La langue des signes internationale (abrégée en LSI ou IS, pour International Sign, en anglais) est un mode de communication signé qui peut être utilisée par des Sourds (c'est-à-dire des locuteurs d'une langue des signes ayant une culture sourde), lorsqu'ils ne partagent aucune autre langue en commun.
Elle est distincte lexicalement de toutes les langues des signes nationales, régionales ou locales (LSF en France, ASL aux États-Unis et au Canada anglophone, LSQ au Québec et Canada francophone, BSL au Royaume-Uni). En effet, c'est un pidgin, c'est-à-dire qu'elle n'est la langue maternelle d'aucune communauté ethnique et n'est donc utilisée que comme langue seconde : c'est une langue véhiculaire simplifiée, servant systématiquement de moyen de communication entre des populations de langues des signes différents.
La LSI a commencé à être standardisée pour les congrès de la fédération mondiale des sourds à partir de 1976, après l'échec de son prédécesseur, le Gestuno. Son lexique est limité à moins de signes à la fin des années 2000, et intègre des éléments provenant principalement de la langue des signes américaine et d'une variété de différentes langues des signes, essentiellement européennes. Elle n'est pas nécessairement comprise par tous les locuteurs d'une langue des signes, même sourds ou CODA dont c'est la langue maternelle, en particulier pour ceux venant d'autres régions que l'Europe et l'Amérique du Nord. Elle n'est même pas considérée comme une langue à part entière par la plupart des spécialistes du sujet, mais comme un mode de communication signé simplifié, car selon les langues maternelles des locuteurs en présence, les signes utilisés sont trop variables et leur nombre trop limité.
Elle est utilisée principalement dans les conférences internationales sur la surdité et la culture sourde, et aux rassemblements tels que les Jeux olympiques des sourds.
Histoire Origines Le projet d'une langue des signes internationale émerge lors du premier congrès de la fédération mondiale des sourds (FMS) en 1951 : certains participants se plaignent alors que les différences entre les langues des signes ne permettent qu'une communication partielle, source d'incompréhension. ; de plus, financièrement, le coût de la traduction des intervenants en de nombreuses langues des signes différentes, par plusieurs interprètes, est un obstacle à l'organisation d'évènements internationaux..
Les délégués de différentes fédérations nationales de sourds participant à la Commission for the Unification of Signs, un programme de rédaction d'un dictionnaire des signes à l’intention des réunions internationales., aboutissent ainsi à la création d'un sociolecte, considéré le plus souvent comme un pidgin (une langue non maternelle créée par un mélange de langues maternelles).
Un premier lexique est publié en 1959, puis un second en 1971. Ils sont compilés en 1975 dans le livre Gestuno : Langage Gestuel International des Sourds, comportant signes de ce qu'on appelle alors le Gestuno.
Le Gestuno est alors utilisé lors du congrès de la FMS en 1976, mais sa compréhension s'avère trop limitée par les participants pour être utilisée. Les interprètes essayent alors d'improviser un mélange de signes de différentes langues, de manière plus naturelle, et la compréhension s'avère meilleure ; après quelques années, à la fin des années 1970, le Gestuno est abandonné.
Développement de la LSI C'est donc à partir de 1976 que la LSI à proprement parler commence à lentement se développer. Vers la fin des années 1980, elle permettait de transmettre un peu moins de la moitié des messages, selon l'interprète Bill Moody l'utilisant au congrès de la FMS en 1987, mais elle permet au début des années 2020 le double de pourcentage de communication. Cette évolution a été rendue possible par l'utilisation de plus en plus de signes en LSI ; leur nombre est évalué en 2007 à environ 2000 à 3000 selon une enquête menée auprès d'experts..
Une accréditation des interprètes en LSI a été mise en place par la FMS et l'Association mondiale des interprètes en langue des signes (WASLI) à partir de décembre 2015https://wfdeaf.org/wfd-wasli-international-sign-interpreter-accreditation-system/.
Lexique Les signes utilisés en LSI sont issus de différentes langues des signes, principalement de la langue des signes américaine (ASL), mais aussi d'autres langues des signes européennes.. Pour cette raison, certains la considèrent comme de la ..
Les signes propres à la LSI sont parfois appelés ( en anglais), car c'est lors des congrès de cette organisation internationale qu'ils ont été standardisés et commencé à être utilisés avec régularité.
Critiques des limites de la LSI
La LSI n'est pas considérée comme une langue à part entière par la plupart des spécialistes du sujet, car selon les langues maternelles des locuteurs en présence, les signes utilisés sont trop variables et leur nombre trop limité, en particulier pour les signes ..
La LSI est critiquée pour être trop peu universaliste, car trop centrée sur les langues des signes occidentales et monopolisée par les hommes occidentaux. De fait, en Afrique, l'ASL est plus souvent utilisée comme langue véhiculaire que la LSI, selon le kényan Richard Mativu.
En effet, le lexique le plus souvent utilisé étant majoritairement d'origine occidentale (américaine ou européenne), sa compréhension par des locuteurs de langues des signes d'autre origine, asiatique ou africaine en particulier, est très limitée pour ceux qui n'ont pas appris l'ASL en langue secondeB. Moody, International Sign: Language, pidgin or charades?, article présenté lors de la conférence Issues in Interpreting 2, à l'Université de Durham, en avril 1994 (cité en 2002 par McKee et Napier dans "Interpreting in International Sign Pidgin: an analysis").. De plus, au début des années 2020, la LSI est très peu enseignée en-dehors de l'Europe et l'Amérique du Nord ; en conséquence, selon l'interprète fidjien Krishneer Sen, on observe à cette époque que presque tous les interprètes et conférenciers en LSI n'ont pas une couleur de peau foncée.
De même, l'interprète Jemina Napier observe au début des années 2020 que, alors que près de 80% des interprètes en langues des signes sont des femmes dans le monde, le rapport s'inverse au niveau des interprètes en LSI, bénéficiant d'un statut social supérieur.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des langues des signes linguistique liste de langues langues par famille langues des signes
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