vignette|Iceberg dans un parc au Groenland.

Un () est une grande masse de glace flottant dans la mer et mesurant plus de 15 mètres de long.

Le terme provient de l'anglais, où il a été emprunté du néerlandais , littéralement « montagne de glace », de « glace » et « montagne »...

Formation Un tel morceau de glace d'eau douce s'est détaché d'un glacier ou d'un inlandsis et dérive librement dans les eaux libres (salées). Les morceaux de glace flottants plus petits provenant de glaciers sont appelés « morceaux de glaciers ». Le détachement du glacier s'appelle le vêlage..

En raison de la densité plus faible de la glace par rapport à l'eau, les icebergs dérivent dans la mer sans couler. Une partie importante d'un iceberg reste cachée sous la surface de l'eau, ce qui a donné naissance à l'expression « la pointe de l'iceberg ». Les icebergs sont considérés comme une menace sérieuse pour la navigation : après le naufrage du Titanic en 1912 à cause d'un iceberg, la patrouille internationale des glaces a été créée.

Caractéristiques physiques

Différents types d'icebergs La taille et la forme des icebergs varient considérablement. Les icebergs qui se détachent des glaciers du Groenland ont souvent une forme irrégulière, tandis que les plateaux de glace de l'Antarctique produisent souvent de grands icebergs plats (ressemblant à des tables : icebergs tabulaires).

Records Le dernier plus grand iceberg documenté de l'histoire, appelé B-15, est estimé en 2000 à près de 300 kilomètres sur 40. Il se disloque en plusieurs morceaux en 2003, faisant de l'iceberg antarctique A23a le plus grand du monde avec une superficie de et une masse estimée à milliards de tonnes... En 2024, l’A23a entre dans le courant circumpolaire antarctique et reste au nord des îles Orcades du Sud.. Fin 2024, il reprend sa course vers le nord..

Le plus grand iceberg jamais répertorié était un iceberg tabulaire antarctique de 335 par 97 kilomètres, observé par l'USS Glacier le à environ à l'ouest de l'île Scott dans le Pacifique Sud. Cet iceberg était plus grand que la Belgique.

Icebergs tabulaires Les icebergs tabulaires se forment lorsque les glaciers des côtes s'avancent loin dans la mer et que de grandes plaques de glace flottent sur l'eau, toujours reliées au glacier. Ces plaques de glace de plateau peuvent avoir une épaisseur de . Les plus grandes surfaces de glace de plateau se trouvent dans l'Arctique, le long des côtes du Groenland et de l'Alaska. Lorsque de grandes parties de la calotte glaciaire se détachent, elles dérivent dans l'océan polaire sous forme d'icebergs tabulaires.

Il existe également des glaces qui gèlent à partir de l'eau de mer, comme la banquise : l'eau salée gèle d'abord pour former des blocs de glace, qui sont ensuite poussés ensemble pour former une couche de glace continue.

Poussée d'Archimède La flottabilité de l'iceberg s'explique par la poussée d'Archimède. La poussée d'Archimède est la force particulière que subit un corps plongé en tout ou en partie dans un fluide (liquide ou gaz) soumis à un champ de gravité. Cette force provient de l'augmentation de la pression du fluide avec la profondeur (effet de la gravité sur le fluide, voir l'article hydrostatique) : la pression étant plus forte sur la partie inférieure d'un objet immergé que sur sa partie supérieure, il en résulte une poussée globalement verticale orientée vers le haut. C'est à partir de cette poussée qu'on définit la flottabilité d'un corps.

Considérons un solide de volume V et de masse volumique ρ flottant à la surface d'un liquide de masse volumique ρ. Si le solide flotte, c'est que son poids est équilibré par la poussée d'Archimède : F = F.

La poussée d'Archimède étant égale (en norme) au poids du volume de liquide déplacé (équivalent au volume V immergé), on peut écrire : ρV g = ρV g.

Le volume immergé vaut donc V = ( ρ / ρ ) V.

Si le solide flotte, V > V et il s'ensuit que ρ < ρ.

Dans le cas de l'iceberg, considérons un morceau de glace pure à flottant dans de l'eau de mer. Soient (masse volumique ρ de la glace) et (la masse volumique ρ de l'eau salée ; on aurait pour de l'eau pure à ). Le rapport ρ / ρ (c'est-à-dire la densité relative) est de 0,895, si bien que le volume immergé V représente près de 90 % du volume total V de l'iceberg.

Classification Les icebergs sont classés en fonction de leurs taille et forme. La classification suivante est utilisée par lInternational Ice Patrol..

Taille thumb|Bourguignon (). thumb|Gros icebergs (jusqu'à de haut) dérivant vers la mer depuis Isfjord, baie de Disko, à l'ouest du Groenland. thumb|Sarrasins () dans le canal Lemaire (Antarctique). Dénomination Hauteur émergée Surfacede flottaison Longueur Masse Bourguignon. () < < < < Fragment d'iceberg () à 20 à 5 à à Petit iceberg () à > 15 à à Iceberg moyen () à - 60 à 180 kt à Gros iceberg () à - 120 à > Très gros iceberg () > - >

Lorsqu'un iceberg se détache d'un ice-shelf ou d'un glacier, il est toujours accompagné d'une multitude de fragments (hauteur émergée < ) appelés « sarrasins » ou en anglais.

Forme vignette|Forme d'Iceberg, qualifiée non officiellement de sculpture. Janvier 2018. Cette classification se fonde sur la forme de la partie visible de l'icebergForme d'iceberg, Service canadien des glaces, màj le 19 mars 2003, (page consultée le 5 février 2009). : iceberg tabulaire (tabular) est un iceberg de forme plate, avec une longueur supérieure à 5 fois sa hauteur. Les tabulaires sont caractéristiques de la zone Antarctique et de ses nombreuses barrières de glace ; iceberg trapu (blocky) : iceberg présentant un dessus plat et des flancs verticaux abrupts, avec une longueur comprise entre 3 et 5 fois sa hauteur ; iceberg biseauté (wedge) : iceberg vertical et abrupt d'un côté, et en faible pente de l'autre ; iceberg érodé (drydock) : pente douce et surface irrégulière due à une forte érosion ; iceberg pointu (pinnacled) : une ou plusieurs pointes de très grande hauteur au-dessus de l'eau en regard de la masse de l'iceberg ; iceberg en dôme (dome) : surface douce et arrondie, typique d'un iceberg qui a récemment basculé.

Couleurs thumb|Un iceberg tabulaire de couleur aux nuances bleues. Certains icebergs présentent des zébrures de teinte foncée correspondant à une formation géologique : ce sont de très anciens bancs de cendre volcanique ou des inclusions de moraines.

Les différentes nuances de bleu que présente la glace des icebergs sont en relation avec son ancienneté.

Parfois, les icebergs présentent des zones de colorations rouges, orangées ou vertes qui sont dues à la présence de différentes sortes d'algues, les diatomées (Bacillariophyta). vignette|Un iceberg de nuit en Antarctique. Janvier 2011. Formation et évolution Vêlage : les icebergs résultent généralement de la fragmentation d'une masse de glace débouchant sur la mer (front de glacier, glace de barrière...). Cette fragmentation, appelée « vêlage », produit une masse de glace flottante pouvant alors dériver vers le large.

Très souvent, en raison de la taille de leur partie immergée, les icebergs s'échouent temporairement sur le fond qu'ils peuvent racler en y laissant leur empreinte ou divers dépôts, puis reprennent leur errance, parfois des années plus tard. Ces traces, bien étudiées dans une partie de l'hémisphère nordBond GC & Lotti, R (1995) Iceberg discharges into the North Atlantic on millennial timescales during the last glaciation. Science 267, 1005–1010. sont des informations intéressantes pour la paléoclimatologie. Ces dépôts peuvent être importants au points de créer de nouveaux écosystèmes. gauche|vignette|Iceberg B-09B entrant en collision avec la langue du glacier Mertz entraînant le vêlage d'un iceberg. Février 2010. Collision : dans certains cas, le vêlage peut être provoqué par la collision d'un iceberg avec une langue glaciaire. Cela a été le cas en lorsque l'iceberg B-09B (de x ) a percuté la langue du glacier Mertz () et en a détaché un iceberg. (de x ), soit une superficie de (plus étendu que le grand duché du Luxembourg).

Tsunamis : ce sont d'autres causes possibles ; à titre d'exemple, les vagues du tsunami provoqué par le séisme de magnitude 9 au Japon le sont arrivées plus tard très amorties en Antarctique.. De petites vagues de et les nombreuses ondes de réfractions causées par les côtes du Pacifique ont libéré deux nouveaux icebergs géants ( au total) et de nombreux fragments de la plateforme de Sulzberger () en mer de Ross.

Montée du niveau de la mer et réchauffement climatique : Dans le passé, avec des cycles de 6000 à 7000 ans correspondant à des hausses du niveau de la mer, une grande quantité de glace a quitté le pôle Nord, dont des icebergs emportant des roches prélevées au socle sous-jacent. Ces roches ont parfois été relâchées beaucoup plus au sud, et sont retrouvées dans les sédiments marinsJohn Chappell, Sea level changes forced ice breakouts in the Last Glacial cycle: new results from coral terraces ; Quaternary Science Reviews Volume 21, Issue 10, May 2002, Pages 1229-1240 Decadal-to-Millennial-Scale Climate Variability doi:10.1016/S0277-3791(01)00141-X (Résumé).. Ces événements sont dits « événements de Heinrich », du nom du géologue qui les a expliqués.

Le rôle des glaces antarctiques semblait moins important et est resté longtemps mal compris. Il est éclairé depuis 1979 par un suivi satellitaire qui n'a d'abord pas montré de diminution totale de surface (au contraire durant plusieurs décennies), alors que la calotte arctique diminuait régulièrementvoir , site de l'équipe de recherche sur l'Arctique de l'université de l'Illinois, et en particulier .. Des zones d'amincissement ont ensuite été observées ainsi que des fragmentations (ex : de la banquise Larsen B qui se sont brisés en morceaux en , après apparition de crevasses en 1987 alors que cette banquise était considérée comme stable depuis ans.). En 2009, c'est la plaque Wilkins, qui couvrait antérieurement qui s'est également détachéefutura-sciences : images : La plaque Wilkins s'est séparée de la péninsule antarctique.. La superficie de la banquise entourant le continent antarctique augmente plutôt depuis trente ans. Les scientifiques s'interrogent sur les raisons de l'extension de ces glaces antarctiques. Parmi les explications proposées, selon une étude néerlandaise, la fonte des glaces qui recouvrent le continent pourrait être à l'origine de cette extensionEn Antarctique, le réchauffement provoque une extension de la banquise, Le Monde.fr, 31 mars 2013. probablement parce que l'eau de fonte provoquerait un refroidissement de l'eau de surface favorisant la formation de glace de mer.

Une étude de la NASA et de l'Université de Californie à Irvine publiée en mai 2014 dans les revues Science et Geophysical Research Letters conclut cependant qu'une partie de l'inlandsis Ouest-Antarctique fond rapidement, et semble être en déclin irréversible, ; 40 ans d'observation du comportement des six plus grands glaciers de cette région de la mer d'Amundsen dans l'Antarctique occidental : Pine Island, Thwaites, Haynes, Smith, Pope et Kohler indiquent que ces glaciers « ont passé le point de non-retour » ; ils contribuent déjà de façon significative à l'élévation du niveau des mers, relâchant annuellement presque autant de glace dans l'océan que l'inlandsis du Groenland entier ; ils contiennent assez de glace pour élever le niveau général des océans de () et fondent plus vite qu'attendu par la plupart des scientifiques ; pour l'auteur principal (Eric Rignot), ces découvertes impliquent une révision à la hausse des prévisions actuelles d'élévation du niveau marin West Antarctic Glacier Loss Appears Unstoppable, site du Jet Propulsion Laboratory consulté le 23 mai 2014..