vignette|Jaune d'œuf(œuf au plat).

Le jaune est un champ chromatique correspondant à des couleurs claires situées entre l'orange et le vert.

Une des trois couleurs primaires de la synthèse soustractive des couleurs est un jaune.

En héraldique, le jaune s'appelle or.

Colorimétrie et perception des couleurs Les jaunes sont des couleurs dont la longueur d'onde dominante est comprise entre et , dont la clarté est de moyenne à élevée. Les longueurs d'onde dominantes les plus élevées sont celles des jaunes tendant vers l'orangé, comme le jaune d'or ; à l'opposé les longueurs d'onde les plus courtes correspondent à des jaunes tendant vers le vert, comme le jaune soufre ou le jaune citron. Il y a des jaunes clairs, mêlés de blanc (désaturés) ; très désaturés, on dira couleur ivoire ; il n'y a pas de jaune sombre. Un jaune mêlé de noir ou de gris (dans ce dernier cas à la fois moins clair et désaturé) est un beige s'il est d'une clarté moyenne ou un kaki s'il est d'une clarté faible(AFNOR) NF X08-010 : (annulée le 30 août 2014); : ; .. + Les jaunes selon la norme AFNOR XO8-010 à           à jaune-vert jaune jaune-orangé

L'opposition du jaune et du bleu forme avec celles entre le rouge et le vert et entre le noir et le blanc la base de la perception humaine des couleurs, constituée dès les cellules nerveuses ganglionnaires et bipolaires, dans l'œil. Ces six couleurs sont les couleurs élémentaires de Hering.

En synthèse additive, les jaunes et les orangés s'obtiennent par mélange des couleurs primaires rouge et verte, avec une faible quantité de primaire bleue s'ils ne sont pas saturés. Leur colorimétrie dépend de celles des primaires, qui varient suivant la technique utilisée, et leurs proportions exactes. Avec un écran sRGB, les jaunes selon AFNOR X08-010 ajoutent au rouge de 0,64 à 0,91 fois autant de vert.

En synthèse soustractive, c'est-à-dire principalement en photographie argentique en couleurs et en impression en couleurs, le jaune est une des trois couleurs primaires avec le cyan et le magenta. En synthèse soustractive, les couleurs primaires ne sont pas définies par une longueur d'onde. L'étendue du spectre visible est divisée en trois zones, correspondant au rouge, au vert et au bleu. Les couleurs primaires soustractives correspondent idéalement à des filtres qui bloquent la zone de la couleur complémentaire, laissant passer tout le reste. Le filtre jaune bloque les lumières de la zone du bleu, laissant passer celles de la zone du rouge et celle de la zone du vert.

En imprimerie, les trois couleurs primaires de la synthèse soustractive forment avec le noir la base de l'impression en couleurs en quadrichromie, codée CMJN (cyan, magenta, jaune, noir). La norme ISO 2846, qui fixe la courbe d'absorption spectrale et la transparence des encres afin de permettre une reproduction uniforme en quadrichromie, définit avec précision le jaune primaire.

Le jaune est la seule primaire de synthèse négative pour laquelle on dispose de colorants réalisant d'assez près l'idéal d'une teinture bloc.

Colorants Le jaune est une couleur primaire, on ne peut pas en produire à partir de pigments ou teintures d'autres couleurs. On mélange par contre souvent un colorant jaune à un colorant principal pour en ajuster la teinte. Les matières jaunes ternes ne manquent pas ; ces ajustements se font principalement pour tirer la couleur vers l'orangé ou vers le jaune-vert.

Pigments et teintures La peinture et la teinture ont utilisé des colorants jaunes depuis des temps reculés. La teinture a surtout eu recours aux matières d'origine végétale (épice telle que le safran ; herbes telles que les fougères, orties, cerfeuil ; arbustes tels que la gaude , la bruyère, la camomille ou le genêt), tandis que la peinture utilisait des minéraux broyés. Toutes ces matières demandant des préparations, parfois compliquées, la limite entre couleurs naturelles et couleurs artificielles n'est pas nette ; mais à partir du milieu du , l'essor de l'industrie chimique a produit des colorants organiques entièrement artificiels, qui, souvent, surpassent leurs prédécesseurs en éclat, en résistance à la lumière et aux lavages.

Les numéros renvoient aux cotes du Colour Index.

Jaunes minéraux naturels l'ocre jaune (PY43) sert depuis la préhistoire et jusqu'à nos jours ; l'orpiment (ou jaune royal, jaune de Perse et orpin de Perse, jaune d'arsenic, or des fous...), en usage depuis l'Antiquité, a été, comme le réalgar (PY39, les deux), complètement abandonné à cause de ses multiples inconvénients : il est toxique, instable et change la couleur des autres pigments par interaction chimique .

Jaunes végétaux le jaune safran (NY6) et curcuma (NY3), le jaune indien, la gomme-gutte dit aussi « jaune du Cambodge » (NY24), la quercitrine extraite de l'écorce du chêne noir appelé aussi quercitron (NY10), le jaune laque extrait de la gaude (NY2), le stil de grain extrait du nerprun des teinturiers (NY13).

Jaunes minéraux de synthèse jaune de chrome (PY34), jaune de cobalt ou jaune auréolin ou Auréoline (PY40), jaunes de cadmium (PY35, PY37), jaune de nickel titane (PY53), jaune de Naples (PY41) et autres jaunes d'antimoine, jaune de bismuth (PY184), jaune de zinc ou jaune bouton d'or (PY36), jaune de baryum ou jaune de baryte (PY31), jaune de strontiane, jaune dioxine de nickel (PY153), jaune de praséodyme (PY159), jaune pridérite (PY157), oxydes métalliques jaunes (PY42, PY216).

Jaunes organiques de synthèse jaunes azoïques (jaunes de Hansa (PY1, PY3, PY65, PY73, PY74, PY97), jaunes benzimidazolones (PY120, PY154, PY155), jaunes diazoïques (PY17, PY83, PY128), jaune anthraquinonique (PY108), jaunes isoindolinones (PY110, PY139), jaune azométhine (PY129, PY150), jaune de quinophtalone (PY138).

Colorants alimentaires Couleur Code Origine Nom chimique Jaune E 100 Naturelle Curcumine, curcuma, curry ou safran Jaune E 101 I) ... Riboflavine (vitamine B2) Jaune E 101(a) II) ... 5'-phosphate sodique de riboflavine Jaune E 102 Synthèse TartrazineCode INCI CI 19140 ou Yellow 5Interdit aux États-Unis Jaune E 104 Synthèse Jaune de quinoléineCode INCI CI 47005 Nuancesjaune à orange E 160-aà 160-f Pigments naturelsd'abricot,de carotte,de langouste,de poisson, etc. Caroténoïdes Jaune Orange Rouge E 160(A) I) ... β-carotène Jaune Orange Rouge E 160(A) II) ... Caroténoïdes mélangés (α-, β-, γ-) Jaune Orange Rouge E 160(B) ... Rocou (ou annatto), bixine, norbixine Jaune Orange Rouge E 160(C) ... Extrait de paprika, capsanthéine, capsorubine Jaune Orange Rouge E 160(D) ... Lycopène Jaune Orange Rouge E 160(E) ... Apocaroténal 8' (C30) Jaune Orange Rouge E 160(F) ... Ester éthylique de l'acide -apocaroténique-8' (C30) Jaune Orange Rouge E 161 ... Xanthophylles Jaune Orange Rouge E 162 ... Rouge de betterave, bétanine

Beaux-arts vignette|Le corps du grand cheval de la grotte de Lascaux est peint à l'ocre jaune. La luminosité du jaune est élevée, ce qui le rend propre aux valeurs claires. La représentation des ombres d'un objet de couleur jaune doit trouver la teinte de brun convenable. Sa couleur de contraste ou couleur complémentaire se situe, selon la nuance, dans les bleu-violets ou les violets, couleurs sombres quand elles sont pures. Il se classe parmi les couleurs chaudes ; on « réchauffe » un vert ou un rouge en lui ajoutant du jaune. Un jaune peut être plus ou moins chaud. On le réchauffe en le rendant plus orangé. On le refroidit en le lavant de blanc, ou le rompant avec du vert. Le jaune sert ainsi souvent en peinture pour ajuster le coloris, sans apparaître pur dans l'image. Les artistes classiques peignaient souvent avec des couleurs trop froides pour tenir compte de la patine, la tendance des huiles et vernis à jaunir en vieillissant..

L'homme préhistorique utilise les pigments jaunes de l'ocre dans l'art pariétal. L'ocre jaune fournit un pigment naturel couvrant, très solide et qui s'allie facilement avec le noir de charbon et les terres rouges.

L'art religieux médiéval différencie les deux jaunes, le brillant, tirant sur l'orangé, et le terne, tirant sur le vert. On utilise l'or pour les saints, dont l'auréole, souvent réduite à un cercle doré, indique qu'ils rayonnent la lumière de l'Esprit. Le fonds des icônes est souvent d'or. Le jaune terne désigne la trahison. C'est ainsi que Giotto di Bondone peint Judas avec une robe jaune dans la scène de la trahison du Christ.

vignette|Femme en jaune. Max Kurzweil, 1907 À partir du les artistes ont plus recours à l'expression corporelle qu'à une symbolique des couleurs pour indiquer le rôle des figures. Le Judas de la Cène de Leonard de Vinci a la même tenue que ses voisins. Les artistes hollandais utilisent le jaune sans discrimination.

Les artistes de la fin du vont utiliser abondamment le jaune de cobalt. Les Tournesols de van Gogh étaient sans doute jaune impérial avant que la mauvaise tenue de ce pigment ne les ternisse.

Au le jaune acquiert, à cause de son utilisation dans la quadrichromie, un statut particulier, que théorise Fernand Léger en 1913, et exploite particulièrement Piet Mondrian.

Symbolique En Occident En Occident, le jaune, quand il est doré et qu'il brille, est un insigne de la gloire, de la sagesse, du bon conseil ; aussi .

Durant l'Antiquité, les Romains ont porté le jaune lors des cérémonies et des mariages. Le système antique s'articule autour de trois pôles, le blanc, le noir et le rouge. Le bleu ou le jaune n'ont pas la même importance que les trois autres sur le plan symbolique et social. Dans la Grèce antique et la République romaine, le jaune est une belle couleur, signe de richesse, de prospérité (couleur associée à l'or), de fertilité, de chaleur, de lumière, de joie, et est souvent associée au sacré. .

Le système médiéval repose sur les trois couleurs fondamentales de l'Antiquité et le jaune continue à se dévaloriser. . Cet aspect négatif est lié au fait qu'il s'agisse de la couleur du vieillissement, de l’automne. Alors que dans la nature, elle reste souvent rayonnante, elle ne parvient pas à rester éclatante aussi bien en teinture qu’en peinture.

Dans la théorie des humeurs galénique, la bile jaune est celle de la colère. Elle a son origine dans le foie, dont les maladies donnent un teint jaunâtre. Quand le jaune est mat, terne, verdâtre, il s'associe à l'infâmieTrésor de la langue française. Ainsi dit-on que le jaune est « la couleur des cocus » et . Dans les romans médiévaux, un chevalier félon comme Ganelon s'habille de jaune. droite|vignette|Synagoga (abaissée, vêtue de jaune), par Konrad Witz, Retable du Miroir du Salut, v. 1435, Kunstmuseum (Bâle). Le quatrième concile du Latran imposa aux Juifs en territoire catholique le port d'un signe distinctif ; en France, ce fut la rouelle jaune, le béret ou le chapeau pointu souvent de couleur jaune, jusqu'au début du quand les ghettos s'ouvrent enfin. Le jaune est une couleur dépréciée en devenant la couleur la plus mauvaise à la fin du Moyen Âge. Elle devient le symbole de la fausseté, la félonie, le mensonge, la folie ou le crime, et celui de Judas, le félon par excellence. C’est ainsi qu’elle devient le symbole des Juifs. Le jaune lié aux Juifs est un jaune safran d’où la création d’un Judas roux au Moyen Âge - le roux associe les mauvais côtés du rouge avec les mauvais côtés du jaune. Mais la correspondance entre Juif et jaune est loin d'être parfaite, puisque la couleur du signe distinctif des Juifs varia.

Le drapeau du Saint-Siège est jaune et blanc, allusion aux Clefs d'or et d'argent de ses armoiries.