L'hyperpop est un mouvement musical. et microgenre issu de l'electronic dance music (EDM) et de la pop traditionnelle, qui s'inspire de l'emo, du rock, de l'electro, du hip-hop, et du lo-fi, se plaçant à l'intersection de la musique grand public et de la musique savante.
Elle naît au Royaume-Uni en 2013. avec la création du label PC Music par le producteur A. G. Cook ; d'abord sous le nom de « bubblegum bass ».. En 2019, Spotify crée une nommée « hyperpop » reconnaissant et ré-intitulant ainsi le microgenre, parmi les artistes de cette : 100 Gecs, Slayyyter, Gupi, Caroline Polachek, Hannah Diamond, Charli XCX et Kim Petras. Désormais, les deux termes sont utilisés de façon interchangeable, mais peuvent aussi être dissociés ; le genre bubblegum bass étant plus proche de l'EDM et d'une idée de pop post-ironique et sur-féminine, quand le genre hyperpop utilisera quelques années plus tard cette influence passée pour la marier avec une tendance plus hip-hop, voir lofi (dérivé qu'on peut également nommer digicore, ou glitchcore).
Associé à la culture internet, le microgenre gagne en popularité notamment grâce à des applications comme TikTok.
Dans son livre consacré au mouvement, Hyperpop, la pop au temps du capitalisme numérique, Julie Ackermann théorise le style et le définit par son approche . Elle affirme que l'hyperpop célèbrerait les caractéristiques du genre de la pop music dans un élan à la fois sincère et satirique. Elle écrit qu' « entre imitation et subversion, ironie et sincérité, l’hyperpop ne choisit pas. Elle voue un amour ambigu à la culture capitaliste en jouant avec les affects que nous entretenons avec elle ». Elle donne l'exemple du titre Vroom Vroom de Charli XCX : « Satire et célébration sincère fusionnent ici, la musicienne entretenant une ambiguïté quant à sa féminité stéréotypée performée et au rapport qu’elle entretient avec le symbole de la voiture de sport de luxe ».
Histoire Origines vignette|Les musiciens anglais Sophie (gauche) et A. G. Cook (droite) sont considérés comme les fondateurs de l'hyperpop.
Le terme semble avoir été inventé pour la première fois en par l'écrivain Don Shewey dans un article sur le groupe écossais de dream pop Cocteau Twins., affirmant que l'Angleterre des années 1980 avait Si le terme est effectivement parfois appliqué dans les années 1980, son acception moderne nait 30 ans plus tard, avec l'émergence du label PC Music.
Le courant hyperpop est influencé par de nombreux artistes et genres de musique qui l'ont précédé, autant dans les musiques populaires que dans les musiques de marge et underground. Ces artistes puisent dans la pop, dans les musiques de jeux vidéos, la J-Pop, le nightcore, l'eurodance, le happy hardcore, la vaporwave, le donk. Des artistes des années 2000 comme Crystal Castles, M.I.A., Kyary Pamyu Pamyu, et des années 1990 comme Aqua sont souvent cités comme des influences et précurseurs du courant. Le producteur britannique Max Tundra est l'une des influences majeures du label PC Music d'A. G. Cook.
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Le terme a parfois été utilisé au sein de la scène musicale nightcore de SoundCloud pour décrire ce genre.. Glenn McDonald, analyste de Spotify, déclare avoir vu le terme utilisé pour la première fois en référence au label britannique PC Music en 2014, mais pense que le nom ne pouvait pas être qualifié de microgenre avant 2018.. Les origines du style sont généralement situées dans la production de PC Music au milieu des années 2010, avec des artistes hyperpop affiliés ou directement inspirés par le label.. Will Pritchard de l' déclare qu'
Évolution En , le duo hyperpop 100 Gecs publie son premier album 1000 gecs, qui a amassé des millions d'écoutes sur les services de streaming et a contribué à consolider le style. Selon la description de Will Pritchard pour The Independent, 100 Gecs pousse l'hyperpop . Selon Vice et The Face, une deuxième vague du genre a émergé en 2019 à la suite de la sortie de 1000 gecs.
En , Spotify lance la , qui cimente davantage le terme pour définir le courant. On pouvait trouver dans cette playlist A.G. Cook, 100Gecs, Slayyyter, Gupi, Caroline Polachek, Hannah Diamond et Kim Petras. Lizzy Szabo, éditorialiste chez Spotify, et ses collègues ont choisi ce nom pour leur playlist d' après avoir remarqué le terme dans les métadonnées du site web et l'ont ensuite classé comme un microgenre.
En , l'ajout d'artistes tels que J Dilla, Nicki Minaj, Lil Uzi Vert et Kate Bush à la playlist a suscité une controverse, la raison étant que ces ajouts ont repoussé les artistes hyperpop plus petits qui comptaient sur la playlist pour leurs revenus. En outre, David Turner, ancien responsable de la stratégie chez SoundCloud, a noté un sur la plateforme, dont beaucoup faisaient de la musique proche de l'hyperpop.
Le microgenre a commencé à gagner en popularité en 2020, avec la proéminence de la liste de lecture de Spotify et sa diffusion parmi les jeunes publics sur les médias sociaux, comme sur TikTok, en particulier "alt Tiktok", l'une des principales contre-cultures de l'application. En 2022, suggère qu'une partie de la raison pour laquelle le microgenre a gagné en popularité sur la plateforme était due à sa nature favorisant les rythmes lourds sur lesquels les créateurs pouvaient danser et faire des transitions. La chanson de l'artiste hyperpop est devenue l'une des chansons les plus populaires de l'histoire de l'application et a été utilisée dans plus de 5 millions de vidéos sur la plateforme en .
Déclin Des inquiétudes concernant le déclin potentiel du microgenre, les influences des entreprises sur celui-ci et la signification du nom commencent à être soulevées en 2021. En , Charli XCX poste un tweet : En 2022, Dazed note que depuis 2019, le mot et que , affirmant également que
La même année, , musicien hyperpop, déclare que lui et Ericdoa le mouvement, bien que trois mois plus tard, il ait déclaré qu'il . Glaive déclare plus tard que l'empaquetage de la communauté sous le nom à des fins de profit a conduit à ce que sa musique devienne au fil du temps. En , PC Music annonce qu'après cette année, le label ne sortirait plus de nouvelle musique, se tournant plutôt vers des projets d'archives et des rééditions spéciales. En , Underscores, une autre contributrice importante au microgenre, a déclaré : ...
Caractéristiques L'hyperpop reflète une approche exagérée, éclectique et autoréférentielle de la musique pop. Elle utilise généralement des mélodies de synthétiseurs effrontées, des voix autotunées, des changements de pitch, des compressions et des distorsions excessives, ainsi que des références surréalistes ou nostalgiques à la culture Internet des années 2000 et à l'ère du web 2.0.. Parmi les caractéristiques communes, on trouve des voix pitch shiftées, des percussions métalliques et mélodiques, des synthétiseurs décalés, des refrains accrocheurs, des chansons courtes et une juxtaposée à des paroles angoissées. Mark Richardson, du , décrit le genre comme intensifiant les tropes de la musique populaire, résultant en La musique oscille entre
L'hyperpop se présente comme une version maximaliste et auto-référentielle de la pop. Usant d'un univers grotesque, les artistes usent de palettes flashy, autant dans la création musicale que visuelle. Elle reprend et détourne également la culture web et musicale des années 2000. Pour le magazine American Songwriter, le journaliste Joe Vitagliano décrit l'hyperpop comme .
L'hyperpop est souvent liée à la communauté LGBTQ+ et à l'esthétique queer. Plusieurs de ses principaux praticiens s'identifient comme homosexuels, non binaires ou transgenres.. L'accent mis par le microgenre sur la modulation vocale a permis aux artistes d'expérimenter la présentation de leur voix en fonction du genre. Pour Audimat, Julie Ackermann décrit l'utilisation de la voix dans l'hyperpop selon ces termes :
Sous-genres Digicore
La digicore est un microgenre lié à l'hyperpop, plus influencé par la musique SoundCloud. Le terme (l'abréviation du terme digital) est adopté au milieu des années 2010 par une communauté en ligne d'adolescents musiciens, communiquant via le réseau social Discord, pour se distinguer de la scène hyperpop préexistante. Les artistes de la scène digicore puisent souvent dans une variété de genres comme l'emo du Midwest, la transe et la drill de Chicago, entre autres. Les débuts de la digicore sont enracinés dans la culture Internet et de nombreux producteurs populaires du microgenre sont âgés de 15 à 18 ans, utilisant les plateformes telles que Discord pour interagir.. En 2018, Dalton (une figure des relations artistiques digicore) lance un serveur Minecraft et Discord appelé « Loser's Club » qui devient un refuge pour plusieurs des artistes les plus populaires de la scène digicore, tels que ou . Ce sens de l'entraide et de la collaboration est devenu un principe clé au sein de la scène et a contribué à l'augmentation de la popularité du microgenre dans son ensemble, une majorité de la scène préférant l'idée d'augmenter la popularité en tant que collectif plutôt qu'en tant qu'individus. En 2021, l'album de digicore Frailty de Jane Remover reçoit des éloges sur les sites de musique grand public et .
La digicore comporte des codes musicaux semblables à ceux de l'hyperpop. Elle en diffère principalement par les identités raciales de ses artistes, leur âge généralement moins grand et l'utilisation plus distordue des instruments. Là où l'hyperpop a un son plutôt poli et lisse, la digicore est décrite par Quinn comme
En France, la digicore est également portée par des artistes SoundCloud et empreint de la culture Internet. Le mouvement noue avec les codes de l'hyperpop, notamment dans les effets extrêmes appliqués aux voix des artistes, dans la libération des codes des genres musicaux et dans l'utilisation de la voix. L'artiste Thanas décrit la digicore comme En 2022, le jeune artiste Snorunt décrit également sa découverte de la scène digicore comme , dans la mesure où, sur cette scène, il peut enfin
Le microgenre en francophonie apparait également comme une continuité au mouvement du hip-hop français, avec des sonorités dérivées de la trap et des performances vocales très mélodieuses, auto-tunées et modifiées. En 2022, le beatmaker abel31 est salué par la critique pour sa mixtape 200, , avec les codes de son
Glitchcore La glitchcore est un microgenre lié à l'hyperpop et au digicore. Il se caractérise par des voix aigües, des 808 aigus et des hi-hats fréquents. Comme un article l'a déclaré, , se référant aux voix exagérés, aux distorsions, aux bruits glitchés, et aux autres éléments pop présents dans le glitchcore. L'un des éléments les plus déterminants de la glitchcore est ce modèle de glitchs vocaux, créés en répétant rapidement une section d'un échantillon vocal. Sur la scène francophone, la digicore et la glitchcore comportent des codes musicaux semblables.
Dariacore La dariacore, également connue sous le nom d'hyperflip, est un microgenre lié à l'hyperpop. Il est créé par Jane Remover, sous le pseudonyme Leroy, à la suite de son album en 2021 et de ses deux suites, et Le terme est un hommage à Daria, une série télévisée d'animation de la fin des années 1990. Le microgenre gagne en popularité sur SoundCloud en 2021 et 2022, et se caractérise par des accélérés et décalés de la musique pop et d'autres médias populaires, des et l'influence de la Jersey club..
Artistes notables Les artistes internationaux comprennent : A. G. Cook, , Sophie, Charli XCX, Shygirl, Slayyyter, , , Dorian Electra, PinkPantheress, 100 Gecs, et . En France, un certain nombre d'artistes hyperpop sont cités : Oklou, Ascendant Vierge, Éloi, , ou plus récemment Miki et Théa.
Plusieurs artistes attrayant au microgenre de la digicore sont aussi à nommer comme Snorunt..
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