Dans la religion et la mythologie grecques antiques, Orthanès (en grec ancien , romanisé : ) est une divinité mineure de la fertilité et à la symbolique phallique, vénérée à Athènes et sur l’île d’Imbros, en mer Égée. On sait peu de choses sur Orthanes, sa mythologie et son culte. Il était considéré comme une divinité ithyphallique, à l’instar de Priape, dieu de la fertilité aux organes génitaux hypertrophiés. Son image figurait sur des pièces de monnaie d’Imbros.
Étymologie Orthanès, en grec ancien , romanisé en , est apparenté à l'adjectif grec orthós, « droit », en raison de son pénis imposant et dressé qui constituait son trait le plus distinctifAthénée de Naucratis, Le Banquet des sophistes, X 441 F.
Mythologie On dispose de très peu d'informations sur le rôle d'Orthanès dans les légendes et la mythologie grecques antiques. Le patriarche Photios Ier de Constantinople écrit qu'Orthanès était le fils d'Hermès et d'une nymphePhotios Ier de Constantinople, Lexicon 346.3. Le poète hellénistique Lycophron compare Pâris, épris d'amour, à OrthanèsLycophron, Alexandra 538, et l'érudit byzantin Jean Tzétzès, dans son commentaire sur Lycophron, décrit Orthanès comme un « démon semblable à Priape, gravitant autour d'Aphrodite »Jean Tzétzèsad Lycophronem 538. Avec le silène Terpon, lui aussi ithyphallique et présenté comme un servant d'Aphrodite sur le galet de TerponThéodore Reinach, article cité, p. 337., Conisalos et , il figurait parmi les divinités phalliques mineures absorbées par Priape, bien qu'il fût plus ancien que ce dernier.
Culte Attique Bien qu'Orthanes soit mentionné chez des auteurs attiques, son culte semble avoir été mineur. Strabon écrit qu'Orthanès était un dieu athénien, à l'instar de Conisalos et Tychon, et qu'il ressemblait au Priape ithyphalliqueStrabon, Géographie 13.1.12. Il n'était probablement honoré que lors de thiasoi non officiels. Dans la comédie antique fragmentaire Phaon, du dramaturge comique Platon, le personnage principal (qui use de son pouvoir de séduction divin sur les femmes) déclare que trois bulbes (peut-être des oignons) doivent être sacrifiés à OrthanèsPlaton, Phaon frag. 188 (=Athenaeus 441e).. Le poète a également composé une pièce perdue, Orthanès, dont l'un des rares fragments conservés décrit apparemment les préparatifs d'une célébration et d'un festin en l'honneur d'Orthanès.
Imbros Orthanès semble avoir joué un rôle bien plus important à Imbros, une île du nord-est de la mer Égée. À Imbros, il bénéficiait d'un culte public avec processions, sacrifices et un prêtre, et ce jusqu'au IIe siècle avant J.-C.. Un décret honorifique grec antique du IIe siècle avant J.-C. en provenance d'Imbros mentionne une procession et un sacrifice en l'honneur d'Orthanès dont les frais étaient pris en charge par la cité, ainsi qu'un prêtre du nom de Calliades, qui finançait également l'événement.
Bien qu'Imbros fût une colonie d'Athènes et que certains chercheurs aient suggéré qu'Orthanès était une divinité athénienne locale introduite à Imbros, il est peu probable que, parmi toutes les divinités athéniennes, il s'agisse d'une divinité mineure que les colons aient présentée aux Imbros et qui ait acquis une grande importance au sein du clergé. Il est plus probable qu'une divinité importante de la nouvelle colonie ait été ramenée à Athènes, mais n'ait pas réussi à se faire connaître en dehors de sa patrie et n'ait pu occuper qu'une place mineure. Il existe de nombreuses preuves que l'empire athénien a adopté des cultes de ses alliés et sujets.
Iconographie Le dieu nu et ithyphallique figurant sur les monnaies antiques d'Imbros peut être identifié comme Orthanès. Orthanès est généralement représenté au revers de ces monnaies, comme un dieu barbu et phallique regardant vers la droite, tenant une branche et une patère (coupe sacrificielle) dans sa main gauche tendue, debout à côté d'un thymiaterion (type d'encensoir).
Voir aussi Divinités grecques mineures Liste des divinités de la mythologie grecque Liste des dieux de la fertilité Priape
Références
Bibliographie
, Herter, Hans (1942), "Orthanes", dans Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, Band XVIII, Halbband 2, edité par Karl Mittelhaus, Stuttgart, J. B. Metzler, 1942. Wikisource. Lycophron, Alexandra (or Cassandra) dans Callimachus and Lycophron with an English translation by A. W. Mair ; Aratus, with an English translation by G. R. Mair, London: W. Heinemann, New York: G. P. Putnam 1921 . Internet Archive.
Photius I, Lexicon, vol. II, Naber, S. A. (Samuel Adrianus), 1864. Internet Archive. Platon, Testimonia and Fragments dans Fragments of Old Comedy, Volume III: Philonicus to Xenophon. Adespota. Édité et traduit en anglais par Ian C. Storey. Loeb Classical Library 515. Cambridge, MA: Harvard University Press, 2011.
Strabon, Géographie, traduction littéraire en anglais avec notes by H.C. Hamilton, Esq., W. Falconer, M.A., Ed., en throis volumes. London. George Bell & Sons. 1903. Texte en ligne sur la Perseus Digital Library.
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