, né le à Ōta, un arrondissement de Tōkyō, au Japon, est un réalisateur japonais de cinéma d'animation et de cinéma, producteur et scénariste de manga, feuilletons radiophoniques, jeux vidéo, cinéma et auteur de romans et d'essais.
Il vit actuellement à Atami dans la préfecture de Shizuoka.
Carrière Durant ses études, Mamoru Oshii est fasciné par le film La Jetée de Chris Marker ainsi que par les films de Andrzej Wajda, Jerzy Kawalerowicz, Andrzej Munk et Ingmar Bergman. Il est très marqué par l'un de ses professeurs, M. Aramaka, qui inspira un des personnages de Patlabor. Celui-ci avait une très grande culture cinématographique et un grand esprit critique mais était peu apprécié des autres étudiants.
Il sort diplômé en 1976 de (). Il entre l'année suivante à Tatsunoko Production et travaille comme réalisateur sur son premier film d'animation . En 1980, il part au Studio Pierrot sous la supervision de son mentor Hisayuki Toriumi. Durant la production de et des séries télévisées , il rencontre ses futurs collaborateurs, le scénariste et le dessinateur Yoshitaka Amano.
Le travail de Mamoru Oshii sur la série télévisée le place sous les projecteurs. Il réalise deux longs-métrages à partir de la série, : en 1983 et Lamu : Un rêve sans fin en 1984. Si le premier film est directement adapté de la série, le second s'en détache largement et est un des premiers exemples du style de Mamoru Oshii. Il s'était tant écarté de l'histoire originale que la créatrice du manga original Rumiko Takahashi avait difficilement accepté le scénario.
Alors qu'il travaille pour Studio Pierrot, Oshii réalise la première série OVA Dallos, en 1983, pour le compte de Bandai. Il quitte le studio Pierrot en 1984 et travaille depuis toujours en indépendant. Il réalise alors L'Œuf de l'ange (), un film aux thèmes bibliques avec des personnages dessinés par Yoshitaka Amano.
Le producteur du film Toshio Suzuki fondera plus tard le célèbre Studio Ghibli. Après la sortie du film, Miyazaki et Takahata collaborent avec Oshii sur son film suivant . Le projet est rapidement annulé pour désaccord artistique dans le trio. Malgré leurs différences, Toshio Suzuki et le Studio Ghibli participeront vingt ans plus tard à la production d’. Les réalisateurs sont toutefois restés respectueux mais sceptiques vis-à-vis du travail des autres, Oshii critiquant le côté idéaliste des films de Miyazaki, celui-ci reprochant au premier de ne pas chercher assez le divertissement.
À la fin des , Oshii est sollicité par son ami pour rejoindre en tant que réalisateur. était un collectif de professionnels cherchant à promouvoir les travaux des membres et à nouer des contacts avec les producteurs. L'équipe comprenait les talents des scénaristes Kazunori Ito et Masami Yūki, du compositeur Kenji Kawai, du designer , des réalisateurs d'anime Kazuchika Kise et Hiromasa Ogura et du concepteur de personnages Akemi Takada. Ils ont conçu ensemble Police Patlabor OVA en 1988, Q : en 1987, en 1989, et en 1993.
Réalisés en pleine crise économique japonaise, la série et les films Patlabor montrent un futur proche où la crise sociale et les défis écologiques ont été résolus grâce à la technologie.
À cette époque, Oshii réalise trois films où il met en scène l'acteur Shigeru Chiba. Il commence par Lunettes rouges, en 1987, qui est un film noir faisant explicitement référence à La Jetée de Chris Marker, bien avant L'Armée des douze singes de Terry Gilliam, et où il cite aussi bien de grands auteurs dont William Shakespeare et Alexandre Pouchkine que des chanteurs populaires comme Kenji Suzuki à la manière d'un Jean-Luc Godard pour lequel Oshii ne cache ni son admiration, ni son inspiration. Il poursuit en 1991 avec mêlant action, comédie et contemplation à la . Il tourne enfin en 1992, un film policier surréaliste largement expérimental.
En 1995, Mamoru Oshii réalise l'anime cyberpunk qui marque durablement l'animation et le rend célèbre au Japon, aux États-Unis et en Europe.
Après cinq ans où il travaille sur d'autres projets, Oshii retourne à la réalisation avec son très attendu film nippo-polonais Avalon qui est montré au Festival de Cannes en 2001.
Son film a été le premier film d'animation sélectionné pour concourir pour la Palme d'Or à Cannes.
Style vignette|Mamoru Oshii en 2008, lors de la promotion de The Sky Crawlers. Les films de Mamoru Oshii sont généralement composés de scènes lentes rythmées par quelques scènes d'action rapides.
On retrouve régulièrement des groupes d'oiseaux et un basset notamment dans et Avalon. Oshii a profondément transformé les mangas qu'il adaptait en créant une atmosphère lente et méditative. Ainsi dans , il a supprimé l'humour présent dans le manga de Masamune Shirow.
Oshii a également écrit et réalisé des animes et films à partir de sa vision personnelle du monde, influencée par le mouvement étudiant ANPO Hantai des et 1970 qui s'opposait au traité de sécurité conclu entre les États-Unis et le Japon. Le mouvement périclitait quand il s'y engagea, ce qui a certainement rendu Oshii plus cynique que d'anciens membres du mouvement comme Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Son premier film politique est Lunettes rouges (Akai megane, 紅い眼鏡) dans lequel il dépeint un Japon en proie au totalitarisme et à la corruption dans les .
Le style particulier d'Oshii a été imité par des réalisateurs nord-américains, notamment les Wachowski pour leur film SF au succès international en 1999. De leur aveu même, les Wachowski ont présenté leur projet au producteur Joey Silver comme « un version », c’est-à-dire passé de l'animation à un film avec des acteurs en chair et en os. Ainsi, contient plusieurs scènes entières, y compris le célèbre générique d'ouverture, renvoyant directement au de Mamoru Oshii. Un autre réalisateur de science-fiction nord-américain, James Cameron (Terminator et Terminator 2 : Le Jugement dernier), ne cache pas son admiration pour les « excellents » films de Mamoru Oshii qu'il qualifie d'« œuvres visionnaires ».
Saga Kerberos La saga des Kerberos (le cerbère de la mythologie grecque) est sans doute l'œuvre à laquelle Oshii est le plus intimement lié. Elle débute en 1987 par le film Lunettes rouges (en noir et blanc avec deux segments en couleur, à la Avalon), se poursuit de 1988 à 2000 par le manga Kerberos Panzer Cop qu'il scénarise. En 1991 sort le film Stray Dogs, en couleur et disposant de plus de moyens ; en 1999, l'un de ses disciples, Hiroyuki Okiura, réalise Jin-Roh, la brigade des loups, adaptation du premier tome du manga Kerberos Panzer Cop. En 2004, le jeu vidéo Killzone, développé par le studio néerlandais Guerrilla Games (à l'exception du concept design et des illustrations de Xavier Marquis), reprend officieusement les Kerberos imaginés par Oshii, de même que le comics américain tiré du jeu vidéo en 2005. La même année, Killzone est finalement édité au Japon et Mamoru Oshii relance sa saga Kerberos en manga, avec le troisième tome qu'il scénarise.
En 2006, pour fêter les vingt ans de la saga, il imagine une préquelle à sa saga, influencé par le court-métrage animé basé sur l'univers Kerberos et réalisé par Koichi Kishita, alors étudiant. Il choisit de déplacer l'action en Europe, plus précisément sur le front de l'Est dans les . Les origines de l'unité de police tokyoïte sont en réalité militaires et allemandes. Cette nouvelle extension de son univers Kerberos est sortie sous la forme d'une série drama, plus tard commercialisée sous forme de CD, au Japon uniquement. Son nom est , dont signifie « chasseur » en allemand. À la suite de la projection d’, qui a impressionné Oshii, lors de l'opération de lancement de sa série drama, le réalisateur japonais a annoncé qu'un projet de film d'animation utilisant la 3D était envisagé pour dans trois ans.
Autres travaux
Oshii est également scénariste à la fois pour le petit et le grand écran, scénariste de mangas et auteur prolifique de romans, livres d'explications et d'essais. En véritable créateur multimédia, le travail de Mamoru Oshii comprend aussi divers supports réservés au marché japonais comme des feuilletons audiophoniques ou Drama CD (dont The Great Maze of Overkill () et Akai megane o machitsutsu () et des jeux vidéo ( en 1994, en 1992) puis MiniPato sur PSP en 2005.
Il a écrit de 1988 à 2000 le scénario du manga () dessiné par () et distribué par , (compilation en un volume de 1990 et sa réédition de 1993) puis par Kadokawa Shoten (réédition en deux volumes de 1999 et 2000). Il s'agit d'une BD noir et blanc en deux volumes ( à 8), dont la première saison ( à 4) a été traduite et distribuée aux États-Unis en six volumes par en 1994 sous le nom ; par ailleurs, cette édition américaine dispose de différentes illustrations de couverture au style résolument (BD américaine) réalisées par divers dessinateurs dont Cully Hamner et Jason Pearson. De 1996 à 1997, cette version américaine a été traduite en allemand et sérialisée dans en six volumes également. , lui permet à son créateur de reprendre et de développer le thème déjà abordé, un an auparavant, dans son premier film () des Kerberos (c'est-à-dire les Cerbères en français).
En 1994 c'est au tour du manga .
Il est l'auteur du roman en deux volumes (, ) basé sur la populaire série TV Patalabor qu'il a par ailleurs porté deux fois au grand écran quelques années auparavant.
Il a également écrit le scénario du manga Seraphim dessiné par Satoshi Kon et celui du film d'animation Jin-Roh, la brigade des loups en 1999 qui est l'adaptation du premier volume de son manga , projetés à l'époque dans les futures , à la différence près que l'animation réalisée par Hiroyuki Ogiura, est une rétro-fiction qui les re-situent dans le Japon des .
En 2000 il a supervisé la conception du moyen-métrage d'animation , il écrivit ensuite un des romans , par ailleurs traduit et édité aux États-Unis et en France respectivement en 2005 et 2006, et dont est inspirée la série hebdomadaire en cours de production pour la télévision japonaise.
À la rentrée 2003, il publie une nouvelle série BD, prépubliée dans le magazine . Ce nouveau manga est la suite de l'édition complète de 2000 de son thème fétiche des sous le nom () ; il en écrit le scénario tandis que les illustrations sont assurées par Mamoru Sugiura ().
Installation média artistique en trois dimensions / réalisée à l'occasion de la première Exposition universelle du , l'Expo 2005 Aichi Japan, sur le plus grand écran du monde.
En 2006, il réalise (Tachigui, Les extraordinaires aventures des escrocs de la restauration rapide), dont le thème original, déjà largement entre-aperçu dans plusieurs de ses œuvres (Lunettes rouges, et Avalon), est celui de la cuisine. Son nouveau film d'animation, réalisé en « superlivemation », retrace soixante années de l'histoire de la société japonaise (de 1945 à 2006) au travers de l'évolution de sa nourriture. De la bouche même de son créateur, le superlivemation est une technique d'animation permettant de produire une œuvre à mi-chemin entre une animation hyper détaillée et un film dépouillé. Déjà découvert chez Oshii dans Avalon au travers les effets spéciaux des explosions des véhicules et personnages en 2D dans le jeu d'Ash, puis dans MiniPato et son adaptation en jeu vidéo sur PSP. Le superlivemation repose sur la numérisation et retouche de photographies, au travers une vingtaine d'étapes vont permettre d'obtenir des personnages et un environnement d'apparence cinématographique mais en réalité en 3D plate. Quand ils se déplacent, les personnages révèlent une épaisseur de la taille d'une feuille de papier. Cette nouvelle façon d'aborder l'image a été, partiellement, vue en France en 2005 par le biais de la publicité du Renault Espace et du personnage de BD, M. Hector, s'échappant de son plan 2D et partir en quête de liberté et d'aventure. À la différence de la publicité française, l'environnement du film d'Oshii est lui aussi en 3D plate.