Vers l'Espagne de Franco est un essai du journaliste et homme politique français d'extrême droite Charles Maurras publié en , légalement et donc avec l'accord de l'occupant nazi. L'auteur prend parti pour le camp nationaliste antirépublicain durant la guerre civile espagnole de 1936 à 1939 tout en critiquant la politique du Front populaire qui gouverne la France de à .
Présentation
Contexte Charles Maurras met L'Action française au service de la cause franquiste, persuadé que les communistes espagnols menaceraient la France. En 1936, il préface le livre Pourquoi Franco vaincra de Pierre Héricourt.
L'ouvrage était prêt à paraître en mais sa publication est reportée du fait de la défaite de la France face à l'Allemagne nazie. Il est finalement publié en . La publication de l'ouvrage est probablement inspirée par le Catalan Joan Estelrich i Artigues, initiateur du Comité intellectuel d’amitié entre la France et l'Espagne et du Manifeste aux intellectuels espagnols de .
Des intellectuels de droite et de gauche se déplacent en Espagne durant le conflit pour s’informer. Henri Massis, Robert Brasillach, Jérôme et Jean Tharaud rencontrent des personnalités franquistes tandis qu'Élie Faure, Jean-Richard Bloch et Jean Cassou entrent en relation avec des figures du camp républicain. Du côté antifasciste, des intellectuels comme André Malraux, Louis Aragon, Tristan Tzara, Julien Benda ou André Chamson participent au second Congrès pour la défense de la culture organisé à Valence, Madrid et Barcelone du 4 au .
Voyage de Maurras en Espagne vignette|279x279px|Voyage de Charles Maurras, Maxime Real del Sarte, Pierre Héricourt et Georges Massot en Espagne franquiste le 4 mai 1938 avec Ramón Serrano Súñer, ministre de l'Intérieur, le Conde de Mayalde José Finat y Escriva de Romaní, homme de confiance de Franco, Pedro González Bueno y Bocos, ministre de l'organisation et de l'action sociale. Le livre s'attarde sur le voyage du 3 au de Charles Maurras, Maxime Real del Sarte, Pierre Héricourt et Georges Massot en territoire franquiste pendant la guerre civile espagnole. Maurras est reçu avec les honneurs rendus à un chef d'État, présenté par le camp national comme « l’ambassadeur de la France authentique ». Au cours du voyage, Maurras présente sa vision d'une union latine ayant le catholicisme comme fondement spirituel devant l'armée espagnole.
Le , Charles Maurras et ses compagnons sont reçus à la frontière franco-espagnole par d'importantes personnalités de l'armée nationale, ainsi que par une délégation de monarchistes appartenant à l'Acción Española. Les invités assistent ensuite à une réception de bienvenue à Saint-Sébastien. Le lendemain, ils partent pour Burgos alors capitale de l'Espagne nationale. La matinée est consacrée à une visite de la cathédrale Sainte-Marie et au monastère de Las Huelgas accompagnés de Serrano Suñer, beau-frère de Franco. Ils se rendent ensuite au quartier général de Franco où les attend le . Vers 12h30, Franco reçoit les émissaires nationalistes français et sert chaleureusement la main de Maurras en le remerciant de son soutien aux d'Espagne. Ils parlent des problèmes espagnols, de politique générale et des problèmes sociaux. À la fin de l'entrevue, Franco s'écrit ce à quoi répondent les Français . Maurras est élu membre correspondant de l'Académie royale espagnole.
L'étape suivante du voyage est Saragosse où Maurras est déclaré « hôte d’honneur ». Maurras visite la basilique de la ville et embrasse les pieds de la Vierge du Pilier. Les voyageurs vont ensuite sur le front d'Aragon à Balaguer, où ils rencontrent le général Moscardó. Maxime Real del Sarte s'exprime à la radio. D'après Laura Blasco de la Llave, cette visite a servi . vignette|275x275px|À Balaguer, le général Moscardó et ses invités assistent au défilé des troupes le 5 mai 1938.
Analyse Maurras se félicite du fait que son journal ait « rempli un devoir difficile » durant la guerre d'EspagneCharles Maurras, Vers l’Espagne de Franco, Paris, Éditions du Livre moderne, 1943, .. Il évoque les martyrs de la guerre d'Espagne en comparant les républicains espagnols à et son admiration pour Franco. Laura Blasco de la Llave estime qu'il s'agit d'un .
Réception La presse pétainiste (la seule autorisée par l'occupant nazi), dont Gringoire, critique favorablement l'ouvrage dès sa sortie. L'helléniste Mario Meunier encense allègrement l'ouvrage dans le Journal des débats politiques et littéraires. La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz affirme que l'auteur .
Notes et références
Bibliographie : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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