Jean-Claude Brialy, né le à Aumale en Algérie et mort le à Monthyon (Seine-et-Marne), est un acteur, réalisateur, scénariste et écrivain français.

Issu de la Nouvelle Vague du cinéma français, il a joué dans plus de deux cents films au cours d'une carrière commencée en 1956 et a travaillé avec de grands réalisateurs tels que Louis Malle, Claude Chabrol, François Truffaut, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard, Mauro Bolognini, Henri Verneuil, Costa-Gavras, Luis Buñuel, Ettore Scola, Claude Lelouch ou encore Philippe de Broca. Vedette (Le Beau Serge) ou second rôle, il a été nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle avec Le Juge et l’Assassin en 1977 et l'a remporté avec Les Innocents en 1988.

Biographie Né à Aumale en Algérie, Jean-Claude Brialy est le fils aîné de Roger Jean Brialy, officier français (lieutenant au d'artillerie) et de Suzanne Abraham. Il a un frère cadet, Jacques, né deux ans après lui, devenu réalisateur d'émissions de variétés à la télévisionJean-Claude Brialy, Mon Algérie, Timée Editions, 2006 , p. 12..

Il grandit, au hasard des affectations de son père, en Algérie à Blida et Bône, en France (d'abord à Marseille en 1943) et en AllemagneLe Cinéma: grand dictionnaire illustré, Atlas, 1985, volume 1, p. 79...

La famille Brialy s’installe ensuite à Angers. Jean-Claude et son frère Jacques vont à l’école au lycée David-d'Angers (où il connaît son « premier émoi de comédien » dit-il dans son autobiographie) et les vacances se déroulent chez leurs grands-parents à Chambellay ou bien à IssoireLes fortes attaches familiales de Jean-Claude Brialy à Issoire, dans le Puy-de-Dôme, chez ses grands-parents maternels. Il écrit en 2000 dans son autobiographie que c’est dans le village de Chambellay qu'il vit les plus beaux moments de son enfance marquée par un manque d'amour, élevé à la cravache par des parents qui entretiennent une rivalité avec son frère. Même devenu célèbre, Jean-Claude Brialy ne se réconciliera pas avec ses parents. Il jouera au théâtre le soir où on lui annonce que son père est mourant et ne le reverra pas vivant.

Une formation de comédien En 1946, Jean-Claude Brialy fait son entrée sur l'ordre de son père au Prytanée national militaire de La Flèche dans la Sarthe (dont il est renvoyé pour avoir organisé de la contestation et du chahut)Bertrand Coudreau, Jean-Christophe Couderc, Pascale Pineau-Deciron, Les grands destins du Prytanée, Lulu, 2016, p.229., avant que sa famille s'installe à Saint-Étienne puis à Strasbourg, où il prépare et passe son baccalauréat et suit en parallèle des cours d’art dramatique, en cachette de son père qui le destine à une carrière militaireLaurent Delahousse, Un jour, un destin : « Jean-Claude Brialy, l'homme qui voulait tant être aimé », documentaire diffusé sur France 2, le ..

Il obtient le premier prix de comédie au conservatoire de Strasbourg et entre alors au centre d’art dramatique de l’Est, où il interprète différents rôles de théâtre. Pendant son service militaire à Baden-Baden, il est affecté au service cinématographique de l’armée en Allemagne, l’occasion pour lui de tourner en 1954 son premier court-métrage, Chiffonard, et Bon Aloi. À la fin de son service militaire, il part en à Paris, seul, car ses parents ne cautionnent pas ses velléités de saltimbanque.

Jean-Claude Brialy voue une admiration à plusieurs comédiens comme Louis Jouvet, Pierre Brasseur, Jules Berry, Jean Gabin, Michèle Morgan, Marie Bell, Arletty, Michel Simon, Jean Marais, Pierre Fresnay qui lui ont donné sa vocation du théâtre et du cinéma. Il les rencontrera tous sauf Louis Jouvet décédé en 1951.

Du cinéma à la télévision et le château de Monthyon vignette|alt=Le château de Monthyon.|Le château de Monthyon. En 1954, Jean-Claude Brialy débarque à Paris, vit de petits boulots, ses parents refusant de l'aider. Il fréquente alors la bande des Cahiers du cinéma et joue dans un court-métrage Le Coup du berger de Jacques Rivette. Après avoir été assistant-réalisateur stagiaire sur French Cancan de Jean Renoir en 1954, il va alors multiplier apparitions et rôles, dont Elena et les Hommes de Jean Renoir en 1956 (source d'une grande déception car la scène est coupée au montage alors qu'il voulait impressionner sa famille), Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle en 1957 et surtout Le Beau Serge et Les Cousins de Claude Chabrol, qui lui apportent la célébrité.

En 1959, il achète grâce à l'aide financière de Claude Chabrol et de François Truffaut le château de Monthyon, près de Meaux, que lui a fait connaître Marie-José Nat.. Il y abrite pendant cinq ans deux enfants, Jérôme et Raphaël, que leur mère lui confie avant de les reprendre sans raison. Ce château, c'est la vie de Jean-Claude Brialy qui y a vécu quarante-huit ans, "à la campagne" comme il disait, lui qui n'aimait pas la campagne. Il l'avait choisi pour son emplacement, face à la mairie, l'église et l'école, de manière à faire comme son grand-père paternel : regarder l'horloge de l'église et entendre les cloches. En effet, son grand-père avait acheté en 1937 à l'Exposition Universelle une horloge qui ne fonctionna jamais. Sans cesse, son grand-père regardait l'horloge de l'église. Cette habitude ne le quitta jamais. Il y passe plusieurs mois de convalescence après une lourde opération chirurgicale à la suite d'une mauvaise chute dans Le Beau Serge. Le petit théâtre, comme l'appelait Jean-Claude, était réservé aux projections privées avec les amis. Au premier étage, on trouve les anciens sièges du théâtre des Bouffes-Parisiens.

Il retrouve Chabrol pour tourner Les Godelureaux. Jean-Luc Godard lui propose ensuite le film Une femme est une femme qui rend célèbre sa partenaire Anna Karina.

Il devient un acteur prisé des réalisateurs de la Nouvelle Vague, jouant pour Éric Rohmer dans Le Genou de Claire et pour François Truffaut, dans La Mariée était en noir. Il est très proche de François Truffaut. Grand travailleur, il tourne plusieurs films par an, jouant également au théâtre. Il manquera aussi de travailler avec Claude Sautet au cinéma, mais finalement, avec le temps, aucun projet ne se concrétisera avec ce réalisateur.

Il a ensuite l'opportunité de tourner en vedette avec une actrice qu'il admire, Michèle Morgan, dans un film produit par la Gaumont, Le Puits aux trois vérités, ce qui lui vaut une lettre de reproche de Jean-Luc Godard furieux qu'il tourne pour la Gaumont. En 1962, il incarne le fils d'Arsène Lupin dans le film d’Édouard Molinaro : Arsène Lupin contre Arsène Lupin. Il interprétera pour la télévision en 1980 le gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc dans la mini-série Arsène Lupin joue et perd. Son interprétation fidèle au personnage littéraire ne convainc pas le public habitué à la série avec Georges Descrières, à tel point qu'une seconde saison prévue, adaptée du roman Les dents du tigre ne vit jamais le jour.

Très vite, il est attiré par le cinéma italien, travaillant avec Roberto Rossellini, Pier Paolo Pasolini, Alberto Lattuada, Anna Magnani, Alberto Sordi, Ettore Scola, Marcello Mastroianni . On le voit dans Les Garçons, La Bande Casaroli, Vanina Vanini, La Mandragore, L'Amant paresseux, Nos maris, Une saison en enfer, Comment entrer dans la mafia . Il consacrera plus tard une émission sur Europe 1 à Luchino Visconti.

En 1963, il repère le talent de Louis de Funès et réussit à convaincre Marcel Bluwal de lui donner le rôle destiné initialement à Bernard Blier dans le film Carambolages.

Ami avec Françoise Sagan, il tourne l'année suivante dans l'adaptation de sa pièce Château en Suèdesous la direction de Roger Vadim.

Reconnu à la fois par le public et par ses pairs, Brialy est vite devenu l'ami de nombreux artistes : Edith Piaf, Marlène Dietrich, Jean Cocteau, Maria Callas, Pierre Brasseur, Jean Marais, Alain Delon, Romy Schneider, Jeanne Moreau.

Jean-Claude Brialy achète en 1966, un ancien bistrot de l'île Saint-Louis à Paris, qu'il fait transformer en restaurant, à l'enseigne de L'Orangerie. Ce lieu de vie nocturne verra défiler en toute discrétion un grand nombre d'artistes français et étrangers.

vignette|gauche|Jean-Claude Brialy en 1960 (Studio Harcourt).

En 1968, François Truffaut demande à Marcel Berbert et à Jean-Claude Brialy d'être les témoins de son mariage avec Claude Jade, mariage qui ne se fera pas.

Il passe à la réalisation en 1971, avec son premier film, Églantine, qu'il tourne à Chambellay, un village d'Anjou d'où sont natifs ses grands-parents puis, en 1973, Volets clos. Il tourne L'Oiseau rare en 1973, avec Anny Duperey et Barbara, au château de Lesches, en Seine-et-Marne, non loin de son château de Monthyon.

En 1974, il rencontre le metteur en scène Luis Buñuel qui l'engage pour son film Le Fantôme de la liberté.

Habitué à venir en aide aux artistes en difficultés, il apporte son soutien à Joséphine Baker notamment pour son dernier spectacle, ses cinquante ans de carrière à Bobino du au .

En 1976, il joue dans Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, et est nommé au César 1977 comme César du meilleur acteur dans un second rôle, mais c'est Claude Brasseur qui obtient la récompense pour Un éléphant ça trompe énormément et Le Grand Escogriffe.

La même année, il joue deux films importants de sa carrière, L'Année sainte (une comédie grand public) et Barocco d’André Téchiné. Il confirme qu'il est à l'aise dans le cinéma populaire et dans les films d'auteur.

En , il réalise pour la télévision, Les Malheurs de Sophie, tourné au château de Lorie à La Chapelle-sur-Oudon, près de Segré.

C'est chez lui, à Monthyon, que Romy Schneider (son amie depuis 1958) se ressourcera après la mort accidentelle de son fils en 1981 et que Jacques Chazot, atteint d'un cancer de la gorge, passera les derniers mois de sa vie, avant d'être enterré en 1993 dans le cimetière de la communeJean-Claude Brialy, Le Ruisseau des singes, éditions Robert Laffont, Paris, 2000.

En 1983, il surprend en jouant un rôle de méchant dans un film fantastique français, Le Démon dans l’île de Francis Leroi, où il tient le second rôle après Anny Duperey, mais le film passe inaperçu. Dans la foulée, il obtient un rôle important (juste après le premier rôle féminin) dans Cap Canaillede Juliet Berto et Jean-Henri Roger.

En 1985, Jean-Claude Brialy tient le premier rôle masculin dans L’Effrontée de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg et Bernadette Lafont, film qui se révèle un grand succès. L'année suivante, ce sont les retrouvailles avec Claude Chabrol dans le film Inspecteur Lavardin. C'est leur dernière collaboration. Chabrol confiera à Dominique Besnehard qu'il ne veut plus l'employer car il se disperse trop.

Il obtient une reconnaissance tardive de la profession aux César 1988 comme César du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Innocents.

De 1991 à 1994, il est la vedette d'une série policière sur Antenne 2, Ferbac, comportant six épisodes de 90 minutes, dans laquelle il interprète un lieutenant-colonel de gendarmerie.

De mars à , il remplace son ami Jacques Martin, victime d'un accident vasculaire cérébral, pour la présentation de son émission Dimanche Martin.

Habitué aux seconds rôles, il est en tête d'affiche en 1957 de Le Beau Serge, en 1962 La Chambre ardente, en 1963 de Carambolages, en 1976 de L'Année sainte (avec Jean Gabin ) et de Julie pot de colle l'année suivante mais sans avoir jamais pu s'imposer au premier plan comme Alain Delon ou Jean-Paul Belmondo. Il tourne jusqu'à dix films par an au cinéma dans les années soixante.

Dans J'ai oublié de vous dire..., Jean-Claude Brialy déclare que les quatre films dont il est le plus fier sont Le Beau Serge, Le Genou de Claire, L’Effrontée et Les Innocents

Le théâtre et l’écriture Sa première pièce date de 1958 (Les portes claquent de Michel Fermaud, mise en scène Christian-Gérard), et sa première mise en scène de 1979 (La Fugue de Francis Lacombrade et Bernard Broca). En 1984, admirateur de Sacha Guitry, il joue et met en scène Désiré.