Philippe Marini, né le à Paris, est un homme politique français. Membre des Républicains, il a été sénateur de 1992 à 2015, rapporteur général puis président de la Commission des finances. Il est maire de Compiègne depuis 1987 et président de l'Agglomération de la région de Compiègne (ARC) depuis 2015..
Biographie Philippe Marini, fils unique, est né à Paris, le , d'un père polytechnicien et haut fonctionnaire d'origine corsePhilippe Marini, né à Paris le 28 janvier 1950, affirme qu'il est un « pur Parisien » mais il est né à Marseille et d'origine corse, Le Point, le 9 janvier 2004. Son grand-père paternel a commencé sa carrière comme instituteur à Marseille avant de finir secrétaire général aux PTT. Philippe Marini effectue sa scolarité à Paris, au collège Sainte-Marie de Monceau, puis au lycée Condorcet. où il est lauréat du concours général..
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1969, section Service Public), titulaire d'une licence en droit de l'université Paris-IIVoir le parcours détaillé dans l'article du Point, ancien élève de l'ENA (1972-1974), il est inspecteur des finances en retraite.
En 2009, le quotidien Les Échos constatait qu'il avait « des liens étroits avec le monde de la finance ». Philippe Marini témoignait d'ailleurs que s'il n'avait pas fait carrière en politique, il aurait « poursuivi [sa] vie de banquier d'affaires ou de directeur financier. » En 2009, il siégeait déjà dans le Consortium d'Investissement et de Placements Mobiliers et le holding Cofip, qui possédait des parts dans Quinette Gallay, leader européen des sièges de salles de spectacles, qui a remplacé les 577 fauteuils de l'Assemblée nationale en 2007. Philippe Marini est aussi à la tête de deux sociétés : Aigle, une entreprise basée à Saint-Tropez, et la SCI du 10, rue Hautefeuille, qui lui a permis d'acquérir sa résidence secondaire en Corse. En 2010, Philippe Marini souhaitait également rentrer au conseil de surveillance de la société foncière Inea. Mais le Conseil constitutionnel a estimé que ses fonctions n'étaient « pas compatibles avec l'exercice de son mandat de sénateur ».
Il est marié et père de trois enfants.
Carrière politique
Au Sénat Commission des Finances
À la suite des élections sénatoriales de 2011, qui voient la victoire de la gauche, il devient président de la commission des financeshttp://www.courrier-picard.fr/documents/pdf/redac/patrimoine_elus_picards.pdf, succédant à Jean Arthuis. Le , il annonce qu'il rejoint le collectif parlementaire de la Droite populairePhilippe Marini rejoint la Droite populaire, Le Figaro, 18 juillet 2012.. En 2013, il témoigne de son opposition aux lois relatives à la transparence de la vie publique estimant qu'elles créent « un climat de suspicion permanente autour des élus ».. Reste que la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a estimé en 2014 que Philippe Marini avait sous-évalué son patrimoine, notamment un immeuble situé dans le arrondissement de Paris.
Par ailleurs, il est au Sénat de 1992 à 2015, président du groupe France-Québec, du groupe France République tchèque, du groupe France-Arabie saoudite-Pays du Golfe et président délégué du groupe France-Djibouti et Corne de l’Afrique (Soudan). Il est ainsi chargé d’une« mission d'étude, d'analyse et de contacts sur la région Proche-Orient par le président de la République, Nicolas Sarkozy, en 2009.
Peu après ces échecs successifs, il annonce début sa démission du Sénat, qui conduit à son remplacement par l'ancien sénateur et maire d'Oursel-Maison Alain Vasselle..
Travaux parlementaires En 22 ans de mandat (1992-2015), Philippe Marini a été à l'origine de nombreuses propositions de lois et a fait adopter un nombre significatif d’amendements notamment dans les domaines de la fiscalité des entreprises, la lutte contre la fraude fiscale ou la lutte contre la pollution visuelle en instaurant une taxe locale sur la publicité extérieure.
Il est l'auteur en 2008 en tant que rapporteur de la commission des Finances du Sénat, de deux amendements très controversés : un amendement au projet de budget 2009 visant à autoriser les particuliers à déduire de leur revenu imposable les pertes boursières issues de la crise financière de fin 2008Source AFP mais que finalement devant l'hostilité gouvernementale il retirera ; un amendement au projet de loi de finances rectificatives pour 2008 sur une taxation des échanges entre particuliers sur Internet"Les ventes entre particuliers sur le Net bientôt taxées ?", Le Point, 18 décembre 2008..
En 2010, il est l'auteur d'un amendement proposant l'instauration d'une taxe touchant les revenus publicitaires en ligne, surnommée « taxe Google », et préconisée dans le rapport de la commission Zelnik. Le dispositif est adopté en , mais à la suite des réactions très négatives des acteurs majeurs du web francophone, la taxe est finalement reportée au , puis abandonnéeArticle sur Numerama.
Son rapport du sur la loi de finances 2009 vise les crédits alloués à la lutte contre la grippe A (H1N1). Dénonçant l’inutilité supposée du stock français de masques (chirurgicaux comme FFP2), tout comme l'inefficacité supposée de l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, le rapport en appelle à une réduction des dépenses de l'État dans la prévention des risques épidémiques en FranceLa France et les épidémies : 2010-2011, le changement de doctrine par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, sur lemonde.fr du 5 mai 2020. Dans son rapport, il conclut : « De façon plus générale, votre rapporteur spécial insiste sur deux éléments : l'urgence des solutions à apporter à la question de la gestion de la péremption des produits de santé et la reconsidération du rôle de l'EPRUS. » « Votre rapporteur spécial s'interroge sur l'opportunité de la création de cette nouvelle agence dans le dispositif déjà complexe de gestion de la sécurité sanitaire. Si le rôle de l'EPRUS est réduit à celui de logisticien, il convient d'approfondir la piste d'une mutualisation des stocks gérés par l'EPRUS avec ceux du ministère de la défense. ».
Utilisation de sa réserve parlementaire Après sa démission, le Sénat a publié le détail de sa réserve parlementaire pour 2014 : Philippe Marini a offert à la ville de Compiègne, il a aussi subventionné pour une association équestre Compiègne Equestre. qui organise notamment les internationaux de dressage dirigée par sa femme Monique. «Il s'agit d'un équipement municipal. Mon épouse, par le biais de son association à but non lucratif, en est une utilisatrice parmi d'autres », avait-il alors répliqué. En 2013, il avait versé de sa réserve parlementaire pour des travaux dans un stade équestre, dont la présidente et l’un des principaux usagers est l'association de son épouse. « Nous sommes assez grands pour savoir quelles sont nos priorités ! », rétorque-t-il à un journaliste de Public Sénat, fustigeant « une presse nationale [qui] se met à la remorque de l’opposition communale».. Cette générosité lui a valu des soupçons de conflit d'intérêts et une chronique acerbe de l'humoriste Jérôme Commandeur sur Europe 1.
Se penchant sur la manière dont il a utilisé cette réserve entre 2004 et 2013, des journalistes de France 2 notent qu'il a octroyé 19 millions d'euros de subventions du ministère de l'Intérieur pour sa commune. Il dit ainsi "Ce sont des subventions publiques, délibérées en conseil municipal (...). En tant que rapporteur général du budget et président de la Commission des finances, j'ai eu accès à une part importante de la réserve parlementaire. Tout le monde le sait, cela a été dit et imprimé, en long, en large et en travers, tonne l'élu de l'Oise. Compiègne en a été largement bénéficiaire pendant toutes ces années et je n’ai pas à en rougir." « Cet argent est un peu le fait du prince », critique l'opposition municipale. Dans une autre enquête, les journalistes de France 2 constatent que Philippe Marini a attribué des subventions à d'autres villes que Compiègne : le sénateur a donné pour la restauration d'une église à Centuri, en Corse, commune où il possède le château de Bellavista, une résidence secondaire, près de la paroisse à rénover. Or, les travaux n'ont pas été effectués, une enquête pour détournements de fonds publics visant l'ancienne municipalité a été ouverte à Bastia. « Je ne suis pas le maître d'ouvrage », s'est justifié Philippe Marini. Pour le maire de Centuri, « le sénateur Marini avait un devoir de regard sur l'utilisation de cet argent. S'il est attaché à la commune, il devait dénoncer ces agissements quand il a vu que les travaux n'étaient pas réalisés. Et aujourd'hui, il devrait se demander où est passé cet argent public.»..
Sa réserve parlementaire a également permis de financer en partie une expédition archéologique en Libye à laquelle participait sa fille Sophie Marini, docteur en histoire, pour un montant de en 2014..
Concernant l'utilisation de ces sommes, le quotidien Libération pointe en 2016 que Philippe Marini « jouait sur tous les tableaux du conflit d’intérêts avec sa réserve parlementaire »..
Propos polémiques Le , en réaction aux critiques de la commissaire européenne chargée de la Justice, la Luxembourgeoise Viviane Reding, sur la politique française d'expulsion de Roms; il déclare sur France Culture qu'il: « aurait préféré qu'en 1867 Napoléon III et Bismarck aient un entretien qui débouche autrement, et que le Luxembourg n'existe pas ».. Ces propos ont obligé le Premier ministre de l'époque, François Fillon, à présenter ses excuses auprès de son homologue luxembourgeois, Jean-Claude Juncker.
Début , plusieurs jours après l'attaque chimique du à Damas, il avait affirmé dans l'hebdomadaire Oise hebdo :
Au lendemain d'un naufrage de bateau de migrants en mer Méditerranée, provoquant la mort d'au moins 33 personnes, Philippe Marini s'est inquiété samedi de l'afflux de réfugiés africains en Europe. Sur son compte Twitter, il a écrit :
Dans son rapport du Sénat, session ordinaire de 2013-2014, enregistré à la présidence du Sénat le , Philippe Marini veut remettre en cause la dépense fiscale en faveur des anciens combattants, juste après que ces avantages viennent d'être donnés aux personnels ayant combattu en Afghanistanhttp://www.senat.fr/presse/cp20140716a.html..
Sur le Proche Orient, Philippe Marini se distingue du parti Les Républicains et conteste la politique expansionniste de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre d’Israël. En avril 2026, il qualifie la guerre israélienne contre le Liban de « violence sioniste gratuite », ce qui soulève les critiques de certains membres de la communauté juive compiégnoise. Bernard Zanzouri, responsable de l'antenne de l'Oise du CRIF, dénonce le maire, qui « aurait pu critiquer la politique israélienne sans avoir recours à une terminologie chargée idéologiquement. » Philippe Marini répond à cette critique en affirmant qu'aucun État, y compris Israël, n'est en droit d'étendre ses frontières en annexant ses voisins.
À la mairie et à l'Agglomération de la région de Compiègne (ARC) Politique culturelle La politique culturelle de la ville a permis de mettre en valeur les richesses du territoire : reprise par la ville en 2009 du théâtre impérial, unique scène de création lyrique en province.
Politique sécuritaire En , le maire fait part à Louis Le Franc, alors préfet de l’Oise, de son souhait de lancer la spécificité « stupéfiants » pour la brigade canine de la police municipale. En , trois chiens de la brigade cynophile de la police municipale mis à la disposition de la Police nationale et la police judiciaire, sont ainsi entrainés à la détection des produits stupéfiants pour compléter le dispositif de lutte contre les trafiquants. Ce dressage et les conditions d'interventions font l’objet d'une convention entre la préfecture de l'Oise, le parquet et la ville de Compiègne. Compiègne devient l’une des premières villes à disposer d’une brigade cynophile de recherche de stupéfiants.