Maclou de La Haye, né à Montreuil-sur-Mer, est un poète de cour français du . Il est l'auteur d'un recueil de poèmes publié à Paris en 1533, sous le titre : Les œuvres de Maclou de La Haye, à savoir chant de paix, chant d’amour, cinq blasons des cinq contentements en amour, sonnets d’amour, vingt vœux des vingt beautés de s’amie, épigrammes et stances.
Biographie Maclou de La Haye est un poète français de la Renaissance, originaire de Picardie. Né à Montreuil-sur-Mer, il devient poète de la cour du roi Henri II, mais également son valet de chambre, comme mentionné dans la Bibliothèque de La Croix du Maine. Il part quelque temps en Italie avant de revenir en France, où il est accueilli par son ami Pierre de Ronsard, qui lui dédie l'ode horatienne : « Du retour de Maclou de le Haie, à son page » ( du livre II). Puis vers 1548, il s'installe près de Vendôme après avoir épousé une jeune Vendômoise du nom de Jeanne Desmons.
Selon les travaux de Michel Magnien, l'activité littéraire et poétique de Maclou de la Haye s’inscrit dans le contexte de la poésie française des années 1540-1560. Une période marquée par l’émergence du mouvement littéraire de la Pléiade, réunissant des figures poétiques telles que Joachim du Bellay, Jean-Antoine de Baïf, Rémi Belleau, Étienne Jodelle ou encore Pierre de Ronsard. La création de ce mouvement s'inspire de l'Antiquité, de la poésie italienne, et de courants humanistes afin de testes divers modèles poétiques. Si Maclou de la Haye n'appartient pas formellement à ce groupe, il participe d'une certaine manière à la diffusion de ses grandes idées, à travers le choix de ces modèles poétiques, notamment avec la forme du sonnet amoureux, ou du blason du corps féminin. La production des textes poétiques de Maclou de la Haye témoigne d’une position intermédiaire entre la tradition marotique et les innovations humanistes de la génération de Joachim du Bellay.
Point historique Le travail poétique de Maclou de la Haye s'inscrit dans un contexte historique troublé par des guerres de territoires et religions, opposant d'un côté la France, gouvernée par François Ier et de l'autre l'Angleterre dirigée par le roi Henri VIII. Ces tensions causées par la sixième guerre d'Italie ont été suivies par des évènements militaires menés au Nord de la France, notamment autour de régions comme Montreuil ou Boulogne-sur-mer. En 1534, le roi anglais Henri VIII rompt avec l’autorité pontificale de l’Église d’Angleterre. et désire reconquérir les territoires perdus par l’Angleterre en 1453, à l’issue de la guerre de Cent Ans. Il lance trois campagnes en Picardie, et cette guerre anglo-française donna lieu au siège de Montreuil en . par les troupes de Charles Quint et d’Henri VIII. La ville, contrainte de se rendre, est en grande partie détruite. En 1544, un deuxième siège de Montreuil a lieu, et de Boulogne-sur-Mer du au . Le siège de Boulogne s’achève sur une victoire d’Henri VIII sur François , ouvrant un deuxième front sur le territoire français au cours de la neuvième guerre d’Italie, et empêchant les Français de reprendre le Milanais. Le , le traité d'Outreau, signé entre la France et l’Angleterre, règle le différend de Boulogne en même temps que celui de l’Écosse.
Œuvre vignette|La page de titre des Œuvres de Maclou de La Haye publiées en 1553 chez Étienne Groulleau.
Description du recueil Maclou de La Haye est l’auteur d’un recueil de poésie intitulé : Les œuvres de Maclou de La Haye, à savoir chant de paix, chant d’amour, cinq blasons des cinq contentements en amour, sonnets d’amour, vingt vœux des vingt beautés de s’amie, épigrammes et stances, publié à Paris en 1553.
Le recueil est imprimé en 1553 à Paris, sous le format in-octavo, par Étienne Groulleau, libraire-imprimeur, installé rue Neuve-Notre-Dame à l’enseigne Saint Jean Baptiste..
L’édition de 1553 présente des éléments typiques du livre imprimé au , comme la présence d’une page de titre développée, des dédicaces ainsi qu’un système de signatures pour l’organisation des cahiers. Les Œuvres de Maclou de la Haye sont composées d’un total de 59 feuillets regroupés en 8 cahiers. Le recueil est également signé par la marque d’imprimeur d’Étienne Groulleau en fin de volume, qui représente un chardon accompagné d'une devise en français et en latin : . vignette|gauche|La marque de l'imprimeur des Œuvres de Maclou de La Haye, Étienne Groulleau, 1553.Deux exemplaires sont aujourd’hui recensés, conservés à la Bibliothèque nationale de France ainsi qu'à la Bibliothèque de l’Arsenal.
Contenu et structure L’ensemble du recueil témoigne d’une double inspiration, celle d’une poétique amoureuse qui rejoint la tradition pétrarquiste et celle d'une inspiration morale et politique.. Au fil des poèmes de Maclou de la Haye figurent de nombreuses mentions de la paix et de la guerre. Certains de ces textes sont dédiés à des figures importantes de la cour et du monde littéraire, à commencer par le roi Henri II (f.2r).
L’ouvrage s’organise en plusieurs sections : une épître au roi ; un Chant de paix et un Chant d’amour ; une série de blasons ; des sonnets amoureux ; des épigrammes ; des énigmes.
Ce type de composition reflète la pratique des recueils poétiques de la Renaissance, combinant formes variées et organisation progressive des thèmes. Maclou de La Haye illustre la diffusion des formes poétiques promues par la Pléiade et des modèles pétrarquistes. La Pléiade créée en 1553, d'abord sous le nom de 'Brigade', émerge durant la même année que la publication du recueil des Œuvres de Maclou de La Haye. Ce recueil poétique s’inscrit donc au sein de la constitution progressive du canon poétique que les premières éditions de la Pléiade vont formaliser. Même s'il se situe en périphérie du groupe, Maclou de la Haye fait partie du même mouvement esthétique et culturel de la poésie de cour et de l'imitation pétrarquiste.
Thèmes gauche|vignette|Début du « Chant d'amour » des Œuvres de Maclou de La Haye publiées en 1553 chez Étienne Groulleau. Après une période troublée par des guerres de religions, Maclou de La Haye choisit de consacrer son recueil aux thèmes de l’amour et de la paix. À travers diverses formes poétiques, telles que des sonnets, des épigrammes, des blasons, mais aussi de stances, le poète met en avant l’expression des sentiments amoureux et insiste sur une ode à la beauté féminine. Notamment à travers un « Chant d'amour » (f. 14v) et des « Sonetz d'amour » (f. 30v) et participe au genre du blason à travers les « Cinq blasons des cinq contentemens en Amour » (f. 27v).
Ses thèmes sont également retranscrits au sein de dédicaces flatteuses, nécessaires pour vivre de son art, grâce tout d'abord à son protecteur, le roi Henri II, descendant du roi François , célèbre protecteur des Lettres. Maclou de la Haye lui consacre plusieurs pièces (épître, épigramme) au cours du recueil. Dans l’épître qu'il lui dédie, le poète exprime sa reconnaissance et le courage de son monarque tout en mettant en avant ces deux thèmes: « L’Aigre et le doulx, contraires ennemis, / En mesme saulce à tous les coups sont mis » (v. 1). La guerre sera perçue sous le prisme de la paix, pour chanter les gloires du souverain : « Tu n’orras point les bruyantes alarmes, / Canons tonner, crier, courir aux armes (v. 9) […] Mais tu orras doulcement soubz mon poulse / La doulce Paix que sur mon luth je pousse » (v. 14). Puis une reconnaissance à des poètes contemporains comme Pierre de Ronsard ou Joachim du Bellay, ce qui suggère l’insertion de Maclou de la Haye dans les milieux lettrés de son temps. Le recueil est riche aussi en remerciements pour Marguerite de Navarre, sœur de François Ier surnommée la Perle des Valois. Elle est l’une des femmes les plus instruites de son temps, ayant reçu une formation intellectuelle de grande qualité ; marquée par un humanisme italianisant structuré autour du latin, du grec et de la philosophie, elle fait de la cour de Nérac un foyer d’humanisme.
Notes et références
Bibliographie Éditions .
Études . . . . .
Ouvrages complémentaires . . . .
Liens externes
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