Lavocat est, en droit, un juriste dont les fonctions traditionnelles sont de conseiller, représenter, d'assister et de défendre ses clients, personnes physiques ou morales, en justice, en plaidant pour faire valoir leurs droits. Par ailleurs, l'avocat s'acquitte d'une fonction de conseil mais aussi de rédacteur d'actes. Les avocats représentent et défendent leurs clients dans des affaires aussi diverses qu’un divorce, une succession, un litige, un vol, ou un crime. Et, de fait, certains avocats se spécialisent notamment en droit des affaires, en droit du travail ou en droit de la famille.
Le métier d'avocat n'est pas soumis à obligation de résultat, seulement de moyens. Dans certains pays, le justiciable peut également se défendre , comme plaideur en personne, sans l’aide d’un avocat.
Terminologie Le terme en français « avocat » est dérivé du latin advocatus, littéralement « celui qui est appelé [à assister quelqu'un en justice] », de vox : la voix.. Il désigne une « personne dont la profession est de plaider ». Le terme se rencontre au cours de l'histoire sous les formes avocaz ou avocace. La forme au féminin avocate désigne au départ l'épouse d'un avocat, puis prend au le sens de « femme exerçant la profession d'avocat ». Le terme d'avoué a la même origine.
Histoire vignette|redresse|Cicéron, l'un des avocats antiques les plus connus.
Dans l'Antiquité, en Grèce et à Rome officiaient déjà des défenseurs, mais le plus souvent, l'accusé devait se défendre lui-même. Selon le code de Solon, l'accusé devait plaider sa cause devant le tribunal, recourant aux services du logographe s'il se sentait incapable de produire un discours convenable. À Rome, l'intervention d'avocats devient courante dans les derniers siècles de la République mais, légalement, ne peut donner lieu à rémunération conformément à la loi Cincia. Ce n'est que sous l'Empire que la loi fut, sinon abolie, du moins mitigée. Tacite, dans le Dialogue sur les orateurs donne des renseignements sur la richesse des avocats Vibius Crispus et Éprius Marcellus. N'importe quel orateur brillant ou juriste compétent peut se constituer avocat. Au , l'empereur Justinien crée la corporation des avocats pour la première fois, l’« Ordre des Avocats ».
En France
En France, la première mention relative à des avocats figure dans un capitulaire de Charlemagne de 802. Dans le royaume de France, Philippe le Hardi rédige l'ordonnance du reconnaissant aux avocats membres du Parlement la qualité de corps constitué (droit au titre de « Maître »), soumis au secret professionnel et organisant le métier d'avocat : parmi les règles se trouve l'obligation de prêter serment, de défendre une cause juste et de recevoir un salaire modéré (honoraire maximum fixé à )Delachenal, Histoire des avocats au Parlement de Paris. 1300-1600.. Une partie des avocats du Moyen Âge étaient des clercs, portant une robe noire qui reste le costume de cette profession en France.
La pratique du barreau (appelé ordo) ne débute qu’avec la fixation du Parlement de Paris en 1302 et la création du tableau des avocats (liste des individus ayant le pouvoir de défendre à la Cour) en 1327 par Philippe de Valois. Apparaissent alors les premières règles de déontologie.
En 1344, un arrêt de règlement du Parlement de Paris officialise le statut d'avocat dont la profession compte en 1340.
L'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 limite le rôle de l'avocat en matière criminelle, l'accusé étant privé de défenseur lors de l'instruction et à l'audience.
La Révolution française supprime la profession, et les avocats sont remplacés par des « défenseurs officieux », rôle qui théoriquement peut être occupé par tout citoyen pour se défendre lui-même ou défendre autrui. Dans les faits, la fonction est largement occupée par d'anciens juristes professionnels et semble-t-il uniquement par des hommes. Olympe de Gouges ne parvient pas malgré sa demande à se faire la défenseuse officieuse de . Toutefois le rôle de l'avocat de la défense est réaffirmé, autorisant sa présence pendant l’instruction (sans droit d’intervention) et la plaidoirie.
La fonction est rétablie par Napoléon avec la loi du . Elle est toutefois réservée aux titulaires d'une licence universitaire, ce qui de facto exclut les femmes de son exercice, celles n'ayant pas accès au diplôme. Il faut attendre 1900 pour qu'une loi spécifique les concernant leur accorde ce droit à la fonction et au titre, après une décision en Cour d'appel de 1897 refusant à Jeanne Chauvin le seul droit au titre qu'elle réclamait.
Le est le président du conseil de l'Ordre des avocats ; il portait un bâton dans les processions religieuses médiévales. Son rôle consiste notamment à régler les litiges entre confrères. Un barreau séparait l'avocat du publicUn article détaillé existe sur le site du ministère de la Justice : Histoire de la Justiceet sur le site de l'Association française pour l'histoire de la justice : Association française pour l'histoire de la justice..
Par pays Amérique du Nord Canada Au Canada, deux traditions juridiques coexistent au niveau du droit privé civil. Au Québec, en droit privé et dans les autres matières relevant de la compétence provinciale, le droit romano-civiliste d'origine française prévaut. Cependant, en droit public et dans les autres matières relevant de la compétence fédérale, c'est la qui s'applique. Pour ce qui est des autres provinces, la (d'origine anglaise) est appliquée en droit privé aussi que public.
Pour détenir le statut d'avocat au Canada, il faut être titulaire d'un diplôme universitaire de premier cycle appelé baccalauréat en français () d'une faculté de droit. ou avoir un titre universitaire comparable et être membre du Barreau d'une province canadienne ( Barreau du Québec.). L'admission au Barreau d'une province est conditionnelle à la réussite des examens dudit Barreau et à l'accomplissement d'un stage en milieu de travail.
Québec Au Canada, mais surtout dans la province de Québec, il est courant de voir des cabinets d'avocat ou des études de notaire qui emploient des parajuristes ou techniciens en droit pour les seconder dans l'exercice de leurs fonctions. L'accès à la profession d’avocat en France à une personne non titulaire du CAPA français et membre d’un barreau dans un État n’appartenant pas à l'Union européenne ( du décret du ) est adaptée pour les avocats inscrits au tableau du Barreau du Québec en vertu d’un Arrangement en vue de la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles (ARM) conclu le entre le Conseil national des barreaux et le Barreau du Québec..
États-Unis Les avocats américains, afin d'accéder à la formation professionnelle, doivent préalablement être titulaires d'un diplôme de premier cycle (quatre années d'études universitaires) en n'importe quel domaine. Ensuite, il faut réussir un examen d'admissibilité appelé « » (LSAT), et à la suite d'un résultat favorable, suivre trois années d'études de droit à une faculté de droit en vue d'obtenir un diplôme de deuxième cycle appelé « ».
Chaque État a son propre barreau et tout avocat ne peut exercer que dans l'État où il est membre.. Pour être admis à la profession, il suffit de réussir l'examen du barreau (de l'État où ou disposer d'une étude permanente) et de remplir annuellement l'inscription au barreau (autrement dit, payer les cotisations annuelles) en contrepartie d'un permis d'exercice. Le stage professionnel comme condition d'accès est abandonné de façon générale à la fin des années 1960 au profit de l'exercice immédiat en milieu professionnel (en cabinet) en tant qu'avocat employé (). Les avocats peuvent s'associer en cabinets, pour lesquels toutes les structures sont admises : société unipersonnelle, société civile professionnelle ou société d'exercice libéral.
Le système juridique américain ne reconnaît pas la distinction avocat-notaire des pays de droit romano-civiliste. Les avocats américains s'occupent donc tant des successions et des transactions immobilières que du contentieux et la représentation en justice. L'avocature ne connaît non plus ni la division stricte de type plaidant-avoué pratiquée dans les autres pays de common law ou ailleurs, ni la profession de conseil juridique ; l'avocat est ainsi un juriste généraliste passe-partout. Toutefois, l'avocat américain a tendance à s'attribuer une spécialisation ou d'avocat extrajudiciaire () ou d'avocat plaidant ()
Chaque État a son propre régime juridique hérité de la , sauf la Louisiane qui garde le droit privé du Code civil français mais reçoit le droit public de la . Le droit fédéral prime sur celui des États. Cependant, la mobilité entre États est favorisée, ou entre le droit étatique et le fédéral.
Le nombre d'avocats a plus que quadruplé aux États-Unis depuis 1967, surtout au début des années 1980 : ( par ) en 1967, en 1980, en 1987 et ( pour ) en 2000.
L'avocat défendeur est le plus souvent un défenseur commis d'office qui ne peut passer que quelques minutes avec son client avant d'entamer les négociations avec le procureur. Il n'existe pas de données au niveau fédéral, mais des statistiques concernant l'État de Washington indiquent que les avocats commis d'office travaillent en moyenne moins d'une heure sur chaque affaire..
Asie Chine En république populaire de Chine, le métier d'avocat n'a pas le sens traditionnel qu' en Occident. Pendant la révolution culturelle il n'y avait aucun avocat. Les avocats des corps d'État sont apparus dans les années 1980 avec Zhang Sizhi, lors du procès de la bande des Quatre et des généraux de Lin BiaoBout Judith, L'invention de la défense en Chine, Retour sur le procès de la Bande des quatre, in La Vie des idées, le ..
Les droits de la défense ne bénéficient d'aucune garantie et la profession reste désorganisée et soumise à la justice d'État et sous le contrôle du Parti communiste chinois. Le secret professionnel n'existe pas et l'organisation All-China Lawyers Association, contrôlée par le ministère de la Justice, a publié en des règles de conduite à destination des avocats leur intimant « de discuter en toute transparence avec les juridictions concernées » des affaires impliquant plus de dix plaignants (source : Profession Avocat, janvier , ).
Iran Selon le site de l’ordre des avocats d’Iran :
Selon Amnesty International, qui soutient entre autres le cas de l'avocat Nasser Zarafshan, le système juridique ne protège pas la liberté d'expression et d'association Amnesty International Iran : Le système juridique ne protège pas la liberté d'expression et d'association, 21 décembre 2001. :
Au mois de , l'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution condamnant la situation relative aux droits fondamentaux dans le pays Résolution adoptée par l’Assemblée générale, 59/205. Situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran, Assemblée générale des Nations unies, 11 mars 2005 lire en ligne.. Le texte attirait l'attention notamment sur « le non-respect des normes internationales dans l'administration de la justice, l'absence de garanties d’une procédure régulière, le refus de garantir un procès public et équitable et le droit à un avocat », et déplorait certaines formes de discrimination systématique. L'Assemblée générale priait le gouvernement iranien de nommer un procureur indépendant et impartial à Téhéran et d'honorer ses obligations internationales. La visite du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires a été ajournée à la demande des autorités iraniennesAmnesty International, Rapport 2005 Iran.Indépendance des juges et des avocats : Commission des droits de l'homme, Rapport du Rapporteur Bilan 2001..
Europe Le Conseil des barreaux européens (CCBE), une association internationale sans but lucratif, représente les barreaux européens. En sont membres les barreaux de trente-et-un pays et de onze pays associés et observateurs, soit environ un million d’avocats européensCCBE: Nous connaître..
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