Étienne Lenoir, de son nom complet Jean-Joseph Étienne Lenoir, né à Mussy-la-Ville au Luxembourg (aujourd'hui en Belgique)À l'époque situé dans le grand-duché de Luxembourg (période néerlandaise), puis en Belgique en 1839. le et mort à Saint-Maur-des-Fossés (plus précisément à La Varenne-Saint-Hilaire) le ., est un inventeur franco-belge.

Autodidacte, et dépositaire de nombreux brevets dans des domaines divers, Lenoir est surtout connu pour être l'inventeur, en 1860, du premier moteur à allumage commandé opérationnel par bougie d'allumage : un moteur à deux temps utilisant du gaz de houille comme carburant.

Biographie Troisième d'une famille qui compte huit enfants, il est le fils de Jean-Louis Lenoir, un « marchand », et de Margot Magdelaine, son épouseRetranscription de l'acte de naissance d'Étienne Lenoir, dans J.-P. Monhonval, 1985, p. 33..

En 1838, âgé de seize ans, il quitte son village natal et vient s'installer rue du Temple à ParisRichard, 1990, p. 1-2 (16-17).. Il devient garçon de café à l'Auberge de l'Aigle d'or où, dans une cave, il réalise des expériences. Il fait breveter sa première invention – celle d'une hélice pour bateau – en 1845.. Engagé comme ouvrier chez un émailleur, il fait enregistrer, le , une patente concernant « l'application des métaux les uns sur les autres ». Il dépose plusieurs autres brevets, relatifs à des inventions touchant à des domaines fort divers.

Il obtient la nationalité française en 1870 pour son aide pendant la guerre franco-prussienne et reçoit la Légion d'honneur en 1881 (non pas pour son moteur, mais pour ses développements en télégraphie). Il s'appauvrit dans ses dernières années malgré le succès de son moteur.

Il meurt le à La Varenne-Saint-Hilaire et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division)Répertoire annuel d'inhumation, 6 août 1900, n°3607, page 19.

Créations et brevets Le moteur Lenoir thumb|Schéma du moteur à gaz de Lenoir.

Le , Étienne Lenoir dépose le brevet n° : « pour un moteur dilaté par la combustion du gaz de l'éclairage enflammé par l'électricité ».G. Lefebvre, 1864, p. 11., un moteur à simple effet et à deux temps, dont le principe est le suivant :

Dans le premier temps, le piston s'éloigne du fond du cylindre, aspire le mélange de gaz d'éclairage et d'air ; vers le milieu de sa course l'ouverture d'aspiration est fermée, une étincelle éclate au fond du cylindre et produit l'explosion ; la fin de la course est motrice du fait de la détente des gaz brûlés. Dans le second temps, le piston, en revenant en arrière par l'effet d'une bielle, chasse dehors les gaz de combustion par une soupape d'échappement commandée mécaniquement par le moteurC. Martinot-Lagarde, Le moteur à explosion, Paris, Berger-Levrault, 1912, p. 2. - En ligne sur Gallica..

Le moteur consomme par cheval-heure. Lenoir le fabrique en 1860 en « Liste des moteurs placés dans Paris », avec indication de leur usage (130 moteurs listés), dans G. Lefebvre, 1864, p. 40-44. qui servent notamment, l'année suivante, à faire fonctionner sur la Seine le premier bateau à moteur. Ce moteur consomme de mélange gazeux pour développer une puissance de deux chevaux.

Le brevet sera « amendé » à six reprises : les , 5 et , le et les et . Lenoir réalise un moteur à quatre temps en se basant sur le principe du cycle de Beau de Rochas : son automobile à moteur à gaz parcourt de Paris à Joinville-le-Pont en trois heures ().

Les voitures Lenoir alt=La voiture de Lenoir|vignette|La voiture de Lenoir La première automobile de Lenoir, très audacieuse, est décrite dans la revue Le Monde Illustré du 16 juin 1860"Voiture mue par un moteur du système Lenoir." Le Monde Illustré du 16 juin 1860..

Les dates à laquelle Lenoir a construit ses automobiles varient de 1860 à 1863. Il est évident qu'il a construit une petite voiture avec son moteur vers 1860. Son automobile de 1862 était capable de rouler à 3 km/h.

En 1861, il met un de ses moteurs dans un bateau. En 1863, Lenoir fait la démonstration d'un deuxième chariot à trois roues, une sorte de wagon placé sur une plate-forme de tricycle. Il est propulsé par un moteur "hydrocarbures liquides" (pétrole) de ( ; ) , avec un carburateur rudimentaire qui est déposé en 1886. Il a parcouru avec succès les de Paris à Joinville-le-Pont et en quatre-vingt-dix minutes aller-retour, soit une vitesse moyenne inférieure à celle d'un marcheur, bien qu'il y ait sans doute eu des pannes. En 1863, il vend ses brevets à la Compagnie parisienne de gaz et se tourne vers les bateaux à moteur, construisant en 1888 un moteur quatre temps alimenté au ligroïne. Jules Verne écrit dans son roman de 1863 Paris au à propos de boulevards bondés de voitures sans chevaux, « la machine Lenoir appliquée à la locomotion. »

Brevets divers thumb|Moteur à gaz de Lenoir au Musée des arts et métiers à Paris.

Durant sa vie, Lenoir dépose de nombreux autres brevets : un procédé de production d'émail blanc ; l'amélioration de la galvanoplastie ()« Reproduction en ronde bosse par la galvanoplastie. Par M. Lenoir », dans Le Génie industriel : revue des inventions françaises et étrangères…, Paris, 1856, t. 12, p. 135. – En ligne sur Gallica. ; le freinage électrique pour wagons (21 novembre 1855) ; la signalisation pour voies ferrées () ; l'étamage du verre (1857) ; le tannage du cuir () ; la bougie d'allumage pour moteur en 1876.

Hommages alt=plaque en marbre vert sur laquelle est apposé le portrait en bronze de Lenoir ; en lettres dorées figure l’inscription suivante : Étienne Lenoir (portrait) 1822 - 1900 Inventer du premier moteur à gaz industriel 1860 Plaque commémorative érigée par souscription sur l'initiative de la Chambre Syndicale de l’Industrie des moteurs à gaz, à pétrole et des gazogènes le 16 décembre 1912 Monsieur Fernand David, ministre du commerce et de l’Industrie (J. Malet)|vignette|Plaque dans l’église du musée des Arts et Métiers. Lenoir est fait chevalier de la Légion d'honneur. Un timbre à l'effigie de Lenoir a été émis par la poste belge en 1955Timbre à l'effigie de Lenoir (erreur dans le nom indiqué…), sur le site Colnect.. Le , peu avant sa mort, Lenoir reçoit un prix de l'Automobile Club de France, une plaque de vermeil portant l'inscription "En reconnaissance de ses grands mérites en tant qu'inventeur du moteur à essence et constructeur de la première voiture au monde". Une place porte son nom dans la commune de Schaerbeek (Bruxelles). Une avenue à Louvain-la-Neuve porte son nom. Une école technique à Arlon (Institut technique Étienne Lenoir Arlon) porte son nom. Une plaque en son honneur a été apposée au musée des Arts et Métiers de Paris par la Chambre syndicale de l’industrie des moteurs en 1912.

Notes et références

Bibliographie Eugène Armengaud, Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l'industrie française et étrangère. Tome treizième. Paris, Armengaud, 1861, p. 62-63 et 230-253. – En ligne sur Google Livres. Eugène Armengaud, Traité théorique et pratique des moteurs à vapeur… Tome 2, Paris, Armengaud, 1862. Chap. « Moteur Lenoir », . – En ligne sur Gallica. Gustave Lefebvre, Moteur Lenoir. Notice et instruction pratique sur le moteur à air dilaté par la combustion du gaz d'éclairage, Paris, Dentu, 1864, 57 p., p. d'ill. – En ligne sur Gallica. – Publication à caractère commercial. Fernand Forest, Les Bateaux automobiles, Paris, H. Dunod - E. Pinat, 1906, XIV-703 p. Pierre Souvestre, Histoire de l'automobile, Paris, H. Dunod - E. Pinat, 1907. Chap. « L'invention de Lenoir - Aventures du premier canot - Question de priorité », . – En ligne sur Gallica. Louis Lefebvre, « Étienne Lenoir, fils illustre de la Gaume », dans Bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, 1948, , . 2 1/2 p. – Article repris entièrement dans . Yves Le Gallec, « Les origines du moteur à combustion interne…, 4 : Le moteur à gaz de Lenoir », dans Techniques et Civilisations, 1951, vol. 2, fasc. 7, . E.-P. Fouss, « Etienne Lenoir 1822-1900. Inventeur du moteur à gaz », dans Le Pays gaumais, 1959, , 93-108. – Article repris en partie dans .

Jacques Ickx, Ainsi naquit l'automobile, Lausanne, Edita, 1971. 2 vol. David Burgess-Wise, « Lenoir : The Motoring Pioneer », dans Ian Ward (dir.), The World of Automobiles, Londres, Orbis, 1974, .

Richard, « Jean-Joseph Lenoir (1822-1900) Inventeur du moteur à explosion (1860) Chevalier de la Légion d'Honneur », dans Revue de la Société d'Entraide des Membres de la Légion d'Honneur, , , . – En ligne .

Voir aussi Articles connexes Nikolaus Otto Gaz d'éclairage Histoire de l'automobile

Liens externes

Musée de la moto et du vélo d'Amnéville-les-Thermes (Moselle) Sur le site amneville.com Moteur Lenoir en vidéo Sur le site youtube.com

Catégorie:Naissance à Musson Catégorie:Naissance dans le royaume uni des Pays-Bas Catégorie:Ingénieur belge du XIXe siècle Catégorie:Ingénieur français du XIXe siècle Catégorie:Inventeur belge du XIXe siècle Catégorie:Inventeur français du XIXe siècle Catégorie:Histoire automobile Catégorie:Personnalité liée à l'automobile Catégorie:Personnalité liée à la Gaume Catégorie:Double nationalité franco-belge Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 91) Catégorie:Naissance en janvier 1822 Catégorie:Décès en août 1900 Catégorie:Décès à Saint-Maur-des-Fossés Catégorie:Décès dans le département de la Seine Catégorie:Décès à 78 ans