Thales est un groupe d'électronique français spécialisé dans l'aérospatial, la défense, la sécurité et le transport terrestre dont le siège social se situe à Meudon (Hauts-de-Seine)..

Coté à la Bourse de Paris, présent dans LesEchos. et employant au , Thales est l'un des leaders mondiaux des équipements à destination des industries de l'aéronautique, de l'espace, de la défense, de la sécurité. et des modes de transport.

Les origines du groupe remontent à 1998 lorsque les branches spécialisées dans les activités militaires d'Alcatel, de Dassault Électronique et de Thomson-CSF sont réunies pour former une nouvelle société. Fin 2000, l’entreprise prend son nom actuel..

Thales se classe en 2025 au dixième rang mondial pour la production d'armement et au premier rang des entreprises d'armement françaises..

Historique Les origines : de 1893 à 1968

thumb|Le radar Cyrano dans le nez d'un . La Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston (CFTH) fut créée en pour exploiter en France les brevets de la société américaine Thomson-Houston Electric Company, dans le domaine alors de la production et du transport de l'électricité, brevets dus aux inventeurs éponymes Elihu Thomson et Edwin Houston. Jusqu'en 1936, la CFTH avait peu d'activité dans les domaines qui sont aujoud'hui ceux du groupe Thales, ..

La CSF avait été créée en 1918 et avait, dès la fin de la Première Guerre mondiale, été l'un des pionniers des transmissions hertziennes. Sa principale filiale, la Société française radio-électrique SFR (à ne pas confondre avec l'opérateur téléphonique de même sigle, mais signifiant Société française du radiotéléphone) avait été créée en 1910 par Émile Girardeau et avait joué un rôle pionnier dès avant la Seconde Guerre mondiale, dans le développement de la radiodiffusion, des radiocommunications sur ondes courtes, de l'électro-acoustique. Dans le cadre d'un laboratoire de recherches dirigé par Maurice Ponte, la SFR fut en pointe à partir de 1935Lorsqu'en 1935, la société Française de Radiophonie (SFR) décide, sur recommandation du gouvernement de l'époque, de se déconcentrer comme on disait alors, au sud de la Loire, c'est à Cholet, petite ville du Maine-et-Loire, qu'elle va venir s'installer dans la détection électro-magnétique que l'on appellera radar à partir de 1940. La SFR fut aussi impliquée dans le développement de la télévision aux côtés de la Compagnie des compteurs dont le centre de recherches fut acheté par la CSF en 1954.

À la Libération, Émile Girardeau fut remplacé par Robert Tabouis, lui-même remplacé par le scientifique Maurice Ponte en 1960. Avec ce dernier, les activités de recherches furent développées à un niveau exceptionnel dans le paysage françaisDominique Pestre, Physique et physiciens en France, 1918-1940, éditions des archives contemporaines, 1984, , .. Les dépenses de recherches ont été à l'origine du lâchage de la CSF par la Banque de Paris et des Pays-Bas qui avait pourtant accompagné le développement de la CSF depuis sa création en 1918Lydiane Gueit, Un exemple du partenariat banque/industrie : Paribas et la CSF (1918-1968), Histoire économie et société, 2001, volume 20, ..

Après une fusion avec Hotchkiss-Brandt en 1966, elle devient par la suite Thomson-Brandt.

Années 1970-1990 : Thomson-CSF

En 1968, Thomson-Brandt et la CSF fusionnent et deviennent Thomson-CSF qui se développe dans les composants (notamment les semi-conducteurs silicium), l'imagerie médicale avec sa filiale la CGR (Compagnie générale de radiologie) et revient à la commutation téléphonique numérique par la volonté de l’Administration française d’avoir un concurrent à Alcatel, activité qu'elle avait quittée dans les années 1950.

En , le gouvernement français décide de nationaliser Thomson-Brandt et Thomson-CSF. Le nouveau PDG nommé par le conseil des ministres est Alain Gomez, proche de Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'industrie. Le groupe est alors dans une situation difficile : le portefeuille d'activités, très diversifié, inclut de nombreux domaines où la taille et les parts de marché, et donc la rentabilité, sont insuffisantes conjuguée à une baisse du chiffre d'affaires due à des circonstances particulières et par ailleurs l'endettement qui s'est fortement accru. Thomson-CSF se recentre sur l'électronique professionnelle et de défense, et recentre ses activités. Après cela la situation financière s'améliore. L'activité de télécommunications civiles est cédée à la Compagnie générale d'électricité, l'imagerie médicale à General Electric, l'activité composants électroniques est fusionnée avec celle du concurrent italien pour donner naissance à la société SGS-Thomson.

De façon à faire face à la décroissance des budgets de défense en Europe, et afin de conserver sa rentabilité, Thomson-CSF fait l'acquisition de plusieurs sociétés dont les activités militaires du groupe Philips en 1989, et la prise de contrôle de Sextant Avionique. En dix ans, la contribution des filiales internationales passe ainsi de 5 à 25 % des ventes consolidées.

En 1992, lors de la vente des Mirages de Taïwan par un groupement réunissant Thomson-CSF, Snecma, Dassault Aviation et Matra, ce dernier réussit lors des négociations à doubler sa part dans le contrat, au détriment de ses partenaires. Le président de Thomson, Alain Gomez va alors chercher à faire payer Matra. Il monte alors l’opération « Couper les ailes de l’oiseau » qui à coup de guérilla judiciaire aboutira à une haine tenace entre les états-majors des deux entreprises.

Le gouvernement français organise en 1998 un accord de coopération entre les sociétés Aerospatiale, Alcatel et Dassault qui prévoit, d'une part, des apports d'actifs à Thomson-CSF (société Dassault Électronique et activités d'électronique professionnelle et de défense d'Alcatel), d'autre part, le regroupement au sein de la société commune Alcatel Space des activités spatiales des sociétés Alcatel, Aérospatiale et Thomson-CSF. Thomson-CSF consolide ainsi son périmètre d'activité, ses positions concurrentielles dans la défense et l'électronique industrielle, ainsi que son implantation dans plusieurs pays européens. L'État français qui possédait 58 % des actions n'en possède plus que 40 %, Alcatel et Dassault Industries deviennent actionnaires.

Années 2000 : Thales En , Thomson-CSF devient Thales en référence au philosophe de la Grèce antique Thalès. Le même mois, Thales annonce la création d'une coentreprise avec Raytheon, appelée Thales Raytheon Systems, qui regroupe alors les activités des deux entreprises dans les interfaces de commandement militaire et les radars, activités qui sont appelées C4I.

Le nom Thales (sans accent) est le fruit de la fusion de lettres de diverses entités qui désormais composent le groupe : Thomson-CSF (TH), Alcatel (AL) et ES pour Electronic Systems..

Le développement du groupe, par croissance interne et par acquisitions, notamment le rachat en de la société britannique Racal Electronics modifie en profondeur le domaine d'activités du groupe, notamment les marchés civils des technologies de l'information, les télécommunications mobiles. En , une nouvelle organisation en trois pôles est mise en place, autour de la défense, l'aéronautique, et des technologies de l'information et des services.

En , un rapprochement Thales/EADS est envisagé, mais celui-ci n'aboutira pas. En 2005, Thales se rapproche de DCNS (ex-direction des constructions navales) en prenant 25 % de son capital, pour s'imposer dans le secteur naval militaire en Europe et créer le noyau d'un « Airbus naval ».

En 2006, Thales reçoit le feu vert du gouvernement australien pour acheter ADI (Australian Defence Industries), un important fabricant de matériel militaire tels que la poudre sans fumée et le Bushmaster IMV. À partir de , tous les produits de marque ADI sont remplacés par Thales, et les sites web sont modifiés.

En 2007, Alcatel-Lucent et Thales signent un accord pour le transfert des activités transport, sécurité et espace à Thales, ainsi qu'un accord industriel entre les deux groupes avec la création de Thales Alenia Space par reprise des actions d'Alcatel dans la co-entreprise franco-italienne Alcatel Alenia Space.

En 2009, Dassault Aviation achète les parts d'Alcatel-Lucent et entre dans le capital de Thales à hauteur de 25,90 %.. Thales fait partie des cinq créateurs, en 2009, de BoostAeroSpace, le hub numérique aéronautique européen.

Années 2010 Le , Thales annonce la fusion de deux de ses filiales (Thales Communications et Thales Security Solutions & Services) pour créer la nouvelle société Thales Communications & Security.. À la fin de l’année, Thales augmente à 35 % sa participation dans DCNS et envisage d’entrer dans le capital de Nexter. ; dans le même temps la société crée avec Safran une coentreprise de gestion de programme dans le domaine de l’optronique., après deux ans de négociation.

Le , le gouvernement annonce la nomination de Jean-Bernard Lévy, PDG de Thales à l'époque, à la présidence du groupe EDF le .. Cette annonce se fait après avis de l'Assemblée nationale et du Sénat ainsi que de l'assemblée générale extraordinaire d'EDF le , à la veille de la fin du mandat d'Henri Proglio« EDF: Hollande choisit officiellement Lévy comme nouveau patron », BFM TV, publié et consulté le 10 novembre 2014.. Le , les salariés de Thales se mobilisent en masse pour que les deux actionnaires du groupe (l'État français et Dassault Aviation) choisissent un nouveau PDG venant de l'interne : plus de répondent à un sondage de l'Association du personnel actionnaire de Thales.. Le , les membres du conseil d'administration nomment Patrice Caine, nouveau PDG de Thales.

Le , Thales annonce la reprise des activités de services de cybersécurité d’Alcatel-Lucent..

En , le Premier ministre d'Australie, Malcolm Turnbull annonce l'achat de blindés légers Hawkei à Thales (pour d'euros).. Les véhicules seront fabriqués à Bendigo et Victoria..

Le même mois, Thales annonce l'acquisition pour de dollars de l'entreprise américaine Vormetric, spécialisée dans la protection des données des entreprises et leur chiffrement..

En , Thales signe avec le ministère français de la Défense un contrat d'un milliard d'euros sur dix ans. Le même mois, Thales annonce l'acquisition de Guavus, éditeur américain spécialisé dans le traitement de données en temps réel dans le secteur des télécoms et employant dont 140 en Inde, pour environ Thales rachète l'américain Guavus pour moins de 200 millions d'euros, Usine Nouvelle, 28 avril 2017.

En , Thales cède son activité de gestion des cartes d'identité au groupe français Imprimerie nationale.

En , Thales annonce un investissement à Paris de afin de créer une digital factoryThales va créer une Digital Factory à Paris, et rejoint Station F, consulté le 15 juin 2017. Elle rassemble en intelligence artificielle, big data ou cybersécurité dont la mission est de . Parmi les projets développés : des nouveaux systèmes de divertissement en vol (IFE), des applications pour accélérer les opérations de maintenance des cockpits d'avions, des logiciels de big data et de cybersécurité destinés aux grands métiers du groupe (aéronautique, défense, spatial, sécurité, transport).. La Digital Factory héberge aussi deux accélérateurs de startups (en cybersécurité à Station F et en intelligence artificielle avec le Centech) et une académie du numérique pour les employés du groupeThales inaugure sa Digital Factory, Usine Nouvelle, 17 octobre 2017Thales va créer une Digital Factory à Paris, et rejoint Station F, Usine Digitale, 14 juin 2017.