La base aérienne 112 Reims-Champagne est une ancienne base aérienne majeure de l'Armée de l'air française, située au nord de Reims, dans le département de la Marne, en France. Elle a été dissoute le . La station météorologique de Reims-Prunay (environ de la cathédrale), située au sud-est de Reims à l'aérodrome de Prunay, est celle qui remplace la station de Reims-Courcy (environ de la cathédrale), située au nord de Reims près des pistes de la base 112, qui n'envoie plus aucune donnée depuis fin Station Météo Reims-champagne (51) Info climat.fr 4 juin 2012.
Présentation La base aérienne de Reims, héritière de la longue et très riche tradition aéronautique de Reims, figurait parmi les plus importantes plates-formes aéronautiques dont disposait l'Armée de l'air. Une place à part justifiée, notamment, par la spécificité de la mission principale confiée aux deux unités aériennes qui y étaient basées au moment où fut décidée sa fermeture : la reconnaissance aérienne tactique.
Située à quelques kilomètres au nord de l’agglomération rémoise, la base aérienne 112 s’étendait sur une superficie de 542 hectares qui, enserrés dans près de quatorze kilomètres de clôtures, se répartissaient entre les communes de Bétheny, de Courcy et de Brimont. Orientée est-ouest, sa piste, au « format OTAN », avait une longueur avoisinant les mètres qui permettaient à la base aérienne d’accueillir une très grande variété d’appareils.
De la base aérienne 112 dépendaient une dizaine de sites dits « points isolés rattachés », notamment, à Reims même, le bureau armée de l’air information (alors installé à l'angle du boulevard Pasteur et de la rue de Sillery) et le détachement militaire de coordination œuvrant au sein du centre en route de la navigation aérienne (zone Farman). Hors de Reims, dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de la base aérienne, la station de communication de Perthes, la section champ de tir air-sol de Suippes-Sommepy, le site de l'ancien dépôt de munitions de Nogent-l'Abbesse (site mis en sommeil), l’ancienne base aérienne de l'OTAN de Vouziers-Séchault où sont évaluées des unités spécialisées dans la neutralisation des explosifs et les compagnies du Génie de l’air, ainsi que les anciennes bases aériennes de l'OTAN aujourd’hui désaffectées de Montmédy-Marville et de Marigny, relevaient également de la BA 112.
Troisième employeur de l'agglomération rémoise après le centre hospitalier universitaire et les services municipaux, elle employait environ mille quatre cents militaires – qui se répartissaient en officiers, sous-officiers et militaires du rang – et un peu moins d'une centaine de personnels civils relevant principalement du ministère de la Défense. Acteur majeur du développement économique local, son impact économique global annuel était évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros.
La plate-forme aéronautique de Reims abritait depuis 1994 les escadrons de reconnaissance 01.033 « Belfort » (unité dissoute le ) et 02/33 « Savoie », escadrons qui relevaient du commandement des forces aériennes (CFA) ; l'escadron de soutien technique aéronautique 2E.033, chargé de l'entretien et de la maintenance périodique des avions de la base aérienne et dissous en même temps que la base aérienne, dépendait quant à lui du commandement du soutien des forces aériennes (CSFA). Totalisant une quarantaine d'aéronefs, ces deux escadrons étaient équipés de Mirage F1, appareil dont la première version est entrée en service en 1973 dans l’Armée de l’air. Une vingtaine de Mirage F1CR, avions de reconnaissance tactique et d'assaut conventionnel, équipaient chacun des deux escadrons de reconnaissance 01.033 « Belfort » et 02.033 « Savoie ».
La mission principale confiée à la BA 112 était d’assurer le soutien des escadrons et unités stationnés sur sa plate-forme. La reconnaissance aérienne était ainsi la principale mission opérationnelle qui incombait à la base aérienne, qui jouait ainsi un rôle de première importance dans l’exécution des missions confiées à l’Armée de l'air, notamment dans les domaines de la prévention des crises, de la projection de forces et de la protection. D’autres missions, ponctuelles ou s’inscrivant dans la durée, s’ajoutaient à celle-ci et permettaient à l’État de faire face, en recourant aux moyens et aux savoir-faire des forces armées, à des situations auxquelles les services publics ne savent répondre seuls. Et c’est ainsi que la BA 112 intervenait dans des domaines aussi variés que la lutte contre le terrorisme par la constitution de détachements déployés dans le cadre du plan Vigipirate, le soutien logistique au don d’organes par sa capacité à réactiver sa piste à tout moment au profit d’une équipe médicale de l'Établissement français des greffes dépêchée à Reims pour y effectuer un prélèvement, l’aide aux populations sinistrées dans des situations exceptionnelles de crise telles que la tempête de décembre 1999 ou les inondations de 2001 dans la Somme.
L’activité de la base aérienne 112 était en outre marquée par une très importante activité relationnelle. Son commandant, par ailleurs commandant d’armes de la place de Reims, participait à de nombreuses cérémonies militaires organisées localement tandis que la base aérienne, soucieuse de développer les liens unissant les armées à la nation, conduisait un certain nombre d’actions à destination du public, parmi lesquelles l’organisation de visites de ses installations, la participation à des événements culturels tels que l’opération « Lire en Fête » ou les Journées européennes du Patrimoine (par l'intermédiaire du Musée de la Base aérienne 112 et de l'Aéronautique locale) et l’organisation d’un important forum emploi.
Histoire Le terrain a été le lieu de manœuvres militaires avec le tsar Nicolas II comme invité d'honneur en 1901. vignette|Nicolas II à Reims en 1901 . Première réunion internationale d'aviation La base aérienne 112 était implantée sur le terrain qui, du 22 au , accueillit la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne, le premier meeting international d'aviation auquel assistèrent un million de spectateurs. Elle était aussi l'héritière des essais de ballons, de cerfs volants et d'escadrilles qui y étaient stationnées lors de la Première Guerre mondiale telle l'Escadrille des Cigognes qui déménagèrent à Courville lors de la prise de Reims, les bâtiments furent détruits lors des bombardements.
Premier concours militaire Après avoir assisté à la Grande Semaine d’Aviation de la Champagne le général Roques qui avait déjà fait acheter des avions pour les manœuvres militaires qui avaient lieu, décida d'un concours pour que l'Armée achète des appareils qui répondent à des spécificités adaptées et choisies par les militaires . En il faisait publier un règlement … ouvert entre les constructeurs établis en France et préalablement autorisé par le Ministère de la Guerre en vue de l'achat d'une vingtaine d'appareils. En outre le règlement spécifiait que l'appareil devait être construit, moteur compris en France, être capable de fournir un parcours en circuit fermé et sans escale de trois cents kilomètres, … un poids utile de trois cents kilogrammes...être munis de trois sièges...une vitesse moyenne propre de 60 km/h...être d'un transport facile, emballé ou non, par route ou par voie ferrée, pouvoir être rapidement remis en service sans réglage minutieux...
La commission d'examen était fixée au et trente deux constructeurs avaient demandé leur agrément, quarante furent retenus et se présentèrent quinze constructeurs sur le terrain de Bétheny. Le concours prévoyait trois vols à pleine charge de trois cents kilomètres avec retour démonté. Un vol aller retour à pleine charge et avec la vitesse moyenne de ; deux vols, à pleine charge et avec une altitude de tenue pendant quinze minutes.
Le gagnant recevra la somme de , donnera son avion et aura une commande de dix avions. Le second recevra la somme de , donnera son avion et aura une commande de six avions. Le troisième recevra la somme de , donnera son avion et aura une commande de quatre avions. Les concurrents furent : vignette|Bâtiments de la base de Reims-Bétheny en 1911. Breguet piloté par Moineau avec un moteur Gnome de 100 ch,
Breguet piloté par Montalent avec un moteur Dansette de 100 ch, Farman piloté par Bara avec un moteur Renault de 70 ch, Voisin piloté par Jean-Benoist avec un moteur Renault de 75 ch, Farman piloté par Renaux avec un moteur Renault de 70 ch, Coanda piloté par Bouthemy avec un moteur Gnome de 70 ch, Breguet piloté par Breguet avec un moteur Gnome de 140 ch, Goupy piloté par Bouvier avec un moteur Gnome de 100 ch, Goupy piloté par Ladougne avec un moteur Chenu de 80 ch, vignette|Retour d'un avion Farman par la route lors du concours militaire de 1911 . Antoinette piloté par Latham avec un moteur Antoinette de 60 ch, Breguet piloté par Martir avec un moteur Salmson de 120 ch, Blériot piloté par Leblanc avec un moteur Gnome de 140 ch, Voisin piloté par Collier avec un moteur Gnome de 140 ch, Astra triplan piloté par Goffin avec un moteur Renault de 75 ch, Breguet piloté par Debussy avec un moteur Chenu de 80 ch, Paulhan triplan piloté par Paulhan avec un moteur Renault de 75 ch, Farman piloté par Bill avec un moteur Gnome de 70 ch, Farman piloté par Fischer avec un moteur Gnome de 100 ch, Farman piloté par Lerridam avec un moteur Renault de 70 ch, Breguet piloté par Bregi avec un moteur Salmson de 85 ch, Savary piloté par Level avec un moteur Labor de 70 ch, Blériot piloté par Beaumont avec un moteur Gnome de 100 ch, Morane piloté par Jules Vedrines avec un moteur Gnome de 100 ch, Hanriot piloté par Dubreuil avec un moteur Clerget de 100 ch, Deperdussin piloté par Vidart avec un moteur Gnome de 100 ch, Deperdussin piloté par émile Aubrun avec un moteur Clerget de 100 ch, Deperdussin piloté par Prevost avec un moteur Anzani de 80 ch, Astra biplan piloté par Labouret avec un moteur Chenu de 70 ch, Astra Wright piloté par Gaubert avec un moteur Renault de 60 ch, Voisin biplan piloté par Mahieu avec un moteur Gnome de 100 ch, Nieuport triplan piloté par Weymann avec un moteur Gnome de 100 ch.
Les gagnants furent: Nieuport triplan piloté par Charles Weymann avec un moteur Gnome à , Breguet piloté par Moineau avec un moteur Gnome à , Deperdussin piloté par Maurice Prévost avec un moteur Anzani à , Breguet piloté par Bregi avec un moteur Salmson à , Farman piloté par Fischer avec un moteur Gnome à , Farman piloté par Bara avec un moteur Renault à , Farman piloté par Renaux avec un moteur Renault à , Savary piloté par Joseph Frantz avec un moteur Labor à .
Première Guerre mondiale Le front, stabilisé au nord de Reims à l'automne 1914, traverse le site qui sera occupé, quatorze années plus tard, par la future base aérienne 112. La plaine de Bétheny se creuse de tranchées.
Le , jour du lancement de la bataille du Chemin des Dames, le site est l'objet d'une tentative de reconquête. En ce qui concerne cette portion du front située à l'est du pont de chemin de fer construit pour enjamber la route filant de Reims à Neufchâtel-sur-Aisne, l'offensive est conduite, en direction du nord et des tranchées adverses, par les et compagnies du régiment d'infanterie. Quarante-huit heures après le déclenchement de l'offensive, il ne restait plus que 50 hommes sur les 150 initialement engagés.
Ouverture La base aérienne 112 entre officiellement en service le , jour où les Breguet 19 du d’aviation de bombardement de jour se posèrent à Reims en provenance du terrain de Lachen-Speyerdorf en Allemagne (Rhénanie-Palatinat). Trois années de travaux ont été nécessaires pour remettre en état le terrain ravagé par la guerre, aménager une plate-forme gazonnée et construire le casernement – bientôt dénommé « caserne Roisin » – et les hangars.