Le Burkina Faso (prononciation : ou ), « patrie des (Hommes) intègres » ou « patrie de l'intégrité » (Burkina se traduisant par « intégrité, honneur » en mooré et Faso se traduisant par « terre ou patrie » en dioula) ou Burkina, anciennement république de Haute-Volta., est un pays d'Afrique de l'Ouest. Sans accès à la mer, il est entouré de six pays : le Niger à l'est-nord-est, le Bénin à l'est-sud-est, le Togo au sud-est, le Ghana au sud, la Côte d'Ivoire au sud-ouest et le Mali au nord-ouest. Sa capitale politique, Ouagadougou, est située au centre du pays. Sa capitale économique, Bobo-Dioulasso, est située dans les Hauts-Bassins, dans le sud-ouest du pays.

Entre 1853 et 1897, les territoires formant l'actuel Burkina Faso sont explorés et conquis par les Allemands, les Anglais et les Français. Au total, seize traités de protectorat ont été signés. En 1896, à la suite d'accords entre Européens, l'ensemble du territoire revient à la France qui l'intègre entre 1897 et 1904 dans la colonie du Soudan. La colonie de Haute-Volta est créée le , puis à nouveau en 1947. Le pays devient indépendant de la France le .

La république de Haute-Volta est renommée Burkina Faso en 1984 sous le régime de Thomas Sankara. Marxiste-léniniste, anti-impérialiste, révolutionnaire, écologiste, féministe, panafricaniste et tiers-mondiste, il est le président du pays durant la période de la première révolution burkinabè du au , qu'il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène une politique d'émancipation nationale, de développement du pays, de protection de l'environnement, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes. Il parvient à éradiquer la faim dans le pays, ce qui est salué par les instances internationales.

Thomas Sankara est assassiné sur ordre de Blaise Compaoré, qui prend le pouvoir le . Celui-ci est condamné à perpétuité en 2022 pour ce meurtre. Le pays ne connaît pas de régime démocratique avant le et l'accession à la présidence de Roch Marc Christian Kaboré. Cette première période démocratique s'achève en 2022, lors des coups d'État de janvier et de septembre qui aboutissent à l'instauration d'une Révolution Progressiste Populaire (RPP) sous le leadership du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), deuxième version incarnée par le capitaine Ibrahim Traoré. Le pays est en effet, depuis 2015, victime de l'extension des actions des groupes armés djihadistes à l'ensemble du Sahel.

Le Burkina Faso a une superficie de .. Sa population est estimée à .. Il est classé sur 191 en termes de développement humain, avec un indice de 0,449 en 2021. Il est membre de nombreuses organisations internationales, telles que l'Organisation des Nations unies (ONU), la Banque africaine de développement (BAD), l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ou encore l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Il a toutefois été suspendu de certaines organisations, notamment l'Union africaine (UA) et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), à la suite des coups d'État de et de . Le Burkina Faso quitte l'OIF le . puis la CEDEAO le ., après la création de l'Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Mali et du Niger..

Géographie

Topographie Le pays est plutôt plat, avec quelques accidents de terrain localisés. Son altitude moyenne est de et le différentiel entre les deux points extrêmes ne dépasse pas . Le point culminant du pays est le mont Tenakourou, situé à d'altitude.vignette|redresse=1.2|Carte topographique du Burkina Faso.|gauche

Reliefs vignette|redresse=1.2|Panorama des cavernes de Douna.

Deux grands types de paysages existent au Burkina.

La plus grande partie du pays est couverte par une pénéplaine. Elle forme un relief légèrement vallonné avec, par endroits, quelques collines isolées, ultimes vestiges d'un massif du Précambrien. C'est un paysage assez uniforme, avec un sol le plus souvent coloré en ocre par la latérite. Il a un relief plat qui ne retient pas de grandes quantités d'eau d'où l'insuffisance hydrique dans certaines régions.

La partie sud-ouest du pays forme un massif gréseux. Le point culminant du pays s'y trouve : le Tenakourou (). Le massif est limité par des falaises très escarpées atteignant de haut : falaise de Banfora, pics de Sindou, cavernes de Douna, etc.

Hydrographie vignette|redresse=1.2|Le Mouhoun (anciennement nommé Volta Noire) près de Dédougou.

Quoique peu élevé et assez peu arrosé, le Burkina dispose d'un réseau hydrographique relativement dense, surtout dans sa partie méridionale. Les cours d'eau se rattachent à trois bassins principaux : les bassins de la Volta, de la Comoé et du Niger.

Le pays devait son ancien nom de Haute-Volta aux trois cours d'eau qui le traversent : le Mouhoun (Volta Noire), le Nakambé (Volta Blanche) et le Nazinon (Volta Rouge). Le Mouhoun est un cours d'eau permanent du pays comme la Comoé qui coule au sud-ouest.

Système hydrologique vignette|redresse=1.2|Le lac de Tengréla.

Le système hydrographique burkinabè se compose, dans l'ensemble, de sept éléments.

Le bassin de la Volta, le plus important, s'étend au centre et à l'ouest du pays sur une superficie de . Il est constitué par trois sous-bassins majeurs : ceux du Mouhoun, du Nakambé et du Nazinon. Les eaux de ces bassins se rejoignent au centre du Ghana, où elles forment le lac Volta.

Le Mouhoun (Volta Noire), seul cours d'eau permanent avec un bassin versant de , parcourt le pays sur une distance d'environ , prend sa source sur le versant nord du massif gréseux de la falaise de Banfora, dans une région où les précipitations dépassent par an. Il coule d'abord vers le nord-est puis s'infléchit brusquement vers le sud. Au confluent du Sourou, le bassin versant du Mouhoun et ses principaux affluents (Plandi, Kou, Voun Hou) fournissent un débit moyen de . Ce débit est cependant très irrégulier.

Le Nakambé (Volta Blanche) prend sa source à l'est de Ouahigouya dans une région qui reçoit 500 à d'eau par an. Il draine un bassin versant de . Il draine toute la partie centrale et le nord du plateau central et ne coule que pendant la saison des pluies.

Le Nazinon (Volta Rouge) et son principal affluent, la Sissili, drainent la partie sud-ouest du plateau central avec un bassin versant de . Leur régime hydrologique est très voisin de celui du Nakambé.

Le Pendjari, quant à lui, forme la frontière sud-est du Burkina avec le Bénin et reçoit en rive droite trois affluents (le Doudodo, le Singou et la Kompienga) dont les bassins versants totalisent . Ces affluents apportent moins de 30 % du débit moyen de la Pendjari qui elle-même tarit complètement une année sur deux en avril à Porga au Bénin.

Le Comoé draine l'extrémité sud-ouest du pays sur un bassin versant de comprenant de nombreux affluents. Il prend sa source dans les falaises autour de Banfora, notamment dans le village de Takalédougou-Koko. Son cours, coupé par des rapides et des chutes, communique avec des mares permanentes situées au pied de la falaise de Banfora, comme le lac de Tengréla. Les écoulements sont permanents.

Le bassin du Niger draine le nord-est et l'est du pays. Son bassin versant a une superficie de . Les affluents burkinabè du Niger les plus septentrionaux sont en grande partie endoréiques (le Béli, le Gorouol, le Goudébo et le Dargol) et sont à l'origine de crues importantes. Par contre, les affluents soudano-sahéliens (la Faga, la Sirba, la Bonsoaga, le Diamangou et la Tapoa) ont des régimes un peu moins irréguliers et contribuent à la crise dite soudanienne du Niger qui se produit en septembre. Ces cours d'eau de faible débit ne forment souvent qu'un chapelet de mares.

Toutes les rivières du Burkina, excepté le Mouhoun et celles du sud-ouest (bassin de la Comoé), sont temporaires : elles ne coulent que de juillet à octobre.

En dehors du réseau hydrographique, il existe des bassins fermés qui alimentent de nombreuses grandes mares ou lacs naturels, sans écoulement permanent ou temporaire, qui occupent les bas-fonds ou les espaces interdunaires : les lac de Tengréla, de Bam et de Dem, les mares d'Oursi, de Béli, de Yomboli et de Markoye. Les observations effectuées sur la mare d'Oursi et le lac de Bam laissent penser que le fond de ces lacs se colmate par des dépôts argileux.

Le manque d'eau est souvent problématique, surtout dans le nord du pays.

Climat vignette|redresse=1.2|Carte des climats au Burkina Faso, selon la classification de Koppen-Geiger.

Le Burkina Faso possède un climat tropical de type soudano-sahélien (caractérisé par des variations pluviométriques considérables allant d'une moyenne de au nord à plus de au sud-ouest) avec deux saisons très contrastées : la saison des pluies avec des précipitations comprises entre et , et la saison sèche durant laquelle souffle l'harmattan, un vent chaud et sec, originaire du Sahara. La saison des pluies dure environ , entre juin et septembre, sa durée étant plus courte dans le nord du pays.

On peut donc distinguer trois grandes zones climatiques : zone sahélienne, au nord du pays : moins de de pluviométrie par an et amplitudes thermiques élevées (15 à ) ; zone soudano-sahélienne, entre 11° 3' et 13° 5' de latitude Nord. C'est une zone intermédiaire pour les températures et les précipitations ; zone soudano-guinéenne, au sud du pays : plus de de pluie par an et des températures moyennes relativement basses.

On distingue deux saisons, de durées inégales : une saison d'hivernage, très courte, de 3 à (juin à septembre) ; une saison sèche, de 8 à (octobre à juin).

La rareté et la mauvaise répartition des pluies provoquent des migrations de plus en plus fortes des populations principalement du Nord et du centre vers les villes, le sud-ouest du Burkina Faso et les pays de la côte.

La température varie de 16 à . L'évaporation moyenne annuelle est estimée à et la recharge annuelle de la nappe souterraine à .

Milieu naturel

vignette|redresse=1.2|Savane avec touffes d'Andropogon gayanus dans la réserve de Pama. vignette|redresse=1.2|Déplacement à bicyclette dans un milieu sec. vignette|redresse=1.2|Producteurs et productions agricoles et animales au Burkina Faso.

La savane soudanienne occidentale couvre la grande majorité du pays, à l'exception de la pointe nord.

Dans les années 1980, alors que la conscience écologique est encore très peu développée, le président du Burkina Faso Thomas Sankara est l'un des rares dirigeants africains à considérer la protection de l'environnement comme une priorité.. Il s'engage dans trois combats majeurs : contre les feux de brousse « qui seront considérés comme des crimes et seront punis comme tel » ; contre la divagation du bétail « qui porte atteinte au droit des peuples car les animaux non surveillés détruisent la nature » ; et contre la coupe anarchique du bois de chauffe « dont il va falloir organiser et règlementer la profession ». Dans le cadre d'un programme de développement associant une grande partie de la population, dix millions d'arbres en quinze mois ont été plantés au Burkina Faso pendant la « révolution ». Pour faire face à l'avancée du désert et aux sècheresses récurrentes, Thomas Sankara propose également la plantation de bandes boisées d'une cinquantaine de kilomètres, traversant le pays d'est en ouest. Il songe ensuite à étendre cette ceinture végétale à d'autres pays.

La production de céréales, proche de de tonnes avant 1983, va grimper à de tonnes en 1987. Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l'ONU, souligne alors que le pays « est devenu alimentairement autosuffisant ».

Répartition de la population

Étymologie