L'offensive de Deir el-Balah est une offensive militaire lancée par Israël contre la ville de Deir el-Balah le , dans le cadre de son invasion de la bande de Gaza pendant la guerre de Gaza.
Contexte Les forces de défense d’Israël (FDI) n'avaient pas lancé d’offensive à Deir el-Balah depuis le début de la guerre de Gaza, malgré l'intensification des bombardements aériens israéliens et plusieurs incidents, tels que l’ en ou le en . Selon des sources israéliennes, les FDI s'étaient tenues hors de Deir al-Balah, soupçonnant le Hamas d’y détenir des otages. L’offensive commence alors que plus de 130 Palestiniens avaient été tués et plus de 1 000 blessés par des tirs israéliens la veille.
Prélude à l'offensive Dans la nuit du 16 au , les FDI engagent pour la première fois de la guerre une avancée terrestre en direction de Deir el-Balah, dans le cadre de son offensive opération Chariots de Gédéon menée à travers l’ensemble de la bande de Gaza.
Le , l'armée israélienne diffuse des ordres d’évacuation pour Deir el-Balah en larguant des tracts, appelant tous les résidents déplacés de la ville à évacuer immédiatement vers al-Mawasi. Ces ordres d’évacuation contraignent entre 50 000 et 80 000 personnes à quitter la ville, portant à 87,8 % la part de la bande de Gaza placée sous ordre d’évacuation. Le même jour, Tsahal commence à mener des frappes aériennes dans la zone.
Déroulement L'armée israélienne intensifie ses frappes aériennes sur Deir el-Balah et entame une incursion terrestre dans les secteurs sud et est de la ville à partir du . Medical Aid for Palestinians signale des tirs d’artillerie israéliens et des attaques de quadricoptères autour de son bureau local. Des chars israéliens avancent ensuite vers les abords de Deir el-Balah. La radio de l'armée israélienne indique que la brigade Golani « commence une manœuvre terrestre dans la zone sud de Deir el-Balah ». Des tirs de chars frappent des habitations et des mosquées, faisant au moins trois morts palestiniens et plusieurs blessés. Les Nations Unies rapportent que leurs maisons d’hôtes à Deir el-Balah ont été visées à trois reprises, les frappes aériennes provoquant d’importants dégâts et un incendie. Tsahal fouille des installations de l’ONU et menotte, déshabille et tient en joue deux employés de l’OMS ainsi que deux membres de leurs familles, avant d’en relâcher trois et de maintenir un agent en détention. Le Hamas déclare avoir tendu une embuscade aux troupes israéliennes entrant à Deir el-Balah, en déclenchant une « puissante mine terrestre » à Umm Dhahir au passage d’un char Merkava.
L'armée israélienne annonce le qu’elle met en place une « suspension tactique des opérations militaires à des fins humanitaires » à al-Mawasi, Deir el-Balah et Gaza, de 10 h à 20 h, heure locale, chaque jour et jusqu’à nouvel ordre.
Le , des auteurs non identifiés ouvrent le feu sur une foule de Gazaouis se précipitant pour récupérer des colis d’aide largués par voie aérienne à Deir el-Balah.
Le , vingt Gazaouis sont tués sur une route au sud-est de Deir el-Balah, sous contrôle militaire israélien, après que des groupes se sont rués sur des camions d’aide, provoquant le renversement de quatre véhicules et entraînant des pertes humaines.
Des forces spéciales de Tsahal déguisées arrêtent le un Palestinien à Deir el-Balah, pour des raisons non divulguées. À la suite de cette arrestation, des frappes aériennes sur la ville sont signalées.
L’armée israélienne déclare avoir frappé et tué le « cinq terroristes armés » à Deir el-Balah qui se faisaient passer pour des travailleurs humanitaires de World Central Kitchen (WCK), portant leurs uniformes et utilisant un véhicule arborant le logo de WCK. Tsahal indique qu’il n’est pas établi à quel groupe ou organisation les hommes appartiennent. WCK condamne l’usurpation de l’identité de ses équipes.
L'armée israélienne bombarde un site de lancement de roquettes du Hamas à Deir al-Balah le .
Au moment de la mise en œuvre du cessez-le-feu dans la bande de Gaza le , Deir el-Balah n'a pas été envahie ni rasée par les forces israéliennes. La ville fait partie de la zone générale dont l'armée doit se retirer.
Réactions Acteurs étatiques : Le ministre des Affaires étrangères, David Lammy, condamne l’offensive et affirme qu’elle met les otages israéliens en « grave danger ». Il ajoute qu’Israël doit répondre à la question suivante : « quelle justification militaire peut-il y avoir pour des frappes ayant tué des enfants désespérés et affamés ? ».
Organisations intergouvernementales 20px Nations Unies : Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, condamne l’offensive, affirmant qu’elle risque de priver des centaines de milliers de Palestiniens d’une source principale d’eau potable. Organisation mondiale de la santé : L’OMS condamne ce qu’elle qualifie de « attaque flagrante » contre ses installations et son personnel à Deir el-Balah, et appelle à un cessez-le-feu. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, exige la « libération immédiate du personnel détenu et la protection de l’ensemble de son personnel ». Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme : Le chef du HCDH, Volker Türk, déclare que l’offensive « entraînera invariablement davantage de décès de civils » et qu’elle « ajoute encore à la misère des Palestiniens affamés ».
Notes et références
Catégorie:Bataille de 2025 Catégorie:Opération militaire israélienne dans la bande de Gaza Deir el-Balah Catégorie:2025 en Palestine Catégorie:Juillet 2025 Catégorie:Août 2025 Catégorie:Septembre 2025 Catégorie:Octobre 2025 Catégorie:Opération militaire du conflit israélo-palestinien Catégorie:Bataille impliquant la Palestine