Le régiment de Bretagne est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1644 sous le nom de « régiment de Mazarin-Français » devenue sous la Révolution le d’infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : création du régiment de Mazarin-Français : renommé régiment de Bretagne : renommé d'infanterie de ligne

Colonels et mestres de camp : Marquis Jacques de Castelnau-Mauvissière : Georges de Monchy, marquis d’Hocquincourtmaréchal de camp le , lieutenant général le , † : Claude Potier comte de Novionbrigadier le , † : Louis-Anne-Jules Potier, marquis de Novionneveu du précédent, brigadier le , † : Louis-François d'Harcourt, comte de Sézannebrigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général le , † : Michel-François Berthelot de Rebourseaubrigadier le , maréchal de camp le , † : N. chevalier Molé : François-Paul de La Croix, chevalier de Saint-Vallierbrigadier le , maréchal de camp le , † : Louis des Balbes de Bertons, marquis de Crillonbrigadier le par brevet obtenu le mai, maréchal de camp le , lieutenant général le , † : Jean-François-Gabriel, comte de Polastron : Jacques-Louis-Georges de Clermont d'Amboise, marquis de Resnel : Jean-Baptiste-Charles-François, chevalier de Clermont d'Amboisebrigadier le : Joachim-Charles-Laure de Montagu, vicomte de Beaunebrigadier le : Jacques-Charles, comte de Chabannes : Louis-Alexandre-Pierre Nolasque des Balbes de Bertons, comte de Crillon : Jean-Baptiste-Gilles, baron du Coetlosquet : François-Anselme de Saint-Victor

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment Mazarin-Français (1644-1651) Guerre de Trente Ans Le régiment est créé, le , par le cardinal Mazarin, sous le titre de « régiment de Mazarin-Français » et composé de hommes, en 30 compagnies. Le cardinal en tira ces soldats des débris des corps qui venaient d'être écrasés à Rothweil, et notamment de 2 régiments bretons qui avaient appartenu au maréchal de Guébriant (Régiment de Castelnau (1635-1644)) et au marquis de Castelnau Mauvissière. Guébriant venait d'être tué au siège de Rothweil, et Castelnau est fait colonel-lieutenant de ce nouveau corps et on lui donna pour lieutenant-colonel M. d'Anisy, qui était du régiment de Guébriant.

En 1644, le régiment est formé à 2 bataillons. Son uniforme comprend un habit, parements, veste et culotte de draps blancs, revers et collet noir, pattes ordinaires garnies de 4 boutons, le dessous de la manche et du parement fermé par 6 petits boutons, 6 au revers et 3 au-dessous, boutons jaunes , chapeau bordé de galon blanc. Drapeau aurore et noir Claude-Antoine Littret : Uniformes militaires, drapeaux, étendards et guidons, de tous les régiments de France, tant de la cavalerie que de l'infanterie, page 45.

Le « régiment Mazarin-Français », formé en Allemagne et engagé dans la guerre de Trente Ans, fait partie de l'armée du vicomte de Turenne, et trouva dès sa première campagne une occasion éclatante de se signaler et d'asseoir sa réputation. Le général bavarois Mercy venait de s'emparer de Fribourg sous les yeux de Turenne, trop faible pour s'y opposer. Le duc d'Enghien accourt du Luxembourg au secours de Turenne, et, le , commence cette série de sanglants combats qu'on appelle la bataille de Fribourg. Le régiment était resté aux ordres de Turenne, qui s'était chargé de tourner les montagnes pour attaquer par la gorge les retranchements des Bavarois. Arrêté à l'issue du défilé par des palissades et des abatis, ce ne fut qu'après un combat de huit heures qu'il parvint à déboucher dans la plaine. Le surlendemain, le duc d'Enghien réunit les meilleurs régiments et fit un effort désespéré pour emporter de front ces retranchements. Il mit pied à terre et s'élança à la tête des régiments de Conti et de Mazarin-Français. Le « régiment de Mazarin-Français », franchissant intrépidement les abatis et renversant les palissades, se trouvait déjà établi dans une redoute quand le prince lui envoya l'ordre de l'attaquer. Le marquis de Castelnau fait, ce jour-là, des choses prodigieuses et reçoit dans le corps cinq balles de mousquet. Le combat recommença le , et ce fut le régiment de Mazarin-Français qui engagea l'action, terminée par la retraite définitive des Bavarois. Après cette bataille mémorable, le régiment contribua à la conquête des places du Palatinat.

Le , le « régiment de Mazarin-Français » est à la bataille de Mariendal durant laquelle le lieutenant-colonel d'Anisy, qui le commandait, y est fait prisonnier. Le , à Nordlingen, le régiment réussit, après une lutte acharnée, à s'emparer du village d'Alteren, où les Impériaux s'étaient barricadés. Le général en chef de l'armée ennemie, Mercy, y est tué par une balle partie des rangs du régiment. Le marquis de Castelnau reçut encore là deux coups de feu et eut deux chevaux tués sous lui. Sa belle conduite lui valut le grade de maréchal de camp puis il est parvenu à la dignité de maréchal de France en 1658, et son nom est resté obscur, sans doute parce qu'il a été tué au siège de Dunkerque peu de jours après sa nomination, et avant d'avoir reçu son brevet. Le « régiment de Mazarin-Français » acheva la campagne de 1645 dans le Palatinat.

Il franchit de nouveau le Rhin dès les premiers jours de 1646, et se trouva à la prise de Schorndorf, où le lieutenant-colonel d’Anisy fut tué. Son frère, qui devint plus tard colonel-lieutenant du régiment de Mazarin-Italien, le remplaça le et conduisit le régiment en Flandre. Celui-ci assista encore cette année aux sièges de Mardyck et de Dunkerque, et prit ses quartiers à Béthune.

Il sortit de cette place en , fort de 15 compagnies, se rendit à Amiens, où le roi, Louis XIV, le passa en revue, le 20, et se mit en route pour la Catalogne. Il sert au second siège de Lérida, à la prise d'Ager et au siège de Constantin et il revint hiverner en France.

Au commencement de 1648, les 400 hommes qui lui restaient retournèrent sur le Rhin à l'armée de Turenne, et se distinguèrent le , à la bataille de Zusmarshausen. Le régiment joint peu après l'armée de Condé et prend part à la bataille de Lens.

Il fait la campagne de 1649 en Flandre, et se trouve au siège de Cambrai, à la prise de Condé, et est mis en quartiers d'hiver à Mouzon, où il est attaqué à l'improviste, le , par les troupes de Turenne. Sa bonne contenance fait échouer cette tentative des rebelles. Il quitta peu après Mouzon pour marcher au secours de Guise, puis il est jeté au mois d'août dans Laon, et part de cette ville, le , avec le régiment de La Marine et le régiment de Sault pour aller délivrer Mouzon assiégé. Il se fait remarquer, au combat du , sous les murs de cette place, réussit à y entrer le 17, et se signale, dès le 19, dans une sortie. Après la capitulation de Mouzon, le « régiment de Mazarin-Français » joignit l'armée du maréchal du Plessis-Praslin ou il contribua à la prise de Réthel.

Régiment de Bretagne (1651-1791) Lorsque le cardinal Mazarin sortit de France en 1651, le régiment devint la propriété de la reine mère, et est mis, par brevet du , sous le titre de la province de Bretagne, qui avait été porté précédemment par un autre corps d'infanterie de 1635 à 1642. Ce fut alors que le régiment inscrivit parmi les hermines de ses drapeaux cette devise, à laquelle il a toujours été fidèle : . Le drapeau colonel du régiment de Bretagne était orné des armes du duché de Bretagne, surmontées de la devise inscrite sur un ruban, bleu de face et rouge au revers. Les drapeaux d'ordonnance avaient 2 quartiers aurores et 2 quartiers noirs. La croix était semée d'hermines et les quatre mots de la devise occupaient chacun une branche de cette croix.

La Fronde et guerre franco-espagnole C'est naturellement que le régiment demeure attaché à la cour et qu'il suit celle-ci derrière la Loire. En 1652, quand Turenne, rentré dans le camp du roi, reprend le commandement de l'armée, le « régiment de Bretagne » se montre l'un des meilleurs régiments du vicomte aux batailles de Bléneau, d'Étampes et du faubourg Saint-Antoine.

En 1653, le régiment de Bretagne fait partie de l'armée de Louis duc de Vendôme qui est chargé de soumettre les Bordelais. Pendant le long blocus de Bordeaux, il se signale particulièrement à l'attaque de Bourg, qui capitule, le , après trois jours de tranchée ouverte.

En 1654, le régiment revient en Champagne, et sert à aux prises de Rethel et de Mouzon, et se fait remarquer, le , à côté des Gardes Suisses, à l'assaut de la demi-lune de Stenay et termine la campagne par la réduction du Quesnoy.

En , il ravitaille cette place, et contribue ensuite aux conquêtes de Landrecies, de Condé et de Saint-Ghislain.

En 1656, il est au malheureux siège de Valenciennes, se renferme après la déroute de l'armée dans Péronne, et repousse les Espagnols, auxquels le maréchal d'Hocquincourt, père du mestre de camp du régiment de Bretagne, voulait livrer cette ville.

En 1657, le régiment de Bretagne est au siège de Montmédy, et se loge, le , sur la brèche de la demi-lune. Il marche ensuite à l'attaque de Saint-Venant, au secours d'Ardres et à aux prises de Mardyk et de La Mothe-aux-Bois.

En 1658, il sort d'Ardres, où il a passé l'hiver, pour aller au siège de Dunkerque. Le , à la bataille des Dunes, il soutient un combat particulier à l'aile droite. Il avait été placé tout à fait à l'extrémité de la ligne pour soutenir au besoin la cavalerie. Celle-ci ayant été chargée par les escadrons du prince de Condé, le régiment s'avance pour faire une décharge sur ces escadrons, mais le prince apercevant ce mouvement fait également avancer un régiment d'infanterie, et ces deux corps engagèrent entre eux une lutte qui se termina par la défaite du régiment espagnol.

Le régiment de Bretagne termina cette guerre par le siège d'Audenarde et demeura dans cette ville jusqu'à la ratification du traité des Pyrénées. En sortant d'Audenarde, il est placé à Péronne, d'où il ne bougea pas jusqu'en 1669 et se trouve réduit à deux compagnies après la mort d'Anne d'Autriche en 1666.

Guerre de Candie En 1669, les deux compagnies du « régiment de Bretagne » font partie, du secours envoyé aux Vénitiens dans l'île de Candie. À la sortie du 25 juin, pendant que d'autres corps attaquaient les Turcs de front, elles se précipitèrent sur la queue des tranchées, forcèrent les Turcs à les évacuer, bouleversèrent leurs travaux et étaient occupées à enclouer 30 grosses pièces de canon, quand l'explosion d'un magasin à poudre vint faire perdre le fruit de tant d'efforts. Le « régiment de Bretagne » est l'un des trois régiments qui restèrent jusqu'au bout à Candie. Il ne rentra à Toulon qu'au mois d'octobre, il était lors pratiquement détruit.

En 1670, le régiment est rétabli à quatre compagnies de 50 hommes, et, en 1671, il est à seize compagnies.

Guerre de Hollande Il passe la campagne de 1672 au camp de Courtrai avec le maréchal d'Humières.

En 1673, il est appelé au siège de Maastricht, et soutint le régiment du Roi durant l'assaut qui est livré contre l'ouvrage à cornes le . À la fin de cette année, le régiment suit Turenne sur le Rhin, et il hiverne à Trèves.

En , un détachement de 80 hommes, occupe le château de Weltsbillich. À l'ouverture de la campagne, le régiment rallie l'armée de Turenne et combat, le , à Sinsheim, le à Ensheim, où il prend quatre canons à l'ennemi.

Le , il se trouve à la bataille de Turckheim et il fait partie, au printemps, de l'armée du maréchal de Créqui, et contribue à la prise d'Huy. Il Revient ensuite à l'armée d'Allemagne, il était cantonné à Wilstedt pour la garde des magasins. Le , il met le feu à Wilstedt, pour rejoindre l'armée, et le lendemain, il combat à Altenheim. Il passa le reste de cette campagne sur la défensive, en Alsace, et contribue à faire lever les sièges d'Haguenau et de Saverne.