La Coupe de France de football est une compétition de football à élimination directe, organisée annuellement par la Fédération française de football (FFF) et ouverte à tous les clubs qui lui sont affiliés jusqu'au dernier niveau amateur, y compris ceux d'outre-mer.

À sa création en 1917, la compétition prend le nom provisoire de Coupe Charles-Simon en attendant la fin de la Première Guerre mondiale. La Coupe reprend ce nom pendant la Seconde Guerre mondiale entre 1940 et 1944. En 2025, parrainée par le Crédit agricole, elle devient pour trois ans la « Coupe de France - Crédit Agricole »..

La compétition est créée pour soutenir l'unité du pays en proie à la Première Guerre mondiale, dans l'esprit de l'Union sacrée. Toutes les fédérations existantes, en lutte d'influence depuis le milieu des années 1900, mettent leurs vieux différends de côté et y participent, sous l'égide du Comité français interfédéral (CFI). Son nom provisoire est un hommage à Charles Simon, le secrétaire général du au déclenchement de la guerre, mort pour la France en 1915. Sa première édition est remportée en 1918 par l'Olympique, club de la Ligue de football association.

La compétition, reprise en 1919 par la Fédération française de football association nouvellement créée, et désormais appelée « Coupe de France », reste la seule compétition française d'envergure jusqu'à la création du championnat de France en 1932, son vainqueur étant régulièrement qualifié de « champion de France » par la presse. Le Red Star FC et l'Olympique de Marseille l'emportent trois fois pendant cette période.

Malgré la concurrence du championnat, la Coupe a conservé toute son importance, notamment grâce au gain d'une place qualificative pour la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe de 1961 à 1998, puis pour la Ligue Europa depuis 1999. Les surprises qu'elle engendre, lorsqu'un club professionnel est éliminé par un club amateur, sont entrées dans le folklore et font le « charme de la Coupe ».

Son palmarès est notamment marqué par un premier triplé du Red-Star entre 1921 et 1923 puis celui du LOSC Lille entre 1945 et 1947, un quadruplé du Paris Saint-Germain entre 2015 et 2018 (club le plus titré avec seize trophées), par les victoires du Havre AC en 1959 et de l'En avant de Guingamp en 2009 (seuls clubs de deuxième division à avoir remporté la Coupe) ou encore par l'aventure du Calais RUFC, club de quatrième division arrivé en finale en 2000.

La compétition se déroule actuellement en huit tours préliminaires avant l'entrée des clubs de Ligue 1 en de finale. La finale se déroule traditionnellement à Paris ou dans sa banlieue (au Stade de France depuis 1998) et en présence du président de la République depuis 1927.

Antécédents Trophée de France

Le Trophée de France, disputé chaque année entre 1907 et 1914 sous l'égide du Comité français interfédéral (CFI), met aux prises en fin de saison le champion de chacune des fédérations qui le composent.

Coupe de France 1916

En 1916, un tournoi est organisé selon le format du Trophée de France. La presse spécialisée.... et généraliste. de l’époque l'appelle « Coupe de France ».

Histoire

Création vignette|La Coupe de France de football est créée au 5 place Saint-Thomas d'Aquin, le 15 janvier 1917.

La compétition actuellement connue sous le nom de « Coupe de France » est créée le au 5, place Saint-Thomas-d'Aquin à Paris dans les locaux de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF).. par le Comité français interfédéral (CFI, ancêtre de la Fédération française de football) sous l'impulsion d'Henri Delaunay, secrétaire général dudit CFI et de la FGSPF.. L'événement, dont le but est d'affirmer l'unité du pays et d'aider au développement de la jeunesse, est soutenu financièrement par la maison Hachette qui s'engage par contrat au versement de 5 000 francs pendant cinq ansCinquantenaire de la Coupe de France de football (1917-1967), Paris, Amphora, 1967, pages 18 et 27-28 via le magazine Lectures pour tous.. Pour des raisons mémorielles"Le temps que la France redevienne toute la France", en ces temps de guerre - L'Écho d'Alger, 28 avril 1917., elle reçoit le nom de Coupe Charles-Simon. en mémoire du fondateur du CFI, Charles Simon, tombé au champ d'honneur en 1915 et dont Henri Delaunay a repris les fonctions.. Le trophée, offert par le docteur Paul Michaux, président de la FGSPF, est créé en 1917 par un ouvrier joaillier de Ménilmontant, .

vignette|Finale Coupe de France 1919-1920 opposant le CA Paris et le Havre AC.

À l'image de l'Union sacrée, alors de mise durant la Première Guerre mondiale, cette compétition est ouverte à tous les clubs membres des quatre fédérations régissant alors le football en FranceCollectif, « La Coupe a 50 ans », Les Cahiers de l'Équipe, 1967 (p. 3).. Cette ouverture fait une partie du charme de l'épreuve qui rassemble 48 clubs à sa première édition en 1917, plus de en 1949 et plus de en 2013.. En 1919, la Coupe Charles-Simon est reprise par Fédération française de football association nouvellement créée et adopte alors définitivement le vocable de Coupe de France en conservant jusqu'à ce jour le même objet d'art comme trophée.

vignette|Dans un véritable derby, le Red Star affronte l'Olympique de Paris en demi-finale de la Coupe de France 1922-1923 au stade Pershing à Paris. Paul Nicolas (au centre) et ses coéquipiers s'imposent par 1-0.|alt=Photo d'une action de jeu d'un match de football.

Les exigences pour participer à l'épreuve sont minimalistes : être licencié à la fédération, payer les droits d'inscription de l'épreuve et disposer d'un terrain homologué. C'est ce dernier point qui pose un problème aux deux tiers des clubs français, non inscrits. Les « grands clubs » tentent, dès les années 1920, de limiter l'accès à l'épreuve à une élite élargie comme pour le modèle anglais mais la fédération reste inflexibleLe Ballon Rond, , 29 mars 1921 (p. 2) Première tentative dans ce sens en mars 1921, par le FC Cette qui propose d'exempter les grands clubs des tours préliminaires et de limiter l'entrée en lice aux seuls clubs inscrits en championnat.. L'inflation du nombre d'inscrits oblige l'organisation à mettre en place des tours préliminaires avant les trente-deuxièmes de finale. Un premier tour préliminaire est ajouté lors de l'édition 1919-1920 puis un deuxième dans l'édition 1920-1921.

vignette|Le président de la République Albert Lebrun saluant les joueurs du RC Strasbourg lors de la finale de 1937 au stade Yves-du-Manoir de Colombes.

Les surprises historiques de la coupe Les rencontres opposant les professionnels et les amateurs produisent régulièrement des surprises mettant alors en lumière un petit club, surnommé « Petit Poucet » ou « Cendrillon » de la Coupe de France. Lorsque cette situation se présente, on parle souvent de la « magie de la coupe » pour qualifier le fait que des équipes de divisions inférieures parviennent sur un match à mettre en difficulté des équipes théoriquement supérieures.

Ainsi, l'Entente Sportive Périgueux/Strasbourg formée en 1939, lorsque des milliers d'Alsaciens se sont réfugiés en Périgord pour fuir la guerre. Composée de joueurs non mobilisés des clubs strasbourgeois et Périgordins associés à des militaires stationnés dans la région et présidée par Paul Wolff, elle est autorisée à disputer deux compétitions : la Coupe de France de guerre et le Championnat de Dordogne. Le , l'Entente élimine les Girondins de Bordeaux en de finale de la Coupe dans l'antique stade des Chartrons de Bordeaux devant plus de . Elle s'incline en de finale face au FC Sète mais il reste de cet exploit une carte postale signée par tous les joueurs au soir de la victoire et un article du magazine Football qui souligne : Le , l'Entente remporte 4 à 0 la finale du Championnat de Dordogne à Périgueux..

vignette|Le club amateur algérien d'El Biar, vainqueur contre le club professionnel du Stade de Reims en 1957 au Stadium de Toulouse.

Le , le club algérien du SCU El Biar élimine le Stade de Reims, finaliste de la précédente coupe des clubs champions européensCollectif, La Coupe de France de football de Jean-Michel Cazal, Pierre Cazal et Michel Oreggia, 1993 (p. 164).. D'autres formations amateures ont éliminé des équipes professionnelles, parmi lesquelles l'US Quevilly qui est finaliste en 1927, puis victorieux en huitième de finale de l'Olympique lyonnais en 1968 avant d'enchaîner deux séries mémorables en trois ans : en 2010 face au Angers SCO, au Stade rennais FC et à l'US Boulogne avant de perdre en demi-finale 1-0 contre le Paris Saint-Germain; puis en 2012 face au Angers SCO, à l'Olympique de Marseille et au Stade rennais FC avant d'échouer 1-0 contre l'Olympique lyonnais en finale.

Cependant depuis les débuts de la Coupe de France, seuls Le Havre AC (Division 2) en 1959 et l'En avant de Guingamp (Ligue 2) en 2009 l'ont gagnée en étant pensionnaires d'une division inférieure.

De son côté, la Ligue de football professionnel se dote d'une coupe : la Coupe de la Ligue, réservée aux seuls clubs professionnels. Ces derniers participent toujours à la Coupe de France, beaucoup moins dotée que sa concurrente mais beaucoup plus prestigieuse. Le fait de voir des amateurs affronter des professionnels conduit « mécaniquement » l'opinion publique à prendre la plupart du temps fait et cause pour les amateurs lors de ces matchs, comme ce fut le cas lors de l'épopée du Calais RUFC en 2000. Guy Lacombe, entraîneur du club professionnel de l'AS Monaco, s'est énervé publiquement de cette logique en 2011 après l'élimination de son équipe par le Stade olympique de Chambéry en de finale (aux tirs au but), match où son équipe s'est vu refuser deux buts selon lui valables. Il a notamment qualifié la compétition de , estimant qu'.

Déroulement de la compétition La compétition est répartie en treize tours plus une finale où chaque division entre une à une en jeu. : les clubs de districts départementaux (à partir de Départemental 1) entrent au premier tour, sauf exception selon le nombre de clubs par district ; les clubs de ligues régionales (De Régional 1 à Régional 3) entrent au deuxième tour, sauf exception selon le nombre de clubs par Ligue ; les clubs de National 2 entrent en compétition au troisième tour ; les clubs de National 1 entrent en compétition au quatrième tour ; les clubs de Ligue 3 entrent en compétition au cinquième tour.

Ces six premiers tours sont organisés par les Ligues régionales. Chaque Ligue dispose d'un nombre de qualifiés (stable depuis plusieurs années) définis en fonction du nombre de clubs engagés et du nombre d'équipes participant à des compétitions nationales. En fonction de cette répartition, elles gèrent l'organisation des six premiers tours, parfois avec un tour préliminaire :

Auvergne-Rhône-Alpes : 19 Bourgogne-Franche-Comté : 7 Bretagne : 14 Centre-Val de Loire : 4 Corse : 2 Grand Est : 21 Hauts-de-France : 20 Méditerranée : 5 Normandie : 8 Nouvelle-Aquitaine : 12 Occitanie : 11 Paris-Île-de-France : 11 Pays de la Loire : 11 Guadeloupe : 2 Guyane : 2 Martinique : 2 Mayotte : 1 Réunion : 2 Nouvelle-Calédonie : 1 Tahiti : 1

les clubs de Ligue 2 et d'outre-mer entrent en compétition au septième tour ; les clubs de Ligue 1 ainsi que le tenant du titre, s'il n'évolue pas en Ligue 1, entrent en compétition au neuvième tour (trente-deuxièmes de finale).