Les raies ou batoïdes (Batoidea ou Rajomorphii) sont un super-ordre de poissons cartilagineux caractérisés par un corps aplati, de grandes nageoires pectorales solidaires du tronc et des fentes branchiales ventrales. Le super-ordre contient près de 500 espèces réparties en treize familles.
Un tiers des espèces de raies est aujourd'hui en voie d'extinction, principalement en raison de la surpêche.. Ainsi, en mer Méditerranée une récente étude internationale a conclu que seules 38 espèces de raies y subsistaient encoreGuide of Mediterranean Skates and Rays. Oct. 2022. Mendez L., Bacquet A. and F. Briand..
Description vignette|upright=1.5|Un poisson-scie trident dans l’aquarium de Géorgie. Les raies se distinguent par leur corps plat avec des nageoires. La plupart des raies ont cinq fentes branchiales ventrales, les Hexatrygonidae en ont six. Les fentes se trouvent sous les nageoires pectorales sur la face inférieure, tandis que celles des requins se situent sur les flancs. La plupart des raies ont un corps fortement aplati avec de grandes nageoires fusionnées avec le tronc formant un disque, ovale, rond, triangulaire ou cunéiforme, à l'exception des poissons-scies et des raies-guitares, tandis que la plupart des requins ont un corps fuselé. De nombreuses espèces de raies ont développé leurs nageoires pectorales en larges appendices en forme d'aile. La nageoire anale est absente. Les yeux et les spiracles sont situés sur le dessus de la tête. Les raies ont une bouche ventrale et peuvent considérablement avancer leur mâchoire supérieure (cartilage palatoquadrate) loin de la boîte crânienne pour capturer leurs proies. Les mâchoires ont une suspension de type hyostylique, qui repose entièrement sur les cartilages hyomandibulaires de soutien. Les raies benthiques respirent en aspirant l'eau par leurs stigmates, plutôt que par la bouche comme la plupart des poissons, l'eau est ensuite expulsée par les branchies.
Certaines espèces disposent d'un dard dont les piqûres sont souvent douloureuses et parfois mortelles pour l'Homme.
Histoire évolutive
Comportement vignette|Raie des Antilles. vignette|Raie à Saint-Martin. Les raies mobula peuvent se rassembler en groupes denses de centaines d'individusMobula Rays belly flop to attract a mate Shark: Episode 2 Preview - BBC One., elles peuvent bondir hors de l'eau en effectuant des sauts de plusieurs secondes dans l'airFlying stingrays in Costa Rica ; (Raies volantes) au Costa Rica, Kanaal van Lousnellebrand, vidéo consulté 2016-09-23, sur Youtube. ou l'équivalent de sauts périlleux
Écologie Reproduction
Comme tous les élasmobranches, les raies ont une fécondation interne. Ce mode est avantageux car il économise le sperme et n'expose pas les œufs aux prédateurs, toute l'énergie impliquée dans la reproduction est conservée et ne se perd pas dans l'environnement. Certaines raies sont ovipares (ponte d’œufs) tandis que d'autres sont ovovivipares, elles donnent naissance à des juvéniles qui se développent dans un utérus, mais sans placenta. Chaque œuf est contenu dans une capsule très résistante appelée communément bourse de sirène. Plusieurs mois après la ponte, une juvénile va en sortir.
Alimentation La plupart des raies ont développé de larges dents arrondies pour écraser les coquilles des espèces benthiques comme les gastéropodes, les palourdes, les huîtres, les crustacés et des poissons, selon les espèces. Seules les raies manta se nourrissent de plancton en filtrant l'eau avec leurs branchies.
Répartition et habitat vignette|Une raie abyssale (Bathyraja abyssicola) aux Galapagos. La plupart des espèces sont benthiques (proches du fond) et vivent dans une grande variété de régions géographiques . La plupart des raies ont une répartition cosmopolite, préférant les milieux marins tropicaux et subtropicaux, bien qu'il existe des espèces d'eaux tempérées et froides. Seules quelques espèces, comme les raies manta, sont pélagiques (vivant en mer en pleine eau et plus près de la surface), tandis que certaines raies peuvent vivre dans les estuaires saumâtres et les baies.
Seulement quelques espèces de raies vivent exclusivement en eau douce, et notamment des espèces géantes : ainsi,
Étymologie et dénominations
Toutes les espèces ne comportent pas le terme « raie » dans leur nom vernaculaire, c'est le cas par exemple des pocheteaux.
Systématique thumb|upright=1.1|Raie bouclée (Raja clavata). thumb|upright=1.1|Raie papillon à queue courte (Gymnura micrura). thumb|upright=1.1|Raie pastenague américaine (Dasyatis americana). Taxinomie La classification des raies est en cours de révision. Toutefois, des preuves moléculaires réfutent l'hypothèse que les raies dérivent des requins. Fishes of the World de Nelson, 2006, et reconnaissent quatre ordres. super-ordre des Batoidea ordre des Myliobatiformes (Raie pastenague, Raie manta…) — (incorporé dans Rajiformes par FishBase) famille des Dasyatidae Jordan, 1888 famille des Gymnuridae Fowler, 1934 famille des Hexatrygonidae Heemstra et Smith, 1980 famille des Mobulidae Gill, 1893 (fondu par FishBase dans les Myliobatidae) famille des Myliobatidae Bonaparte, 1838 famille des Plesiobatidae Nishida, 1990 famille des Potamotrygonidae Garman, 1877 famille des Urolophidae Jordan et Evermann, 1896 famille des Urotrygonidae Müller et Henle, 1841 ordre des Pristiformes (Poisson-scie) famille des Pristidae Bonaparte, 1838 ordre des Rajiformes (Raies, Raies-guitares...) famille des Anacanthobatidae von Bonde & Swart, 1923 famille des Arhynchobatidae Fowler, 1934 famille des Crurirajidae Hulley, 1972 famille des Rajidae de Blainville, 1816 famille des Rhinobatidae Bonaparte, 1835 famille éteinte des Cyclobatidae Bonaparte, 1835, raies préhistoriques du Crétacé supérieur ordre des Torpediniformes (Raies électriques) famille des Hypnidae Gill, 1862 (espèces parfois placées dans les Torpedinidae) famille des Narcinidae Gill, 1862 famille des Narkidae Fowler, 1934 (espèces parfois placées dans les Narcinidae) famille des Torpedinidae Bonaparte, 1838
Les Myliobatiformes ont une silhouette en losange, une longue queue pourvue d'un aiguillon venimeux, des lobes pelviques formés d'un seul lobe et sont généralement vivipares. À l'inverse, les Rajiformes ( en anglais) ont un museau prononcé contenant de petites dents pointues, une queue courte et épaisse surmontée d'une nageoire dorsale, un arrière épineux (pour la protection) et sont généralement ovipares. Les Torpediniformes, enfin, ont une tête discoïdale suivie d'un corps peu aplati et surmonté de plusieurs dorsales.
Les raies et l'homme thumb|upright=1|Raie manta océanique, de face (Manta birostris). Espèces menacées Les raies, à durée de vie longue et à la reproduction lente, sont très sensibles à la pression humaine. Les derniers rapports de l'UICN sont alarmants : 26 % de ces espèces friseraient l'extinction dans l'Atlantique Nord, contre 42 % en Méditerranée, considérée aujourd'hui comme une des zones les plus dangereuses au monde pour cette faune en raison d'une surpêche alarmante, qu'elle soit accidentelle ou ciblée. À l'échelle internationale, la législation limitant la capture de ces poissons est quasi inexistante.
Les ailes de raie sont consommées par l'Homme. La pêche au chalut, la surpêche, la pollution marine, la pêche électrique (interdite en Europe car ayant montré des effets négatifs sur les raiesSchark Alliance ; Le point de vue de Shark Alliance sur l’élaboration d’un Plan d’action européen pour la conservation des requins, deux pages.) la menacent.
Pour ce qui est des raies d'eau douce, particulièrement les espèces géantes, elles sont aussi gravement menacées. Par exemple, pour ce qui est du plus grand individu jamais vu d'Urogymnus polylepis surnommé « Pleine Lune » (dont la rencontre avec l'homme est racontée ci-dessus : « Répartition et habitat », voir aussi : « Record du plus gros poisson d'eau douce »), il est dit que
Les raies dans la culture
L'une des plus célèbres est celle de Jean Siméon Chardin (1699-1779), dans un tableau de 1728 (musée du Louvre) où la raie est représentée dans une nature morte, suspendue à un crochet, avec son fameux faux « sourire » énigmatique (par projection anthropomorphique, dans un phénomène analogue à la paréidolie).
Chaïm Soutine (1893-1943) a repris le même thème dans plusieurs tableaux en 1920 (Musée Calvet à Avignon), 1923 (musée des beaux-arts d'Orléans<ref>[http://webmuseo.com/ws/mbao/app/collection/record/297?vc=ePkH4LF7w6yelGA1iBEw7uEeQk6O5kYW0BqRyLSjjxl8SFEEzSlBiZngkgseSADs0DTk Notice de l’œuvre], musée des beaux-arts d'Orléans.</ref>) et vers 1924 (Perls galleries à New-York).
James Ensor (1860-1949) reprend ce thème dans un tableau de 1892La Raie de James Ensor, huile sur toile, Musées royaux des beaux-arts de Belgique..
Record du plus gros poisson d'eau douce Le 21 juin 2022, un pêcheur cambodgien habitant l'île de Koh Preah, située dans le cours du Mékong dans la province septentrionale de Stoeng Treng, a alerté, via l'autorité nationale de la pêche, une équipe de scientifiques de Wonders of the Mekong (Merveilles du Mékong), qui documentent et cherchent à protéger la biologie de ce fleuve., car il avait capturé une raie d'eau douce. Il s'est avéré que cette femelle Himantura polylepis'' pesait 300 kilos, ce qui en fait le plus gros poisson connu pêché en eau douce. Elle mesurait 3,98 m de long et 2,2 m de large. Elle a été relâchée dans la rivière après avoir été équipée d'une balise acoustique permettant de suivre ses futurs parcours dans le Mékong....
Annexes Bibliographie Du Built, M. H. (1978). Quelques anomalies anatomiques chez les raies. B. Pech Tunisie, 2, 89-96.
Articles connexes Liste des noms vernaculaires de raie Piqûre de raie Requin Chondrichthyes Nœud de gueule de raie
Liens externes
Shark references Base de données dédiée aux poissons cartilagineux vivants/fossiles avec plus de documents et de nombreux liens. - synonyme
Références taxinomiques
Notes et références
Catégorie:Taxon décrit en 1973