Le de dragons () est une unité de cavalerie de l'Armée française, créée sous la Révolution à partir du régiment de Penthièvre dragons, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime.
Création et différentes dénominations vignette|Penthièvre-dragons, officier portant le drapeau, d'après un dessin d'Alfred de Marbot. vignette| de chevau-légers-lanciers, par Carle Vernet.Le régiment a été créé en 1674 sous le nom de régiment d'Heudicourt. En 1688, il a été renommé régiment de Choiseul-Praslin, puis en 1693, régiment de Toulouse. En 1737, il a été rebaptisé régiment de Penthièvre. En 1776, il a pris le nom de régiment de Penthièvre-dragons.
En 1791, il est devenu le de dragons. Le , avec six autres régiments de dragons, il a été transformé en régiment de chevau-légers-lanciers et a été désigné comme de chevau-légers-lanciers. En 1814, il a été renommé régiment du Dauphin, , après avoir intégré les restes du de chasseurs à cheval et le du de la Garde (Lanciers rouges).
En 1815, après les Cent-Jours, le régiment a été licencié. En 1816, il a été recréé sous le nom de régiment des dragons du Rhône. En 1825, il a été dissous, transformé en de cuirassiers, puis recréé sous le nom de de dragons.
En 1942, il a été dissous, mais maintenu clandestinement dans le maquis. En 1944, le de dragons a été recréé. En 1945, le de spahis marocains, initialement affilié à l’armée du Régime de Vichy, est passé dans l'Armée française de la Libération et a été fusionné avec le de dragons après avoir participé aux combats de Royan.
En 1964, le régiment a été dissous puis recréé avec les éléments du de hussards. Enfin, en 1977, il a été définitivement dissous.
Garnisons 1869 : Abbeville 1887-1893 : Meaux 1894-1914 : Lunéville 1914-1914 : Vitry-le-François 1919-1942 : Lunéville (dissous mais maintenu dans le maquis) 1944-1946 : campagne d'Alsace et d'Allemagne 1946-1952 : Poitiers 1952-1964 : Saarburg 1964-1977 : Morhange
Mestres de camp, lieutenants-colonels et colonels : Michel Sublet marquis d'Heudicourtpar le général Susane ; : Jean Baptiste Gaston de Choiseul, comte d'Hostel et marquis de Praslin; : Antoine d'Aix de la Chaise, comte de SouternonEn février 1701, le comte de Souternon est envoyé en Gueldre espagnole dans le cadre de la défense des Pays-Bas espagnoles. ; : Jean-Louis-Baptiste de Goyon de Matignon, comte de Gacé; : Armand Louis de Vignerot du Plessis d'Aiguillon, marquis de Richelieu, comte d'Agenois; : Louis du Frétoy, marquis d’Estournel; : le marquis d'Hautefort d'Ajat; : Sébastien de Poilvillain, marquis de Crenay, comte de Montaigu; : le vicomte de Castellane-Novéjean; : Henry de Lur d'Uza, comte de Saluces; : Michel Louis Marie marquis de Beuzeville; : Conrad-Adolphe-Louis de Lardenois de Ville; : Mathieu de Montholon; : Jean, comte du Authier; 1791 : François du Bouzet de Montjoye 1792 : Jean Thomas Scelles de la Mothe 1793 : Charles Hubert de Gaignières 1794 : Jean Louis Falque 1797 : Jacques Louis François Milet 1800 : Louis Beckler tué le , au combat de Nasielsk. 1806 : Alexandre Louis Robert Girardin d'Ermenonville 1811 : Alexandre Lebrun de Plaisance 1813 : Charles Joseph Hatry 1814 : Eugène-Gabriel-Louis-Texier d'Hautefeuille 1815 : Charles François Martigue 1823 : Pierre-Jacques Saint-Geniès : Jean-Alexandre Le Pays de Bourjolly
1865-1869 : Xavier de Lagoutte du Vivier 1878: Guillaume Jean-Marie Gaston, comte Duhesme 1907 : Louis Conneau (1856-1930), né et élevé au Palais des Tuileries avec le Prince Impérial 1939 : Léon Cuny (3/9/1939 - 15/5/1940) 1940 : Commandant Kuntz (15/5/1940 - 26/5/1940 + au combat à Phalempin - 59) 30/08/1940 - 20/11/1941 : Colonel Olleris 1953-1955 : colonel du Breil de Pontbriand 1955 : Simon Y. 1963 : Paramelle 1964 : Mercier 1966 : Colomb 1968 : Perier 1970 : Delmotte 1972 : Perrey 1974 : Mialet 1976 : lieutenant-colonel Georges Delclève
Historique des garnisons, combats et batailles du Ancien Régime
Guerres de la Révolution et de l'Empire vignette|Uniforme du de dragons, 1812. 1792 : il est à l'Armée des Alpes puis passe en 1793 : Armée du Rhin, Siège de Mayence (1793) 1793 : 26 décembre : de Wissembourg 1794 : Armée de la Moselle 1796-97: Armée d'Italie où il est cité pour le Siège de Mantoue (1796-1797) et la Bataille de Rivoli (1797). 1797-99 : deux années sur les rives du Rhin et du Danube. : le régiment est une des trois unités qui participent au coup d'État du 18 brumaire. 1800: Armée de Réserve et se distingue à la bataille de Marengo. 1801-02 : au royaume de Naples. 1803 : en garnison à Orléans. 1804 : Armée des côtes de l'Océan. 1805-07: Grande Armée 1805 : 2 décembre : Bataille d'Austerlitz 1806 : Campagne de Prusse et de Pologne 14 octobre : Bataille d'Iéna 1807 : 8 février : Bataille d'Eylau 1808-11: Espagne
1813 : Campagne d'Allemagne 16-19 octobre : Bataille de Leipzig
1815 : il est dans le d'armée, brigade Gobrecht lors de la bataille de Waterloo.
De 1815 à 1848 ... 1823: Espagne garnison : Nevers en 1825
Deuxième République
Second Empire guerre franco-allemande de 1870 Ayant retrouvé définitivement son nom, le de dragons se bat furieusement à Borny, Gravelotte, Saint-Privat puis est bloqué dans Metz avec l’armée de Bazaine.
Le 26 novembre 1870 eut lieu le combat de Lorcy ou fut engagé 1 escadron du .
De 1871 à 1914 Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la semaine sanglante.
Le régiment est à Lunéville en 1877, avec le prince Robert d'Orléans (1840-1910), comme commandant en second. En deux escadrons stationnent à Baccarat.
Première Guerre mondiale
Le prend part à la bataille de la Marne et pendant trois années, ses escadrons combattent à pied dans les tranchées. En 1918, la ruée allemande s’efforce de percer le front français, la à laquelle appartient le est jetée dans la brèche vers Amiens d’abord, puis aux monts de Flandres et en mai sur l’Aisne. 1914
1915
1916
1917
1918
1919
Entre-deux-guerres vignette|Un cavalier du de Lunéville vers 1932-1935 (Yves Guellec). Le régiment est caserné à Lunéville.
Seconde Guerre mondiale
1939
Le de dragons constitue la de cavalerie () avec le de dragons. Cette brigade fait d'abord partie de la de cavalerie. En , les divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères de cavalerie (DLC) et cette brigade est alors affectée à la .. Cette division doit participer à la manœuvre retardatrice en Ardenne en avant de la dont elle dépend dans le cadre du plan Dyle en occupant d'abord la Meuse entre le fort de Dave et Yvoir, puis en poussant au-delà du fleuve, pour couvrir l'avance de l'aile gauche de l'armée. La suivra derrière le de la division lequel doit progresser sur l'axe La Capelle – Trélon – Mettet – Saint-Gérard – Godinne – Assesse – Durbuy.
1940
En , au moment de l'attaque allemande le de dragons est alors composé de quatre escadrons de cavaliers et d'un escadron d'armes lourdes hippomobile, pour un effectif total de et . Il est taillé en pièces entre les et , il combat en Belgique puis en France, 15 % de ses effectifs étant mis hors de combat, 50 % étant faits prisonniers.
À partir du , le est reconstitué sur chars Hotchkiss H35 et Hotchkiss H39, il est intégré à la légère mécanique, qui naît de la réorganisation de la .
Les 42 chars du régiment disparaissent au cours des durs combats du mois de . Le , faute de matériel et de personnel, le de dragons a totalement cessé d'exister.
1941 vignette|Porte-étendard du de dragons dans la tourelle d'une AMD Panhard 178, sous Vichy. Il fait ensuite partie de l’armée d'Armistice à Issoire. Il forme le régiment de cavalerie attaché à la militaire (Clermont-Ferrand). Un tel régiment regroupe deux escadrons montés, deux escadrons à cheval, trois escadrons cyclistes (équipés notamment de mitrailleuses et de mortiers de 81) et d'un escadron d'AMD Panhard 178 privées de canon antichar.
1942 Le régiment est dissous le après l’invasion allemande de la Zone libre et le sabordage de la flotte française à Toulon. Ses éléments passent dans le maquis.
1944 Le régiment est réformé par des Maquisards et prend part à la Libération de l'Auvergne, en combattant notamment sur le secteur de Brioude.
1945 Il prend part à la campagne d’Alsace et d’Allemagne jusqu’au qui le voit sur les rives du lac de Constance. Sa conduite lui vaut la Croix de Guerre 1939-1945.
Pendant ce temps, le de Spahis marocains a combattu lui aussi en Syrie mais du côté des forces du Régime de Vichy. Renvoyé au Maroc, il combat contre les Américains lors de leur débarquement en Afrique du Nord, puis dans l'Armée de la Libération il participe aux combats de Royan en 1945. Il est finalement dissout et fusionné avec le de dragons.
De 1945 à nos jours thumb|Le Centre sportif d'équitation militaire portant l'étendard du lors du défilé militaire du 14 juillet 2013
De 1946 jusqu’en 1952, le tient garnison à Poitiers puis est envoyé en Allemagne à Saarburg. En , il participe à une ultime campagne en Afrique, son débarquant à Suez. Le , son étendard et son appellation sont transmis au installé à Morhange. Le régiment basé à MorhangeLe journal clandestin du comité de soldats s'intitulait Morhange Mécanique, un exemplaire a été déposé à la Bibliothèque nationale de France. Un Tee-shirt décoré d'un dessin inspiré schématiquement de l'insigne régimentaire du a été offert au musée du costume de la Ville de Paris. est dissous en 1977, son étendard est confié à l'École militaire d'équitation de Fontainebleau. La caserne est alors occupée le par le d’artillerie venant de Saint-Avold, les Diables noirs.
Traditions et uniformes Insigne À partir de 1953 l'insigne régimentaireRéalisé par la maison Drago sous le n° H 172. du de dragons est un écu ancien portant les armoiries de la famille de Bourbon-Penthièvre posées sur une ancre et surmontées d'une couronne fleurdelisée, en pointe le chiffre 8 et l'inscription Penthièvre-Dragon. Pour un historique complet de l'insigne voir le numéro spécial de Symboles et traditions: Les dragons et leurs insignes, quatrième fascicule de la série des Insignes de l'Arme Blindée Cavalerie, numéro préparé par Jacques Sicard. Devise du régiment en 1972: Qui s'y frotte s'y pique.
Devise Terraque, marique (Et de la terre et de la mer)
" Où passe le vent, quand le diable y perdrait la queue, le 8° Dragon passera "(sources : voir les photos sur le site de l'amicale des anciens du 8° où la devise apparait clairement).
Uniformes d’Ancien Régime
Uniformes sous la Révolution et le Premier Empire
Étendard vignette|Revers de l'étendard du de dragons. Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : Rivoli 1797 Marengo 1800 Austerlitz 1805 Heilsberg 1807 La Mortagne 1914 Flandres 1918 L'Aisne 1918
Décorations Sa cravate est décorée:
De la croix de guerre 1914-1918 avec deux palmes et une étoile de vermeil, et de la croix de guerre 1939-1945 avec une étoile d'argent.
Personnages célèbres ayant servi au de dragons 150px|thumb|right|Charles-Marie de Mac Mahon (1856-1894), portant la porte la tenue d'officier en service entre 1871 et 1883, avec la giberne.
Louis Jean Nicolas Abbé (1764-1834), général d'empire, capitaine au en 1798, Bernard Chevignard (1913-1944), compagnon de la Libération, fit son service militaire au dès 1933. Yves Guellec (1913-1944), compagnon de la Libération, est brigadier au en 1932, Charles-Marie de Mac-Mahon (1856-1894), marquis d'Éguilly, sous-lieutenant au (1877), Jacques Nompar de Caumont La Force (1882-1910), lieutenant aviateur tué en service commandé, sous-lieutenant au en 1906