L'interruption volontaire de grossesse (ou IVG) est un avortement déclenché sans raison médicale (non thérapeutique) dans un cadre légal. Il est déclenché volontairement à la demande d'une femme enceinte qui ne veut pas poursuivre sa grossesse.
En France, l'IVG ne peut être pratiquée que par un médecin ou par une sage-femme.
Depuis le , en France, l’avortement, dit chirurgical ou médicamenteux, peut être pratiqué jusqu'à la fin de la semaine de grossesse - soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles.
Lorsque l'IVG est pratiquée par voie médicamenteuse elle peut être réalisée jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse - soit neuf semaines après le premier jour des dernières règles.
La fausse couche, ou avortement spontané, est l'interruption précoce de la gestation.
Le statut juridique de l'avortement diffère suivant les pays.
Histoire de l'avortement
Législations
Selon les pays du monde, la législation mais aussi l'accès ou non à des infrastructures de santé appropriées et à du personnel qualifié, ainsi que les coûts, peuvent être des facilités ou des obstacles à la possibilité d'avorter..
Selon les pays, la législation concernant l'avortement diffère ; on constate en 2018 au niveau mondial une répartition de l'autorisation dans un cadre légal strict, avec ou sans conditions, plutôt dans les pays développés, tandis qu'il y a davantage de pays où il est illégal parmi les pays en développement. Dans certains pays, il est autorisé uniquement sous certaines conditions très spécifiques.
Dans certains pays du monde, l'avortement est jugé comme un crime : en 2019, c'est notamment le cas au Salvador (où des cas de fausses couches ont été considérées comme des crimes, avec de la prison pour les femmes concernées) et à Malte.. En 2019, environ une vingtaine de pays dans le monde ont une législation qui rend l'avortement illégal dans tous les cas ; d'autres pays le restreignent fortement mais ouvrent la possibilité du recours à l'avortement dans des conditions bien déterminées : par exemple, uniquement dans le cas de risques pour la vie de la mère dans certains pays ; ou bien en cas de viol, risque pour la mère ou malformation grave du fœtus dans d'autres pays.
thumb|upright=0.7|Exemplaire original de la loi constitutionnelle du 8 mars 2024 relative à la liberté de recourir à l’IVG en France. Dans les pays autorisant l'avortement dans un cadre légal, les délais de recours à celui-ci (période pendant laquelle la femme peut y avorter, souvent estimée en semaines de grossesse ou en semaines d'aménorrhée) sont de durées différentes en fonction du pays : en 2024, par exemple, ce délai est de d'aménorrhée en Autriche, quatorze semaines en Espagne (hors conditions très particulières), seize semaines en France, dix-huit semaines en Suède, vingt-quatre semaines aux Pays-Bas..
Par ailleurs, pour les pays ayant légalisé l'avortement, selon les pays et les lieux, les femmes souhaitant recourir à l'avortement peuvent être confrontées à des difficultés d'accès : manque d'information, éloignement ou manque de personnels qualifiés et d'établissements pratiquant l'avortement, manque de lieux et matériels appropriés, délais allongés du fait du manque de personnels..
En France, l'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution est votée favorablement (780 parlementaires « pour », sur un total de 852) par le Congrès, le , à Versailles. Ce vote fait de la France le premier pays à inscrire ce droit dans sa Constitution.
Au Canada, la loi interdisant l'IVG a été abrogée, car jugée non conforme à la Constitution, en 1988.
Incidence Le nombre total d'avortements provoqués dans le monde en 2003 a été estimé à , soit un taux moyen de 29 avortements provoqués pour mille femmes en âge de procréer Sedgh G, Henshaw S, Singh S, Åhman E, Shah IH, Induced abortion: estimated rates and trends worldwide, Lancet, 2007; 370:1338-1345.. Ce taux est de en Europe occidentale, de en Europe du Nord, de en Europe du Sud, de globalement aux États-Unis et au Canada, de en Europe de l'Est Susheela Singh, Deirdre Wulf, Rubina Hussain, Akinrinola Bankole and Gilda Sedgh Abortion Worldwide: A Decade of Uneven Progress.. En France, on peut, entre autres, compter avortements en 2001, en 2006, soit environ 14 pour de 15 à ..
La tendance est globalement à la baisse par rapport à 1995, année où avaient été pratiquées d'avortements dans le monde, soit un taux moyen de 35 avortements pour mille femmes en âge de procréer. Cette baisse est particulièrement forte en Europe de l'Est, où le taux a baissé de 51 % entre 1995 et 2003, contre 17 % à l'échelle mondiale. Si le nombre global d'avortements a diminué entre 1995 et 2003, le nombre d'avortements pratiqués dans des conditions dangereuses a stagné à près de par an au niveau mondial, et a augmenté de 10 % en Afrique, où le taux a cependant diminué en raison de l'accroissement en parallèle plus rapide du nombre de femmes en âge de procréer.
Rapporté au nombre de grossesses menées à terme, il y avait, en 2003, 31 avortements pour cent naissances d'enfants vivants, dans le monde, avec un pic de 105 avortements pour cent naissances d'enfants vivants en Europe de l'Est.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique en qu'entre 2015 et 2019, la moyenne annuelle mondiale a été de d'avortements provoqués (sécurisés ou non) ». (sans distinguer les IVG et les IMG). Les estimations sont de 29 % d'avortements provoqués pour les grossesses désirées et 61 % pour les grossesses non désirées ; avec un taux moyen mondial de 39 pour de 15 à . Parmi l'ensemble des avortements dans le monde, les estimations sont de 45 % d'avortements provoqués « à risque » (voire très risqués pour un tiers de ceux-ci), dont la majorité ont eu lieu dans les pays en développement.
Techniques médicalisées Deux types de méthodes médicalisées existent pour interrompre une grossesse : la méthode médicamenteuse et les méthodes chirurgicales.
La première ne nécessite pas d'hospitalisation, mais est réservée à des grossesses peu avancées. Elles peuvent être réalisées jusqu'à 7 semaines de grossesse suivant la loi française, soit 9 semaines d'aménorrhée. L'intervention peut-être réalisée dans un cabinet "de ville" (en libéral) conventionné ou dans un établissement de santé.
Les méthodes chirurgicales peuvent être préférées à la méthode médicamenteuse dès les premières semaines de grossesse.
Au-delà de 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée et jusqu'au terme du délai légal d'accès à l'IVG, il faut utiliser une méthode chirurgicaleGuide sur l'IVG, réalisé par le ministère français de la santé et des solidarités.Revue Prescrire , février 2007 . En France, celle-ci sont légales jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit au maximum 16 semaines après le début des dernières règles. Elles peuvent être réalisées sous anesthésie générale ou locale, dans un établissement de santé.
Voie médicamenteuse
La voie médicamenteuse peut être pratiquée durant le premier trimestre, pour une durée qui est fonction de la législation en vigueur.
Deux solutions existent : la mifépristone (RU 486), à action antiprogestative, et le misoprostol, analogue de la prostaglandine E1, augmentent les contractions et permet l'évacuation de l'œuf. Médicalement cela peut être pratiqué jusqu'à dix semaines de gestation. Le protocole en France est généralement de de mifépristone, suivis, 36 à plus tard, de de misoprostol. L'utilisation de methotrexate combiné à la prostaglandine fonctionne jusqu'à sept semaines de gestation.
L'association de mifépristone et de misoprostol permet un avortement avec expulsion complète de l'embryon mais semble légèrement plus efficace lorsque le misoprostol est donné par voie endovaginale, aboutissant à près de 95 % de succès El-Refaey H, Rajasekar D, Abdalla M, Calder L, Templeton A, « Induction of abortion with mifepristone (RU 486) and oral or vaginal misoprostol » N Engl J Med. 1995;332:983-987., bien que cette donnée soit contestée von Hertzen H, Huong NT, Piaggio G. « Misoprostol dose and route after mifepristone for early medical abortion: a randomised controlled non inferiority trial » BJOG 2010;117:1186-1196.. La voie endovaginale a cependant l'avantage d'être mieux tolérée.
Les principaux effets indésirables de ces deux médicaments sont des saignements génitaux importants et des troubles digestifs divers. Cette combinaison médicamenteuse est par ailleurs contre-indiquée en cas d'insuffisance rénale aiguë ou chronique, hépatique, surrénalienneComment se déroule une I.V.G. ?., d'asthme sévère, de bronchite obstructive, d'anémie, de troubles de la coagulation, d'antécédent cardio-vasculaire et autres contre-indications à l'emploi de prostaglandines, en cas d'allergie à la mifépristone, et aussi en cas de suspicion de grossesse extra-utérine. Un âge supérieur à ou un tabagisme exposent à des risques cardio-vasculaires.
Cette technique médicamenteuse permet un avortement « à domicile », largement employée aux États-Unis Clark WH, Hassoun D, Gemzell-Danielsson K, Fiala C, Winikoff B, « Home use of two doses of misoprostol after mifepristone for medical abortion: a pilot study in Sweden and France » Eur J Contracept Reprod Health Care. 2005;10:184-191..
L’absorption, au plus tôt, de mifépristone suivie dans les 24– suivantes par une administration buccale ou vaginale de misoprostol est efficace à 98 % dans les 9 premières semaines de gestation ; entre 9 et , l'efficacité diminue à 94% The regimen ( of mifepristone, followed 24–48 hours later by 800 mcg of vaginal misoprostol) previously used by Planned Parenthood clinics in the United States from 2001 to March 2006 was 98.5% effective through 63 days gestation—with an ongoing pregnancy rate of about 0.5%, and an additional 1% of women having uterine evacuation for various reasons, including problematic bleeding, persistent gestational sac, clinician judgment or a woman's request. The regimen ( of mifepristone, followed 24–48 hours later by 800 mcg of buccal misoprostol) currently used by Planned Parenthood clinics in the United States since April 2006 is 98% effective through 59 days gestation..
En cas d'échec de l'avortement chimique, il reste possible de procéder à une IVG chirurgicale. Si toutefois la patiente renonce alors à avorter et décide de poursuivre sa grossesse, il existe un risque de malformation du fœtus.
En France, tout médecin pratiquant des IVG médicamenteuses doit avoir signé une convention avec un établissement de santé autorisé à pratiquer des IVG. L'IVG médicamenteuse nécessite au moins cinq consultations médicales : deux consultations médicales préalables, une consultation pour la prise de la mifépristone, une autre pour celle du misoprostol, et enfin un rendez-vous de contrôle après. La prise médicamenteuse s'effectue en présence du médecin, d'une sage-femme ou d'une infirmière dans le cadre d'un centre d'orthogénie. L'IVG doit être pratiquée en établissement de santé si la femme enceinte souhaite garder son anonymat.
Voie chirurgicale vignette|1-Sac amniotique
2-Embryon
3-Doublure utérine
4-Spéculum
5-Canule vaginale
6-Canule vaginale reliée à une pompe d'aspiration L'avortement sous anesthésie locale n'est pas douloureux, sauf pour quelques femmes qui peuvent éprouver des douleurs analogues à celles procurées par les règles pendant quelques minutes à la fin de l’aspirationAssociation Nationale des Centres d'IVG et de Contraception, Méthode instrumentale, consulté le 9 avril 2016. ; néanmoins les patientes préfèrent généralement l'anesthésie générale (75 % contre 20 % d'anesthésies locales en France) afin de ne pas « assister » à l'opération. Les deux types d'anesthésie ont une sécurité équivalente même si leurs complications diffèrentGrimes DA, Schulz K. F, Cates W Jr, Tyler CW Jr, Local versus general anesthesia: which is safer for performing suction curettage abortions?, Am J Obstet Gynecol, 1979;135:1030-1035..