Le d'autos-mitrailleuses et d'autos-canons est l'un des groupes d'autos-mitrailleuses et autos-canons, petites unités d'artillerie légère mobile mises à disposition de l'armée française pendant la campagne contre l'Allemagne. Créé, dans son principe par une décision du gouverneur militaire du Havre dès la fin , connu comme « Batterie Drouet », du nom de son commandant, il entre dans le périmètre des groupes d'autos-canons de la Marine le en prenant le nom de groupe d'autos-canons. Il n'acquiert son nom définitif de groupe d'autos-mitrailleuses et autos-canons (GAMAC) que le . Il est dissous sous ce nom en .
Création, dénominations et affectations Batterie Drouet (1914-1915) Quelques jours après la déclaration de guerre, le général Capiomont, commandant la place du Havre, décide de créer une unité mobile, motorisée et cycliste, destinée à la défense du port. Il en confie la mise en œuvre au capitaine d'artillerie coloniale Drouet. En quelques semaines celui-ci rassemble une centaine d'hommes et quatre voitures de tourisme spécialement carrossées équipées pour deux d'entre elles d'une mitrailleuse pour les deux autres d'un petit canon de marineF. Vauvillier, p. 58-61.. Le débarquement de troupes canadiennes fin septembre privant cette unité de toute justification, le général la met à disposition du Grand quartier général le . Le lendemain le GQG met cette « batterie légère d'autos-mitrailleuses et d'autos-canons » à la disposition de la armée pour participer à la course à la mer. Dès son arrivée dans le Pas-de-Calais, la batterie désormais « Batterie Drouet » est rattachée à la division d'infanterie. En , elle passe à la division d’infanterie de réserve« Une section par quinzaine : Le 16e Groupe mixte d’auto-mitrailleuses et autos-canons de 37 millimètres », Automobilia, L’automobile aux armées, n°6 et 7, mai 1917, p. 47-48 (Gallica)..
groupe d'autos-canons de la Marine (1915-1916) Après plusieurs tentatives du Cne Drouet pour obtenir de l'inspection des autos-canons (AC) de la Marine le remplacement des quatre véhicules armés de sa batterie par des voitures blindées modèle 1915, le lieutenant de vaisseau Hergault, ancien adjoint de l'inspecteur des AC et désormais commandant du groupe, obtient enfin le d'une part la fourniture au capitaine Drouet de 10 voitures blindées neuves correspondant à l'équipement complet d'un groupe de la Marine et d'autre part l'intégration de la batterie Drouet dans les groupes d'autos-canons de la Marine sous le numéro 18. On note que cette unité ne comprend aucun marin. Le nouveau groupe est rattaché à l'état-major de la armée, comme élément non endivisionné (ENE). Il apparait ensuite rapidement comme ENE du corps de cavalerie jusqu'en .
Le groupe d'autos-canons de la Marine ne doit pas être confondu avec le 18e groupe d'autos-mitrailleuses de cavalerie, créé ex nihilo en 1920 pour opérer au Maroc.
16e groupe d'autos-mitrailleuses et d'autos-canons (1916-1919) Le groupe d'autos-canons de la Marine devient le groupe d'autos-mitrailleuses et d'autos-canons (GAMAC) le . Le groupe affecté à la division de cavalerie depuis le reste jusqu’à la dissolution de celle-ci le . Il se trouve alors immédiatement et provisoirement rattaché, en tant qu’ENE, à l’état-major du corps de cavalerie qui dispose déjà du GAMAC. Aussi « afin d’équilibrer les ressources » entre les deux corps de cavalerie, le GAMAC se voit transféré le au CC, toujours en tant qu’ENE. À part quelques rattachements provisoires à des unités engagées, le GAMAC conserve l’affectation au CC, lui permettant d’apporter son appui aux GAMAC du corps, en particulier au et au groupes rattachés à la division de cavalerie. À la dissolution du CC, le , les et groupes sont rattachés directement à la Armée, dont le QG est positionné près de Mayence. Au début de l’été 1919 le groupe est affecté à la Division de cavalerie, jusqu'à sa dissolution en août.
Historique des campagnes et batailles Campagne contre l'Allemagne 1914 La batterie Drouet, dont les voitures ne peuvent transporter qu'une vingtaine d'hommes sur les 120 de son effectif total, doit emprunter le train pour se rendre du Havre en Artois. Elle débarque le à Hesdin d'où les voitures et les vélos des pelotons cyclistes conduisent les hommes à leur cantonnement d'Aubigny-en-Artois. L'unité est engagée dès le lendemain à Aix-Noulette. vignette|alt=Un canon de montagne de 80mm.|Un canon de montagne de 80mm. Pendant le mois d'octobre, les combats et les missions de reconnaissance s'enchaînent dans les alentours de Vermelles entraînant de nombreuses pertes. En novembre l'unité est appelée à tester l'emploi en première ligne puis à utiliser une batterie de canons de 80 mm de montagne, nettement plus puissants, tant en capacité de destruction qu'en portée que les canons de 37 mm. L'objectif est de chasser à tout prix les Allemands de Vermelles, ce qui est atteint le . L'unité perd plusieurs hommes mais gagne de nombreuses citations et décorations individuelles, dont la Légion d'honneur pour le lieutenant du Beaudiez et pour elle-même une citation à l'ordre de l'armée. En retrait du front pendant les premières semaines de décembre, la batterie Drouet reprend du service vers Aix-Noulette où elle enregistre de nombreux succès opérationnels. 1915 Janvier, à Hesdin, se passe à l'instruction des cyclistes à des services de campagne. De février au la batterie assure un service de surveillance contre avions toujours dans le secteur entre Vermelles et Cuinchy. Le le capitaine Drouet demande au général commandant le corps d'armée . Cette requête n'est pas honorée d'une réponse. Le , alors qu'une section tire sur des embrasures de fenêtres aux lisières de Loos-en-Gohelle, une riposte allemande tue le maréchal-des-logis Lévesque de Blives et blesse le canonnier Ozanne. Entre le et le , la Batterie fournit des volontaires à l’artillerie de tranchée, puis est appelée à intégrer un groupement ad hoc. En effet, le lieutenant de vaisseau Hergault, arrivé dans l’Artois le avec le groupe d’autos-canons qu'il commande, accompagné des et groupes rapporte :
Le groupement ad hoc ainsi virtuellement formé reste en alerte pendant 12 jours et se voit dissous fin juin sans être intervenu. Chaque groupe d'auto-canons est rendu à son unité de rattachement organique. Cet épisode sans intérêt militaire permet néanmoins au LV Hergault de mesurer le potentiel de la Batterie Drouet, ce qui l'incite à tenter d'obtenir l'intégration de cette unité dans les groupes d'autos-canons de la Marine et d'arracher à la hiérarchie l'octroi de l'ensemble des véhicules et des armements correspondant à son nouveau statut de groupe d'autos-canons de la Marine. De la fin juin au le nouveau groupe, reçoit une instruction spécifique à Avesnes-le-Comte avant de gagner Breteuil (Oise). Les entraînement et exercices se poursuivent jusqu'à fin septembre lorsque le groupe est appelé à Suippes pour une offensive qui est in fine décommandée. Plusieurs stationnements s'enchaînent ensuite avant que le groupe prenne début novembre un service de tranchées dans l'est de Reims depuis son cantonnement de Bouzy. 1916 Le service de tranchées dans le quartier de Prunay, fermes des Marquises, dure jusqu'en juin. Début juillet le nouveau GAMAC quitte Bouzy pour se rendre par étapes dans la région de Beauvais où il rejoint la division de cavalerie le . Après de nombreuses pérégrinations dans l'Oise, sans aucune activité militaire, le groupe arrive à Buire (Aisne) début décembre et sert quelques jours en tant qu'unité de défense contre aéronefs à Soissons à la fin du mois. 1917 Les quatre premiers mois de 1917 voient le GAMAC tourner de cantonnement en cantonnement dans la Brie et dans l'Aube. Il reprend un service de tranchées à Prunay début mai avant d'être transféré dans un centre de résistance du secteur de Ludes, au sud-est de Reims pour y rester jusqu'à fin septembre. Après un mois de repos en octobre dans l'Aisne il se retrouve en cantonnement à Barisis-aux-Bois pour relever le GAMAC de son service de tranchées en bordure de la forêt de Coucy. 1918 Le , le groupe est relevé par le 13e GAMAC, se retire à Blérancourt et entame deux mois et demi d'instruction. Avec le GAMAC il est engagé dans la défense de Chauny et Noyon les 22 et . Trois jours plus tard, il fait mouvement en urgence vers Montdidier où il contribue à protéger l'infanterie dans une opération de repli très périlleuse du 28 au . D'avril à fin mai le groupe est au repos vers Fismes puis près d'Épernay. Il est appelé à participer à la défense de Ville-en-Tardenois fin mai et doit faire face à de violents engagements. En juin, le groupe poursuit la défense de la Marne entre Dormans et Épernay, mais les troupes allemandes franchissent la Marne. À partir du contre-offensive au sud de la Marne avec tous les groupes du corps de cavalerie , , , , , , , . Août, septembre, et les deux premières semaines d'octobre voient le 16e GAMAC au repos dans divers stationnements dans l'Aube, de nouveau dans la Marne vers Chalons. Mi-octobre, il est appelé d'urgence dans l'Aisne et doit faire face à un violent engagement à Guise où le lieutenant Poujet est tué le puis reste en alerte dans le secteur de Laon avant de se diriger lentement vers la Lorraine lorsque l'armistice interrompt ces mouvements sans but réel.
L'armistice et l'Allemagne 1918 En direction de la Lorraine le GAMAC est rejoint le par le GAMAC. À partir de ce jour ces deux unités restent proches dans leurs destinations et leurs missions jusqu'en . À Metz le , les hommes du GAMAC sont spectateurs du défilé marquant l'entrée solennelle des troupes françaises dans la ville. Puis, le , quelques voitures du groupe sont appelées à défiler lors de la cérémonie de remise du bâton de maréchal au général Pétain. Le 12 ou le 13, le groupe prend la direction de CoblenceLa France militaire, , p. 1.. 1919 Dès le début janvier le et le groupes d'autos-mitrailleuses sont établis sur la rive droite du Rhin non loin de Coblence. Le stationne à Holzhausen tout le mois puis à Eppstein (entre Wiesbaden et Francfort) à partir de février. Il est requis du 1er au à Sarrebruck pour une opération de maintien de l'ordre puis revient à Eppstein. Le , le GAMAC est embarqué en train à Worms avec le GAMAC pour rejoindre Lyon où il est dissous le Journal des marches et opérations de la 6e division de cavalerie, cahier 2, 19 juillet 1918 - 19 septembre 1919 (Service Historique de la Défense, 26 N 487/2, vue 45)..
Commandants du groupe Capitaine Hermann Drouet, de l'artillerie coloniale ( - ). Lieutenant Charles de Chargères, par intérim dès le départ du Cne Drouet, en titre le après sa promotion comme capitaine, mais seulement pour quelques heures car, malade, il est évacué le soir-même et ne revient pas au groupe. Sous-lieutenant puis lieutenant Pierre de Bouillé pendant un intérim prolongé entre le et le . Capitaine Édouard Soulié du Galet du à la dissolution le .
Pertes du groupe en opérations Plus des trois-quarts des pertes connues de l'unité sont subies en octobre et alors que la batterie Drouet compte près de 120 hommes et se voit engagée en permanence dans plusieurs types de combats. Il est probable que d'autres pertes n'ont pu être repérées, sachant que dans plusieurs cas il n'a même pas été possible de retrouver l'identité des hommes blessés.