La forêt d'Halatte, appelée plus rarement forêt de Pont-Sainte-Maxence, est une forêt domaniale des Hauts-de-France, située dans le département de l'Oise, proche de Pont-Sainte-Maxence et de Senlis.
D'une superficie de en partie domaniale, elle est située dans un massif forestier d'environ . Ancien domaine capétien, elle a longtemps servi de réserve de chasse royale. Elle est riche autant en production de bois (chêne et hêtre commun) qu'en gibier. Elle forme avec la forêt de Chantilly et la forêt d'Ermenonville, le massif des Trois Forêts.
Géographie Localisation La forêt d'Halatte est située au nord du bassin parisien, Fleurines, commune au centre de la forêt, étant située à une cinquantaine de kilomètres de ParisDistance approximative à vol d'oiseau entre le point zéro des routes de France devant la cathédrale Notre-Dame de Paris et le centre du bourg, d'après qui donne .. Elle appartient à la région forestière Valois et Vieille France, telle que définie par l'Inventaire forestier national., ainsi qu'à la sylvoécorégion (SER) toujours définie par l'IFN du « Bassin parisien tertiaire »..
La forêt domaniale d'Halatte s'étend sur un territoire couvrant . Au nord et à l'ouest, elle atteint la vallée de l'Oise avec les communes de Pontpoint, Pont-Sainte-Maxence, Beaurepaire et Verneuil-en-Halatte ; au sud-ouest, la Forêt de Chantilly aux limites de la commune d'Apremont ; au sud, les communes de Senlis, Chamant, et Ognon ; puis à l'est, les villages de Villeneuve-sur-Verberie et de Roberval. Enfin, deux communes se situent au cœur de la forêt : Aumont-en-Halatte et Fleurines.
À cette partie domaniale, s'ajoutent des bois prolongeant directement ce massif et appartenant à des communes : bois de Chamant (), Fleurines (), Verneuil-en-Halatte (), Pontpoint (), ainsi que des bois privés. On considère aussi parfois la forêt privée de la Haute-Pommeraie () comme une continuité de ce massif, en direction de Creil.
Topographie et géologie Le massif recouvre un plateau d'une centaine de mètres d'altitude de moyenne formé de calcaire grossier du Lutétien et de sable de l'Auversien. Trois buttes témoins s'alignent sur une diagonale orientée sud-ouest/nord-est : le mont Alta ( d'altitude), un petit plateau du Bartonien moyen, la butte Saint-Christophe () située au milieu d'une clairière en plein cœur de la forêt, formée de calcaire du Ludien et de Stampien, et enfin le point culminant de la forêt, qui est aussi le point culminant du Valois, le mont Pagnotte à d'altitude, constitué des mêmes couches géologiques..
Aucun cours d'eau ne parcourt le territoire de la forêt en raison des couches de sables et de calcaires superficiels qui empêchent les écoulements de surface. Seuls quelques rus temporaires descendent vers la vallée de l'Oise.
Histoire Préhistoire de la forêt thumb|alt=Les menhirs dits « des Indrolles » dans la forêt domaniale d'Halatte, situés sur le territoire de la commune de Senlis (60) dans la parcelle 296 non loin de la .| left|upright=0.33|Les menhirs des Indrolles. thumb|Vue des ruines du Temple gallo-romain de la forêt d'Halatte. De la forêt primaire, il ne reste sans doute plus rien, en effet, des traces d'occupations humaines sont présentes dès les périodes du Néolithique. Deux principaux ensembles mégalithiques sont en effet signalés sur le territoire de la forêt : les menhirs des Indrolles (parcelle 296) et le dolmen de Chancy (parcelle 102). En outre, il existe deux petits menhirs dénommés « la Pierre qui corne » (parcelle 105) et « le Sanglier » (parcelle 132).
Par la suite, plusieurs signes d'occupation de l'époque gallo-romaine ont été retrouvés en fouille archéologique, le plus connu étant le temple gallo-romain retrouvé sur le territoire de la commune d'Ognon à l'est de la forêt. D'après les analyses palynologiques réalisées dans la région, il semble que ces bâtiments prenaient place à l'origine dans des territoires ouverts, au milieu de champs cultivés et de simples haies et bosquets boisés. Les défrichements étaient donc sans doute déjà venus à bout de la forêt primaire. Le massif forestier actuel ne date donc sans doute que de l'Antiquité tardive et du début du Moyen Âge..
La propriété de la forêt
La plus ancienne mention du toponyme Halatte remonterait au dans l'utilisation de l'expression Locus Halachius vers 1165, puis la forêt est désignée sous le nom d'Halata ou Halate au cours du Moyen Âge. Dès le , la forêt connaît sans doute ses limites actuelles. Elle a toujours fait partie du domaine royal, mais elle a été en partie aliénée en faveur de plusieurs établissements religieux des environs. Ces aliénations atteignent jusqu'à la moitié de la superficie de la forêt lors de l'arpentage de 1571 : sur recensés (environ ), appartiennent toujours au roi et aux religieux : il s'agit principalement du prieuré Saint-Christophe-en-Halatte, situé en pleine forêt, sur l'actuelle commune de Fleurines à partir de 1068, de l'abbaye Saint-Vincent de Senlis à partir du , du chapitre de la cathédrale de Senlis à partir du , du prieuré Saint-Maurice et des chapitres Saint-Frambourg et Saint-Rieul de Senlis mais aussi de l'abbaye de Chaalis, l'abbaye du Moncel, de l'abbaye de Royaumont, de la commanderie de Laigneville et même de l'abbaye de Maubuisson.
La plupart de ces institutions gardent leurs possessions jusqu'à la Révolution, date à laquelle celles-ci sont transformées en biens nationaux et réunies au domaine royal pour en faire une forêt domaniale. Les bornes armoriées de la forêt d'Halatte placées à partir du sont encore le témoignage de ces diverses propriétés.
L'aménagement et la gestion forestière Malgré l'éparpillement de ces propriétés, les droits liés à ces bois et notamment le droit de gruerie sur l'exploitation forestière, sont le plus souvent restés aux mains du roi de France. Au , la gruerie d'Halatte est érigée en office royal et la fonction de gruyer d'Halatte se transmet alors de père en fils dans la famille du Plessis-Choisel. Cependant cette charge est récupérée dès le siècle suivant par les rois de France qui la confient dorénavant à des fonctionnaires royaux, puis à partir de 1554 à une Maîtrise particulière des eaux et forêts du bailliage de Senlis. Cette administration sera chargée de gérer la forêt royale jusqu'à la Révolution.
La forêt subit par ailleurs plusieurs réformations, c'est-à-dire la vérification des droits de chaque usager et de chaque propriétaire de la forêt et du respect des règles et revenus du roi. Cet acte juridique essentiel pour connaître l'état d'une forêt sous l'Ancien Régime, intervient à quatre reprises en Halatte : entre 1390 et 1400, puis en 1511, en 1582 puis en 1664. Les aménagements forestiers sont à l'image des autres forêts françaises de l'Ancien Régime : les taillis sont prépondérant. En 1571, on compte, sur les appartenant au roi, de haute futaie, 65 de demi-futaie, 260 de haut-taillis et de taillis âgés de moins de . Les vides et les bois improductifs représentent . Après s'être détériorée au cours du , la situation de la production forestière s'améliore au cours du siècle suivant et la futaie atteint la taille de , dont 20 sont coupés chaque année.
Un territoire de chasse royale et princière Si les rois n'ont pas hésité à céder une partie de leur domaine et de leurs droits sur la forêt, le droit de chasse est resté en permanence aux mains du pouvoir royal et particulièrement la grande chasse ou vénerie. Les nombreux actes royaux signés à Senlis, Pont-Sainte-Maxence, l'abbaye du Moncel ou même au prieuré Saint-Christophe, montrent que leur présence sur place est régulière. Louis de France, dernier des Carolingiens, meurt lors d'une chasse à proximité de Senlis en 987. Le , Philippe Le Bel, au cours d'une chasse à courre avec le comte Robert de Clermont, son oncle, est atteint d'une attaque cérébrale fatale ; transporté sur l'Oise puis la Seine à Poissy pour y être soigné, il décède quelques semaines plus tard, le , à Fontainebleau. Par la suite, le chenil royal de réside à demeure à Saint-Christophe.
À partir de , les rois de France résident au château de Chantilly pour chasser en Halatte. En effet, la capitainerie royale d'Halatte, juridiction spéciale chargée de conserver le gibier, couvre non seulement Halatte mais aussi les forêts de Chantilly, Carnelle et Ermenonville. D'abord confiée au début du à Pierre de la Fontaine, seigneur d'Ognon, cette charge est attribuée à Anne de Montmorency en 1520. Elle est de nouveau récupérée par un seigneur de Chantilly en 1674 en la personne du Grand Condé, ce qui lui permet de disposer d'un gigantesque terrain de chasse d'un seul tenant. En 1724, cette capitainerie est étendue encore au bois des Ageux et aux terres de Montepilloy, Brasseuse, Saint-Leu-d'Esserent et Saint-Maximin, les plaines d'Orry-la-Ville, de La Chapelle-en-Serval, de Gouvieux et plus encore. En 1789, la capitainerie couvre soit un peu moins de . La prédominance de la chasse engendre des conflits interminables avec la maîtrise des eaux et forêts de Senlis chargée de la gestion forestière du domaine jusqu'à la Révolution.
Gestion de la forêt et sylviculture thumb|Parcelle en cours de régénération le long de la chaussée de Pontpoint. La forêt d'Halatte est gérée, comme toutes les forêts domaniales, par l'Office national des forêts et plus précisément par son unité territoriale des Trois Forêts basée à Chantilly. Il est chargé de mettre en œuvre l'actuel plan d'aménagement forestier valable pour la période 1997-2011. Le précédent a duré de 1983 à 1997.
En l'état actuel, l'étage dominant de la forêt comprend 50 % de chênes et 40 % de hêtres. L'objectif de l'aménagement est de porter le chêne à 74 % et le hêtre à moins de 25 % à long terme. La partie nord de la forêt est occupée majoritairement de futaies de hêtre et la partie sud comporte pour l'essentiel des taillis sous futaie comportant des tilleuls et des chênes. Progressivement, l'ensemble de la forêt doit être traitée en futaie régulière. La durée de révolution des hêtres est de , pour les chênes. Chaque année, de bois certifiés PEFC sont récoltés dans la partie domaniale, dans les parties communales.
Patrimoine naturel Protections La forêt bénéficie de plusieurs types de protections qui concernent les paysages du massif, ses milieux naturels et les espèces qui y vivent.
La forêt d'Halatte constitue un site classé depuis le décret du . Ce site, d'une superficie de , comprend la forêt elle-même ainsi que les espaces agricoles avoisinants..
Une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) concerne le massif et permet une bonne connaissance de ses richesses naturelles : il s'agit d'une ZNIEFF de type 1 appelée « Massif forestier d'Halatte », qui comme son nom l'indique, couvre l'ensemble de la forêt, les bois environnants ainsi qu'une partie nord de la forêt de Chantilly ()..
Deux sites Natura 2000 concernent la forêt depuis . À ces titres, elle doit faire l'objet de mesures de gestion qui permettent le maintien des espèces concernées et des habitats qu'elles occupent. : une zone de protection spéciale (ZPS) « Forêts picardes : massif des trois forêts et bois du roi » couvre et notamment la zone du mont Pagnotte et du mont Alta pour la forêt d'Halatte. Cette zone concerne particulièrement la protection des oiseaux et plus spécifiquement recensées. ; une zone spéciale de conservation (ZSC) « Massifs forestiers d'Halatte, de Chantilly et d'Ermenonville » couvre une surface de et notamment la zone du mont Pagnotte et du mont Alta pour la forêt d'Halatte. Elle concerne particulièrement la protection de d'habitats différents, d'une vingtaine d'espèces florales protégées et d'une soixantaine d'espèces florales menacées, ainsi que quatre espèces de faune..
L'ensemble des communes que couvre la forêt appartient au parc naturel régional Oise-Pays de France depuis sa création en 2004.
Milieux et habitats naturels thumb|Vue des sous-bois de la parcelle 307 au sud-ouest de la forêt.