En France, le diplôme national de master, abrévié master ( ) et parfois désigné par le sigle DNM, est un diplôme délivré par un établissement public d'enseignement supérieur comme une université, deux ans après l'obtention du diplôme national de licence. Il vaut 120 ECTS et confère le grade du même nom.. C'est un diplôme professionnalisant pour des emplois d'encadrement. Il autorise la poursuite vers le doctorat.
Dans le système éducatif français, le master est à la fois un diplôme national de l’enseignement supérieur et un grade universitaire, qui valide le deuxième cycle de l’enseignement supérieur, soit cinq années d’études après le baccalauréat. Le grade de master peut être délivré par des établissements non universitaires comme les écoles d’ingénieurs dont des établissements d'enseignement supérieur privés. Le nom « master » s’inspire du master’s degree.
Histoire Durant l’existence de l’Université impériale, trois grades sont mis en place : le baccalauréat, la licence et le doctorat. Cette gradation est ensuite peu à peu oubliée.
Créée en 1966, la maîtrise est délivrée au terme du deuxième cycle des études supérieures universitaires. Les étudiants titulaires d’une licence de droit obtenue alors en quatre ans se voient conférer automatiquement une maîtrise. Ils peuvent alors poursuivre des études au sein d’un troisième cycle menant soit en un an à un diplôme d'études supérieures spécialisées (créé en 1977), afin d'« acquérir des connaissances approfondies dans des domaines particuliers complémentaires de la formation dispensée en deuxième cycle ainsi que d’acquérir des techniques destinées à favoriser l’exercice d’un type d’activité déterminé », soit au doctorat après une année d’enseignement d’approfondissement et de stage d’initiation à la recherche menant au diplôme d'études approfondies (créé en 1964 en sciences et 1974 dans les autres disciplines), puis normalement trois années de recherche conduisant à la rédaction d’une thèse.
En 1998, le rapport Pour un modèle européen d'enseignement supérieur de Jacques Attali propose la création d’une « nouvelle maîtrise ». Puis la déclaration de Bologne le vise à construire un « espace européen de l'enseignement supérieur ». Quelques mois plus tard, sous le ministère de Claude Allègre, un mastaire est créé en tant que grade universitaire, et s’ajoute aux grades préexistant, en vigueur de 1999 à 2002 et , consultés sur Légifrance. Son but est « de rassembler sous une appellation unique un ensemble de diplômes et de titres, de niveau comparable, délivrés au nom de l’État et bénéficiant de sa garantie ». Il est conféré aux titulaires d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), d’un diplôme d’études approfondies (DEA), ou d’un diplôme d’ingénieur. En 2001, certaines écoles de commerce obtiennent le droit de le dispenser, sous contrôle de la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion, consulté le 9 novembre 2014 sur Légifrance.
Le positionnement de ce grade est réaffirmé en 2002 par Jack Lang, avec la réforme LMD qui structure toutes les formations de l’enseignement supérieur avec les grades de licence, master (le grade de mastaire disparaît alors) et doctorat, consulté sur Légifrance et , devenus en 2013 l’. Dans le même temps, le diplôme national de master est créé, délivrant le grade de master. Le master professionnel remplace le diplôme d’études supérieures spécialisées et le master recherche remplace le diplôme d’études approfondies. La maîtrise existe toujours formellement sous la forme d’un diplôme intermédiaire. Le diplôme de master délivré par les universités peut aussi être délivrés par une université conjointement avec une école d’ingénieur..
Par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités de 2007, le grade de master est institué deuxième cycle de l’enseignement supérieur. En 2013, la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche punit l’utilisation non autorisée du terme « master », ce qui est déjà le cas des appellations « universités », « baccalauréat », « licence », « doctorat » anciennement loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur. En 2014, un cadre national des formations définit la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master, et abroge dans l'arrêté du l'article 2 qui différenciait un master professionnel et un master recherche : il n'y a plus qu'un master.
Enseignement et mémoire
vignette|Master de langues, littératures et civilisations étrangères et régionales (LLCER) occitan délivré en 2014.
Le deuxième cycle associe formation générale et formation professionnelle, et doit permettre aux étudiants de compléter leurs connaissances, d’approfondir leur culture et les initier à la recherche scientifique. La formation dispensée en vue du diplôme national de master comprend des enseignements théoriques, méthodologiques et appliqués et comprend obligatoirement une ou plusieurs périodes d'expérience professionnelle (stages, contrats, service civique, etc.). Elle comprend également une initiation à la recherche et, notamment, la rédaction d’un mémoire ou d’autres travaux d’études personnels. Le diplôme de master valide également l’aptitude à maîtriser au moins une langue vivante étrangère.
En 2010, les diplômes de master destinés à former aux métiers de l'enseignement (professeurs des premier et second degrés, professeur documentaliste et conseiller principal d'éducation avant qu’ils ne passent les concours) font leur apparition..
Professionnalisation L'expérience en milieu professionnel est une modalité particulière d'acquisition de connaissances et de compétences en vue de l'obtention du diplôme national de master. L'expérience en milieu professionnel peut être acquise au cours d'un stage ou lors des périodes de formation alternées en milieu professionnel sous contrat de travail et en établissement de formation. Les modalités de l'expérience professionnelle en master sont précisées et donnent lieu à une préparation, à un encadrement et à une évaluation au regard des objectifs de la formation. Les compétences acquises par un étudiant dans le cadre de son activité salariée ou bénévole peuvent être valorisées au sein de son parcours de formation. L'expérience en milieu professionnel est obligatoire en master.
Organisation Le diplôme de master n'est délivré que par les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP). Il peut faire l’objet d’une cohabilitation entre un EPSCP et un autre établissement public d’enseignement supérieurArrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 7. De même, seules les universités peuvent délivrer le diplôme intermédiaire de la maîtrise à la fin de la première annéeArrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 9.
Le diplôme de master sanctionne un niveau correspondant à l’obtention de 120 crédits européens (ECTS)Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master, Article 3. D’après le principe sur lequel repose le système européen de transfert et d'accumulation de crédits, selon lequel le travail à fournir par un étudiant à plein temps pendant une année universitaire correspond à soixante crédits, la préparation du master dure deux années universitaires (ou quatre semestres) après l’obtention de la licence ; cette durée n’est cependant pas explicitement énoncée par les textes réglementaires. Il est parfois utilisé les termes de M1 ou master 1 pour désigner la première année (se rapportant à l'ancienne maîtrise), et M2 ou master 2 pour désigner la deuxième année (se rapportant aux anciens DESS et DEA); mais le diplôme de master est bien un diplôme indivisible de 2 années.
Le contenu des enseignements, les modalités de contrôle des connaissances, d’entrée et de progression sont définies par chacune des universités. Au terme du contrat d'établissement, celles-ci soumettent à accréditation leur offre de formation auprès du ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les programmes de master maintiennent l'équilibre entre des enseignements théoriques, méthodologiques, pratiques et appliqués (arrêté du ). La place de la période d'expérience professionnelle (PEP) est rendue obligatoire en master (soit en , soit en année)Article 9 de l’arrêté du 22 janvier 2014 fixant le cadre national des formations conduisant à la délivrance des diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et de master. Cette période d'expérience professionnelle (stage de 6 mois généralement) est souvent placée au quatrième et dernier semestre, soit en entreprise, soit en laboratoire de recherche, donnant lieu à la rédaction d’un mémoire dont l'évaluation est désormais obligatoire. L'expérience professionnelle peut aussi être validée par des périodes en alternance.
Pour accéder au diplôme de master, les étudiants doivent posséder le diplôme national conférant le grade de licence dans un domaine compatible avec celui du diplôme national de master, ou le cas échéant passer une procédure de validation des acquis..
Contrairement à la licence, la possibilité de seconde session d’examen, de compensation ou de redoublement n’est pas mentionnée dans le texte réglementaire.
Initiation à la recherche et production d'un mémoire La formation en master comprend une initiation à la recherche et, notamment, la rédaction d'un mémoire ou d'autres travaux d'études personnels. Certaines formations exigent deux mémoires, l'un en 1e année, l'autre en 2e ; d'autres, uniquement en 2e année.
Domaines et mentions de master Depuis la réforme LMD, les masters sont classés en domaines, mentions et parcours (exemple : master en « Sciences, technologies, santé », mention « Chimie », parcours « Procédés industriels durables »). Les parcours étaient autrefois appelés spécialités. Les domaines sont choisis par chaque université, d'abord librement (premières habilitations 2003-2006) puis, à partir de 2007, dans une liste de quatre domaines nationaux, qui est figée par le cadre national des formations en 2014 : arts, lettres, langues ; droit, économie, gestion ; sciences humaines et sociales ; sciences, technologies, santé.
En 2013, étaient enseignés, dont et ..
À partir de 2014, les mentions de masters deviennent strictement réglementées au niveau national et doivent être choisies parmi les 253 de la liste placée en annexe de l'arrêté du fixant la nomenclature des mentions du diplôme national de master. (cf. ci-dessous). Les mentions de masters déjà existantes doivent obligatoirement évoluer vers celles de cette liste. Néanmoins, au sein de ces mentions, les parcours demeurent libres et au choix des universités.
En dix ans entre 2014 et 2024, le nombre de jeunes entrant sur le marché du travail avec un diplôme de master a doublé. Dans une étude publiée en , le Céreq a étudié les premières années de vie active de ces diplômés. L'analyse montre que leurs parcours professionnels varient selon leur spécialité de formation, remettant en question l'idée d'une insertion homogène pour les titulaires d’un master. Ainsi, les diplômés en Informatique et Réseaux ainsi qu'en Finance et Banque connaissent les meilleures insertions : respectivement 59 % et 54 % d'entre eux suivent la trajectoire la plus favorable. À l'opposé, seuls 7 % des diplômés en Arts et Lettres et 6 % en Éducation et Formation empruntent cette voie. Les écarts de salaire sont également marqués : 2 480 € en moyenne pour la Finance et Banque contre 1 720 € pour Éducation et Formation.
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