Combretum rotundifolium est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Combretaceae. C'est une liane ligneuse ou un arbuste néotropical originaire d'Amérique du Sud.
En Guyane, il est connu sous les noms de Feuille singe rouge, Peigne singe rouge, Queue du singe rouge (Créole), Moyu akãta (Wayãpi), Meu abesu (Palikur), Ingi bosso (Aluku)
Au Suriname, on l'appelle Arimaka, Sekema (Karib), Baredaballi, Maribena, Jalimana (Arawak), Bosroe, Vreemoesse-noto (Sranan tongo).
On la nomme Abelero au Venezuela.
On rapporte aussi les noms de Escova-de-Macaco (portugais), Monkey's brush (Anglais).
Description Combretum rotundifolium est une liane ligneuse montant jusqu'à avec une tige atteignant jusqu'à de diamètre, ou parfois un arbuste haut jusqu'à . Elle porte les typiques 'poils combrétacés' (souvent très clairsemé et présence d'écailles peltées).
Les feuilles et les fleurs portent des écailles peltées nettement visibles à la loupe (à moins qu'elles ne soient masquées par les trichomes glanduleux, peltés, rouges) et généralement de plus de de diamètre.
Les feuilles sont simples, opposées, cartacées à subcoriaces, de forme largement ovales, oblongues-elliptiques ou elliptiques, à l'apex aigu généralement acuminé et à base cunéiforme à arrondie ou subcordée, atteint de long pour de large, généralement glabre mais parfois peu un pubescente sur les deux faces, modérément à densément rougeâtre à écailles dorées en dessous, plus ou moins sans écailles en dessus.
Les pétioles sont longs d'environ , glabres, contigus rougeâtre avec des écailles dorées. La nervation comporte (5-)6-9-(10) paires de nervures secondaires, et est généralement eu-camptodrome-brochidodrome, parfois eucamptodrome ou brochidodrome.
L'inflorescence est terminale robuste et non ramifiée, réparties de façon isolée ou en paires opposées à l'aisselle des feuilles. Elle est glabre à légèrement pubescente, et porte des écailles rouge denses à contiguës (visibles après le séchage). Il s'agit habituellement une grappe d'épis longue de (parfois regroupés en grappes terminales atteignant ). Les épis portent les fleurs de manière dense autour du rachis mais orientées en position verticale sur un rachis ± horizontal, avec de longues étamines exsertes formant le syndrome du goupillon.
Les fleurs sont rouges, de taille et de forme très variable, longues de du rachis à l'apex des sépales ( de l'apex de l'ovaire à l'apex des sépales). L'hypanthium supérieur (au-delà de l'ovaire) mesure , est de forme variable infundibuliforme à bucciniforme ou tubulaire, généralement au moins deux fois plus long que large, se rétrécissant progressivement à la base. L'hypanthium inférieur est glabre à l'extérieur, long de . Le disque est bien développé, à bord couvert de poils raides. Les sont triangulaires, pas ou à peine plus longs que larges. Le sont glabres mais parfois légèrement écailleux à l'extérieur, de couleur rouge ou jaune vif, elliptiques, longs de pour de large, et plus courts que les lobes du calice ou dépassant parfois les extrémités des sépales de moins d'. Les sont jaunes, exsertes, avec des filets sont rouges ou jaunes, exserts, et longs de . Le style est long de , s'étendant jusqu'aux étamines.
Le fruit, qui porte larges de , est long de moins de pour de large (environ plus long que large), de forme oblongue ou suborbiculaire, et modérément à densément couvert surtout sur le corps d'écailles rougeâtres, mesurant environ de diamètre, et comportant environ marginales. Son apex est oblong à elliptique ou largement elliptique arrondi ou tronqué à profondément rétus et à peine apiculé. Sa base est arrondie ou tronquée à rétuse avec un pseudostipe étroit très distinct long de .
NB : Combretum rotundifolium est très similaire à C. fruticosum, mais s'en différencie par ses trichomes peltés rouges et par ses fleurs et fruits nettement plus gros.
Répartition Combretum rotundifolium est présent de la Colombie au Brésil (bassin inférieur de l'Amazone, s'étendant plus éparsement vers l'Ouest et le Sud), en passant par le Venezuela, le Pérou, le Guyana, le Suriname, et la Guyane.
Écologie Combretum rotundifolium est une liane de taille moyenne poussant dans les forêts décidues ou sempervirentes inondées, saisonnièrement inondées ou non inondées, souvent au bord des cours d'eau, sur sols argileux ou sableux, principalement dans les basses terres. On le rencontre au Venezuela dans les forêts sempervirentes de plaine et ripicoles autour de d'altitude. En Guyane, il fleurit en août, et pousse dans les forêts anciennes de terre ferme (non inondées), et est commun dans les végétations secondaires et ripicoles.
L'anatomie et la physiologie des faisceaux conducteurs de Combretum rotundifolium (xylème et phloème) ont été étudiés.
Les fleurs de Combretum rotundifolium sont ornithophile (pollinisationes par des Trochiliformes, et Passeriformes) et entomophile (pollinisationes par des Lepidoptera et Hymenoptera), à Espírito Santo (Brésil).
L'anatomie des fruits de Combretum rotundifolium a été décrite en détail
Les feuilles de Combretum rotundifolium reste fonctionnelles pour la photosynthèse à des températures élevées : sans perte d'efficacité jusqu'à et 50 % de dommage à partir de .
Les fruits de Combretum rotundifolium sont consommés par les singes-araignées (Ateles spp.).
Les fruits ailés de Combretum rotundifolium sont dispersés par le vent (anémochorie).
Combretum rotundifolium est une plante adventice des cultures : on le trouve parmi la végétation secondaire des systèmes agricoles de l'Est-Amazonien.
Utilisation En Guyane, chez les Wayãpi on emploie la décoction des tiges écrasées de Combretum rotundifolium en lavage externe comme fébrifuge et l'abondante sève s'écoulant des tiges est posée sur le front contre les céphalées. Les Palikur, l'emploient pour favoriser la fertilité féminine : elles consomment la décoction de rameaux très feuillus, mélangée avec un œuf cru de coq de roche (Rupicola rupicola). Les Aluku consomment la décoction de tiges et feuilles sont écrasées dans l'eau froide pour soigner les douleurs dues à un refroidissement, et se lavent les yeux avec la sève, avec la décoction refroidie de feuilles mises dans un linge ou dans une feuille de bananier, pour guérir les blessures oculaires.
En Colombie, les mâchent les fleurs de Combretum rotundifolium pour stopper le saignement des gencives .
Les Combretum contiennent généralement des saponines triterpéniques, de la caféine et des tanins.
Chimie On a isolé des molécules originales de la famille des arabinofuranoside damarane acides dans les feuilles de Combretum rotundifolium.
Protologue vignette|gauche |Combretum rotundifolium par Aublet (1775) Planche 137 : 1. Calice. - 2. Calice ouvert. Pétales. - 3. Pétale ſéparé. - 4. Ovaire. Corolle épanouie. - 5. Portion d'épi. Ovaires. - 7. Calice ouvert. Étamines. Style. Stigmate. - 8. Capſules. En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant pour Combretum laxum Aubl. (syn. : Combretum rotundifolium Rich.) :
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet
Liens externes
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