La pollution de l'eau en Haiti est devenue un enjeu considérable pour le pays. Les principales causes de cette pollution étant des déficiences majeures au niveau de la collecte des déchets solides et une absence ou dysfonctionnement des systèmes d'assainissements des eaux usées à travers le pays. En plus, l’accroissement considérable de la population couplé à une absence totale de planification urbaine par l’État entraîne une dégradation massive de l’environnement du pays tout en agissant sur la qualité de l'eau disponible . En conséquence, les eaux de surface et les eaux souterraines peu profondes sont de plus en plus contaminées par des micro-organismes comme les bactéries, les protozoaires et les virus exposant homme, femme et enfant au choléra, à la typhoïde, à la cryptosporidiose et toutes sortes de maladie d’origine hydrique.

Causes

Eaux usées non traitées Haïti ne dispose pas de système collectif pour la collecte et le traitement des eaux usées. L'assainissement, quand il existe, est de nature autonome : le particulier a la responsabilité de la gestion et évacuations des eaux qu’il produit. En conséquence, les eaux grises finissent généralement dans des canaux de drainage à ciel ouvert qui n'ont été dimensionnés que pour l’évacuation des eaux pluviales. D'autre part, lorsque les canaux de drainage n’existent pas, elles sont alors évacuées à même le sol à proximité des maisons, ce qui favorise la contamination par ruissellement et l'infiltration des eaux de surface et de la nappe phréatique.

Pour ce qui est des eaux noires le constat est accablant : en Haïti, seulement de la population a accès à des systèmes sanitaires améliorés, soit en milieu urbain et en milieu rural. Plus de la moitié de ces sanitaires n’ont pas été construits sur des fosses septiques et ils ne sont pas régulièrement vidangés. De plus, la vidange des systèmes sanitaires, quand elle se fait, est le plus souvent réalisée par des vidangeurs manuels et les excrétas sont tout simplement jetés dans des canaux ou dans des cours d'eau. En effet, le pays dispose d’un seul centre de traitement d’excrétas fonctionnel doté d’une capacité de par jour, pour une population de près d’habitants et une superficie de .

Autres Haïti a connu une croissance démographique considérable ces dernières années en plus d’une urbanisation non planifiée du milieu rural vers les espaces urbains, plus particulièrement vers la région métropolitaine de Port-au-Prince, ce qui entraîne la formation de nombreux bidonvilles dépourvus de tout accès aux services les plus basiques. Or, ces espaces sont de grands producteurs de déchets solides qui finissent généralement dans les ravines, les coins de rue, au bord des routes et d’autres espaces ouverte. En effet, des études réalisées sur la problématique de la gestion des déchets à Port-au-Prince ont montré que des ménages les plus pauvres utilisaient les ravines comme lieu d’élimination des déchets.

Toutes ces mauvaises pratiques d’assainissement combinées à des aquifères peu profonds et des roches fracturées entraînent la contamination généralisée, soit par ruissellement et/ou infiltrations d’effluents pollués, des ressources en eaux souterraines et de surface du pays.

Qualité de l’eau Aucune enquête récente n’a été réalisée au niveau national sur la qualité de l’eau utilisée au quotidien par la population. Cependant, selon une enquête réalisée en dans le Département de l'Artibonite, sur 108 sources testées pour la qualité de l’eau, 2/3 d’entre elles présentaient des traces d'Escherichia coli et avaient une concentration de plus de /, qui sont des niveaux de très haut risque pour la santé humaine.

D'autres études réalisées dans les trois principales villes du pays, à savoir Port-au-Prince, Cap-Haïtien et Les Cayes, ont démontré la présence de micro-organismes de type Giardia et Cryptosporidium à des niveaux dangereux pour la population. En effet, des valeurs de 4 à oocystes de Cryptosporidium et de 741 à oocystes de Cryptosporidium ont été retrouvés à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien, dans les eaux destinées à l’usage par la population.

La présence de ces micro-organismes dans les eaux d’Haïti sont des marqueurs de pollution fécale.

Conséquences Les maladies d’origine hydriques telle la diarrhée, le choléra, la cryptosporidiose entre autres, sont très fréquentes dans le pays. Elles présentent en ce sens, un risque sanitaire élevé, pour les plus vulnérables.

Les maladies contagieuses, comme la diarrhée et celles dont la malnutrition est la conséquence, tuent respectivement et des enfants âgés de 0 à . La cryptosporidiose est une cause fréquente de diarrhée en Haïti. Elle est responsable de des diarrhées aiguës affectant les enfants de moins de et des diarrhées chroniques affectant les personnes atteintes du VIH.

Entre et , une épidémie de choléra introduit par des soldats népalais a engendré le décès de près de et en a contaminé plus de , pour connaître une résurgence dans le pays en dans des conditions politiques, sécuritaires et environnementales très critiques.

Liens externes

Références

Bibliographie

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