Hristofor Jefarovitch (en ; en en alphabet latin, en alphabet cyrillique), né en 1690 à Doïran (actuelle Macédoine du Nord) et mort le à Moscou, est un moine, peintre, graveur, illustrateur et écrivain slave méridional, connu pour avoir prôné l'unité des peuples slaves d'Europe du Sud.
Biographie Hristofor Jefarovitch naît en 1690 à Doïran, alors sous domination ottomane, dans la famille d'un prêtre bulgare. Embrassant lui aussi une carrière religieuse, il se fait moine itinérant, proposant ses services pour peindre ou illustrer des livres, des icônes et des objets liturgiques. Il séjourne notamment un temps au monastère Saint-Naum à Ohrid. Son nom est mentionné pour la première fois en 1734 à Belgrade, où il se fait connaître par son talent artistique. Ses premières œuvres à traverser le temps sont les fresques des églises du monastère de Bođani à Bač (alors dans la monarchie des Habsbourg, aujourd'hui en Serbie), peintes en 1737, et celles du monastère orthodoxe de Siklós, réalisées à partir de 1739. ; ces dernières seront détruites par un incendie au début du . Il est aussi le créateur de l'iconostase de l'église Saint-Nicolas de Kozáni.
À partir de 1740, il se consacre exclusivement à la gravure sur cuivre et l'illustration d'ouvrages. Il travaille avec Thomas Mesmer et imprime ses estampes d'icônes et de saints slaves dans son atelier de gravure-typographie, à Vienne. Il produit par ailleurs des estampes sur carton pour servir de base à des broderies religieuses. Parmi ses œuvres notables figurent deux estampes de saint Nicolas dans le style byzantin tardif, conservées respectivement dans l'église serbe de Győr et dans l'église orthodoxe grecque de Kecskemét, ainsi qu'une estampe de saint Naum d'Ohrid, dessinée par Jefarovitch et gravée par Mesmer, conservée dans l'église orthodoxe de Miskolc.
vignette|gauche|L'ouvrage Stemmatographia consultable. Sa collaboration avec l'atelier de Mesmer lui permet également de travailler sur des œuvres promouvant l'illyrisme, mouvement pour l'unité des Slaves méridionaux dont il est un fervent partisan. Son œuvre la plus importante en la matière est sa Stemmatographia, un traité héraldique en slavon d'Église publié en 1741 et librement traduit d'une version antérieure de . L'ouvrage recense d'États, de régions et de villes, de souverains et de saints serbes et bulgares, et de pays slaves et balkaniques accompagnés de quatrains explicatifs. Ces derniers constituent les plus anciens exemples de poésie non religieuse de l'histoire littéraire serbe et bulgare moderne. L'auteur y défend une vision pan-balkanique orthodoxe et prône l'union des Slaves méridionaux avec la Russie sur des bases religieuses, économiques et politiques. La Stemmatographia connaît un grand retentissement et contribue à l'éveil national des Slaves méridionaux, les symboles qu'elle contient étant réutilisés sur des drapeaux durant les premiers soulèvements serbes du siècle suivant.
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Son travail est reconnu à travers l'Europe : il devient membre honoraire de l'Académie impériale de Vienne et de l'Académie royale de Munich.
Mu par la prémonition de sa fin prochaine, il repart vers le nord et fait halte à Tokaj pour y écrire son testament et ses dernières volontés, . Il y meurt finalement le .
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