Le dialogue interreligieux dans l'islam se déroule à plusieurs niveaux. C'est d'abord le dialogue avec les religions monothéistes, notamment les religions abrahamiques, les religions polythéistes et panthéistes, mais aussi les croyances animistes, à l'autre côté le dialogue des trois grandes divisions de l'islam, les sunnites, chiites et aux kharidjites.

Dialogues interreligieux Avec le bouddhisme L'expansion de l'islam a fragilisé la communauté bouddhiste en Bactriane - le sud de l'Ouzbékistan et du Tadjikistan et le nord-ouest de l'Afghanistan actuel qui a presque disparu.

L'Indonésie, pays autrefois majoritairement bouddhiste, a été très fortement islamisé, mais le bouddhisme y est toujours pratiqué.

Avec le zoroastrisme L'expansion de l'islam a beaucoup diminué la communauté pârsî zoroastrienne migrant de la Perse vers l'Inde. Cette dernière s'installe tout d'abord au Gujarat, puis est à nouveau repoussée et s'installe dans le Maharashtra.

D'après le Coran, il est interdit de convertir par la force, c'est ainsi que les zoroastriens furent protégés, actuellement en Iran (Perse).

Par ailleurs les religions minoritaires sont protégées, il y a un député représentant la communauté des zoroastriens qui siège au parlement (en Iran). Cependant leur population est menacée car ils se marient seulement entre eux.

Des projets entre l'Inde et l'Iran pour réunir cette communauté présente en Iran et en Inde sont en cours pour éviter leur extinction.

Avec le bahaïsme En Iran, qui a pour religion d'État l'islam chiite depuis la révolution iranienne, et d'où est originaire la foi bahá'ie, cette religion est persécutée. Plusieurs de ses lieux de cultes ont par exemple été détruits, des cimetières profanés, les fidèles séquestrés, torturés, exécutés. L'islam sunnite et chiite considère la foi bahá'ie comme une hérésie.

Avec le judaïsme

L'islam a une position ambivalente à l'égard du judaïsme et des Juifs. Le Coran ne reconnait pas la religion des Juifs et la considère comme une religion égarée, mais on y trouve des citations bienveillantes à l'égard des JuifsPar exemple la sourate 45.15 (cité dans Le monde sépharade (Tome I), ). A contrario on trouve aussi dans le Coran des passages qui s'élèvent violemment contre les Juifs qui n'ont pas reconnu Mahomet comme prophète et sont accusés d'assassiner leurs prophètes, sans que ces versets puissent être généralisables à l'ensemble des Juifs. Il n'est nullement question de haïr les Juifs ou de les offenser, leur respect est un ordre imposé par le Coran car leurs "crimes" portaient uniquement sur leurs relations passées avec Dieu (le Coran parle de rupture de l'Alliance à cause des meurtres injustifiés des Prophètes (Jean), le violent refus de Jésus et de Mahomet en tant que prophètes).

De nombreux hadiths, certains authentiques d'autres plus ou moins fiables, concernent les Juifs. Globalement, ces hadiths, souvent difficiles à décrypter en raison de leur caractère allusif ou imprécis, recommandent aux musulmans "de ne pas faire comme eux [:les Juifs et les chrétiens]"Voir l'article exhaustif de Georges Vajda, "Juifs et musulmans selon le hadith", Journal asiatique, CCXXIX, janvier-mars 1937, ..

Doté du statut de dhimmis en leur qualité de « gens du livre » qui institutionnalisait leur infériorité juridique par rapport aux musulmans, les Juifs connurent des situations très diverses selon les lieux et les époques. La tolérance ayant cours à Al Andalus permit l'éclosion de la culture sépharade qui rayonna dans tout le monde méditerranéen. Une tolérance qui ne fut plus de mise lors des invasions almoravide puis almohade de la péninsule ibérique. Plus tard, les Ottomans accueillirent à bras ouverts les Juifs sépharades expulsés d'Espagne à la suite du décret d'expulsion de 1492 (voir l'histoire des Juifs à Salonique). En d'autres lieux les Juifs furent confrontés à des vagues de persécution. Ainsi les juifs du Yémen furent sommés au de se convertir à l'islam par les chiites zaïdistes dominant le Yémen. À une époque plus récente on peut citer le cas de Meched en Iran où tous les Juifs furent forcés à se convertir au milieu du (voir l'histoire des Juifs au Turkménistan). Ces cas de conversion forcée furent néanmoins relativement rares, les pouvoirs musulmans se contentant généralement d'appliquer aux Juifs le statut de dhimmis avec plus ou moins de rigueur selon les époques. Le choix de tolérance ou d'intolérance envers les Juifs a donc été une volonté politique.

Il est permis aux musulmans de consommer de la nourriture cacher qui est considérée comme de facto hallal.

Dans l'islam, cette religion est citée comme étant la religion originale révélé par Dieu à travers tous les prophètes et messagers, mais dans le judaïsme, les textes religieux juifs n'y font pratiquement pas mention, cependant la pureté du monothéisme islamique est reconnue. De sorte que la halakha, dans l'interprétation faite par le judaïsme orthodoxe, permet aux juifs de pénétrer dans une mosquée alors qu'elle interdit l'entrée dans les églises présentées comme des lieux d'idolâtrieVoir les responsum des rabbins du site cheela.org.

Avec le christianisme thumb|right|350px|Carte du monde donnant les extensions comparées de dar al-Islam et de la chrétienté.

Le dialogue avec le christianisme est une réalité ancienne de l'islam, comme l'illustre Dialogue islamo-chrétien sous le calife Al-Mamoun, recueil d'épîtres échangées de 813 à 834 entre un chrétien et un musulman de Bagdad.

La divinité de Jésus n'est pas acceptée par l'Islam, de même que son supplice sur la Croix (vu non comme un sacrifice annoncé par l'Ancien Testament, mais comme une atteinte grave à l'honneur et à la puissance de Dieu), ce qui constitue le principal fossé théologique entre ces deux religions, bien que Jésus soit reconnu comme un prophète majeur par les musulmans, qui admettent d'ailleurs son retour à la fin des tempsAli Merad, 1968. Le Christ selon le Coran. Revue de l'Occident et de la Méditerranée, 5, .. La figure de Marie, à laquelle catholicisme et orthodoxie accordent une place particulière, n'est pas absente du Coran, où elle prend dans certaines traductions françaises le nom de Maryam. La naissance virginale de Jésus est admise et rappelée dans le Coran : "Rappelle-toi quand les Anges disent : Ô Marie, voilà que Dieu t'annonce une parole de sa part. Son nom sera le Messie, Jésus, fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés de Dieu" (sourate 45) et aussi "Rappelle-toi quand les Anges dirent : Ô Marie, certes Dieu t'a élue au-dessus des femmes des mondes" (sourate 42). Et à propos de Jésus: "Il sera messager auprès des enfants d'Israël et leur dira : En vérité je viens à vous avec un signe de la part de votre Seigneur."Pierre-Jean Ruff, 2013. Christianisme et Islam. Théolib, 104 p. Des théologiens chrétiens comme Paul Tillich, récusent que le terme Christ puisse être un nom propre ("christ" est un simple adjectif qui signifie "consacré"), mentionnant que cet adjectif peut également s'appliquer à d'autres religieux, ce qu'admet l'islam. Citation : André Gounelle, 1990. Le Christ et Jésus, trois christologies américaines: Tillich, Cobb, Altizer. Desclée, 215 p. . Le coran refuse toutefois l'idée de toute crucifixion de Jésus, affirmant qu'il aurait été remplacé, sans mention du nom de ce supposé remplaçant.

Malgré quelques parentés entre Christianisme et Islam, et l'existence d'un socle commun aux religions monothéistes, se réclamant toutes du patriarche Abraham, il y eut très tôt un choc de cultures, de civilisations et de religions entre Christianisme et Islam, avec une importante volonté hégémonique entre ces deux mondes : conquête de l'Andalousie par les Berbères venus d'Afrique du Nord (711), Sarrasins envahissant l'Occitanie, conquête de la Syrie par les Abbassides (762), croisade de l'Occident chrétien pour rétablir le passage vers les lieux saints de Palestine (1095), défense des royaumes francs d'Orient jusqu'en (1291), massacre des serbes par les ottomans (1481), destruction de la Bibliothèque Nationale de Sarajevo par les Serbes (1992), destruction des églises orthodoxes au Kosovo (2000)La dévastation du patrimoine orthodoxe serbe du Kosovo, Jean-Arnault Dérens, RFI, 27 mars 2004, les exemples ne manquent pas des luttes fratricides ayant jalonné l'histoire des relations entre Christianisme et IslamMaria Rosa Menocal, 2003. L'Andalousie arabe: une culture de la tolérance, - . Autrement, 244 p. .

Les rencontres d'Assise depuis les années 1980 et la Document sur la fraternité humaine de 2019.

Islam et les religions « non abrahamiques » L'islam désavoue entièrement les cultes polythéistes et les religions dites païennes. Mahomet proscrivit en son temps toute idolâtrie à La MecqueEncyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger , premier lieu saint de l'islam ou le culte doit être exclusivement rendu à Dieu. Là, se trouve la Kaaba, petite maison qui aurait été construite selon les musulmans par Abraham qui suivit son fils Ismaël au désert. En sa qualité de lieu saint en Islam, il doit être sauvegardé de tout culte païen, considéré comme une souillure et un énorme sacrilège. C'est ce qui explique en partie les premières guerres entre musulmans dirigés par Mahomet et les tribus païennes d'Arabie.

Le jihâd (littéralement « effort ») de l'âme, effort du croyant pour lutter contre les vices du caractère, se double désormais d'un jihâd du corps, le combat pour Allah. Le jihâd mineur s'appuie aussi, en partie, sur des versets guerriers du Coran. .

Islam et hindouisme L'hindouisme a subi une influence notable de l'islam. L'Inde, par le biais de Gourou Nanak (1469-1538), a d'ailleurs donné naissance à la synthèse entre l'islam et l'hindouisme : le sikhisme (v. 1500), religion monothéiste sans représentation du divin autre que calligraphique, mais dont les concepts de réincarnations, de karma ou de moksha (« libération » du cycle des naissances et des morts), le rapprochent tout autant de l'hindouisme.

460px|thumb| Vue d'une berge (ghât) à Varanasi (Bénarès), en 1922 ; l'empereur moghol Aurangzeb, surpassant tous ses prédécesseurs, donna l'ordre de piller et de raser tous les temples. Malgré l'aspect antique de ceux-ci, peu de bâtiments hindous datent de plus de deux siècles.

Le début des invasions musulmanes en Inde commencèrent vers la fin du . En 1001, c'est la première conquête musulmane de l'Inde, celle de Mahmûd de Ghaznî (998-1030). En 1033, c'est la conquête de Bénarès par les musulmans, et la destruction de temples hindous. L'Inde a donc subit la domination islamique, et sa culture en fut profondément atteinte (des temples des villes saintes de l'hindouisme furent pillés et rasés). Cette invasion a pour origine la pression des tribus mongoles qui a eu pour effet de pousser vers l'Inde des Turcs d'Asie centrale, attirés par les richesses des Hindous (voir Hindouisme).

Sous le prétexte de la Guerre Sainte (jihâd), nombre d'entre eux se lancèrent à l'assaut du territoire indien, profitant de la faiblesse militaire et de la division des clans hindous (711-712, invasion du Sind par les Arabes ; fin du , début des invasions musulmanes en Inde). La domination moghole durera de 1556 à 1707 environ.