Shams al-Din Juvayni est un vizir persan de la dynastie mongole de l'Ilkhanat de Perse au . Il sert successivement sous 4 Ilkhans : Houlagou, Abaqa, Ahmad Teküder et Arghoun. Il est mécène des artistes et des savants.
Biographie On ne connaît presque rien de son enfance, on ignore sa date de naissance. Son père, Bahāʾ-al-Din Moḥammad, occupe la fonction de saheb-e divan (équivalent de ministre des finances) auprès de Jentemor, gouverneur mongol du Khorasan vers 1232. Il est le frère cadet d'Ata-Malik Juvaini, tous deux descendants d'Abu Maali al-Juwayni.
En 1262, il est nommé grand vizir (premier ministre) d'Hulagu Khan, qui vient de conquérir Bagdad. Sous le règne du fils et successeur d'Hulagu, Abaqa Khan, à partir de 1265, il exerce la fonction de saheb-e divan. Il participe à la campagne d'Anatolie destinée à réprimer une rébellion en 1277. Il fait nommer son fils Sharaf al-Din Arun gouverneur d'Anatolie, et rentre en Perse. Il fait nommer un autre de ses fils, Baha el-Din Muhammad, gouverneur d'Eraq-e Ajam (Iraq persan), tandis que son frère Ata Malik est gouverneur de Bagdad depuis 1259. C'est un personnage influent, sa position lui permet de s'enrichir, par le biais de ses terres mais aussi du commerce.
Ce prestige lui vaut des inimitiés. Il se heurte à la rivalité de Madjd al-Mulk Yazdl. Celui-ci calomnie les frères Juwayni. Ata Malik est emprisonné. Shams al-Din perd la faveur d'Abaqa, qui l'oblige à partager son pouvoir avec Yazdi. La mort d'Abaqa en 1282 est l'occasion de se défaire de son rival qu'il fait exécuter. Dans le conflit de succession qui oppose Takudār, converti à l'islam sous le nom d'Ahmad, à Argun, il prend parti pour le premier, qui devient ilkhan en 1282. À la mort de son frère Ata Malik, en 1283, il nomme son fils Harun comme son successeur à Bagdad. Mais Ahmad est bientôt écarté du pouvoir par Argun en 1284. Shams al-Din fuit à Ispahan avec l'idée de gagner l'Inde mais se ravise et obtient, pour un temps, la grâce de l'ilkhan.
Il est mis à mort le 16 octobre 1284, près d'Ahar, en Azerbaïdjan. Harun et plusieurs de ses frères sont exécutés à leur tour, sur les ordres d’Arghoun, en 1286. Shams al-Din est inhumé aux côtés de son frère et de ses enfants au cimetière Cherendab près de Tabriz. alt=Tegüder (Ahmad) et Shams al-Dîn Djuvaynî|vignette|Tegüder (Ahmad) et Shams al-Dîn Djuvaynî Les deux frères sont en général décrits comme chaféites, comme leur ancêtre le théologien Abu Maali, mais on leur prête parfois des tendances chiites.
Mécénat Shams al-Din Juwayni est le protecteur de théologiens et de poètes. Saadi lui dédie des qasidas, Majd-al-Din Hamgar fait son éloge. Il est proche de Nasir al-DIn Tusi qui lui dédie une de ses œuvres, de même que Fakhr al-Din Iraqi. Il écrit lui-même des vers, en arabe et en persan. On a conservé de lui des textes officiels.
Son fils Sharaf al-Din Harun est musicien, formé par Ṣafī al-Dīn al-Urmawī, dont la Resāla-ye šarafiya lui est dédicacée.
Notes et références
Bibliographie .
Voir aussi
Articles connexes
Ata-Malik Juvayni
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