Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, né au château de Dangeau (Orléanais, actuel Eure-et-Loir) le et mort à Paris le , est un militaire, diplomate et mémorialiste français, connu surtout pour son Journal où il décrit la vie à la cour de Versailles à la fin du règne de Louis XIV.
Biographie Il descend d'une famille protestante du Maine et était un arrière-petit-fils de Philippe Duplessis-MornayPhilippe et Charlotte Duplessis-Mornay sont les parents d'Anne Duplessis-Mornais, qui épouse Jacques des Nouhes. Ils sont les parents de Charlotte des Nouhes qui épouse Louis de Courcillon Dangeau, et donnera naissance à Philippe De Courcillon Dangeau.. Les barons de Château-du-Loir avaient compté parmi leurs premiers vassaux les Courcillon, qui habitaient le château de ce nom à Dissay.
Frère aîné de Louis de Courcillon de Dangeau (1643-1723), il naît calviniste mais se convertit très tôt au catholicisme. Il est d'abord réputé pour son habileté au jeu de cartes, au point que l'expression « jouer à la Dangeau » passe dans la langue courante et qu'il attire sur lui l'attention bienveillante de Louis XIV. En 1665, il est nommé colonel du régiment du Roi, qu'il accompagne comme aide de camp dans toutes ses campagnes. Il devient, en 1667, gouverneur de Touraine et remplit plusieurs missions diplomatiques à Trèves, Mayence et Modène. Marquis de Dangeau, il était par acquisition seigneur baron de Bressuire, Sainte-Hermine, Saint-Hermand, Château-du-Loir et Lucé, comte de Melle et Civray, Seigneur de Chausserais (à Chiché ?) et de La Bourdaisière ; Chevalier du Saint-Esprit en 1688.
Protecteur des gens de lettres, il se lie avec Boileau, qui lui dédie sa Satire sur la noblesse. La Bruyère le dépeint dans ses Caractères sous les traits de Pamphile. Il est élu membre de l'Académie française en et reçu en janvier 1668 (au fauteuil ; et son frère Louis au fauteuil, en 1682), sans avoir rien publié, et devient en 1704 membre honoraire de l'Académie des sciences, dont il est président en 1706. Après la mort de François Honorat de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan (1687), il est nommé par Louis XIV protecteur de l'Académie d'Arles.
De 1684 à 1720, il tient un Journal sur la vie quotidienne à la cour de Versailles. Des extraits en sont publiés par Voltaire en 1770, par Madame de Genlis en 1817 et par Lémontey en 1818. Son petit-fils Charles-Philippe transmet le Journal à Saint-Simon, et c’est en y adjoignant des Additions que Saint-Simon entreprend d'écrire ses propres Mémoires. Les dix-neuf volumes de l'édition complète du Journal de la cour de Louis XIV paraissent pour la première fois entre 1854 et 1860.
De 1691 à 1720, il fut le maître de l'ordre militaire et hospitalier de saint Lazare de Jérusalem. Il succéda à Michel le Tellier, marquis de Louvois (1673-1691), vicaire général de l'ordre avec privilèges magistraux. Son successeur sera Louis d'Orléans (1703-1752), prince du sang, duc d'Orléans, de Chartres, de Valois, de Nemours et de Montpensier.
Famille vignette|gauche|redresse|La marquise de Dangeau (née comtesse de Löwenstein), dame du palais de Madame la duchesse de Bourgogne. Il épouse en premières noces le Anne-Françoise Morin, dont il a une fille :
Marie-Anne-Jeanne, future épouse d'Honoré-Charles d'Albert de Luynes, duc de Montfort (1669-1704), et petit-fils de Colbert. Ils sont les parents du futur mémorialiste le duc de Luynes (1695-1758) et du cardinal de Luynes (1703-1788), archevêque de Sens. vignette|gauche|redresse|Marie-Sophie de Courcillonduchesse de Picquignyen 1741par Jean-Marc NattierMusée d'art de Toledo Le , le marquis de Dangeau épouse en secondes noces à Versailles la comtesse Sophia Maria Wilhelmina von Löwenstein-Wertheim-RochefortMaison allemande von Löwenstein, issue du mariage morganatique de Frédéric I, prince Palatin von der Pfalz (1425-1476) et de Klara Tott. Généalogie de la maison de Löwenstein. (1664, Wertheim - 1736, Paris). Cette dernière était la fille du comte d'Empire Ferdinand Karl von Löwenstein-Wertheim-Rochefort (1616-1672) et de son épouse, née princesse Anna-Maria von Fürstenberg (1634-1705).
Ensemble ils eurent au moins un fils, baptisé Philippe-Egon (1684-1719)Ce beau marquis de Courcillon s'adonnait exclusivement aux amours masculines, cf. Didier Godard, Le Goût de Monsieur. L'homosexualité masculine au , éditions H & O, Montblanc, 2002, page 171. et titré marquis de Courcillon. Il était fameux pour sa beauté. Il participa à la bataille de Malplaquet (dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne) le . Il en revint « entre la vie et la mort »Loyau, Correspondance des Ursins, p. 289. et y perdit une jambe d'après ce que rapporte la correspondance de Madame, duchesse d'Orléans. Homosexuel notoire, il avait épousé Françoise de Pompadour-Laurière, duchesse de La Valette, dont il eut une fille unique, Marie-Sophie (1713-1756). Elle épousa. Charles-François, duc de Picquigny, duc de Chaulnes, fils de Louis Auguste d'Albert d'Ailly. De leur mariage, ils n'eurent qu'une fille, Marie-Thérèse (1730-1736), morte en bas âge. Veuve, elle se remaria avec Hercule Mériadec de Rohan, prince de Soubise, duc de Rohan-Rohan, sans postérité.
Anecdote Dangeau prête volontiers sa plume au roi et à son entourage. L'abbé de Choisy (1644-1724) raconte que Louis XIV lui demanda de rédiger ses lettres à Mademoiselle de La Vallière (1644-1710), laquelle lui demanda le même service pour répondre au roi. L'abbé de Choisy relate l'épilogue : « Il faisait ainsi les lettres et les réponses ; et cela dura un an, jusqu'à ce que La Vallière, dans une effusion de cœur, avoua au Roi, qui à son gré la louait trop sur son esprit, qu'elle en devait la meilleure partie à leur confident mutuel, dont ils admirèrent la discrétion. Le Roi, de son côté, lui avoua qu'il s'était servi de la même inventionAbbé de Choisy, Mémoires pour servir l'histoire de Louis XIV, Paris, Mercure de France, Coll. Le temps retrouvé, 1966, p 284-285.. »
Le Journal de Dangeau
Dangeau commence son journal le samedi :
« Le roi fit ses dévotions, et donna plusieurs abbayes »
Éditions Paleo, coll. Source de l'histoire de France.
Il le tiendra chaque jour pendant trente-six ans. C'est la source la plus importante et la plus fiable pour qui veut connaître le règne de Louis XIV.
De ce journal, la postérité a surtout retenu la note suivante :
Jugements contemporains Saint-Simon
Postérité Une rue de Paris porte son nom. Une rue de Versailles également.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Éloge de M. le marquis de Dangeau, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - Année 1720, Imprimerie royale, Paris, 1722, (lire en ligne) Voltaire a publié en 1769 des extraits choisis et annotés du Journal, précédés de Réflexions sur les Mémoires de Dangeau. Lire en ligne.
Articles connexes Liste des membres de l'Académie royale des sciences
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Liens externes
Le Journal de Dangeau sur Gallica Académie des sciences : Les membres du passé dont le nom commence par D
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