La congrégation des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (B.S.C.M.) est une congrégation monastique fondée par Adèle Garnier en 1898 à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.
À la suite des lois de 1901, la congrégation quitte la France et s'installe à Londres la même année. À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, deux axes différents s’affirment de part et d’autre de la Manche. Le Saint-Siège prononce la séparation en 1947. La congrégation française s'appellera « Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre » et la congrégation britannique Adoratrices du Sacré-Cœur de Jésus de Montmartre.
Fin 2005, les bénédictines de la branche française étaient 105, réparties en dix lieux en France. Les bénédictines de la branche britannique, basées au couvent de Tyburn, à Londres, sont alors 72. Elles sont réparties en neuf lieux à travers le monde.
La congrégation a connu entre 1969 et 2012 de graves dérives qui ont donné lieu à deux visites apostoliques en 2004 et 2012. Révélés pour la première fois en 2023, ces abus de pouvoir et ces maltraitances ont fait l'objet d'un rapport publié en 2026.
Mission Ces bénédictines associent vie monastique et vie apostolique..
Histoire Origines En 1872, Adèle Garnier (1838-1924 à Londres), institutrice au château de l'Aune Montgenard à Martigné-sur-Mayenne, lit un article parlant de projet de construction de la future basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Elle dit avoir entendu la voix de Dieu : .. Dans son ouvrage Le Sacré-Cœur et la Grande Guerre, l'historien Alain Denizot écrit : Elle en parle à l'archevêque de Paris, Joseph Hippolyte Guibert, qui s'occupait de faire construire la basilique du Sacré-Cœur. En 1885, une adoration perpétuelle est établie dans la basilique..
En , Adèle Garnier s'installe avec trois compagnes rue du Mont-Cenis, près de la basilique en construction..
La fondation de Montmartre Le ., la communauté religieuse, née pour la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, est fondée par Adèle Garnier, par le dominicain Francis Balme et Jean Baptiste Lemius. L'acte de fondation est reçu par l'archevêque de Paris, le cardinal François Richard de La Vergne. La première communauté s'installe cité du Sacré-Cœur. Adèle Garnier prend en religion le nom de Mère Marie de Saint-Pierre. La congrégation est érigée canoniquement par l'Église. Le nombre de religieuses augmentant, elles s'installent rue du Chevalier-de-La-Barre, grâce à une aide financière des Pères Chartreux.
Exil à Londres Les lois de 1901 contraignent les bénédictines à quitter Montmartre. L’archevêque de Paris, le cardinal François Richard de La Vergne, les confie à l’archevêque de Westminster, le cardinal Herbert Vaughan.. La congrégation part alors en Angleterre. Elle s'installe à Londres, d'abord à Notting Hill puis à Tyburn, à deux pas du Marble Arch.
C'est en 1914, en lien avec dom Marmion et dom Buzy (la Pierre-qui-Vire/Kain-la-Tombe), que le chapitre général adopte la règle de saint Benoît..
En quittant Montmartre, la fondatrice déclare . Toutefois, mère Adèle Garnier ne verra pas de son vivant l'accomplissement de ce vœu. Elle meurt le à Londres, où elle est inhumée. Un procès en canonisation est ouvert en 1992..
En 1930, la congrégation devient de droit pontifical. En 1944, elle comprend de huit nationalités différentes..
Séparation en deux branches autonomes Petit à petit, les Bénédictines du Sacré-Cœur s'enracinent à Londres, même si certaines aspirent à revenir au Sacré-Cœur de Montmartre. Au milieu du , l'élection d'une mère générale britannique provoque une scission. Le Saint-Siège prononce la séparation en 1947 : la congrégation des « Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre » (abrégée BSCM). en France ; et la congrégation des « Adorers of the Sacred Heart of Jesus of Montmartre » (abrégée OSB)'., en AngleterrePlaquette de la congrégation, janvier 2014, .. Une part importante de bénédictines d'origine française décident alors de revenir en France. C'est le début d'une nouvelle communauté. À la suite du concile Vatican II, avec l’aide de Marie-Joseph Le Guillou, op, elles révisent leurs constitutions. Celles-ci sont approuvées par le Saint-Siège en 1983. Les BSCM adoptent également un costume religieux qui les distingue de la congrégation restée à Tyburn.
Les Bénédictines du Sacré-Cœur (BSCM) en France Origine En 1929, un couvent est créé à Amiens. Il devient la maison-mère en 1933. La congrégation achète en 1938 un bâtiment à Louvigné-du-Désert, commune française, située dans le département d'Ille-et-Vilaine.
Montmartre À la demande de Maxime Charles, recteur de la basilique, le cardinal Maurice Feltin érige le un nouveau prieuré au , près de la basilique. La messe d'inauguration est célébrée le . La supérieure, mère Madeleine-Marie du Divin Cœur évoque .. Les BSCM y resteront jusqu'en 1977, où elle vivront leur mission de prière et d'accueil. Plusieurs changements interviennent également à cette époque : changement dans les constitutions, le costume en 1962 (habit blanc et voile noir)., la croix et l'office.
Écouen En 1962, Louvigné-du-Désert est vendu, les bénédictines s'installent à Écouen, au nord de Sarcelles, alors dans le diocèse de Versailles, afin de faciliter les contacts entre les deux communautés..
Ephrem de Montmartre Les BSCM quittent le en 1963 et s'installent dans la partie nord de la maison d'accueil. Cette maison avait été baptisée « Ephrem » par Maxime Charles en mémoire du nom de la localité où Jésus s'est retiré avant le séjour à Jérusalem qui allait être le dernier.. Mère Marie-Agnès est élue prieure.
En , les trois premières professions perpétuelles marquent un tournant dans la vie de la communauté. Toutes les religieuses de la région parisienne sont invitées à venir s'en réjouir au cours d'une « heure sainte »..
En 1969, le chapitre général refond les constitutions (qui seront datées du ), change la croix, élit mère Marie-Agnès prieure générale.
En 1970, nouvelle profession perpétuelle.
Marienthal Le prieuré du sanctuaire Notre-Dame de Marienthal est fondé en 1970Site de la basilique Notre-Dame de Marienthal. en Alsace (commune de Haguenau), à la demande de Léon-Arthur Elchinger, évêque de Strasbourg. Fin 2023, le diocèse exprime et déclare ..
Jérusalem En 1972, la congrégation signe à Rome un contrat pour l'animation du centre Notre-Dame à Jérusalem de 1973 à 1977.
Blaru En 1970, la congrégation achète un terrain à Blaru, dans les Yvelines. Le est posée la première pierre du prieuré.
À l'occasion du de la fondation de la congrégation, le , la chapelle du prieuré de Blaru est bénie. Le prieuré d'Écouen est vendu en 1973 et les religieuses âgées s'installent à Blaru où elles rejoignent les novices. Le prieuré est baptisé Béthanie, du nom de la localité à trois kilomètres à l'est de Jérusalem où vivaient Marthe, Marie et Lazare, les amis de Jésus..
Mont Roland Les BSCM fondent en 1975 un prieuré à Mont Roland, sanctuaire marial près de Dole dans le Jura.
En , les nouvelles professions perpétuelles sont reçues par le cardinal François Marty, mère Marie-Agnès est réélue pour six ans.
Départ à Blaru Compte tenu des difficultés croissantes dans la collaboration avec les chapelains et le recteur de la basilique, estimant qu'elles ne répondaient plus à ce que Maxime Charles attendait d'elles, les BSCM quittent Montmartre le ..
Elles se retirent à Blaru où s'est installé Marie-Joseph Le Guillou., la maison Béthanie étant devenue pour lui, lors de sa convalescence, un havre de paix. Théologien nommé par la Congrégation des religieux pour participer aux chapitres généraux, Marie-Joseph Le Guillou participe à la restructuration des constitutions qui sont approuvées en 1983 par le cardinal Eduardo Francisco Pironio..
Notre-Dame de Laghet À la demande de Jean Mouisset, évêque de Nice, les BSCM fondent en 1978 un prieuré au sanctuaire de Notre-Dame de Laghet dans les Alpes-Maritimes..
La Chapelle-Montligeon À la demande de Henri Derouet, évêque de Sées, les BSCM fondent en 1984 un prieuré au sanctuaire de La Chapelle-Montligeon dans l'Orne. Elles y restent jusqu'en 2000..
Retour à Montmartre En 1984, les filles du Cœur de Marie, de l'ordre des Dominicaines, ferment leur maison de la cité du Sacré-Cœur à Montmartre, faute de vocations, alors que les BSCM en accueillent sans cesse : elles sont, en effet, une cinquantaine avec les postulantes et les novices..
Avec l'autorisation du cardinal Jean-Marie Lustiger et avec l'aide bienveillante de sœur Mechtilde, responsable de l'économat des Dominicaines de la Présentation (rue de Vaugirard), elles s'installent, dans l'ancien couvent des Dominicaines, cité du Sacré-Cœur, à deux pas de la basilique, où elles fondent le prieuré Saint-Benoît. Elles organisent de multiples activités pour les enfants, les adolescents, les jeunes et les foyers. Leur dynamisme est remarqué autant par Guy Gaucher qui vient y prêcher la retraite annuelle, par leurs voisins qui les admirent « jouant dans leur jardin comme des petites filles » que par le Premier ministre, Alain Juppé sensible à leur « charme spirituel » lorsqu'il leur rend visite : , cité par .. Jusqu'en 1995, la cérémonie annuelle durant laquelle ont lieu les professions solennelles se déroule à la cathédrale Notre-Dame de Paris. En 1985, les Dominicaines quittent à leur tour la cité du Sacré-Cœur. Les BSCM achètent alors leur maison et y établissent la maison-mère et le noviciat sous le patronage de sainte Scolastique.
Notre-Dame-des-Victoires Le prieuré Notre-Dame des Victoires à Paris est fondé en 1992, à la demande du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris..
Ars En 1994, la congrégation fonde le prieuré Marie-Joseph au sanctuaire du curé d'Ars, à la demande de Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars.
Au service de la basilique de Montmartre En 1995, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris nomme le père Patrick Chauvet, douzième responsable du Sacré-Cœur depuis 1876. et demande en même temps à la congrégation de participer à l'animation spirituelle et matérielle de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre..
Le nouveau recteur et la congrégation sont ainsi chargés d'une nouvelle étape de la vie de la basilique du Sacré-Cœur.. Dès lors, la congrégation participe aux animations et en particulier anime l'adoration perpétuelle.. Les quatre ans du rectorat du père Patrick Chauvet vont permettre à la congrégation de prendre en main la basilique grâce à un « bras ecclésiastique » qui vit dans la « communion des charismes » un rapport nouveau entre les religieuses et les prêtres du sanctuaire. Cette « fin de siècle » connaît là une initiative significative qui fait écho à celle du cardinal Richard, du père Lemius et d'Adèle Garnier en 1898. De l'une à l'autre, la basilique de Montmartre a adapté sa vocation, à la fois nationale et universelle. Elles portent aux quatre coins de la France et du monde, depuis Paris et Londres, le message du Sacré-Cœur 1900 actualisé au seuil de l'an 2000..
C'est ainsi que depuis 1995, au milieu de plus de dix millions de visiteurs annuels, seize sœurs adorent le Saint Sacrement, chantent quatre offices dans la journée, et s’occupent de la maison d’accueil de la basilique où sont reçus les adorateurs de la nuit et les retraitants..
Le , la congrégation fête le centenaire de sa fondation. Le cardinal Lustiger préside la cérémonie au cours de laquelle ont lieu huit professions temporaires, six professions perpétuelles et trois jubilés d'argent...
La Sainte-Baume À la demande de Joseph Madec, évêque de Fréjus et Toulon., la congrégation fonde en 1998 une communauté à la Sainte-Baume en Provence.. Après dix années au service de l’hôtellerie, les BSCM laissent la gestion des lieux aux frères dominicains de la Province de Toulouse à partir du mois de ..
Saint-Martin-de-Tours