La faculté des arts de Paris est une des quatre facultés (arts, théologie, décret (droit canon), médecine) qui composent l'université de Paris, créée en 1200.

Elle dispensait l'enseignement préalable à l'entrée dans les trois autres facultés, ce qu'on appelle aujourd'hui l'enseignement secondaire. Toutefois, seuls certains étudiants passaient les examens nécessaires pour obtenir les diplômes, qui n'avaient d'utilité que pour certaines professions : prêtres, médecins (à partir de 1598), chirurgiens (à partir de 1745).

Organisation des études

Les arts libéraux (grammaire, rhétorique, dialectique, astronomie, arithmétique, géométrie, musique) sont dispensés à la faculté des arts aux élèves dont l'âge est compris entre quatorze et vingt ans. Au terme des études, l'étudiant se voit récompenser d'une maîtrise ès arts, ce qui lui permet d'enseigner dans la faculté et d'aborder les autres disciplines dispensées à l'université : médecine, droit (la maîtrise ès arts n'étant cependant pas obligatoire) et théologie.

L'enseignement dure généralement sept ou huit ans : classes de sixième à troisième (classes dites de grammaire), classe d'Humanités (seconde), classe de Rhétorique (première), classes de Philosophie (terminale) (logique, métaphysique et morale puis physique en facultative qui deviendra au la classe de mathématique spéciale).

Après la Révolution française, l'enseignement artien a été pris en charge par les écoles centrales, puis à partir du Consulat par les lycées et collèges dont les classes ont conservé longtemps les mêmes appellations.

Grades et examens Études, grades et examens Les étudiants commençaient ordinairement à suivre les leçons de la Faculté des arts avant l'âge de quinze ans.

Au , il fallait avoir quatorze ans pour passer l'examen de déterminance et être dans sa troisième année du cours de logique. Le candidat devait d'abord, avant Noël, soutenir une dispute contre un maître régent. Puis il devait réussir un examen devant un maître nommé par sa Nation. Les déterminances proprement dites commençaient avec le Carême, le déterminant devait disputer tous les jours jusqu'à la fin du Carême dans les écoles de sa Nation.

Au , la dispute d'avant Noël devint la dispute de la déterminance, et l'examen devint l'examen pour le baccalauréat ès arts, qui dépendait de chaque Nation. Les disputes de Carême furent supprimés.

Le schéma des examens est décrit comme le suivant par Durkheim : « Après trois ou quatre ans d'études (autour de 17, 18 ans donc), le maître fait passer à l'élève un premier examen à Noël, la responsio. Si le maître juge que les connaissances ont été acquises, l'élève passe lors du Carême un nouvel examen devant un jury (la déterminance), soutient une dispute publique, à l'issue de laquelle se tient une cérémonie, l'inceptio, au cours de laquelle il obtient le baccalauréat ès arts. Durant un à trois ans, le bachelier s'engage dans une nouvelle période durant laquelle il assiste un maître pour l'enseignement. L'examen de licence a lieu au printemps et se déroule devant un jury de maîtres présidé par l'un des chanceliers de l'Université. Six mois après l'examen de licence, le titulaire de la licence effectue une nouvelle inceptio pour obtenir la maîtrise ès arts sous la forme d'une leçon inaugurale devant le chancelier et six maîtres. »

Aux XVII et , les examens s'organisaient de la manière suivante. Lors de la dernière année d'études ( de philosophie), l'étudiant qui désire prendre un grade - ce qui n'est le cas que d'une petite minorité - se présente au baccalauréat ès arts. Il lui faut pour cela présenter des attestations de scolarité, ainsi que des cahiers de cours manuscrits, mais également payer des droits. L'examen est effectué par la nation à laquelle est inscrit l'étudiant, qui constitue un jury rassemblant généralement trois professeurs et un bachelier en théologie sous la présidence du censeur. Il consiste en une interrogation orale, en latin, sur le programme d'étude. Ensuite, parfois le même jour, le bachelier ès arts se présente devant un nouveau jury pour l'examen de licence. Celui-ci est présidé par le chancelier de Notre-Dame ou celui de Sainte-Geneviève sur les m^mes modalités que l'examen de baccalauréat. À la suite de l'obtention de la licence, le licencié est fait ensuite maître ès arts par l'apposition du bonnet par le chancelier. Il est également possible de présenter une thèse lors d'une soutenance publique. La pratique de la soutenance publique atteint son apogée dans la seconde moitié du XVIIe siècle, avant de décliner au XVIIIe siècle. Six mois plus tard, le maître ès arts doit solliciter l'entrée dans une nation et l'intégrer officiellement pour pouvoir obtenir un emploiBoris Noguès, « La maîtrise ès arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles », Histoire de l’éducation [En ligne, 124 | 2009, mis en ligne le 01 janvier 2014, consulté le 29 septembre 2026.].

D'après l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, « autrefois, dans l'université de Paris, le degré de maître ès arts étoit donné par le recteur, à la suite d'une thèse de Philosophie que le candidat soutenoit au bout de son cours. Cet ordre est maintenant changé; les candidats qui aspirent au degré de maître ès arts, après leurs deux ans de Philosophie, doivent subir deux examens ; un devant leur Nation, l'autre devant quatre examinateurs tirés des quatre nations, & le chancelier ou sous-chancelier de Notre-Dame, ou celui de Sainte-Genevieve. S'ils sont trouvés capables, le chancelier ou sous-chancelier leur donne le bonnet de maître ès arts, & l'université leur en fait expédier des lettres. »

Recrutement Après l'expulsion des Jésuites en 1762 et le rassemblement des petits collèges au sein du collège Louis-le-Grand, de nouveaux enseignants doivent être recrutés. En 1766 est créé un concours pour recruter des agrégés, c’est-à-dire des professeurs assistants parmi lesquels sont choisis les professeurs lors des vacances d'emploi dans les 10 collèges de la faculté des arts de Paris. Le jury est désigné chaque année par le procureur général du parlement de Paris et comprend des professeurs des collèges et des bacheliers en théologie, droit et médecine. Les candidats sont des maîtres-ès-Arts. Le concours est organisé pour chacune des classes : classes de philosophie, de belles-lettres et de grammaire. Le nombre d'agrégé maximal est fixé à vingt par classe.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Université de Paris

Liens externes La faculté des arts de Paris sur le site pédagogique de la BNF

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