() est une chanson de l’autrice-compositrice-interprète américaine, Lady Gaga. Elle sort le en tant que premier extrait de son septièmeHuitième au total, si l’on considère ses projets collaboratifs Cheek to Cheek (2014) et Love for Sale (2021) comme des albums studio et The Fame Monster (2009) comme un EP. album studio baptisé Mayhem, commercialisé et distribué par le label .
Le titre marque le retour de Gaga dans une ambiance sombre et propre à ses débuts, après l’irruption de son opus jazz et sa participation à la bande originale du film Joker : Folie à deux, projets apparus plus tôt en 2024. Composée sur la base d’un tempo cadencé, elle imbrique une mélodie exaltante et un rythme pulsant, tous deux influencés par une certaine variété de musique électronique orientée vers des styles comme l’industriel et la techno. Sur l’aspect textuel, elle traite du potentiel de l’amour quant à guérir l’état mental torturé d’un amant, explorant des thèmes comme la dépendance émotionnelle et la dynamique de pouvoir dans une relation intime, le tout jumelé à des allusions médicales et des métaphores religieuses.
La majorité des critiques lui accordent des évaluations positives, comparant le morceau aux premiers succès de Gaga, tant sur les sonorités dance que pour les références textuelles. Commercialement, il rencontre un succès manifeste en Europe, se frayant principalement un chemin à travers les palmarès de territoires centraux et occidentaux, tels que l’Irlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse. En ce qui concerne le reste du monde, il trouve sa place dans les classements américains, brésiliens, canadiens et japonais. Dirigé par , le vidéoclip qui l’accompagne fait sa première à temps pour la période d’Halloween. On y trouve Gaga, confrontant ses propres craintes sous la forme de différents clones d’elle-même, essayant tant bien que mal de les surmonter. Comptabilisant à ce jour plus de dix millions de lectures sur YouTube, il a été reçu favorablement par la sphère journalistique musicale et le grand public, qui a particulièrement apprécié son thème conducteur et les costumes arborés par Gaga.
Développement C’est à l’aube du , alors en déplacement au festival international du film de Venise, que Lady Gaga transmet un communiqué annonçant que le premier extrait de son futur septième album studio verrait la lumière en octobre. Deux jours plus tard, lors d’un entretien pour le magazine américain Vogue, le rédacteur Jonathan Van Meter déclare avoir écouté le morceau, le qualifiant comme étant « intense et inquiétant », ajoutant qu’il lui rappelle un « tube [de Gaga] à l'ancienne, tout aussi troublant que fédérateur ». À partir du , une poignée de chansons issues des précédents albums de Gaga (à savoir , , , , Artpop, et ) sont gratifiés d’une modification orthographique sur les plateformes de téléchargement en ligne, avec chaque première lettre désormais stylisée en minuscule, formant ainsi une anagramme du mot « ». Il faudra attendre le pour qu’Universal Music partage finalement un lien de pré-sauvegarde, accompagné d’un logo et d’une date de sortie, maintenue au à (heure française). Par la même occasion, une ribambelle d’adresses informatiques temporaires semblables à des phrases sont découvertes. Chaque adresse conduisait vers une page vierge incluant la même affirmation clignotant sur fond noir, la totalité des phrases constituant le refrain suivant :
Le , un informateur anonyme suggère dans une rubrique du journal américain que la chanson fait acte de « retour aux sources » pour Gaga, justifiant que le paysage sonore de est comparable à celui de l’album (2011) et surenchérissant que le clip vidéo a été « soigneusement chorégraphié ».
Thème visuel
Les concepts porteurs exploités durant le cycle promotionnel ont pour objet l’horreur, la psychose et la dystopie. Un des sites Internet créés à cet effet, gagadisease.com, expose de manière furtive une image animée dépeignant un téléviseur à tube cathodique placé dans un environnement lugubre, diffusant l’enregistrement vidéo d’une main griffue tentant d’attraper un objet s’apparentant à un membre avec de longues phalanges robotiques. La même image sera subséquemment utilisée sur la même page pour afficher des paroles de la chanson dans le téléviseur à mesure que la sortie approchait. En parallèle, il est dévoilé une affiche promotionnelle représentant la vue aérienne d’une route sur laquelle une femme à la chevelure brune est sur le point d’être renversée par une voiture blanche. Ce tableau n’est pas sans rappeler un accessoire porté cinq mois plus tôt par la chanteuse à l’occasion de l’avant-première du film sur la tournée Chromatica Ball à Los Angeles, événement durant lequel elle arborait une sculpture laquée en blanc en forme de portière, fabriquée à partir de réelles pièces détachées, évoquant déjà l’idée d’un accident de la route.
Écriture et inspiration vignette|droite|210px|Lady Gaga et Michael Polansky ont écrit la chanson.
Co-écrite par Cirkut, Andrew Watt, Lady Gaga et son compagnon, Michael Polansky, est une chanson pop à caractère obscure, interprétée entièrement en anglais et longue d’une durée de trois minutes et cinquante secondes. Il s’agit de la troisième collaboration entre Gaga et Watt (après Sweet Sounds of Heaven et Die with a Smile) et de la seconde avec Polansky, qui apparaît à la composition de l’album Harlequin (2024). Musicalement, elle est influencée par le genre électronique, abritant un éventail de styles industriels pivotant vers la et la techno, mais aussi le rock gothique et la musique rage. Son instrumentation comprend un rythme orchestré au synthétiseur, des accroches vocales désarticulées en « ah-ah », des motifs grunge joués à la guitare et des harmonies de voix filtrées, hachurées et superposées entre-elles, contribuant à son aspect globalement sinistre. Côté technique, elle se compose d’une mesure fréquente à quatre temps, d’un tempo modéré de 101 pulsations par minute et d’une tonalité portée sur une clef en si mineur. Sa forme structurelle est fondée sur un modèle classique avec deux couplets singuliers et un refrain. Au cours du pont, le morceau est réduit à de simples notes de piano et à la voix de fausset de Gaga, avant que cette dernière ne laisse échapper un grognement féroce.
Le sujet d’inspiration derrière les paroles gravite autour du rapport entre le pouvoir et le contrôle exercé en société, avec une inclinaison lexicale rattachée au domaine de la médecine et des métaphores liées à la guérison divine, soulignant principalement l’idée que cette réparation est à la fois physique et spirituelle. Gaga y interprète un rôle ambigu d’héroïne manipulatrice, accentuant la complexité des relations où l’un des partenaires est profondément atteint et cherche désespérément une issue, tandis que l’autre détient un pouvoir démesuré sur sa guérison, agissant comme figure référente et offrant au patient une sorte de soulagement précaire, tout en se nourrissant de sa vulnérabilité. À noter que ces courants de pensée sont fréquents au sein de la discographie de la chanteuse, tout particulièrement sur les pièces musicales Bad Romance (2009) et The Cure (2017).
Le couplet d’introduction plante un décor sombre, où l’épuisement moral est illustré par l’absence de larmes (« Traduction »). Gaga s’adresse à un individu en proie au désespoir, implorant pour sa survie (« Traduction »). Par le vers « »Traduction , la chanteuse évoque la notion d’un mal profond, à la fois physique et affectif. Le ton général laisse envisager que la personne en question est victime d’une forme de dépendance spécifique ou d’une maladie analogique. Le pré-refrain met en lumière la souffrance intérieure (« »Traduction ) de cet individu, tandis que Gaga se positionne comme salvatrice (« »Traduction ), ce qui établit une dynamique de pouvoir asymétrique : elle a la capacité d’apaiser la douleur de l'autre, renforçant l'idée d'une soumission émotionnelle. Un cas d’ambiguïté est toutefois à noter puisque l’idée de la mort plane toujours au-dessus (« »)Traduction , ce qui peut suggérer que cette relation est dysfonctionnelle, bien que l’artiste propose une forme de délivrance temporaire dans son texte.
Vient ensuite le refrain qui joue davantage sur les insinuations médicales. À ce stade, la chanteuse endosse le rôle de guérisseuse (« »), suggérant qu’elle détient le pouvoir de libérer sa victime. Le terme « » (maladie) est utilisé de manière symbolique pour parler d’un mal-être passionnel ou religieux. Elle fait allusion à une transformation spirituelle avec la ligne « », où elle se présente non seulement comme une doctoresse, mais presque comme une figure divine capable de racheter les péchés. L’expression « » sous-entend une facilité presque mécanique dans sa capacité à soulager son partenaire, tandis que « » introduit un parallèle avec l’extase physique, créant une tension entre la douleur et le plaisir. Enfin, la ligne « » renforce l’idée que la maladie de cette tierce personne est omniprésente, mais qu’elle est la solution, avec l’emploi répété du verbe « » (soigner).
Le second couplet prospecte l’angoisse de cet individu en profondeur. Lorsque le vers « Traduction » est chanté, il est alors question du sommeil, qui est souvent associé à un état vulnérable où les peurs et traumatismes en suspens refont surface. « Traduction » implique que la victime est hantée par son passé, incapable d’y échapper, même dans ses propres rêves. La phrase « Traduction » manifeste une solitude extrême et une incapacité à trouver du réconfort. La dernière ligne, soit « Traduction », est particulièrement chargée de signification. En effet, elle donne à entendre que l’individu, bien qu’autrefois résistant, est maintenant impuissant face à ses propres démons, sans aucun support spirituel ou espoir de rédemption. Cela renforce l’idée que la chanteuse est bien la seule à pouvoir offrir cette émancipation finale. Un parallèle identique avait déjà été établi dans la chanson Judas (2011), lorsque Gaga revendiquait que les paroles avaient été écrites depuis le point de vue de Marie Madeleine, un personnage biblique.
Sortie et accueil critique Disponible en téléchargement légal et sur toutes les plateformes d’écoute à partir du , le est immédiatement formaté et envoyé vers les stations de radio américaines spécialisées dans la musique pop et généralistes italiennes. Au même instant, plusieurs écrans publicitaires sont acquis dans le quartier de Times Square, à New York, pour en assurer la promotion urbaine.
Le , Lady Gaga annonce la parution d’une version alternative de la chanson, sous-titrée The Antidote Live, avec une sortie programmée à le même jour sur la plupart des plateformes de téléchargement et à travers certaines stations de radio en Italie. En accompagnement, un maxi numérique et une vidéo sont publiés simultanément dans le cadre de sa promotion. Tournée au sein du studio d'enregistrement Woodshed à Malibu (Californie), elle met en scène Gaga, les cheveux teints d’une couleur bleu noir et les sourcils décolorés, interprétant le morceau tout en jouant du piano à queue, épaulée par un musicien à la guitare acoustique et d’une bande sonore. Une nouvelle interprétation du titre, baptisée The Poison Live, fait son apparition le . Alors que la première était plus douce et mélodique dans sa tournure, celle-ci présente la chanson de manière nettement plus agressive et rauque. Un maxi compilant toutes les versions existantes de Disease sort en parallèle avec un vidéoclip filmé au même endroit que la précédente édition alternative.
Critiques
(20 Minutes) (Charts in France) (Chérie FM) (Entrevue) (Europe 2) (HuffPost) (NRJ) (RTBF) (Télé 7 jours) (Tendance Ouest) (Têtu)
Vidéoclip Concept