lagune Azul (« bleue »), le río Paine se jette dans le premier lac d’importance, le lac Nordenskjöld (du nom de l’explorateur suédois Otto Nordenskjöld), long de . Il communique, par l’intermédiaire du Salto Grande (« grande chute d’eau »), avec le lac Pehoé. Ce dernier fait de même avec le lac Toro, un des plus grands de la région. Celui-ci se déverse dans le Río Serrano. Cette rivière se jette dans le Seno Última Esperanza, après avoir capté les eaux des ríos Pingo, Grey, Tyndall et Geikie, chacun originaires du glacier du même nom.

La formation des lacs fut le résultat de l’activité et du poids glaciaire, combinée à des cycles volcaniques et sismiques. vignette|Glacier Grey et lac Grey en février 2015 Selon la différence de disponibilité de substances nutritives pour les plantes, les lacs peuvent se classer en lacs oligotrophes ou eutrophes. Les premiers sont typiquement très profonds, d’origine glaciaire, pauvres en phosphore, azote et calcium (auquel cas l’oxygène est très disponible à toutes les profondeurs). Ce sont les lacs Dickson, Paine, Nordenskjöld, Pehoé, Grey, Pingo, Tyndall, Geikie et Toro.

Les eaux eutrophes sont quant à elles moins profondes et plus fertiles. Ces lacs et eaux sont typiques des régions géologiques plus anciennes. La végétation aquatique est plus abondante et la communauté du bassin est basée sur des populations importantes de zooplancton et phytoplancton. Ce sont pour la plupart des lagunes.

Éléments remarquables du réseau hydrographique thumb|Les Cuernos del Paine vues du lac Pehoé. Lac Sarmiento

Il est classé comme un lac salé, au regard de la chimie de son eau. Sa surface est de et sa profondeur maximale de . Il est alimenté par des ruisseaux mineurs provenant de lagunes eutrophiques. La lagune Verde et la lagune Honda sont les sources de son unique ruisseau tributaire important. La clarté de l’eau et la topographie sous-marine relativement peu accidentée sur les bords indiquent des zones étendues de chaînes alimentaires et une très bonne photosynthèse. Cela permet la présence de truites fario (Salmo trutta fario) introduites. Il n’est pas directement connecté au réseau du río Paine.

Lac del Toro ou Toro

Son nom (littéralement « lac du taureau ») proviendrait de sa forme. La topographie du lit est profondément crevassée, ce qui limite les zones de faible profondeur. Sa zone littorale est ainsi relativement petite et avec peu de végétation aquatique. C’est un lac de drainage avec un volume et une taille très importants (c'est le plus grand de la région) et de caractéristiques oligotrophes.

Río Serrano