Les Inrockuptibles, familièrement appelé Les InrocksCette abréviation est reprise dans le nom du site officiel du magazine : lesinrocks.com., est un magazine français initialement consacré au rock et devenu ensuite culturel et politique (classé à gauche). Il apparaît en 1986 et est publié par Les Éditions indépendantes S.A., filiale du groupe Combat de Matthieu Pigasse.

Le siège des Inrockuptibles est actuellement situé au 10-12 rue Maurice-Grimaud dans le arrondissement de ParisJusqu'en 2018, le siège se trouve 24 de la rue Saint-Sabin, dans le de Paris..

Histoire Revue confidentielle Tout débute par une émission de rock diffusée tous les samedis soirs sur CVS Versailles à l'époque des radios libres au début des années 1980. Elle s'intitule « Les Inrockuptibles ». Le titre est un néologisme tiré du terme « les incorruptibles ». inventé par Jean-Marie Durand., qui permet de créer un mot-valise en insérant le mot « rock ». Au début de 1985, la bande composée du Versaillais Christian Fevret, du financier Arnaud Deverre et de Serge Kaganski décide de réfléchir à un projet de fanzine, prolongement papier de l'émission, car ils estiment que la presse rock institutionnelle (Best et Rock & Folk) n'accorde pas une place suffisante aux nouveaux groupes.. La radio a permis à Fevret de se constituer un solide réseau auprès des maisons de disques.

En 1986, Christian Fevret et Arnaud Deverre lancent donc un bimestriel rock, sous-titré « interviews & chroniques », dont la charte graphique et le traitement sont sobres, uniquement composés d'entretiens et de photos en noir et blanc, signées entre autres par Renaud Monfourny. Le premier numéro daté comporte Chris Isaak en couverture et est tiré à . Vendu au prix de 15 francs, il est distribué dans un réseau de boutiques branchées. Pour ses fondateurs, l'objectif consiste à aller à la rencontre de leurs héros (Leonard Cohen, David Bowie…) et de faire découvrir certains artistes d'une scène anglaise alors méconnue du grand public, tout particulièrement New Order (), Echo and the Bunnymen () et The Smiths (), ayant le sentiment que la presse française existante n'en parlait pas assez.

Durant la première phase de son existence, le magazine s'appuie sur un réseau de distribution parallèle - hors NMPP -, impliquant associations culturelles et disquaires. Sa distribution s'avère toutefois très confidentielle et le reste jusqu'au numéro 12 du magazine daté de l'été 1988 qui affiche The Jesus and Mary Chain en couverture. Dès le numéro suivant (octobre-), le nombre de pages augmente et les sujets se diversifient. Dès lors, le périodique traite non seulement de musique mais aussi de littérature et de cinéma. Le format papier évolue également : de à . Parmi les rubriques apparaissent pour la première fois des brèves (« popus »), des indiscrétions puis progressivement, des chroniques de une à deux pages, rédigées entre autres par Michka Assayas, Jean-Daniel Beauvallet, Christian Fevret, Emmanuel Tellier ou ultérieurement, Arnaud Viviant. Une page satirique (« Blah blah blah ») complète la formule, signée du pseudonyme J. Robinhood. La disponibilité en kiosque du magazine devient ensuite plus régulière. En 1988, le journal accueille ses premières journalistes féminines dans son équipe avec Anne-Claire Norot, puis Sophie Bonnet. , commente Serge Kaganski dans un éditorial consacré aux du journal.

À l'été 1989, Les Inrockuptibles quittent leur siège du de Paris pour s'implanter rue d'Alésia, dans le . La publication adopte une reliure à dos carré collé (numéro 17 — Chris Isaak en couverture).

Transition avant mutation Serge Kaganski raconte que le journal change radicalement au début des années 1990 : , raconte-t-il ainsi.

Fin 1991, une photo de Leos Carax avec son chien, tandis que vient de sortir Les amants du Pont-Neuf, est la première couverture cinéma du magazine. Suivent celles de Spike Lee, Maurice Pialat et Quentin Tarantino.

En , la parution devient mensuelle (numéro 34 — Ian McCulloch en couverture). La revue est alors reconnue pour la qualité de ses entretiens et la découverte de nouveaux artistes français totalement inconnus du grand public, tels que Dominique A ou Philippe Katerine. Elle s'ouvre progressivement aux autres disciplines artistiques.

Magazine hebdomadaire En 1995, la revue change une nouvelle fois de format et de style et adopte la périodicité hebdomadaire au moment où le concurrent Technikart se positionne sur un axe éditorial comparable. Le magazine se veut alors généraliste culturel, traitant de musique, cinéma, littérature, société, télévision, etc. Régulièrement, des compilations CD sont incluses au magazine (titres représentatifs de l'actualité musicale, extraits de romans, bandes-annonces de films à venir).

La rédaction souhaite porter un regard critique et objectif sur les musiques rock et les arts contemporains. Cette évolution s'effectue en 1995 sous l'impulsion de Christian Fevret, Jean-Daniel Beauvallet et Emmanuel Tellier pour la musique, alors que Serge Kaganski traite de cinéma. Sylvain Bourmeau intègre la rédaction en chef tandis que l'écrivain Marc Weitzmann rejoint le journal pour s'occuper de la littérature. Jean-Marie Durand crée une séquence Médias et Jean-Max Colard est chargé de l'actualité de l'art contemporain. Le magazine aborde l'art et les faits de société par un traitement éditorial ancré à gauche. À l'hiver 1997, le magazine relaie et accompagne un mouvement de contestation sociale initié par quelques cinéastes (Arnaud Desplechin, Pascale Ferran…), s'opposant à la politique d'immigration. En , le magazine participe à l'organisation de concerts de soutien au Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés), avec des artistes comme Fabe, Bertrand Cantat, Jeanne Balibar, etc.

En , Les Inrockuptibles publient le manifeste « Appel contre la guerre à l'intelligence » sous-titré « Face à la politique du gouvernement Raffarin, enseignants, magistrats, chercheurs, artistes, avocats, psychanalystes, étudiants, etc., se mobilisent »La provoc version Inrocks, David Bensoussan, L'Express, 24 mai 2004.. La pétition est signée par plusieurs milliers de personnes et le journal publie ensuite de nombreux témoignages de personnalités et d'anonymes..

Dans le courant des années 2000, plusieurs nouvelles signatures rejoignent le journal : Jean-Marc Lalanne - engagé comme rédacteur en chef en 2003, Joseph Ghosn et Pierre Siankowski - rédacteurs en chef adjoints à partir de 2006, Nelly Kaprièlian - qui prend la tête des pages « livres », Olivier Nicklaus - qui crée les pages « style », Olivier Joyard - qui crée les pages « séries », Géraldine Sarratia, Thomas Burgel, Johanna Seban, Fabienne Arvers, etc. D'autres quittent le magazine. On note ainsi le départ d'Emmanuel Tellier devenu rédacteur en chef de Télérama. Gilles Tordjman, Arnaud Viviant et Marc Weitzmann se séparent du journal. Sylvain Bourmeau et Jade Lindgaard rejoignent Mediapart.

Le , le magazine inaugure une nouvelle formule qui se veut plus vivante. Un nouveau sous-titre « Le news culturel » remplace l'ancien « Culture, télé, société », le jour de parution passe du mardi au mercrediLes Inrocks : nouvelle formule, nouveau jour de parution, Ozap, .. Les deux premières couvertures de cette nouvelle formule sont consacrées à la crise du contrat première embauche (CPE), qui fait alors rage en France.

Rachat par Matthieu Pigasse et nouvelle formule En , le banquier d'affaires et vice-président Europe de la Banque Lazard Matthieu Pigasse rachète le magazine..

En , Frédéric Allary, directeur général depuis 2000, quitte la sociétéTempête aux Inrocks, Marc Zisman, Qobuz, 16 mars 2010.. Le , son fondateur Christian Fevret quitte à son tourLes Inrockuptibles. Il déclare. : .

Le , Les Inrockuptibles lancent une formule sensiblement nouvelleNouvelle formule pour Les Inrockuptibles, Delphine Denuit, Le Figaro, 14 septembre 2010. sous l'impulsion de Bernard Zekri, qui quitte la chaîne i-Télé dont il dirige la rédaction, à cause de mauvais résultats d'audience.. La conception de la maquette est confiée à Étienne Robial, créateur de l'identité graphique de Canal +.. L'ambition consiste à transformer la revue en un hebdomadaire politique, social et culturel véhiculant « l'esprit rock ». Ainsi, le magazine tente d'élargir son lectorat en s'extirpant de la niche rock, cinémas et littérature qui a pourtant toujours fait son succès et sa notoriété. La nouvelle stratégie repose sur un constat selon lequel les trentenaires ne liraient plus les magazines d'actualité hebdomadaires traditionnels (Le Point, Le Nouvel Observateur, etc.), ce qui représenterait une opportunité commerciale. Pour répondre à cette mutation, la rédaction dirigée par Bernard Zekri s'étoffe de nouveaux journalistes et collabore notamment avec Arnaud Aubron de Rue89. Un cahier de huit pages consacré à l'actualité politique, intitulé Tout nu, est créé - mais il disparait en l'état au bout d'une année. D'autres nouvelles rubriques sont plus pérennes, comme le Billet dur de Christophe Conte, portrait satirique d'une personnalité choisie dans l'actualité de la semaine.

En , à la suite du départ de David Kessler, nommé conseiller chargé de la culture auprès du président de la République française, et compte tenu des résultats mitigés de la nouvelle formule, le propriétaire Matthieu Pigasse nomme Audrey Pulvar comme directrice générale chargée de l'éditorial et Arnaud Aubron comme directeur général chargé du développement de la marque sur les nouveaux supports et hors-médias.. La nomination d'Audrey Pulvar, alors compagne du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, pose la question de l'indépendance de la rédaction du magazine. À la suite de cette nomination, l'éditorialiste Thomas Legrand décide de quitter le magazine en considérant qu'il n'est pas possible de travailler de manière indépendante dans ces conditions.. Au même moment, la journaliste politique Hélène Fontanaud quitte le titre avant d'être nommé responsable du service de presse du Parti socialiste.. Au début du mois de septembre, Marc Beaugé, rédacteur en chef chargé de l'actualité, démissionne à son tour du magazine, pour rejoindre le groupe So Press, jugeant Audrey Pulvar ., suivi de Bernard Zekri. Pierre Siankowski, déjà chargé du site Inrocks.com depuis le départ d'Arnaud Aubron, succède à Marc Beaugé à cette fonction.

En 2012, le journal est à nouveau déficitaire après deux exercices dans le rouge (3 millions d'euros de pertes en 2011). Malgré sa nouvelle formule « newsmagazine » initiée en 2010, Les Inrocks voit sa diffusion fondre de plus de 7 % sur l'exercice 2011-2012 rapporte Presse News..

Audrey Pulvar démissionne le vendredi .. Le , Frédéric Bonnaud est nommé directeur de la rédaction.. Les relations difficiles d'Audrey Pulvar en interne expliqueraient également sa mise à l'écart. En 2013, Les Inrocks ont connu des pertes de d'euros selon l'AFP..

Le , à la suite du départ de Pierre Siankowski pour l'émission Le Grand Journal de Canal +, Géraldine Sarratia est nommée rédactrice en chef, chargée des actualités du magazine. Par ailleurs, Anne Laffeter est nommée rédactrice en chef adjointe, chargée des actualités du magazine, tandis que David Doucet devient rédacteur en chef web.

En 2015, la chute des ventes conjuguée à celle des revenus publicitaires a empêché le retour à l'équilibre de sa société éditrice., Les Editions indépendantes. Selon Presse News, les pertes se creusent et le titre affiche des revenus en baisse ( de chiffre d'affaires en 2014) et double ses pertes par rapport à 2014, de l'ordre de . À partir du mois de , le journal fait face à l'arrivée d'un concurrent sur son périmètre culturel et branché avec Society qui cible comme Les Inrocks, un lectorat jeune, urbain et CSP..