Laffaire du lycéen harcelé à Poissy est une affaire judiciaire française qui a pour origine le suicide par pendaison d'un lycéen de quinze ans, dans la soirée du à son domicile, dans les Yvelines, à la suite d'un harcèlement scolaire dénoncé à partir de l'automne 2022. L'affaire se caractérise par une première tentative de suicide en , dont les parents ont été informés en mars, les amenant à multiplier les démarches auprès de plusieurs administrations puis à annoncer plusieurs fois par écrit qu'ils se réservent le droit de porter plainte. L'affaire déclenche une polémique nationale et une réflexion sur le rôle des rectorats dans ce type d'affaire en raison d'un courrier envoyé par le rectorat de l'Académie de Versailles aux parents de la victime, jugé comminatoire et qui a été très fortement critiqué par de nombreuses personnalités politiques, jusqu'au ministre de l'éducation nationale Gabriel Attal et à la Première ministre Élisabeth Borne.
Faits Premier trimestre de l'année 2022-2023 En , le harcèlement d'un adolescent issu d'une famille des DOM-TOM, scolarisé en prépa-métiers au lycée professionnel des métiers Adrienne-Bolland à Poissy est signalé par écrit. Il avait « fait état de brimades et d’injures répétées de la part de plusieurs élèves nommément désignés ». Les faits ont commencé le , deux harceleurs s'en prenant à son physique, depuis deux ans selon son père, avec des insultes qui touchent toute la famille ou presque.
Tentatives du professeur principal Dans un premier temps, c'est le professeur principal de la classe de l'élève qui tente de trouver une solution durable, en acceptant de voir plusieurs fois le père de la victime mais sans y parvenirLe courrier des parents mentionnera "qu'il ne pouvait rien faire car l'altercation s'était déroulée pendant le temps de pause" et que "cela ne concernait pas l'établissement" , .
Première tentative de suicide Les parents découvrant par le psychologue qu'a vu leurs fils qu'il a effectué une tentative de suicide au début de l'année 2023, ils décident d'agir plus fermement et sont reçus le par la direction du lycée, qui auditionne aussi les deux jeunes accusés de harcèlement, dont les parents ont été contactés.
Multiples démarches des parents Le , la famille de la victime avise le service de harcèlement scolaire du ministère de l'Éducation nationale. Le collège conseille au jeune homme d'échanger avec les policiers municipaux, ce qu'il fait, et il est convenu qu'il aille avec son père déposer une main courante. C'est ce qu'il fait le , au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine, avec un policier ultramarin, comme le père de la victimeArticle dans Free Dom . Entre-temps, au cours du premier semestre 2023 et jusqu'à la fin de l'année scolaire, il a été reçu cinq fois par un conseiller principal d'éducation de son collège, afin de trouver une solution. Le , surlendemain de sa main courante, une assistante sociale avise le proviseur du collège qu'il se plaint toujours de la situation, « ressentie comme harcelante » et le un courrier des parents au proviseur signale que rien n'est encore réglé.
Réponse du proviseur Le proviseur répond par une lettre recommandée en date du , où il promet qu'un doit être mis en place sous quinzaine.
Dans ce courrier, il rappelle que des entretiens ont eu lieu avec les élèves concernés et que la victime a été consultée à de nombreuses reprises sur la situation, en précisant qu'aucun "fait de classe significatif" en lien avec elle, "n'a été remonté par l'équipe pédagogique depuis le ", date du dernier entretien avec les parents.
Dès le , un nouveau courrier des parents au proviseur lui répond car ils sont exaspérés par son et son manque d'implication. «Il est incompréhensible que vous puissiez laisser un adolescent subir une telle violence verbale et psychologique dans votre établissement sans réagir d’une quelque manière, aussi allons-nous déposer plainte et vous considérer comme responsable si une catastrophe devait arriver à notre fils», mettent-ils ainsi en garde.
Courrier contesté du rectorat de Versailles Le , c'est le rectorat de Versailles qui répond à ce courrier des parents du , par une lettre qui minimise le problème, parle d'un et menace d'accuser les parents de dénonciations calomnieuses envers la direction du lycée, en listant les peines de prison et amendes encourues. La lettre juge des propos des parents qui auraient l'attitude des personnels de l'établissement. (En , un autre "courrier type" similaire envoyé dans le cadre d'une autre plainte d'un parent d'élève, est révélé dans les médias).
Lorsque la mère de la victime lit cette lettre, son fils se trouve juste derrière et elle entre «dans une colère noire », s'inquiétant de . Selon la mère, son fils n’a plus été le même.
Changement d'établissement et suicide Le lycéen a changé d’établissement, effectuant sa rentrée dans un lycée professionnel du et le , en début de soirée, il met fin à ses jours à son domicile. Les tentatives de réanimation des secours arrivés en urgence échouent.
Dix jours après le suicide et après les funérailles de la victime, le courrier reçu par les parents le est rendu public par BFM TV. Son contenu déclenche un ..
Réactions Ami de la victime Au lycée de Poissy, juste après le décès de l'adolescent un mot sur le portail dit , posé par un adolescent de , qui a échangé plusieurs textos pendant l’été avec son ami depuis le primaire, le dernier étant envoyé, sans réponse, la veille du décès. Il n’avait plus eu de nouvelle de Nicolas depuis le , avant que ce dernier ne tente de l'appeler le , veille du drame. Il a ensuite tenté cinq fois de retourner son appel, mais sans pouvoir lui parler, juste avant sa mort, qu'il a apprise par la télévisionJeanne Le Borgne, le 7 septembre 2023 dans Paris-Match .
Parents , déplorent les parents le . Selon Le Parisien, un des deux n'était plus scolarisé au lycée de Poissy à la rentrée 2023. Ils précisent qu'ils porteront plainte en justice si l'enquête annoncée douze jours plus tôt confirme que c'est approprié.
Gouvernement Entre-temps, un décret ministériel a été publié à la mi-août instituant qu'un élève responsable de harcèlement scolaire pourra désormais être transféré dans une autre école, évitant d’imposer ce changement à celui qui en est victime. Ce décret étend « le champ de la procédure disciplinaire aux cas dans lesquels des élèves commettent des actes de harcèlement à l’encontre d’élèves situés dans un autre établissement ».
Le ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal et la Première ministre Élisabeth Borne réagissent en faisant part de leur « honte » concernant le courrier envoyé aux parents de la victime le par le rectorat de Versailles. Devant les recteurs réunis exceptionnellement, le ministre annonce qu'un . En , la secrétaire générale du gouvernement annonce à Charline Avenel, la rectrice de Versailles en poste au moment des faits, qu’elle n’aura pas de “sanction disciplinaire".
Opposition Dans l'opposition, le numéro un du Rassemblement national Jordan Bardella dénonce en matière de harcèlement scolaire, tandis que Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, estime, au journal télévisé de la télévision publique, que , en pointant Charline Avenel, rectrice de Versailles et camarade de promotion à l'ENA d'Emmanuel Macron.
Notes et références
Articles connexes
Harcèlement scolaire Affaire Marion Fraisse Affaire Thybault Duchemin Affaire Christopher Fallais
Catégorie:Septembre 2023 en France Catégorie:Affaire judiciaire en France Catégorie:Affaire judiciaire traitant du harcèlement scolaire Catégorie:Suicide par pendaison en France Catégorie:Enseignement secondaire en France