La broche rose de la princesse Mathilde Bonaparte est un bijou emblématique de la joaillerie française du XIXᵉ siècle. Réalisée à Paris vers 1864 par la maison Mellerio dits Meller, elle figure parmi les pièces les plus célèbres de la collection de bijoux de la princesse Mathilde Bonaparte, cousine de l’empereur Napoléon III. L’œuvre est aujourd’hui conservée dans la collection Al Thani (inv. ATC452).
Description La broche représente une rose épanouie, accompagnée de deux boutons et de onze feuilles, traités dans un style naturaliste particulièrement raffiné. Elle est entièrement parée de petits diamants du Brésil, montés sur or et argent, utilisant principalement des diamants de taille rose issus de vieilles mines. L’œuvre mesure environ 14,5 × 10,8 × 5,1 cm. Par son ampleur et son réalisme, elle s’inscrit dans la tradition des grandes compositions florales en diamants, très en vogue sous le Second EmpireCartouche de l'exposition Joyaux dynastiques l'hôtel de la marine.
Historique La broche est généralement attribuée à la maison Mellerio dits Meller, fournisseur attitré de nombreuses cours européennes, et acquise par la princesse Mathilde vers 1864.Certaines sources évoquent cependant une création antérieure, vers 1855, et attribuent l’exécution à Théodore Fester, joaillier parisien, ce qui témoigne de débats persistants autour de l’attribution exacte de la pièce.. Elle est parfois désignée sous le nom de « Rose Tudor », en raison de sa forme stylisée et de son symbolisme floral..
Mathilde Bonaparte est l’une des figures les plus en vue de la haute société parisienne du Second Empire. Réputée pour sa beauté, son esprit et son indépendance, elle tient un salon très fréquenté rue de Courcelles, où se côtoie artistes, écrivains, hommes politiques et membres des familles royales européennes. Sa collection de bijoux est considérée comme l’une des plus importantes de son époque, rivalisant avec celle de l’impératrice Eugénie. La broche « Rose » en constitue l’une des pièces maîtresses.
La princesse Mathilde n’a pas eu d’enfants, ses bijoux sont dispersés après sa mort en 1904, lors d’une vente aux enchères organisée à la Galerie Georges Petit à Paris. Le catalogue mentionne notamment « un spray corsage en forme de rose entièrement ouverte et deux boutons de rose, avec onze feuilles entièrement en brillants brésiliens très fins »..
La broche est acquise par le bijoutier Janesich, puis revendue par Cartier à Madame Grace Vanderbilt, figure emblématique de la haute société new-yorkaise du début du XXᵉ siècle. Épouse de Cornelius Vanderbilt III, elle constitue une collection de bijoux exceptionnelle, mêlant pièces européennes historiques et créations contemporaines de Cartier.
Madame Vanderbilt est fréquemment photographiée portant la broche, notamment lors de représentations au Metropolitan Opera House de New York dans les années 1910 à 1930.
En , lors d’un bal de bienfaisance au profit de l’USO organisé au manoir Vanderbilt sur la Cinquième Avenue, elle arbore la broche, immortalisée par le photographe Cecil Beaton.
Après le décès de Madame Vanderbilt en 1953, la broche passe dans une collection privée. Elle réapparait sur le marché de l’art en 1972, lors d’une vente « Magnificent Jewels » chez Christie’s Genève, où elle est adjugée 28 682 dollars, avant d’être acquise par le joaillier et collectionneur Fred Leighton. En 2004, la broche est de nouveau mise en vente chez Christie’s New York, où elle atteint le prix de 701 900 dollars, confirmant son statut d’icône de la joaillerie historique.
Notes et références
Hôtel-de-la-marine
Catégorie:Diamant Catégorie:Broche Catégorie:Œuvre conservée à la Fondation Al Thani