Le Bishagatsuku (ビシャガツク) est une créature du folklore japonais attribuée au yōkai. Le Bishagatsuku est une variante régionale (associé à la région de l'ancienne province d'Echizen, correspondant à l'actuelle préfecture de Fukui) peu documentée du yōkai connu sous l’appellation du Betobeto-san. vignette|Région de Fukui, anciennement nommée la région d'Echizen

Origine et étymologie

Bishagatsuku est un terme dialectal qui provient au départ d'une onomatopée japonaise locale. Le premier terme Bisha bisha (ビシャビシャ) est une imitation d'un bruit d'éclaboussement. Cette onomatopée est utilisée dans cette région pour généralement décrire le son des pas dans la neige mouillée ou la gadoue. Le deuxième terme Tsuku (ツク) est un suffixe faisant référence au fait d'être attaché à quelqu'un.

Similitude avec le Betobeto-san

Le Bishagatsuku est une manifestation locale du Betobeto-san (l'onomatopée « Beto Beto » désigne le bruit du claquement de pas sur un sol sec). Les deux yōkai n'ont pas d'apparence physique connue et sont désignés comme appartenant à la catégories des yōkai invisibles. Sa présence est remarquée notamment à cause des bruits causés par ses pas lorsqu'il se rapproche ou s'éloigne du voyageur. Le Bishagatsuku est une adaptation du concept du Betobeto-san dans la région de Fukui.

Comportement et remède

En plus de leurs similarités physiques, leur comportement est identique sur plusieurs points.

Le premier est de suivre les marcheurs la nuit, les marcheurs ne perçoivent aucune présence physique mais entendent le bruits de ses pas incessant et développant une ambiance stressante.

Le deuxième point se base sur leur réputation où ressort une absence de malveillance. En effet, ils ne sont pas réputés pour causer du tort physiquement néanmoins leur harcèlement sonore provoque une réaction d'inconfort et d'angoisse auprès du marcheur.

Le dernier point présente la similarité du rituel pour les apaiser et qu'ils ne suivent plus le voyageur. Pour se débarrasser d'eux, le marcheur doit s'arrêter puis s'écarter poliment du chemin avant de prononcer la phrase : « Bishagatsuku (ou Betobeto-san), après vous, je vous en prie ! » (Betobeto-san, osaki ni dōzo!)

Une fois l'invitation faite, le bruit s'éloigne et disparaît, le yōkai ayant accepté de passer devant le voyageur.

Bibliographie Shigeru Mizuki (trad. du japonais par Satoko Fujimoto, Patrick Honnoré), Yôkai, Dictionnaire des monstres japonais [« 水木しげるの妖怪文庫 »], Vanves, Pika Édition, 2008, 252 p.

Meyer, Matthew, The Book of Yokai: Mysterious Creatures of Japanese Folklore, University of California Press, 2015. Note : Ouvrage académique anglophone qui confirme l'existence et les caractéristiques des yōkai sonores comme le Betobeto-san. Yumoto, Kōichi (湯本豪一), Yōkai : créatures et esprits surnaturels du Japon, La Martinière, 2022. Note : Présente une large collection d'œuvres d'art de yōkai, aidant à la contextualisation culturelle. Mizuki, Shigeru. NonNonBâ, Cornélius, 2006. Ce manga autobiographique raconte l'enfance de Mizuki. On y voit comment sa grand-mère (« NonNonBâ ») lui enseigne la manière d'interagir avec les yōkai comme le Betobeto-san dans les rues de son village. Tada, Katsumi. Gensō Sekai no Junintachi IV (幻想世界の住人たち IV), Shinkigensha, 1990. Un ouvrage de référence sur les esprits et monstres japonais, souvent cité pour ses descriptions des yōkai d'époque Edo. Yanagita, Kunio (dir.). Sōgō Nihon Minzoku Goi (綜合日本民俗語彙), Heibonsha, 1955. Bien que technique, ce glossaire de folklore japonais supervisé par le « père du folklore » Yanagita contient les onomatopées et croyances rurales qui ont donné naissance à ces noms.

Références

Catégorie:Créature de la mythologie japonaise