Abu Al-Qasim, ou Abū al-Qāsim Khalaf ibn Abbās al-Zahrāwīou H̱alaf ibn ʿAbbās Abū al-Qāsim al-Zahrāwī, selon la forme internationale de la BnF. de son nom complet (en arabe : ), connu en Occident sous le nom Abulcasis ou Albucasis, en France Aboulcassis, né à Madinat al-Zahra (Al-Andalus) vers 940 et mort à Cordoue en 10131013 est la date de décès donné par le chroniqueur Léon l'Africain. Le dictionnaire Bouillet donne 1107 comme date de décès, de nombreuses autres sources comme l'Encyclopediæ Britannica donnent 1036., est un médecin chirurgien du Califat de Cordoue.
Il est considéré comme l'un des plus grands chirurgiens du Moyen-ÂgeMeri, Josef W. (2005). Civilisation islamique médiévale : Une encyclopédie. Routledge. p. 783. "Le plus grand chirurgien des âges médiévaux était Abu'l-Qasim az Zahrawi (mort en 1010), un représentant le plus important de l'école andalouse."Weinberg, Steven (2015). Expliquer le monde : la découverte de la science moderne. Penguin Books Limited. "al-Zahrawi (Abulcasis) est né en 936 près de Cordoue, la métropole d'Andalousie, et y a travaillé jusqu'à sa mort en 1013. Il était le plus grand chirurgien du Moyen Âge et très influent dans l'Europe chrétienne."Gerli, E. Michael (2017). Routledge Revivals : Medieval Iberia (2003) : Une Encyclopédie. Routledge. p. 12. "Le livre 30, sur la chirurgie, a été traduit au XIIe siècle par Gérard de Crémone (Liber Alsahravi de cirurgia) et il a établi la réputation d'Abulcasis comme le plus grand chirurgien du Moyen Âge." et un des pères de la chirurgie moderneBruno Halioua, L'Histoire de la médecine Pour les Nuls, edi8, 27/08/2015Anne Rooney, The History of Medicine, The Rosen Publishing Group, 15/07/2012.
Biographie On ne sait que peu de choses de sa vie en dehors de ce qu'on apprend par ses ouvrages. La nisba (titre attributif) Al-Ansari, suggère une origine d’une tribu arabe médinoise d'Al-Ansar..
Son nom apparaît pour la première fois dans les écrits de Abu Muhammad ibn Hazm (993–1064), qui le plaçait parmi les plus grands médecins de l'Espagne mauresque. Sa première biographie détaillée fut écrite soixante ans après sa mort par Al-Humaydi, dans son ouvrage Jadhwat al-Muqtabis (Des savants andalous).
Léon l'Africain, au , le mentionne dans une courte notice..
Abu Al-Qasim naît vers 940 ou 950, à Madinat al-Zahra, ville palatine et résidence du calife, fondée en 936 sous le règne du calife omeyyade Abderrahmane III (890-961). Elle se situe à quelques kilomètres au nord-ouest de Cordoue, en Andalousie.
Sa formation médicale s'effectue probablement à Cordoue, où il exerce quelque temps sous le règne d'Abderrahmane III. Il est médecin de cour auprès du calife Al-Hakam II (915-976), puis selon Léon l'Africain médecin personnel d'Almanzor ou Al Mansour (937-1002), vizir et chef militaire.
Ses observations médicales concernent de hautes personnalités comme des esclaves, des musulmans comme des chrétiens ou des juifs. Cela suggère une place privilégiée dans la société d'alors..
Il passe presque toute sa vie en Andalousie et se consacre à l'avancement de la médecine et de la chirurgie.
Il meurt à Cordoue en 1013, à l'âge de 77 ans.
Œuvre Son ouvrage principal, le Al-Tasrif (La pratique), est une encyclopédie médicale qui fait le bilan des connaissances médico-chirurgicales de son époque, confrontées à l'expérience personnelle de son auteur.
C'est surtout la partie chirurgicale de son œuvre (soit un cinquième de son encyclopédie) qui est traduite en latin au par Gérard de Crémone. Au , le traité de chirurgie du français Guy de Chauliac contient 173 citations littérales. Il existe une version de l'Al-Tasrif en hébreu et une en occitan ainsi qu'une version turque publiée en 1465 pour Mehmet le Conquérant.
Son livre chirurgical est imprimé à Venise à la fin du (1497 ou 1500 selon les sources), il est édité en Occident avant les premières éditions de Galien (1525) et Hippocrate (1526).. Au cours du , il est cité, notamment par le chirurgien français Jacques Daléchamps, ou l'italien Fabrice d'Aquapendente, et il a beaucoup inspiré Ambroise Paré.
Al-Tasrif
Le Kitab al-Tasrif ( ; Le Livre de la méthode [médicale] pour celui qui paresse d'écrire – de compiler ses lectures –), traite en trente volumes tous les domaines de la médecine et de la chirurgie. Selon Jean-Charles Sournia, « c'est le document chirurgical le plus complet écrit pendant le premier millénaire de notre ère ».
Aboulcassis rend souvent hommage aux grands anciens comme Hippocrate, Galien et Celse. Sa principale source est Paul d'Égine, mais il s'appuie sur son expérience personnelle avec des apports originaux, notamment sur la cautérisation et la représentation des instruments chirurgicaux qu'il utilise.
L’Al-Tasrif est divisé en trois parties : 1) sur la théorie et les généralités de la médecine ; 2) sur les maladies : le régime chez l'enfant et les vieillards, la goutte, les rhumatismes, les abcès, les plaies, les poisons et les venins, les affections externes de la peau et la fièvre ; 3) sur la chirurgie.
Le traité sur la chirurgie est divisé en trois livres, tous organisés dans l'ordre « de la tête aux pieds », avec représentation illustrée (ce qui est rare dans les manuscrits musulmans) de tous les instruments nécessaires pour opérer. Ces représentations perdent de leur qualité au fur et à mesure de leurs copies. En 1998, on connaît 42 copies manuscrites en arabe, 27 en latin, 1 en hébreu et 1 en provençal, dispersées dans les plus grandes bibliothèques occidentales et du monde musulman ; celle en provençal est à la bibliothèque de Montpellier. Le livre premier est consacré aux cautérisations. Le livre deux traite des incisions et perforations, saignées et ventouses, blessures et extractions de flèches. Le livre trois traite de traumatologie osseuse (fractures, luxations, entorses...) et de questions diverses.
Les fondamentaux d'Abu Al-Quasim C'est le premier auteur à mettre au clair quelques principes fondamentauxJ.-C. Sournia, op. cit, p.161-163. Les pages 160-195 sont la traduction française (texte arabe en regard) de larges extraits de la chirurgie d'Aboulcassis, les pages 160-163 en étant l'introduction., évidents aujourd'hui, mais qui n'existaient pas avant lui.
La chirurgie doit se baser sur un savoir anatomique le plus approfondi possible, et non pas se baser sur une pratique aveugle par ignorance.
La chirurgie opératoire évolue entre deux pôles : l'un qui est sûr et compatible avec la santé du malade, et l'autre qui est dangereux et risqué pour le malade. Pour chaque opération, l'auteur signale les dangers possibles et les moyens de les éviter. Avant chaque acte chirurgical, le praticien se doit donc d'analyser l'intérêt du patient en soupesant les bénéfices thérapeutiques espérés et les risques inhérents à l'acte chirurgical en fonction de l'état de santé pré-opératoire du patient.
La chirurgie est une branche de la médecine. Le chirurgien doit être cultivé et instruit de tous les grands anciens, mais il doit aussi confronter ce savoir avec les réalités de sa pratique quotidienne (observer et juger par lui-même).
Selon lui, un chirurgien doit être prudent et circonspect pour lui-même, doux et persévérant pour ses malades, et être un père pour ses élèves (son traité sur la chirurgie commence par « mes enfants »).
Avancées chirurgicales
Abu Al-Qasim a réalisé, décrit et complété de nombreux gestes et outils chirurgicaux. Ses apports les plus notables concernent entre autres :
l'extraction des pointes de flèches ; l'appareillage des fractures, notamment un ancêtre du plâtre chirurgical, composé de farine et de blanc d'œuf, utilisé jusqu'aux guerres napoléoniennes ; procédés de réduction des luxations de l'épaule, toujours en usage à l'époque moderne, « même sous des éponymies injustifiées » ; l'utilisation de drains dans les blessures de poitrine;
Jugements sur Albucassis
Au siècle des Lumières :
En 1986 :
Notes et références
Annexes Bibliographie Éditions d'Abū al-Qāsim al-Zahrāwī Albucasis, Traitier de cyrurgie. Édition de la traduction en ancien français de la Chirurgie d’Abū’l Qāsim Halaf Ibn ‘Abbās al-Zahrāwī du manuscrit BNF, français 1318, éd. par David A. Trotter, Tübingen, 2005 (compte rendu ; autre cr). Albucasis, , éd. arabe et trad. anglaise par Martin S. Spink et Geoffrey L. Lewis, Londres, 1973 (en ligne partiellement). [Aboul Kasim Al-Zahravi ou Albucasis] Abulcasis, La Chirurgie d'Abulcasis, trad. de l'arabe par Lucien Leclerc, Paris, 1861 (en ligne). Albucasis, , dans Théodore Priscien (pseud. ), [Strasbourg], 1532 (en ligne).
Sur Abū al-Qāsim al-Zahrāwī . David A. Trotter, Fonction des gloses dans les textes latin, occitan et français de la Chirurgia d'Albucasis, dans Textes et cultures : réception, modèles, interférences. Volume 2, Interférences et modèles culturels, sous la dir. de Pierre Nobel, Besançon, 2004, p. 23-46 (en ligne partiellement). David A. Trotter, Les manuscrits latins de la Chirurgia d’Albucasis et la lexicographie du latin médiéval, dans (Bulletin Du Cange), 59, Paris et Genève, 2001 , . Kos, 1, Milan, 1984, . , Florence, 1961 ( compte rendu). , 1994 , 1996 , 2000 , 2003 , 2010
Sur la médecine arabe médiévale Danielle Jacquart et Françoise Micheau, La Médecine arabe et l'Occident médiéval, Paris, 1990 ; repr. 1996 . Lucien Leclerc, Histoire de la médecine arabe, Paris, 1876 (en ligne) ; part. t. 1, (Abulcasis : Aboul Cassem Khalef ben Abbas Ezzahraouy).
Articles connexes Histoire de la chirurgie
Liens externes
Biographie de Abu Al-Qasim
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