Le français utilise plusieurs signes et lettres diacritiques, dont les cinq signes courants que sont l'accent aigu, l'accent grave, l'accent circonflexe, le tréma (signes diacritiques suscrits) et la cédille (signe diacritique souscrit).
Onomastique en France
La langue française, accueillant traditionnellement les mots étrangers dans leur orthographe d’origine, pourvu bien sûr que cette orthographe soit en caractères latins, a vu apparaître, avec les nouvelles techniques typographiques, des signes diacritiques issus essentiellement de travaux de translittération. Entrant en contradiction avec la volonté actuelle de simplification de l’orthographe, cette tendance, qu’avait suivie par exemple Larousse, a été stoppée par l’arrêté du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales. Larousse a adapté son orthographeAinsi, l'encyclopédie Larousse mentionne les orthographes suivantes pour la capitale japonaise : Tokyo en 1936, Tōkyō en 1980 et 1993 puis à nouveau Tokyo depuis 2003..
Patronyme en France
L’orthographe des noms de famille (patronymes) en France est régie par plusieurs textesAccentuez mon nom, Les lois, notamment par la loi du 6 fructidor de l’an II (principe d’immuabilité du nom) et par l’Instruction générale relative à l'état civil (IGREC) du (JORF du 28/07/1999) qui a pour objet de décrire dans le détail la forme que doivent avoir tous les actes concernant l’état civil, en particulier l’article 106 pour les noms de famille, les prénoms et les noms de lieux :
Ce fondement juridique ne mentionne pas le tréma – le terme « points » concerne sans doute les points sur les i et j minuscules et les points du trémaLa circulaire du 10 juillet 1987, modifiant la précédente instruction du 21 septembre 1955, dans son article 112, précise clairement . –, et ne précise pas les accents qu'il évoque.
La circulaire du Légifrance précise les caractères à utiliser dans les actes de l'état civil :
Le fait de qualifier d'« équivalents » suppose que les ligatures Æ et Œ seraient systématiquement traitées en AE et OE, qu'elles deviennent donc optionnelles et que l'aspect linguistique n'est plus pris en compte. En outre, les voyelles Ä et Ö ne sont pas des voyelles propres à la langue française, elles sont présentes dans plusieurs mots empruntés de l’allemand ou d’autres languesLes voyelles ä et ö ont été utilisées anciennement par certains auteurs, par exemple dans la graphie de Ronsard, ou les graphies ou ..
De plus, cette circulaire ajoute :
Par ailleurs, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) applique depuis ., pour tous ses correspondants informatiques, des normes respectueuses de l’orthographe des noms (espaces de noms pour des schémas d’applications XMLInsee, exemple module Mariage et le cahier des chargesInsee, Cahier des charges pour la transmission dématérialisée des bulletins d’état civil Annexe 6, Règle R1, page 16) :
Deux lettres ÿ et ŸL'Insee gère également ces deux lettres particulières en toponymie (COG)., figurent dans quelques noms propres : Balaÿ, Baÿ, Boulennoÿ, Croÿ, Delannoÿ, Demenÿ, Du Faÿ, Faÿ, Fuÿe, Ghÿs, Lannoÿe, Linÿer, Nicolaÿ, Nouÿ, Ysaÿe (voir infra).
Toponyme en France
Pour les toponymes, les noms de pays et de villes étant des noms propres, il est recommandé par l’arrêté référencé ci-après de respecter la graphie locale en usage, translittérée ou non. Selon cet arrêté obligatoire uniquement pour les fonctionnaires en France, les signes diacritiques particuliers ne sont pas portés s'ils n'existent pas dans l'écriture du français.
En ce qui concerne l'orthographe exacte des noms de lieux français, la Commission nationale de toponymie a recensé dans une recommandation du les autorités compétentes pour les fixer avec leurs répertoires officiels, selon la catégorie à laquelle ils appartiennent. En particulier, la liste officielle des communes françaises se trouve dans le Code officiel géographique (COG) fourni par l'INSEE — voir le lien externe plus bas. Ainsi, ce code mentionne officiellement la lettre ÿ en France dans le nom de quatre communes : Faÿ-lès-Nemours, L'Haÿ-les-Roses, Moÿ-de-l'Aisne et Aÿ-Champagne.
Majuscules
Pour simplifier les premiers claviers des machines à écrire, la dactylographie a alors renoncé à la possibilité d’écrire les majuscules avec leurs diacritiques. Beaucoup de gens pensaient donc que l’usage en était facultatif ou même ne concernait que les minuscules comme le point du i et du j.
L’Académie française rappelle que .
Combinaisons
Les diacritiques se combinent aux lettres différemment selon les langues, certaines associations n'existant tout simplement pas. + Combinaisons Lettre Accentaigu Accentgrave Accentcirconflexe Tréma Cédille Ogonek Barreinscrite Caron Pointsuscrit Pointsouscrit Macron Tilde A a B b C c Ć existe en serbo-croate et se retrouve dans des patronymes comme . Ĉ est utilisé en espéranto. C̨ c̨ Ċ existe en maltais, par exemple dans ou . E e I i J j J̀ j̀ Ĵ est utilisé en espéranto. J̧ j̧ J̨ j̨ L l L̀ l̀ L̈ l̈ Le Ļ et le Ņ en letton notent la palatalisation. L̨ l̨ L̇ l̇ ḷ est utilisé en pali, par exemple (chat). L̄ l̄ L̃ l̃ N n N̨ n̨ ꞥ était utilisé en letton avant 1921. ṅ est utilisé en venda () et en douala (). n̄ est utilisé en vurës, par exemple dans (ouragan) ou (jardin) ainsi qu’en cheke holo, par exemple dans (porte) ou (mur). O o ȯ est utilisé en cheyenne, par exemple dans (cou) ou (nid). S s Ŝ est utilisé en espéranto. Ş est utilisé en turc et en roumain. S̨ s̨ S̃ s̃ T t T̂ t̂ Le T cédille (qui existe aujourd’hui en roumain) a été proposé plusieurs fois en français pour représenter la lettre T lorsqu’elle se prononce []. T̨ t̨ T̄ t̄ U u Y y Y̌ y̌ Z z Le Z cédille est utilisé dans la romanisation GENUNG de l’arabe et du persan, et la romanisation BGN/PCGN de l’afghan, de l’arabe, du baloutche, de l’ourdou, du pachto, et du persan. Z̨ z̨ Légende des couleurs : En , selon le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, 2002, page 102, limite les « lettres accentuées en français » (en minuscules uniquement), auxquelles il faut ajouter l’apostrophe. En , les lettres diacritées moins courantes, mais présentes dans au moins un dictionnaire francophone. En , les lettres diacritées totalement absentes du français, mais existant dans d’autres langues ou dans certaines romanisations. En , les lettres inexistantes et absentes de toutes les langues. Par exemple, n’existe dans aucune langue. En Unicode, elles ne sont pas précombinées (elles n’existent pas seules) et doivent être composées (en accolant la lettre et le diacritique).
Le tréma est parfois utilisé pour les lettres a, o, u et y : la lettre ä se retrouve dans (pluriel de Land, en allemand) ; de même, la lettre ö est présente dans angström, plus rarement on trouve föhn (avec la variante foehn) la lettre ü se retrouvePour une liste plus complète, vous pouvez consulter la catégorie U avec un tréma en français sur le Wiktionnaire. : dans quelques noms communs : capharnaüm, crapaüter, haüyne, hübnérite ; dans certains noms propres : Bienvenüe, Roüan, , etc. ; dans de nombreux mots français suivant l’orthographe de 1990 : aigüe, argüer, cigüe, gageüre, etc. ; dans des emprunts étrangers : volapük, würm ; le ÿ ne figure pas dans la liste des diacritiques utilisés en français, mais figure parmi les toponymes cités dans le Lexique. On retrouve un tréma sur le y dans des noms propres comme : les toponymes Aÿ, Moÿ-de-l'Aisne, Faÿ-lès-Nemours, et L'Haÿ-les-Roses, Mareuil-sur-Aÿ, Fontaine-sur-Aÿ (tous en France), Freÿr (en Belgique) ; à Paris : rue des Cloÿs, passage des Cloÿs (cloÿs vient de l'ancien français claye – clôture) ; dont les toponymes issus de patronymes : rue Lecomte-Du-Nouÿ, rue Pierre-Louÿs (à Paris), avenue Eugène Ysaÿe (à Bruxelles) et l’île de Croÿ (dans les îles Kerguelen), rue Frédéric Faÿs à Villeurbanne, quai Jaÿr dans le de Lyon ; les patronymes : les pharaons Aÿ et Aÿ, Ghÿs, de Croÿ., Caÿstros, etc. ; dans le prénom Loÿs, porté notamment par Loÿs Papon et Loÿs Pétillot. les pseudonymes : Pierre Louÿs (Pierre Félix Louis), Ismaÿl Urbain (Thomas Urbain Apolline) et Loÿs Prat (Louis Joseph Prat).
On trouve d’autres signes diacritiques dans certains dictionnaires francophones pour les termes d’origine étrangère : le n tilde pour les termes d’origine espagnole comme « cañon »Lemme Lemme canyon (avec la variante cañon), Le Robert Dico en ligne, « señor », « piñata »Lemme pinata ou piñata, Le Robert Dico en ligne, « doña ». Le n non tildé en est une variante courante ; le a rond en chef dans « ångström » (possédant deux variantes angström et angstrœm) ou « bokmål » ; le macron, comme dans « Tōkyō » ou « devanāgarī » ; l’ogonek, comme dans « Lech Wałęsa » ; la barre inscrite, comme dans « Øresund » ; le hatchek ou caron, comme dans « háček » lui-même, « Korčula », « Prešov » ou « Žilina » ; la brève, comme dans « », « Brăila » ou « Đà Nẵng ».
Lettres diacritiques
Le français utilise aussi pour son orthographe deux lettres dans une fonction diacritique C/CH, G/GU sans compter l’utilisation du H dans les mots d’origine grecque.
Le trait d'union a aussi une fonction diacritique.. Par exemple, il distingue les adjectifs numéraux : mille-cent-vingt septièmes (1120/7) ; mille-cent vingt-septièmes (1100/27) ; mille cent-vingt-septièmes (1000/127) ; mille-cent-vingt-septième (1127).
Ou bien des doublets comme et .
L’apostrophe a également une fonction diacritiqueApostropheAlphabet français diacritique adscrit dans les patronymes : Michel de L'Hospital, Pierre Alexis Ronarc'h, Jean-Ernest Odend'hal et dans les toponymes : l'Aber-Wrac'h, Plouezoc'h, Plourac'h, etc. (le trigramme c'h venant du breton).
Codage informatique
L’ASCII n'inclut aucune lettre diacritée. Il inclut trois caractères qui peuvent être utilisés comme diacritiques : l'accent circonflexe, l'accent grave et l'apostrophe droite, qui peut servir d'accent aigu.
La norme de codage ISO/CEI 8859-1 (dite aussi latin-1), bien que prévue pour coder notamment le français, ne dispose pas des lettres « œ », « Œ » et « Ÿ ». La norme ISO/CEI 8859-15 ajoute ces trois caractères.
Unicode est une des seules normes de codage à disposer de toutes les lettres utilisées en français.
Sur les dispositions de claviers francophones (AZERTY, bépo ou dvorak-fr), les caractères diacrités les plus fréquents du français comme « é », « è », « à », « ù » ou « ç », sont accessibles en direct et les autres lettres diacritées sont saisies grâce à des touches mortes (touche morte puis lettre donne la lettre diacritée). Lorsque les caractères n’existent pas dans la disposition utilisée, il faut passer par une table de caractères ou encore par l’utilisation d’Alt codes.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Diacritiques de l'alphabet grec Diacritiques de l'alphabet latin Lettres supplémentaires de l'alphabet latin Arrêté français du 4 novembre 1993 relatif à la terminologie des noms d'États et de capitales Usage des majuscules en français
Liens externes Recommandation du 16 février 2018 Susan Baddeley, Du manuscrit à l'imprimé : le changement de support et ses répercussions sur le langage Université de Poitiers - Édition électronique - Réseaux Humains / Réseaux Technologiques. Code officiel géographique de l’Insee Dictionnaire des abréviations françaises
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