Florence Ellinwood Allen, née le à Salt Lake City dans l'État de l'Utah et morte le à Waite Hill dans l'État de l'Ohio est une journaliste, poète, musicienne, suffragette, pacifiste, juriste et professeure d'université.

Florence Ellinwood Allen est connue pour être la première femme américaine à siéger dans des tribunaux comme procureure adjointe, juge, à être élue en 1922 à la Cour suprême de l'Ohio, puis nommée à une cour d'appel fédérale des États-Unis en 1934 et enfin à être proposée par plusieurs fois pour devenir Juge à la Cour suprême des États-Unis de 1937 à 1949, sa candidature est régulièrement refusée par les présidents Franklin Delano Roosevelt et Harry S.Truman à cause des préjugés de son temps.

Depuis son engagement pour les droits civiques des femmes qui commence par son poste d'assistante de Maud Wood Park au sein de la College Equal Suffrage League, Florence Ellinwood Allen est devenue une des figures du féminisme social aux États-Unis.

Biographie Jeunesse et formation Une famille de pionniers engagés Florence Ellinwood Allen est la troisième fille des sept enfants de Clarence Emir Allen, un avocat, élu par l'Utah à la Chambre des représentants des États-Unis, directeur minier et de Corinne Marie Tuckerman Allen, dirigeante d'un club de femmes à Salt Lake City..

La famille Tuckerman gauche|vignette|Corinne Marie Tuckerman Allen. Sa famille maternelle est originaire des Pays-Bas espagnols, famille bannie pour ses propos violemment opposés aux lois du roi d'Espagne, et s'est réfugiée en Angleterre où elle se convertit au puritanisme, puis l'un de ses membres décide de faire le voyage avec le Mayflower pour s'installer dans la Nouvelle-Angleterre. En 1839, la famille Tuckerman s'établit à Orwell dans ce qui n'est pas encore le territoire de l'Utah où elle crée une tannerie. Le grand'père maternel de Florence Ellinwood Allen, Jacob Tuckerman, est un professeur d'université, un franc-maçon et résolument anti-esclavagiste. Sa fille Corinne Marie Tuckerman fait ses études au Holyoke Female Seminary (Séminaire pour femmes de Holyoke), puis elle est acceptée au Smith College où elle fait partie des premières étudiantes. Corinne Marie Tuckerman se montre être une étudiante brillante et une bonne musicienne. C'est en sortant du Smith College qu'elle rencontre et épouse Clarence Emir Allen<.

La famille Allen gauche|vignette|Clarence Emir Allen. Clarence Emir Allen descend d'une famille implantées dans la nouvelle Angleterre dont certains membres se sont illustrés comme Ira Allen et Ethan Allen héros de la guerre d’Indépendance ; son père Edwin R. Allen s'est fait connaitre par ses explorations navales et ses combats contre les amérindiens. Son frère Cyrus Allen est le fondateur de l'école dentaire de l'université de Buffalo. Finalement le père de Clarence Emir Allen devient fermier. Le jeune Clarence grandit dans la ferme paternelle puis il est accepté par la Western Reserve University (aujourd’hui devenue l'université Case Western Reserve) situé à Hudson dans l'Ohio. Durant ses études universitaire il se spécialise dans la littérature antique, ce qui lui permet de devenir professeur de latin et de grec. À la fin de l'année 1877, il épouse Corinne Marie Tuckerman. Frappé par la tuberculose, il doit quitter l'Ohio pour une région plus sèche, c'est ainsi qu'il emménage à Salt Lake City dans le territoire de l'Utah. Sa famille le rejoint et c'est ainsi que naît Florence Ellinwood Allen à Salt Lake City en 1884.

L'engagement de ses parents Corinne et Clarence Allen s'investissent dans la vie sociale, économique et politique de l'Utah. Clarence Emir Allen se retire de l'enseignement pour faire de la prospection auprès de la Old Jordan Mine dans le canyon de Bingham (connue sous le nom de Mine de Bingham Canyon), société d'exploitation minière fondée par les Mormons (ou fidèles de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours). Clarence Emir Allen devient directeur de neuf mines réparties sur l’Utah et le Nevada pour le compte de lUnited States Mining Company. Son management est apprécié non seulement pour avoir assuré le développement et la prospérité de l'entreprise, mais il aussi pour avoir su se faire respecter par les ouvriers en instaurant la journée de huit heures et du dimanche férié. La famille Allen ne se contente pas de croire en la justice sociale, elle la met en pratique. Clarence Emir Allen, grâce aux votes des mineurs est élu à la Chambre des représentants de l'Utah où il inscrit dans la loi de l'État la généralisation de la journée de huit heures et de la semaine de six jours.

Quand en 1890, les mormons renoncent à la polygamie, la voie du processus d'intégration à l'Union en tant qu'État fédéré est ouverte. Clarence Emir Allen participe alors à la rédaction de la constitution du nouvel État, constitution qui donne le droit de vote aux femmes, faisant de l'Utah le second État à le faire. Quand l'Utah est intégré à l'Union en 1896 , Susan B. Anthony invite Corinne et Clarence Allen à la convention nationale de la National American Woman Suffrage Association de 1896, afin qu'ils expliquent comment ils s'y sont pris pour que le droit des femmes ait pu entrer dans la constitution de l'Utah.

Corinne Allen devient la secrétaire de la section du Congress of Mothers (devenu le National Congress of Parents and Teachers) de l'Utah, puis elle est élue présidente d'une association philanthropique composée de femmes qui a pour but de financer un foyer pour jeunes travailleuses à Salt Lake City. Elle est une des membres fondatrices de l'association des Filles de la révolution américaine. Corinne Allen participe également à la construction et l'ouverture d'une bibliothèque publique et gratuite à Salt Lake City, très active au sein du club littéraire féminin local, elle devient présidente de la Fédération générale des clubs de femmes et enfin elle est une des fondatrices de la .

Continuer l'esprit pionnier de ses parents La première d'une série de premières La seule école qui existe est tenue par les Mormons, les parents de Florence E. Allen, comme d'autres qui ne sont pas Mormons préfèrent éduquer leurs à la maison. Clarence Emir Allen s'occupe de l’enseignement de ses enfants, quand il rentre du travail. Florence E. Allen s'avère être une enfant précoce dès l'âge de quatre ans elle est capable de réciter l'alphabet grec. Son père l'endort en lui narrant les épopées grecques. Dès l'âge de sept ans elle apprend le latin. Les écrits politiques de Cicéron deviennent l'une de ses références, comme les écrits politiques des Grecs, ce qui lui donnera une haute idée de la justice, de la sagesse du bien commun, la relecture de ces anciens sera toujours pour elle une source de joie. D'autant que ses idéaux sont portés par ses parents qui lui ont transmis un sens de la responsabilité vis-à-vis du bien public. Parallèlement elle étudie le piano et forme un trio avec ses sœurs Esther au violon et Elizabeth au violoncelle. À ses huit ans, ses parents lui offre une bicyclette et devient la première femme, enfant comme adulte, à pratiquer le vélo à Salt Lake City, c'est la première d'une série de premières. La formation scolaire et universitaire En 1897, suivant l'exemple de ses parents universitaires, Florence E. Allen entre au . Elle y développe son intérêt pour le latin et la musique, plus spécialement les musiques pour piano de Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Schumann et Chopin. Pendant cette période, elle se plait à débattre, avec brillant, sur le droit des femmes à voter. Elle quitte l’établissement en 1900, elle est admise au collège pour femmes de la Western Reserve University, situé à Cleveland dans l'Ohio. Pendant sa troisième année, elle est élue comme membre de la fraternité Phi Beta Kappa. Elle obtient son Bachelor of Arts (licence) en 1904. Durant ses études universitaires, elle donne des concerts de piano à la résidence des étudiantes, plus particulièrement des morceaux de Schumann et écrit des poèmes.

La romancière Louisa May Alcott devient son auteure préférée. Elle écrit des articles pour Folio, le magazine littéraire de l'université et même en devient l'éditrice. Florence E. Allen s’implique également dans la troupe théâtrale de l'université où en plus d'actrice elle fait des adaptations pour le théâtre comme celle de l'œuvre d'un écrivain hindou de l'antiquité. Elle occupe ses temps libres à des concerts, à l'opéra, aux représentations théâtrale et se passionne pour l'actrice Mrs Patrick Campbell. Elle a pu également écouter la cantatrice Ernestine Schumann-Heink et le violoniste Fritz Kreisler, personnages dont elle ne tarit point d'éloges. En 1904, une fois diplômée, elle repart pour Salt Lake City où elle passe des moments de retrouvailles de la nature environnante et à donner des concerts de piano pour ses amis.

Carrière La musique ? Dans un premier temps, Florence E. Allen est tentée par une carrière de pianiste. À la fin de l'année 1904, elle se rend à Berlin et commence à suivre des cours pour devenir une concertiste, et commence à donner des concerts. Parallèlement elle fait la connaissance d'Arthur M. Abell, le correspondant du magazine d'actualité musicale de New York le ; ce dernier lui propose de travailler pour le magazine. Pour ce faire, Florence E. Allen apprend la dactylographie et la sténographie et se met à écrire des articles de critique musicale pour le et , ce dernier étant un journal à destination des Américains qui vivent en Allemagne. Au bout de deux années passées à Berlin, elle prend ses distances vis des Berlinois quelle trouve bruyants et querelleurs, de même pour les Berlinoises aux allures si peu féminines et les uns comme les autres avec des idées bien arrêtées sur la femme, qui selon eux doit être confinée à la cuisine, l'église et la chambre des enfants. Elle y voit une contamination de l'esprit prussien. Ce qui lui fera dire au lendemain de la Première Guerre mondiale, qu'.

Florence E. Allen fréquente régulièrement l' « American Club » de Berlin, elle s'y fait des amis, ils y mangent, dansent, chantent, elle y joue les derniers ragtimes au piano, elle dévore les livres de la bibliothèque, notamment les livres de la littérature britannique, française, et allemande. Lors d'un voyage à Malaga elle découvre l'opéra Aïda de Verdi, c'est une révélation, elle assiste à trois représentations, elle écrit à son sujet et enfin en 1906 elle quitte l'Allemagne pour retourner au pays.

L'enseignement ? la littérature ? De retour aux États-Unis, pour la rentrée scolaire de 1906, Florence E. Allen est embauchée comme professeure de grec, d’allemand et d'histoire américaine auprès d'un établissement pour filles et jeunes filles la de Shaker Heights, dans la banlieue de Cleveland. À côté de ses activités d'enseignante, elle donne régulièrement des concerts dans la chapelle de l'établissement, y anime le Glee Club et la troupe théâtrale des élèves, notamment en montant des pièces de Molière. Elle écrit régulièrement des critiques musicales pour The Plain Dealer de Cleveland.

Florence E. Allen écrit un recueil de poèmes Patris qui est publié en 1908, poèmes qui chantent la beauté des paysages, la puissante majesté des montagnes et les joies de l'amitié.

Après trois années d'enseignement et de critique musicale, Florence E. Allen estime ne pas posséder le niveau requis pour une carrière de concertiste, et envisage de cantonner la pratique du piano à un passe-temps. Elle reconnaît en revanche des aptitudes particulières pour l'écriture, la critique musicale et l'histoire de la musique, domaines dans lesquels elle envisage également de dispenser cours et conférences.

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