Agboville est un département et le chef-lieu de la région de l'Agnéby-Tiassa dans le district des Lagunes. La ville située dans le Sud-Est de la Côte d'Ivoireet compte selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2021https://plan.gouv.ci/assets/fichier/RGPH2021-RESULTATS-GLOBAUX-VF.pdf et est à 79 km d'Abidjan. On y retrouve majoritairement des Abés, Krobou et Attiés, qui font partie du grand groupe Akan. Le maire actuel de la ville d'Agboville est N’cho Acho Albert.

Historique et géopolitique Agboville est située à de route bitumée au nord de la capitale économique du pays, Abidjan.

Les ressources naturelles sont le bois et les cultures vivrières sont le cacao, le café, l'or. Elle accueille des multinationales surtout grâce à la présence du chemin de fer Abidjan-Niger. Ses habitants sont en majorité de l'ethnie Abé et Krobou (un sous-groupe des Abés) et Attiés, qui font partie du grand groupe Akan, appartenant au groupe ashanti (présent au Ghana). L'abé est une variante du groupe linguistique Kwa. En dehors de ces peuples, les populations allogènes sont nombreux, faisant de la ville, une cité cosmopolite. En effet, Agboville est un Connecteur Économique Local à vocation agricole où prédomine le binôme café-cacao. C'est également une zone de production de la banane douce, qui est traversée par le chemin de fer Abidjan-Niger et l'autoroute du Nord sur près de 100 Km.

Les secteurs d'activités priorisés par les populations et le politique dans la région sont entre autres l'agriculture, l'agro-industrie, les ressources animales, l'industrie du bois et le tourisme.

Histoire Histoire de la migration

Les Abés, originaires du Ghana, sont les descendants des Agoua que les Agnis Brafe N’Denié et Moronou auraient trouvé sur le chemin pendant leur exode vers la Côte d’Ivoire, entre le et le .

D'autres sources parlent d'un trajet du Bénin vers le Ghana puis la Côte d'Ivoire : L'onomastique des Abés, leur langue et leur culture sont proches de celles de leurs cousins Ashantis, Akans du Bénin et Togolais voisins.

Le premier ancêtre des Abés serait Kery-Kery. Après le règne de Kery-Kery, son fils Attobra lui succéda. Celui-ci fut, à son tour, remplacé par son fils Kouassan dont les successeurs furent Kery-Kery, Abobia et Akossou.

C’est pendant le règne d'Akossou que les Abés, menacés par leurs voisins, les Konogos et les Ashantis, décident de quitter le Ghana pour des terres paisibles. Leur exode fut conduit, probablement vers le , par Patchibo, fils d’Akossou et de Nana Yah Abobia. Les Abés franchissent la Tanoé, puis le Comoé et s’arrêtèrent entre Adzopé et Agboville, où Patchibo créa le village Douda, appelé, aujourd’hui, Grand-Morié.

Poursuivant son chemin, Patchibo alla installer son peuple à une quinzaine de kilomètres de l’Agnéby pour créer le village Allahin, connu, aujourd’hui, sous le nom de Loviguié.

À partir de Douda et Allahin, les Abés repoussèrent les Attiés, leurs voisins de l’Est. C’est ce qui explique l’existence de villages Abés dans la sous-préfecture de Bingerville. Ils évoluèrent également vers l’Ouest, du côté du fleuve Bandama d'où la présence de plus de huit villages Abés dans la Sous-Préfecture de Tiassalé.

également que d’autres Abés, partis du village de Douda, se seraient installés au-delà de Tiassalé pour former les Didas. Ce sous groupe Didas a passé une alliance indéniable, inamovible et immortelle dont la nature s'appelle toukpè qui veut dire alliance de paix. Ce qui expliquerait le souvenir de cette séparation ethnique.

Le département d’Agboville est peuplé de deux ethnies, les Abés et les Abés-Krobous. Cette population autochtone cohabite avec une population d’allogènes et d’étrangers de toutes nationalités. Il compte 104 villages avec une trentaine (30) de campements répartis entre cinq cantons, dont quatre : Morié, Abé-évé, Tchoffo, Khos, du groupe ethnique Abés et un canton Krobou, du groupe ethnique Krobou plus anciennement installé , et un sixième groupe ethniquement séparé au milieu du que sont les Didas.

Époque coloniale

La révolte des Abés de 1910 (période de 1905 à 1918) est un des épisodes marquants de la résistance importante à la colonisation française dans la région, une des plus farouches et des plus éprouvantes pour les colons en particulier, à cause du tracé du chemin de fer Abidjan-Niger.

La répression est suivie d'une déportation punitive d'hommes non-libres dans des villages de libertés. La déportation, une doctrine coloniale : l'administration coloniale appliquait la doctrine de Gabriel Angoulvant, gouverneur du territoire jusqu'en 1915 : à la période de « pénétration pacifique » (1893-1908) succèdent le douloureux laminage des Abés, leur déportation au Congo-Brazzaville, en Centrafrique et dans d'autres pays d'Afrique centrale, puis « la pacification par la manière forte » (1908, 1910, 1915).

Agboville est l'une des rares villes créées par les colons, forcés de quitter le village d‘Erymakouguié à cause d'une épidémie de malaria. Rapidement, cette petite cité devient le principal poste militaire du canton Abé. La cité devient en 1916, le chef-lieu d'Agnéby et d'Adzopé.

Le Syndicat agricole africain (SAA) est créé à Agboville en 1944, précisément dans les campements agricoles d'Anoma sur la voie d'Agboville-Tiassalé. Il sera la base de création en 1946 du parti unique, le PDCI-RDA, par les pionniers Gabriel Dadié, Joseph Anoma et Félix Houphouët-Boigny (résidents), Houezzin Coulibaly, etc. Le docteur Ernest Boka († 1964), originaire d'Agboville, au retour de sa mission aux États-Unis, aura beaucoup inspiré Houphouët quant à la création et aux principes démocratiques d'un tel parti politique.

Après l'indépendance

En 1964, Ernest Boka, homme politique très proche de Félix Houphouët-Boigny, meurt en détention. La région bascule durablement dans l'opposition au parti unique PDCI jusqu'à la législature du 11 décembre 2011 où la droite représentée par le Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR), PDCI-RDA, l'Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire (UDPCI), Mouvement des forces d'Avenir (MFA), s'installe dans cette région et son chef-lieu.

En 1971, le roi M'bassidjé François disparaît et la royauté est suspendue jusqu'à ce jour. En 1972, l'organisation de la première et dernière foire de l'Agnéby est marquée par une foudre inédite sur le président de l'assemblée nationale de l'époque, Philippe Yacé, représentant le président Houphouët.

En 1996, le président Henri Konan Bédié vient à Agboville inaugurer le mausolée d'Ernest Boka à Grand Morié.

En janvier 2003, la rébellion contre le régime de Gbagbo tente de s'emparer de la ville, mais le projet est mis en échec par la mobilisation des autochtones Abés et Attiés laissant de nombreuses pertes humaines. Le centre de la ville subit des destructions significatives. Le se tient la célébration nationale du front patriotique en présence du président de la république Laurent Gbagbo accompagné de Charles Blé Goudé (président du Congrès panafricain des jeunes patriotes).

En 2005, la multinationale COTIVO, usine de transformation du coton en divers vêtements GYN, wax, etc., avec ses environ, subit de plein fouet les affres de la crise militaro-politique et cesse son activité, laquelle sera reprise au cours de l'année 2015.

Le mois de décembre 2006 est marqué par le décès à Paris de Léonard Offoumou Yapo, vice-président mondial du scoutisme, et premier député-maire élu démocratiquement de la cité d'Agboville. En 2009, Gaston Boka Mené, le dernier doyen en âge, meurt. En août 2010 est célébrée le centenaire de la révolte des Abés de 1910. La même année (2010), Agboville reçoit la visite du président Gbagbo.

En novembre 2011, la région de l'Agneby ayant Agboville comme chef-lieu, devient région Agnéby-Tiassa et se détache politiquement d'Adzopé capitale de la nouvelle région des Attié, baptisée Région du Mê ou Messan. Les principales villes de l'Agnéby-Tiassa sont Agboville (chef-lieu de région), Tiassalé, Sikensi et Taabo (chefs-lieux de département).

En décembre 2011, Agboville bascule à droite en votant pour les partis RDR et PDCI-RDA coalisés au sein du RHDP. Et le ministre Adama Bictogo devient l'un des principaux porte-paroles des Abés à l'Assemblée nationale.

La caravane de la paix sillonnant le pays Abé en février 2012, Charles Konan Banny, ancien premier ministre et président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation a exhorté la population à s’inscrire résolument dans le processus de la réconciliation, gage d'une nation forte.

En mai 2015 a lieu une visite historique du président Alassane Ouattara à Agboville. Le président Alassane Ouattara a été fait chef supérieur Abé sous le nom de règne « Nanan Obodji Soboa II », par les autorités traditionnelles d’Agboville.

Organisation administrative La population Abé est répartie sur cinq cantons : Morié, Tchoffo, Koss, Abè-Vé (ou Abè-éwè) et Krobou. Une sixième subdivision historiquement admise, inamovible et indéniable, est le sous-groupe ethniquement détaché au milieu de appelé les Toupkès ou Didas.

Bénéficiant de la présence de la voie ferrée, Agboville devient très vite une importante place économique car toutes les charges coloniales y étaient regroupées. En 1953, Agboville devient commune de moyen exercice.

Politique et administration vignette|Esplanade de la préfecture d'Agboville, en 2017 À l'indépendance en 1961, elle devient sous-préfecture puis préfecture en 1968. En 1975 puis 1980, deux nouvelles sous-préfectures sont créées : Rubino et celle d'Azaguié, ville d'où est issu Mamadou Koulibaly président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire de 2000 à janvier 2012. En 2005, la sous préfecture de Grand Morié et de nouvelles communes rurales sont décrétées par l'État.

En 1980, la ville est érigée en commune de plein exercice avec pour premier maire élu, Léonard Offoumou Yapo. En 1985, les villes de Rubino et d'Azaguié sont également érigées en commune. En 1997, lors de la tournée présidentielle effectuée par le président d'alors Henri Konan Bédié, d'autres localités furent érigées en sous-préfectures : Grand-Morié, Céchi et Oress-Krobou.

Une loi de 1978Loi du 9 janvier 1978 a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays. En 2012, 197 communes reconnues par le gouvernement Ouattara.

Liste des présidents successifs du conseil régional Date d'élection Identité Parti Qualité Statut 2001 Raymond N'Dori FPI Cardiologue, homme politiqueélu 21 avril 2013 Martin M'Bolo Indépendant Opérateur économique élu, président de la région Agnéby-Tiassa 13 octobre 2018 Dimba N'Gou Pierre Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix Ministre de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle depuis Avril 2021 élu, Président du Conseil Régional de l'Agnéby-Tiassa

Liste des maires successifs Date d'élection Identité Parti Qualité 1980 Léonard Offoumou Yapo PDCI-RDA Enseignant, Cadre politique 1980-1985 Léonard Offoumou Yapo PDCI-RDA Enseignant 1985-1990(mandat inachevé) Denis Ossey Gnassou PDCI-RDA Homme politique 1995-1997(mandat inachevé) Nicolas Kouandi Angba PDCI-RDA Economiste (Ministre du Commerce) 1997-2001(achève le mandat de KOUANDI) Frédéric Aké Mbo PDCI-RDA Enseignant 2001 Claude Assamoi Indépendant Pharmacien depuis le 21 avril 2013 Albert Acho N'ChoRésultat des élections municipales de 2013 pour Agboville sur Abidjan.net RHDP Colonel des douanes

Représentation politique et députation Députés d'Agboville chef-lieu Date d'élection Identité Parti Qualité1960-1980 Gaston Boka-Mené PDCI-RDA (membre fondateur) médecin 1975-1980, 1980-1985, 1990-1995 Léonard Offoumou Yapo PDCI-RDA professeur, principal de collège 1985-1990(mandat inachevé) Denis Ossey Gnassou PDCI-RDA pilote, conseiller à la présidence 2001 Daniel Akpindé FPI enseignant de CAFOP 2011-2016 Adama Bictogo RDR opérateur économique Depuis 2016 Adama Bictogo RDR opérateur économique