L’économie du Japon traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle du Japon.
En 2023, le Japon est la économique mondiale, avec un produit intérieur brut (PIB) de , derrière les États-Unis, la Chine et l'Allemagne. En 2017, la valeur de son PIB est de de dollars, ce qui classe le Japon en ou en si l'Union européenne est prise en compte. Dans une projection pour 2026, l'IMF estime son PIB en parité de pouvoir d'achat (PPA) par habitant à , soit le plus élevé au monde.
L'économie japonaise est principalement une économie de services avec toutefois une industrie toujours bien présente : le secteur tertiaire occupe plus des deux tiers (70,9 %) de la population active et assure environ les trois quarts (69,3 %) de son PIB, tandis que le secteur primaire (agriculture, pêche) ne représente plus que 2,9 % des actifs pour 1 % de la production de richesse nationale ; quant au secteur secondaire (essentiellement l’industrie) il représente 26,2 % des emplois occupés pour presque un tiers des richesses produites par le pays (29,7 %) (estimations de 2017).
Le Japon fait état d'une importante dette publique, ainsi cette dernière s’élève en 2017 à 223 % du PIB, soit le plus grand ratio du monde. En 2016, le Japon est pour le montant de ses exportations (après la Chine, l'Allemagne et les États-Unis) Classement des pays par la valeur de leurs exportations, The World Factbook, 2009. et le pour ses importations (derrière les États-Unis, la Chine, l'Allemagne et le Royaume-Uni).. Le taux de chômage est le plus bas du G20 et même l'un des plus bas au monde, ainsi il s’établissait en 2017 à 2,9 % soit proche du plein emploi.. Le taux d'emploi (75,3 % en 2017), est l'un des plus forts de l'OCDE (le ). Il est toutefois fortement déséquilibré entre les hommes (83 % en 2017) et les femmes (67,5 %), bien que pour celles-ci, le taux d'emploi augmente ces dernières années..
Histoire Préhistoire et Antiquité vignette|gauche|Poterie de la période Jōmon, entre -10 000 et -8 000.
La fabrication de poteries apparaît durant la période Jōmon (-). Cela implique que les populations jōmon furent sédentaires. Ces productions fragiles ne s'accommodent pas, en effet, de la vie essentiellement mobile de chasseurs-cueilleurs, toujours en mouvement. Cependant, ils ne connaissent pas l'agriculture, chassent avec des armes rudimentaires, leurs objets sont en os et ils sont vêtus de pièces de fourrure animale avec un trou pour la tête. On peut considérer que l'abondance des ressources est telle que l'agriculture n'a pas besoin d'être développée, les jōmon disposent sur ces îles d'une grande diversité de ressources naturelles dans tous les biotopes de leur archipel : au printemps et au début de l'été, les espèces de poissons de haute mer (thons et bonites) et les mammifères marins sont pêchés, alors qu'ils s'approchent des côtes pour se reproduire. En automne, les fruits et les graines sont prêts à être cueillis, et la récolte de châtaignes, noix, noisettes et glands est stockée dans de nombreux silos souterrains. À la fin de l'automne et pendant tout l'hiver, les daims et les sangliers sont chassés, mais aussi l'ours, le cerf et le lièvre. Cependant, des lieux servaient pour cultiver le riz bien avant l'arrivée de nouveaux colons vers 2000
Leur outillage lithique (de pierre) comprenait des haches, des doloires bifaces, des meules et des broyeurs dans les zones à l'intérieur des terres. Dans les forêts des côtes occidentales, ils chassaient avec un arc et des chiens. Dans les zones côtières et fluviales, l'outillage comprenait des harpons, des hameçons, des pointes de flèches et des plombs pour les filets. Ils connaissaient aussi la technique du vernissage des objets avec la résine d’un arbre. Les différences marquées entre les cultures néolithiques de chaque région de l'archipel au cours des temps sont dues non seulement aux spécialisations locales, mais aussi aux vagues successives de migrations, s'étendant sur de nombreux millénaires, apportant des traditions culturelles différentes.
Des découvertes récentes ont démontré qu'il existait déjà à cette époque des traces de techniques liées à la riziculture vers -1000, cependant ces pratiques étaient minoritaires et limitées à certaines régions. L'agriculture ne commença à devenir dominante qu'au cours du dernier millénaire avant l'ère chrétienne, avec la culture des plantes et notamment celle du riz qui était devenu la principale ressource dans tout l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud-Est.
Un modèle rizicole ancien vignette|upright=1.5|Reconstitution du village Yayoi sur le site de Yoshinogari, Saga, Kyūshū.
C'est en effet avec l'arrivée de nouveaux migrants et l'entrée dans la période Yayoi (de -300 av. J.-C. à 250 ap. J.-C.) que la révolution néolithique a réellement lieu dans l'archipel. La population augmente et la société devient plus complexe. Les Japonais tissent des draps, vivent dans des villages de fermiers, construisent des habitations en bois et en pierre, accumulent des richesses en devenant propriétaires de leurs terres et en stockant leurs grains. Ayant apporté avec eux des techniques de fabrication plus complexes, notamment en métal, ils vont se doter d'objets cérémoniels parmi lesquels, des magatama et autres pendentifs rituels en jade, des kagami ou miroirs-boucliers de bronze tel celui de Yata conservé au sanctuaire Ise-jingū, des épées longues et droites à double tranchants, telles l'épée Kusanagi (faucheuse d'herbe) du trésor impérial sont fabriqués, indiquant la filiation avec celles de l'armée de Qin Shi Huangdi.
Au , le fer se généralise pour les outils destinés à l'agriculture et pour les armes. Ils développent aussi différentes classes sociales. Ils irriguent leurs champs. Leurs cultures de riz sont alors similaires à celles du centre et du sud de la Chine, ce qui demande beaucoup de main d'œuvre. Ceci conduit au développement et à une éventuelle croissance d'une société agraire sédentarisée. À la différence de la Chine, qui a eu besoin d'énormément de main-d'œuvre pour réaliser ses grands projets d'irrigation et de contrôle de l'eau, le Japon possède d'abondantes ressources en eau. Outre la riziculture, les Japonais cultivaient aussi le blé, l'orge, le millet, le sarrasin et le soja.
Moyen Âge Les japonais importent de nombreuses nouveautés venues de Chine, dont le coton, introduit à la fin du , puis le thé vers 815, l'une des nombreuses importations chinoises (avec le système d'écriture et le bouddhisme) de l'époque de Heian (794-1185). L'agriculture reste le fondement de la production économique jusqu'au . La production est avant tout vivrière, marquée par plusieurs crises de subsistance et les catastrophes liées (surtout la famine de 733 suivie de près par l'épidémie de variole de 737), à quoi s'ajoute l'instabilité politique chronique qui favorise guerres (donc destructions et pillages) et banditisme.
L'échec de l'époque de Heian L'époque de Heian elle-même, bien qu'indubitablement une période de paix et de relative stabilité inhabituellement longue, n'est pas pour autant une ère de prospérité économique, bien au contraire. Les aristocrates bénéficiant de la culture Heian (les Yokibito, ce qui signifie le « Bon Peuple »), ne représentent qu'environ sur cinq millions d'habitants soit 0,1 % de la population.
L'une des raisons qui permet aux samouraïs de prendre le pouvoir est que la noblesse dirigeante prouve son incompétence dans la gestion du Japon et de ses provinces. Aux alentours de l'an mil, le gouvernement se trouve incapable de produire de l'argent et la monnaie (apparue au début du avec des pièces en cuivre) disparaît peu à peu. L'absence d'une monnaie d'échange solide est implicitement illustrée dans les romans de l'époque, montrant par exemple des messagers récompensés par des objets utiles tels qu'un kimono de soie, plutôt que de percevoir un salaire. Les dirigeants Fujiwara s'avèrent également incapables de maintenir des forces de police efficaces, ce qui laisse les voleurs libres de fondre sur les voyageurs. Ceci est à nouveau sous-entendu dans les romans au travers de la frayeur que le voyage de nuit inspire aux personnages principaux.
À la fin de l'époque de Heian, les marges de l'empire sont laissés au contrôle total de certains clans. C'est notamment le cas du nord de l'île de Honshu (l'actuelle région du Tōhoku) aux , qui est sous la domination du clan des Ōshū Fujiwara. Leur capitale, Hiraizumi dans l'actuelle préfecture d'Iwate, à l'origine simple fortin, devient au une cité florissante après avoir fait venir de nombreux artisans de Kyoto, avec qui elle rivalisait en splendeur et sophistication. Ils dirigeaient un royaume quasi indépendant qui tirait sa richesse du minage de l'or, du commerce de chevaux et de leur situation d'intermédiaires dans le commerce de produits de luxe importés d'Asie continentale et des états des natifs Emishi-Aïnous. Ils sont néanmoins vaincus et la région conquise en 1189 par le shogun Minamoto no Yoritomo, fondateur du premier bakufu (ou gouvernement militaire des shoguns), le « Shogunat de Kamakura », faisant entrer le Japon dans son « ère féodale ».
Du pouvoir féodal aux communautés villageoises et à l'émergence des villes Le gouvernement militaire des shoguns de Kamakura (1185-1333) assure une stabilité par un pouvoir fort et des lois féodales codifiées, s'appuyant sur les samouraï qui acquièrent statut et prestige. À l’origine, ce sont des serviteurs armés attachés à la personne d’un aristocrate de la cour. Lorsque les princes partent s’installer en province, ces serviteurs se voient chargés de fonctions multiples, et les plus habiles deviennent progressivement de petits seigneurs locaux (daimyō), disposant de pouvoirs étendus, variant selon les cas du rôle de mercenaire à celui de gouverneur d’un domaine voire d’une province entière. La riziculture s’étend grâce à la paix relative et le commerce intérieur peut se développer. La chute du bakufu en 1333 aboutit à une période de conflits quasi permanents entre ces seigneurs territoriaux et militaires durant l'époque de Muromachi (1336-1573). Cette partition et ces luttes culminent à l'époque Sengoku (1477-1573). C'est le .
C'est une période de chaos, dans un climat de guerre permanent, émaillée de trahisons, de rivalités entre frères, de retournements d'alliances. Les clans eux-mêmes se scindent et s'affrontent pour le pouvoir local. Les vassaux renversent leurs daimyo. L'institution impériale, privée de revenu, connait une période difficile : un empereur aurait été réduit à vendre ses calligraphies pour vivre. La cour est redevable des dons des daimyos, leur attribuant des titres honorifiques. Les membres de l'ancienne noblesse, qui ont perdu leurs domaines, survivent grâce à leurs talents artistiques et littéraires. Le shogun lui aussi a perdu ses pouvoirs, manipulé par les gouverneurs militaires des provinces (shugo), qui s'arrogent les domaines publics comme ceux de l'aristocratie ou des institutions religieuses (shōen). Ils se font seconder par des guerriers locaux, les kokujin (gens du pays), et se considèrent comme des seigneurs (shugo daimyō). Quelques familles de kanrei, comme les Hosokawa, qui détiennent la charge entre 1500 et 1530, les Hatakeyama, les Shiba cumulent les fonctions de shugo, contrôlant jusqu'à dix provinces. Mais ces shugo daimyô ne sont pas assurés de la fidélité de leurs vassaux et de nombreux intendants (shugodai) trahissent leurs maîtres absents pour prendre leurs places. D'autre part, les successions se règlent dans l'affrontement armé, les fils se disputant l'héritageAinsi le kanrei Hosokawa Masamoto sera assassiné en 1507 par son fils adoptif Sumiyuki car il avait choisi son autre fils adoptif Sumimoto comme héritier. Sumiyuki est tué à son tour par Hosokawa Takakuni qui espère reprendre l'héritage à son compte. Takakuni s'allie alors aux Ouchi, entre dans la capitale et en chasse Sumimoto et le shogun Yoshizumi Ashikaga en 1508..